La tragédie des siècles

Chapitre 27

Réveils modernes

Partout où la Parole de Dieu a été fidèlement annoncée, les résultats en ont attesté la divine origine. L'Esprit de Dieu a accompagné Ses serviteurs, revêtu leur parole de puissance et réveillé la conscience des pécheurs. La « lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme », a illuminé les replis les plus secrets de leur âme, et ce qui était caché dans les ténèbres a été mis en pleine lumière. Un sentiment profond de leur culpabilité s'est emparé de leur esprit et de leur coeur. Ils ont été convaincus « en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement » à venir. Un sentiment très vif de la justice de Jéhovah les a saisis, et, terrifiés à la pensée de paraître devant Celui qui sonde les coeurs, ils se sont écriés : « Qui me délivrera? » Aussi, quand la croix du Calvaire, sacrifice infini consenti par Dieu lui-même pour sauver le pécheur, s'est présentée à leurs regards, ils ont compris que seuls les mérites de Jésus-Christ pouvaient expier leurs transgressions et les réconcilier avec Dieu. Humbles et croyants, ils ont accepté « l'agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde », et dont le sang leur a obtenu la « rémission ».

Ces convertis-là produisaient des « fruits dignes de la repentance. Ils croyaient, ils étaient baptisés, et ils se relevaient pour marcher « en nouveauté de vie ». Devenus de « nouvelles créatures » en Jésus-Christ, ils ne « marchaient » plus selon les « convoitises d'autrefois », mais suivaient par la foi l'empreinte des pas du Fils de Dieu, reproduisant Son caractère et se « purifiant comme lui-même est pur ». Ils aimaient désormais les choses qu'ils haïssaient autrefois, et haïssaient les choses qu'ils aimaient. L'orgueilleux, le présomptueux, devenait doux et humble de coeur. L'homme vain et altier se montrait sérieux et modeste. Le matérialiste devenait religieux, le buveur, sobre et le débauché, chaste. Les vaines coutumes du monde étaient abandonnées. Les convertis ne s'adonnaient pas à la parure extérieure, aux « ornements d'or ou aux habits qu'on revêt », mais à la parure « intérieure et cachée dans le coeur, à la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu ». (1 Pierre 3.3-4)

Ces réveils étaient caractérisés par d'humbles et profonds examens de conscience. On y entendait des appels solennels adressés aux pécheurs par des hommes animés d'une compassion profonde envers les êtres pour lesquels Jésus a versé Son sang. Des hommes et des femmes imploraient, par d'ardentes prières d'intercession, le salut des pécheurs. Ces réveils engendraient des âmes qui, loin de reculer devant le renoncement et le sacrifice, se réjouissaient d'être jugées dignes d'endurer l'opprobre pour l'amour de Jésus-Christ. On constatait une transformation dans la vie de ces nouveaux croyants. Les milieux où ils vivaient bénéficiaient de leur influence. Ils « rassemblaient avec Jésus-Christ » et « semaient pour l'Esprit », en vue de « récolter pour la vie éternelle ».

À eux s'appliquaient ces paroles : « Vous avez été attristés selon Dieu... Car la tristesse selon Dieu produit une conversion à salut dont on ne se repent point; mais la tristesse du monde produit la mort. Voyez en effet cette tristesse même selon Dieu que vous avez éprouvée, quel empressement elle a produit en vous! et même quelle apologie, et même quelle indignation, et même quelle crainte, et même quel ardent désir, et même quel zèle, et même quel châtiment! » (2 Corinthiens 7.9-11)

Tel est le résultat de l'action de l'Esprit de Dieu. Là où il n'y a pas de réforme, il n'y a pas eu de véritable repentir. Si le pécheur rend le gage, restitue ce qu'il a dérobé, confesse ses péchés, et s'il aime le Seigneur et ses semblables, il peut avoir l'assurance d'être en paix avec Dieu. Tels étaient les résultats des anciens réveils. En les jugeant par leurs fruits, on pouvait dire qu'ils étaient bénis de Dieu pour le salut des individus et le relèvement de l'humanité.

Malheureusement, maints réveils modernes présentent un contraste frappant avec les manifestations de la grâce divine qui accompagnaient autrefois les travaux des serviteurs de Dieu. Il est vrai qu'ils font sensation. Bien des gens se disent convertis, et les Églises enregistrent de nombreuses adhésions. Néanmoins, les faits ne nous autorisent pas à croire qu'il y ait eu une augmentation proportionnelle de véritable vie spirituelle. Ce feu de paille ne tarde pas à s'éteindre et laisse derrière lui des ténèbres plus épaisses qu'auparavant.

Les réveils populaires sont trop souvent produits par des appels à l'imagination, par l'excitation des émotions : ils satisfont le goût du clinquant et de la nouveauté. Les convertis recrutés de cette façon sont peu désireux d'écouter les Écritures le témoignage des apôtres et des prophètes les laisse indifférents. Les services religieux qui n'ont rien de sensationnel ne les attirent pas. Les messages qui ne font appel qu'à la raison ne trouvent aucun écho dans leur âme. Les avertissements positifs de la Parole de Dieu qui concernent directement leurs intérêts éternels sont pour eux lettre morte.

Pour toute âme réellement convertie, le grand objet de la vie, c'est la connaissance de Dieu et des choses éternelles. Mais où trouve-t-on, de nos jours, dans les églises en vogue, cet esprit de consécration à Dieu? Les convertis ne se débarrassent ni de leur orgueil ni de leur amour du monde. Ils ne sont pas plus disposés qu'avant leur conversion à renoncer à eux-mêmes, à se charger de la croix du Sauveur et à suivre l'humble et doux Jésus. La puissance de la piété a presque disparu de plusieurs églises; les soirées théâtrales les tombolas, les ventes, la toilette en ont banni la pensée de Dieu. Les terres, les belles villas, les projets et les occupations de cette vie remplissent tellement les coeurs que l'on accorde tout au plus une pensée fugitive à ce qui concerne nos intérêts éternels. Un grand nombre de ceux qui se réclament de la religion en ignorent à tel point les principes qu'elle est devenue la risée des incrédules et des sceptiques.

Malgré le déclin général de la foi et de la piété, il y a encore, dans ces églises, de vrais disciples du Sauveur. Aussi, avant que les jugements de Dieu fondent sur la terre, il y aura au sein de son peuple un réveil de la piété primitive tel qu'on n'en a pas vu depuis les jours des apôtres. Dieu accordera à Ses enfants l'Esprit et la puissance d'en haut. Alors, de nombreuses âmes sortiront des églises où l'amour du monde a supplanté l'amour de Dieu et de Sa Parole. Beaucoup de pasteurs et de fidèles accepteront joyeusement les vérités que Dieu a fait proclamer en ce temps-ci pour préparer un peuple en vue de la seconde venue du Christ. Pour enrayer cette oeuvre, l'ennemi des âmes en suscite des contrefaçons donnant l'impression que la bénédiction de Dieu est répandue sur les églises qu'il égare. De grands réveils sembleront se produire, et des multitudes attribueront au Seigneur des choses merveilleuses dues à un tout autre esprit. Déguisé sous le manteau de la religion, Satan tentera d'étendre son influence sur le monde chrétien.

L'esprit qui caractérisera les grands mouvements religieux de l'avenir s'est exercé à des degrés divers dans un grand nombre de réveils nés au cours du siècle dernier. Ils font surtout appel au sentiment et on y trouve un mélange de vrai et de faux propre à induire en erreur. Mais la séduction n'est pas inévitable. Il n'est pas difficile, à la lumière de la Parole de Dieu, de déterminer la nature de ces mouvements. On peut être sûr que la bénédiction de Dieu n'est pas là où l'on néglige le témoignage des Écritures et où l'on se détourne des vérités qui exigent le renoncement et la séparation du monde. Si, en outre, on applique cette règle de Jésus : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » (Matthieu 7.16), on pourra se convaincre que ces mouvements ne procèdent pas de l'Esprit de Dieu.

Dieu s'est révélé aux hommes par les vérités de Sa Parole; quiconque les accepte est à l'abri des séductions de Satan. C'est le fait de les avoir négligées qui a ouvert la porte à tous les maux dont souffre le monde religieux. On a, dans une large mesure, perdu de vue la nature et l'importance de la loi de Dieu. Une fausse conception du caractère et de la perpétuelle obligation de la loi divine a ouvert la voie à des erreurs sur la conversion et la sanctification, et a eu pour conséquence un abaissement du niveau de la piété dans les églises. C'est la raison pour laquelle l'Esprit et la puissance de Dieu sont absents des réveils modernes.

Dans les diverses églises chrétiennes des hommes reconnaissent ce fait et le déplorent. Un professeur signale en termes excellents les périls que court actuellement la religion : « L'une des causes de notre faiblesse, dit-il, c'est que, du haut de la chaire, on ne met pas assez en évidence les droits de la loi divine. Autrefois, nos chaires étaient l'écho de la voix de la conscience... Nos prédicateurs les plus éminents, suivant l'exemple du Maître, donnaient à leurs discours une étonnante majesté en mettant en relief la loi, ses préceptes et ses menaces. Leurs deux grandes maximes étaient que la loi est une manifestation des perfections divines, et que celui qui n'aime pas la loi n'aime pas non plus l'Évangile; car la loi, aussi bien que l'Évangile, est un miroir qui réfléchit le vrai caractère de Dieu. Le péril où nous sommes en engendre un autre : celui de ne pas voir la nature odieuse du péché, son étendue, sa culpabilité. Or, l'énormité de la désobéissance est proportionnée à l'excellence du commandement...

» Aux dangers mentionnés précédemment s'ajoute celui de ravaler la justice de Dieu. La tendance de la prédication moderne est de filtrer la justice de Dieu au travers de sa bienveillance, et d'abaisser celle-ci au niveau d'un sentiment au lieu de l'élever à la hauteur d'un principe. Le prisme de la nouvelle théologie sépare ce que Dieu a réuni. La loi divine est-elle un bien on un mal? Elle est un bien. Donc, la justice est un bien, puisqu'elle a pour but la pratique de la loi. Aussi, de l'habitude de sous-estimer la loi et la justice de Dieu, et, par suite, ce que la désobéissance de l'homme a d'odieux, on glisse facilement dans le travers de déprécier la grâce qui découle de l'expiation du péché. » Ainsi l'Évangile perd sa valeur et son importance aux yeux des hommes, et, pour peu que l'on fasse un pas de plus, on n'hésitera pas à rejeter pratiquement la Parole de Dieu elle-même.

Maints conducteurs religieux affirment que Jésus, par Sa mort, a aboli la loi, et que nous ne sommes, par conséquent, plus tenus de l'observer. Il en est qui la représentent comme un joug irritant et qui opposent au prétendu esclavage de la loi la liberté dont on jouit sous l'Évangile.

Ce n'est pas ainsi que les apôtres et les prophètes envisageaient la sainte loi de Dieu. David déclarait : « Je marcherai au large, car je recherche tes ordonnances. » (Psaume 119.45) L'apôtre Jacques, qui écrivait après la mort du Sauveur, appelle le décalogue « la loi royale », « la loi parfaite, la loi de la liberté » (Jacques 2.8; 1.25) et le voyant de Patmos, un demi-siècle après la crucifixion, prononce une bénédiction sur « ceux qui pratiquent Ses commandements, afin qu'ils aient droit à l'arbre de la vie et qu'ils entrent par les portes dans la ville ». (Apocalypse 22.14, vers. de Lausanne)

C'est sans raison qu'on a prétendu que, par Sa mort, Jésus avait aboli la loi de Son Père. S'il avait été possible d'amender ou de supprimer la loi, le Fils de Dieu n'aurait pas eu besoin de mourir pour soustraire l'homme à la pénalité du péché. Loin d'abolir la loi, la mort de Jésus-Christ prouve qu'elle est immuable. Le Fils de Dieu est venu rendre Sa « loi grande et magnifique » (Ésaïe 42.21). Il déclarait : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi. ... Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre. » (Matthieu 5.17-18) Et pour ce qui Le concerne personnellement, Il s'exprime prophétiquement ainsi : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu! Et ta loi est an fond de mon coeur. » (Psaume 40.9)

Par sa nature, la loi de Dieu est immuable. Elle est une révélation de la volonté et du caractère de Son auteur. Dieu étant amour, Sa loi aussi est amour. Ses deux grands principes sont l'amour de Dieu et l'amour du prochain. « L'amour est donc l'accomplissement de la loi. » (Romains 13.10) Le caractère de Dieu est fait de justice et de vérité ; telle est aussi la nature de Sa loi. « Ta loi est la vérité », dit le psalmiste; « tous tes commandements sont justes » (Psaume 119.142, 172). De son côté, l'apôtre Paul déclare : « La loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Romains 7.12) Une loi qui est l'expression de la pensée et de la volonté de Dieu doit subsister aussi longtemps que Son auteur.

Réconcilier l'homme avec Dieu et avec les principes de la loi divine, telle est l'oeuvre de la conversion et de la sanctification. L'homme créé à l'image de Dieu était en parfaite harmonie avec la nature et la loi du Créateur. Les principes de la justice étaient écrits dans son coeur. Mais le péché l'a séparé de Dieu. Il ne réfléchit plus l'image divine. Il est en guerre avec les saints principes de Sa loi. « L'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. » (Romains 8.7) Mais « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique », afin de « réconcilier l'homme avec lui-même ». Par les mérites de JÉsus, l'accord a été rétabli entre le Créateur et sa créature; celle-ci, renouvelée par la grâce divine, mise en possession d'une vie nouvelle, est transformée par une « nouvelle naissance » sans laquelle, a dit Jésus, nul « ne peut voir le royaume de Dieu ».

Le premier pas vers la réconciliation avec Dieu, c'est la conviction du péché. « Le péché est la transgression de la loi. » « C'est par la loi que vient la connaissance du péché. » (1 Jean 3.4; Romains 3.2) Pour voir sa culpabilité, il faut que le pécheur se compare avec la grande règle de la justice divine. C'est un miroir fidèle qui donne l'image d'un caractère parfait, et qui rend le pécheur capable de discerner ses défauts.

Mais si la loi nous révèle nos péchés, elle ne nous en donne pas le remède. Si elle promet la vie a celui qui obéit, elle prononce la peine de mort contre les transgresseurs. Seul l'Évangile peut purifier des souillures du péché. Par la conversion à Dieu, dont il a transgressé la loi, et par la foi au sacrifice expiatoire de Jésus-Christ, l'homme obtient la « rémission des péchés passés » et devient participant de la nature divine. Il est désormais enfant de Dieu, parce qu'il a reçu l'esprit d'adoption par lequel il crie : « Abba, Père! »

À la question : Est-il désormais libre de transgresser la loi? Paul répond : « Anéantissons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi. » « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché? » Jean ajoute : « L'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. » (Romains 3.31; Romains 6.2; 1 Jean 5.3) Par la nouvelle naissance, le pécheur est mis en harmonie avec Dieu et avec Sa loi. Dès que ce changement s'est produit, l'homme est passé de la mort à la vie, du péché à la sainteté, de la transgression et de la révolte à l'obéissance et à la fidélité. L'ancienne vie d'inimitié contre Dieu n'est plus. Il est entré dans une vie nouvelle de réconciliation, de foi et d'amour. Alors, « la justice de la loi » est « accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit ». (Romains 8.4) Et le croyant s'écrie du fond du coeur : « Combien j'aime ta loi! Elle est tout le jour l'objet de ma méditation. » (Psaumes 119.97)

« La loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme. » (Psaumes 19.8) Sans la loi, on n'a aucune idée de la pureté et de la sainteté de Dieu, ni de sa propre culpabilité et de sa misère. On n'a aucune conviction réelle du péché, et on n'éprouve aucun besoin de s'amender. Ne se sentant pas perdu par ses transgressions de la loi divine, on ne voit pas la nécessité du sang expiatoire du Sauveur. On accepte l'espérance du salut sans changement radical du coeur et sans réforme de la vie. C'est ainsi que les conversions superficielles se multiplient et que des multitudes entrent dans l'Église sans être réellement unies au Sauveur.

Des théories erronées touchant la sanctification jouent un grand rôle dans les mouvements religieux de notre époque. Ces théories, non seulement fausses mais dangereuses, trouvent un accueil empressé, ce qui nous impose le devoir de faire comprendre à tous l'enseignement des Écritures à ce sujet.

La véritable sanctification est une doctrine biblique. L'apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens : « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification. » Il ajoutait : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers. » (1 Thessaloniciens 4.3; 5.23) La Bible enseigne clairement en qnoi consiste la sanctification, et comment on y parvient. Priant en faveur de ses disciples, le Sauveur disait : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » (Jean 17.17) D'autre part, l'apôtre déclarait qu'on est « sanctifié par l'Esprit-Saint» (Romains 15.16). Jésus fit à Ses disciples, touchant la mission du Saint-Esprit, la déclaration suivante : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. » (Jean 16.13) Cela concordait avec cette affirmation du psalmiste : « Ta loi est la vérité. » Ce sont donc à la fois l'Esprit et la Parole de Dieu qui nous révèlent les grands principes de justice contenus dans sa loi. Étant donné que la loi est sainte, juste et bonne, qu'elle est une expression écrite des perfections divines, un caractère formé à l'obéissance à cette loi sera saint. Or, Jésus-Christ a été un exemple parfait de ce caractère. « J'ai gardé les commandements de mon Père. » dit-il; « Je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jean 15.10; Jean 8.29) Ses disciples doivent donc devenir semblables à Lui, c'est-à-dire, former, par la grâce de Dieu, des caractères conformes aux principes de Sa sainte loi. Telle est la sanctification selon les Écritures.

Elle n'est possible que par la foi en Jésus-Christ et par la puissance de l'Esprit habitant dans le coeur. L'apôtre Paul adresse aux croyants cette exhortation : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement... car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » (Philippiens 2.12-13) Le chrétien connaît les sollicitations du péché, mais il lui fait constamment la guerre. Et, grâce au secours du Sauveur, la faiblesse humaine s'unit à la puissance divine et le croyant s'écrie : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! » (1 Corinthiens 15.57)

Les Écritures montrent clairement que l'oeuvre de la sanctification est progressive. Cette oeuvre ne fait que commencer quand, à sa conversion, l'homme a trouvé la paix par le sang de l'expiation. Désormais, il ne visera à rien de moins qu'à « la perfection »; il voudra atteindre la « mesure de la stature parfaite de Christ ». L'apôtre Paul disait : « Je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 3.13-14) Et les échelons de la sanctification sont énumérés comme suit par l'apôtre Pierre : « Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... En faisant cela, vous ne broncherez jamais. » (2 Pierre 1.5-10)

Ceux qui font l'expérience de la sanctification selon la Parole de Dieu manifestent un esprit d'humilité. Comme Moïse, ils ont eu une vision redoutable; ils ont vu la majesté de Dieu et ont découvert leur indignité par contraste avec la pureté et la perfection de l'Être infini.

Par sa longue vie entièrement consacrée au service du Maître, le prophète Daniel est un exemple de vraie sanctification. Les anges l'appelaient l'« homme bien-aimé » du ciel (Daniel 10.11). Et cependant, loin de se considérer comme pur et saint, ce vénérable prophète, plaidant devant Dieu la cause de son peuple, s'identifiait avec Israël coupable : « Ce n'est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c'est à cause de tes grandes compassions... Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité. » (Daniel 9.18, 15) Il ajoutait : « Je confessais mon péché et le péché de mon peuple d'Israël. » Et lorsque, à une date ultérieure, le Fils de Dieu lui apparut pour l'instruire, Daniel relata sa réaction en ces termes : « Mon visage changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur. » (Daniel 9.20; 10.8)

Quand Job entendit la voix de Dieu du sein de la tempête, il s'écria : « Je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » (Job 42.6) Quand Ésaïe eut entrevu la gloire de Dieu et entendu les chérubins répéter : « Saint, saint, saint est l'Éternel des armées! » il s'écria « Malheur à moi! je suis perdu. » (Ésaïe 6.3, 5) Paul, bien qu'il eût été ravi au troisième ciel où il entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer », s'estimait « le moindre de tous les saints » (2 Corinthiens 12.3-4; Éphésiens 3.8). Jean, le disciple bien-aimé, qui se reposa sur le sein du Seigneur, et qui contempla Sa gloire, tomba comme mort aux pieds d'un ange. (Voir Apocalypse 1.17)

Ceux qui marchent à l'ombre de la croix du Calvaire ne pourront jamais s'enfler d'orgueil, ni prétendre qu'ils sont exempts de péché. Ils savent que leurs transgressions ont fait souffrir le Fils de Dieu, qu'elles ont brisé son coeur, et cette pensée les maintient dans l'humilité. Ceux qui vivent le plus près de Jésus perçoivent le plus clairement la fragilité et la nature pécheresse de notre nature humaine. Leur seule espérance est dans les mérites d'un Sauveur crucifié et ressuscité.

La sanctification actuellement en vogue dans le monde religieux est imbue d'un esprit d'infatuation et d'un oubli de la loi de Dieu qui la rendent étrangère à la religion des Écritures. Les propagateurs de cette sanctification enseignent qu'elle est instantanée, qu'elle amène immédiatement, par la foi seule, à la sainteté parfaite. « Croyez seulement, disent-ils, et cette grâce est à vous. » Ils donnent à entendre qu'il n'y a pas lieu de faire d'autres efforts. En même temps, ils nient l'autorité de la loi de Dieu, et prétendent que nous sommes dégagés de l'obligation d'observer les commandements. Comme s'il était possible d'être saint, en plein accord avec la volonté et le caractère de Dieu, sans être soumis aux principes qui sont l'expression de Sa volonté, et qui révèlent ce qui Lui est agréable!

Ce qui a fait la fortune de la doctrine de la foi et de la foi seule, c'est le désir d'une religion qui n'exige ni luttes, ni renoncements, ni séparation d'avec le monde et ses frivolités. Mais que dit la Parole de Dieu? Écoutons l'apôtre Jacques : « Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? La foi peut-elle le sauver?... Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les oeuvres, lorsqu'il offrit son fils Isaac sur l'autel? Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite... Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement. » (Jacques 2.14-24)

Le témoignage de la Parole de Dieu est opposé à cette doctrine séduisante de la foi sans les oeuvres. Se réclamer des faveurs du ciel sans se conformer aux conditions de la grâce, ce n'est pas de la foi, c'est de la présomption, puisque la foi authentique se fonde sur les promesses renfermées dans les Écritures.

Que nul ne s'abuse par la pensée que la sanctification est compatible avec la violation volontaire des ordres de Dieu. Pécher de propos délibéré, c'est réduire au silence la voix de l'Esprit et se séparer de Dieu. « Le péché est la transgression de la loi. » « Quiconque pèche [transgresse la loi] ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu. » (1 Jean 3.4, 6) L'apôtre Jean qui, dans ses épîtres, insiste beaucoup sur l'amour, n'hésite pas cependant à dévoiler sans merci ceux qui se prétendent saints bien qu'ils transgressent la loi de Dieu. « Celui qui dit : Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l'amour de Dieu est véritablement parfait en lui. » (1 Jean 2.4-5) Voilà la pierre de touche de toute profession religieuse. Impossible d'attribuer à un homme la sainteté sans la mesurer avec la seule règle de sainteté que Dieu ait donnée tant pour le ciel que pour la terre. Quiconque ne fait aucun cas de la loi morale, se permet de ravaler les préceptes divins, transgresse le moindre des commandements de Dieu et enseigne aux hommes à en faire autant, ne jouit pas de l'estime du Seigneur, et ses prétentions à la sainteté sont sans fondement.

Celui qui se dit sans péché montre par là même qu'il est bien éloigné de la perfection. C'est parce qu'il n'a aucune idée de la pureté et de la sainteté infinies de Dieu et de ce qu'il faut être pour devenir conforme à son caractère; c'est parce qu'il n'a aucune idée de la pureté et de la suprême bonté de Jésus, ainsi que de la malignité du péché, que l'homme peut se considérer comme saint. Plus on est éloigné de Jésus, moins on comprend le caractère et les exigences de Dieu, et plus on est juste à ses propres yeux.

La sanctification telle qu'elle apparaît dans les Écritures embrasse l'être tout entier : l'esprit, l'âme et le corps. La prière de Paul en faveur des Thessaloniciens nous le dit : « Que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. » (1 Thessaloniciens 5.23) L'apôtre écrivait, d'autre part, aux croyants : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » (Romains 12.1) Au temps de l'ancien Israël, on examinait avec soin toute offrande destinée au sacrifice. Tout animal ayant quelque tare était écarté, Dieu ayant ordonné de ne Lui présenter que des offrandes « sans défaut ». Les chrétiens, eux aussi, sont exhortés à présenter leur corps en « sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». Pour le faire, ils doivent conserver toutes leurs facultés dans le meilleur état possible. Tout ce qui tend à diminuer l'énergie physique ou la lucidité intellectuelle disqualifie l'homme pour le service du Créateur. Dieu ne peut se contenter de moins que du meilleur de nous-mêmes. Jésus a dit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur. » Ceux qui aiment Dieu de tout leur coeur voudront Lui donner ce qu'ils ont de meilleur, et ils s'efforceront toujours de soumettre toutes leurs facultés aux lois propres à les rendre plus aptes à le servir. Ils ne permettront pas que l'appétit ou la sensualité vienne souiller l'offrande qu'ils présentent à leur Père céleste.

Pierre nous dit : Abstenez-vous à des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme. » (1 Pierre 2.11) Tout péché tend à engourdir les énergies, à émousser les perceptions mentales et spirituelles, comme à affaiblir l'action de l'Esprit et de la Parole de Dieu sur le coeur. Paul écrivait aux Corinthiens : « Purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu. » (2 Corinthiens 7.1) Et, parmi les fruits de l'Esprit : « l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité et la douceur », il classe aussi « la tempérance » (Galates 5.22-23).

En dépit de ces déclarations inspirées, combien de chrétiens affaiblissent leurs facultés par leur âpreté au gain ou par le culte qu'ils rendent à la mode! Combien avilissent leur dignité de fils de Dieu par la gloutonnerie, le vin et les plaisirs défendus! L'Église, au lieu de réprimer ces penchants, les encourage en faisant appel à l'amour du gain ou du plaisir pour combler des déficits budgétaires dus au manque d'amour pour le Sauveur. Si le Seigneur entrait aujourd'hui dans les églises, et y voyait les festins et le trafic qui s'y organisent au nom de la religion, ne chasserait-il pas ces profanateurs comme il a banni autrefois les changeurs du temple?

Jacques déclare que la sagesse d'en haut « est premièrement pure ». Si cet apôtre avait rencontré des gens prononçant le précieux nom de Jésus tout en ayant les lèvres souillées par le tabac, leur haleine et toute leur personne imprégnées et intoxiquées par une odeur fétide, et en contraignant leur entourage à respirer un air empoisonné -- s'il avait connu une coutume aussi opposée à la pureté évangélique, ne l'aurait-il pas dénoncée comme « terrestre, charnelle et diabolique »? On entend des esclaves du tabac prétendre à une entière sanctification et parler de la vie future; or, la Parole de Dieu leur dit clairement que « rien de souillé » n'entrera dans le ciel. (Apocalypse 21.27)

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qni est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps. » (1 Corinthiens 6.19-20) Celui dont le corps est le temple du Saint-Esprit ne se laissera pas asservir par une habitude pernicieuse. Ses facultés appartiennent à Celui qui l'a racheté au prix de Son sang. Ses biens appartiennent au Seigneur. Comment pourrait-il gaspiller impunément un capital qui lui a été prêté? Tandis que les âmes périssent faute de la Parole de vie, des chrétiens de profession dépensent chaque année inutilement des sommes énormes. On pille Dieu « dans les dîmes et les offrandes », tandis que l'on sacrifie à des passions funestes plus d'argent qu'on n'en donne pour soulager les pauvres ou répandre l'Évangile. Si tous ceux qui se disent disciples de Jésus-Christ étaient réellement sanctifiés, ils apporteraient au trésor du Seigneur leurs revenus au lieu de les dissiper en choses inutiles et même nuisibles. Ils donneraient l'exemple de la tempérance, du renoncement et du sacrifice, et seraient ainsi la lumière du monde.

Le monde s'est abandonné aux plaisirs des sens. Les foules se laissent entraîner par « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie ». Mais les enfants de Dieu ont une vocation plus sainte. « Sortez du milieu d'eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur. » Fondé sur la Parole de Dieu, on peut affirmer que la sanctification qui n'engendre pas la renonciation complète aux ambitions et aux satisfactions coupables, n'est pas de bon aloi.

À ceux qui se conforment à cet ordre : « Sortez du milieu d'eux et séparez-vous; ne touchez pas à ce qui est impur », Dieu fait cette promesse : « Je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » (2 Corinthiens 6.17-18) Le devoir et le privilège de tout chrétien, c'est d'acquérir une connaissance riche et bénie des choses de Dieu. « Je suis la lumière du monde, dit Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8.12) « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l'éclat va croissant jusqu'au milieu du jour. » (Proverbes 4.18) Chaque pas en avant dans la foi et l'obéissance met l'âme en rapport plus intime avec la lumière du monde, en qui « il n'y a pas de ténèbres ». L'éclat du Soleil de justice brille sur les serviteurs de Dieu pour qu'à leur tour ils en réfléchissent les rayons. De même que les étoiles nous disent qu'il y a dans les cieux une grande lumière dont elles reflètent la gloire, ainsi les chrétiens doivent montrer qu'il y a sur le trône de l'univers un Dieu dont le caractère mérite d'être loué et imité. Les grâces de son Esprit, la pureté et la sainteté de Son caractère doivent éclater dans ses témoins.

Dans son épître aux Colossiens, l'apôtre Paul énumérait les riches bénédictions assurées à l'enfant de Dieu. « C'est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. » (Colossiens 1.9-11)

Il écrivait aux frères d'Éphèse son désir de les voir parvenir à une pleine intelligence des prérogatives chrétiennes. Il leur présentait, dans les termes les plus larges, la grande puissance et les connaissances qu'ils pourraient acquérir comme fils et filles du Très-Haut. Il ne tenait qu'à eux d'« être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur », d'être « enracinés et fondés dans l'amour », de « comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance ». Mais la prière de l'apôtre parvint à son apogée, quand il en vint à dire : « ...en sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu... » (Éphésiens 3.16-19)

Nous avons ici la révélation des hauteurs auxquelles, dès que nous en remplirons les conditions, nous pourrons atteindre par la foi aux promesses de notre Père céleste. Nous avons accès, par les mérites du Christ, à la puissance infinie. « Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » (Romains 8.32) C'est sans mesure que le Père a donné au Fils son Esprit, auquel nous pouvons participer dans sa plénitude, « Si donc, méchants comme vous l'êtes, dit Jésus, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent! » (Luc 11.13) « Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » (Jean 14.14; 16.24)

Bien que la vie du chrétien doive être caractérisée par l'humilité, il ne faut pas qu'elle soit triste et décolorée. Chacun a la possibilité de vivre de façon à être approuvé et béni de Dieu. Notre Père céleste ne désire pas que nous restions sous le poids de la condamnation. Le fait de marcher la tête penchée et de penser constamment à soi-même n'est pas une preuve d'humilité. Purifié par Jésus, on peut se présenter devant Sa loi sans honte ni remords. « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, ...qui marchent, non selon la chair, mais selon l'Esprit. » (Romains 8.1-4) Par Jésus-Christ, les fils d'Adam deviennent « fils de Dieu ». « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d'un seul. C'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères. » (Hébreux 2.11) La vie chrétienne devrait être une vie de foi, de victoire et de joie en Dieu. « Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. » (1 Jean 5.4) C'est à juste titre qu'un serviteur de Dieu a pu dire : « La joie de l'Éternel sera votre force! » (Néhémie 8.10) Et Paul d'ajouter : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous. » « Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 4.4; 1 Thessaloniciens 5.16-18)

Tels sont les fruits de la conversion et de la sanctification prescrites par la Bible. On les voit si rarement parce que, dans le monde chrétien, les grands principes de justice de la loi de Dieu ne sont pas appréciés. Voilà aussi pourquoi on rencontre si rarement l'opération profonde et durable de l'Esprit de Dieu qui caractérisait les réveils d'autrefois.

La contemplation du Sauveur nous transforme à Son image. Mais si les préceptes par lesquels Dieu nous a révélé Sa sainteté et la perfection de Son caractère sont méconnus et sont remplacés par les enseignements et les théories des hommes, comment s'étonner qu'il s'ensuive un déclin de la piété vivante dans l'Église? Le Seigneur dit : « Ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau. » (Jérémie 2.13)

« Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, ... mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et nuit! Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu'il fait lui réussit. » (Psaumes 1.1-3) Ce n'est que lorsque le décalogue aura retrouvé la place qui lui appartient que l'on assistera, au sein du peuple de Dieu, au réveil de la foi et de la piété primitives. « Ainsi parle l'Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes. » (Jérémie 6.16)