Prophètes et Rois

Chapitre 46

Les prophètes de Dieu les assistaient

Les Israélites, occupés à la reconstruction du temple, avaient pour voisins les Samaritains. C'était une race issue de mariages contractés entre les païens, venus en Palestine après la déportation des Israélites, et des membres des dix tribus restées en Samarie et en Galilée. Plus tard, ces Samaritains se réclamèrent du culte du vrai Dieu; mais ils demeuraient idolâtres par le cœur et les pratiques de leur religion. Il est vrai qu'ils considéraient leurs idoles comme devant simplement leur rappeler le Dieu vivant, le maître de l'univers. Néanmoins, ils étaient portés à révérer les images taillées.

Pendant la période de la restauration, ces Samaritains étaient connus comme « ennemis de Juda et de Benjamin ». Lorsqu'ils apprirent que « les fils de la captivité bâtissaient un temple à l'Éternel, le Dieu d'Israël », « ils vinrent auprès de Zorobabel et des chefs de famille » pour exprimer leur désir de s'unir à eux dans leur travail. « Nous bâtirons avec vous, dirent-ils, car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis le temps d'Esar-Haddon, roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. » Mais on ne put leur accorder ce privilège. « Ce n'est pas à vous et à nous de bâtir la maison de notre Dieu; nous la bâtirons nous seuls à l'Éternel, le Dieu d'Israël, comme nous l'a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse » (Esdras 4:1-3), leur déclara le chef des Israélites.

Un reste seulement avait décidé de retourner à Jérusalem. Et maintenant que ces hommes entreprenaient un travail au-dessus de leurs forces, voici que leurs plus proches voisins leur offraient de les aider dans leur tâche. Les Samaritains prétendaient adorer le vrai Dieu, et ils exprimèrent le désir de partager le privilège et les bénédictions qui découlaient du service du temple. « Nous bâtirons avec vous », dirent-ils. Mais si les chefs israélites avaient accepté cette offre, ils auraient ouvert la porte à l'idolâtrie. Ils discernèrent la dissimulation des Samaritains, et se rendirent compte que l'aide obtenue en s'alliant avec eux ne serait rien comparativement aux bénédictions qu'ils comptaient recevoir en suivant scrupuleusement les ordres de Dieu.

Le Seigneur avait en effet déclaré par Moïse, au sujet des relations qu'Israël devait entretenir avec les nations voisines: « Tu ne traiteras point d'alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce. Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples; ... car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d'autres dieux, et la colère de l'Éternel s'enflammerait contre vous: il te détruirait promptement. » « Car tu es un peuple saint pour l'Éternel, ton Dieu; et l'Éternel, ton Dieu, t'a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. » (Deutéronome 7:2-4; 14:2)

Les conséquences d'une alliance avec les nations voisines étaient nettement prédites à Israël: « L'Éternel te dispersera parmi tous les peuples, d'une extrémité de la terre à l'autre, avait déclaré Moïse; et là, tu serviras d'autres dieux que n'ont connu ni toi, ni tes pères, du bois et de la pierre. Parmi ces nations, tu ne seras pas tranquille, et tu n'auras pas un lieu de repos pour la plante de tes pieds. L'Éternel rendra ton cœur agité, tes yeux languissants, ton âme souffrante. Ta vie sera comme en suspens devant toi, tu trembleras la nuit et le jour, tu douteras de ton existence. Dans l'effroi qui remplira ton cœur et en présence de ce que tes yeux verront, tu diras: Puisse le soir être là! et tu diras le soir: Puisse le matin être là! » (Deutéronome 28:64-67) « C'est de là aussi que tu chercheras l'Éternel, ton Dieu, et que tu le trouveras, avait-il promis au peuple juif, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. » (Deutéronome 4:29)

Zorobabel et les chefs de famille connaissaient bien ces prédictions, ainsi que d'autres semblables. Au cours de leur récente captivité, ils avaient eu maintes preuves de leur accomplissement. Mais ils s'étaient repentis des péchés qui avaient amené sur eux et leurs pères les jugements prédits par Moïse. S'étant tournés de tout leur cœur vers le Seigneur, ils avaient renouvelé leur alliance avec lui. C'est pourquoi il leur fut permis de retourner en Judée pour restaurer ce qui y avait été détruit. Allaient-ils au début même de leur mission s'allier avec des idolâtres? Dieu avait dit: « Tu ne feras point d'alliance avec eux. » En se consacrant à nouveau au Seigneur, ils se rendaient compte que la ligne de démarcation entre le peuple élu et le monde doit toujours être strictement observée. Ils refusaient de contracter une alliance avec le peuple qui, bien que connaissant la loi divine, ne se soumettait pas à ses exigences.

Les directives données dans le Deutéronome, et destinées à instruire Israël, doivent être suivies jusqu'à la fin des temps. La vraie prospérité dépend de la fidélité qu'on manifeste à l'égard de l'alliance contractée avec Dieu. Il ne faut jamais transiger avec les principes en s'alliant avec ceux qui ne craignent pas le Seigneur.

Les chrétiens de profession courent un grave danger lorsque, pour exercer une influence sur les mondains, ils croient devoir, dans une certaine mesure, se conduire comme eux. Mais si cette manière d'agir semble offrir des avantages, elle aboutit toujours à un naufrage spirituel. Le peuple de Dieu doit bien prendre garde à cette influence subtile qui pénètre dans l'âme par les artifices séduisants des ennemis de la vérité. Les chrétiens sont des pèlerins et des voyageurs sur la terre; ils cheminent dans un sentier hérissé d'obstacles. Ils ne doivent pas prêter attention aux habiles subterfuges et sollicitations flatteuses qui les entraîneraient à la désobéissance. Ce ne sont pas les ennemis déclarés de la cause de Dieu qu'on doit le plus redouter. Tous ceux qui, comme les ennemis de Juda et de Benjamin, se présentent avec des paroles aimables, avec de beaux discours, dans l'intention apparente d'entrer en relations amicales avec les enfants de Dieu, réussiront le plus sûrement à les tromper.

Il faut faire preuve de vigilance à l'égard de telles personnes, de peur d'être pris à l'improviste dans un piège savamment tendu. Dieu demande à ses enfants de déployer une vigilance de tous les instants, particulièrement à la fin de l'histoire de notre monde. Mais, bien que le conflit ne connaisse aucune trêve, nul n'est seul à le soutenir. Les anges soutiennent et protègent tous ceux qui marchent humblement devant Dieu. Le Seigneur ne trahira jamais celui qui se confie en lui. Lorsque ses enfants s'approchent de lui pour réclamer sa protection contre le mal, rempli de pitié et d'amour, il déploie son étendard devant l'ennemi. Ne les touche pas, lui dit-il, car ils sont à moi; je les ai gravés sur la paume de mes mains.

Persistant dans leur hostilité, les Samaritains « découragèrent le peuple de Juda; ils l'intimidèrent pour l'empêcher de bâtir, et ils gagnèrent à prix d'argent des conseillers pour faire échouer son entreprise. Il en fut ainsi pendant toute la vie de Cyrus, roi de Perse, et jusqu'au règne de Darius, roi de Perse. » (Esdras 4:4, 5) Par de faux rapports, ils suscitèrent la défiance dans les esprits prompts à la suspicion. Cependant, les forces du mal furent tenues en échec de longues années, et le peuple de Juda put continuer à travailler librement à l'érection du temple.

Tandis que Satan s'efforçait d'influencer les personnages les plus en vue de l'empire médo-persan, et essayait de jeter le discrédit sur le peuple de Dieu, les anges travaillaient pour les exilés. Tout le ciel s'intéressait à ce conflit. Le prophète Daniel nous donne un aperçu de cette lutte gigantesque entre les forces du bien et celles du mal. Pendant trois semaines, Gabriel combattit contre les puissances des ténèbres; il s'efforça de contrecarrer les influences qui s'exerçaient sur l'esprit de Cyrus. Avant la fin de ce combat, le Christ lui-même vint au secours de Gabriel. « Le chef du royaume de Perse m'a résisté vingt et un jours, déclare Gabriel; mais voici, Micaël, l'un des principaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse. » (Daniel 10:13) Tout ce que le ciel pouvait faire en faveur du peuple de Dieu avait été accompli. La victoire était finalement remportée; les forces du mal avaient été tenues en échec pendant tout le règne de Cyrus et de son fils Cambyse, qui occupa le trône environ sept ans et demi.

Une occasion magnifique s'offrait alors aux Juifs. Le ciel agissait sur le cœur des rois. Il incombait au peuple de Dieu de faire l'impossible pour que le décret de Cyrus fût appliqué. Les Juifs auraient dû profiter de construire le temple, de rétablir ses services, et en même temps de se réinstaller dans leurs foyers. Mais, au moment favorable, beaucoup d'entre eux firent preuve de mauvaise volonté. L'opposition ennemie était ferme et résolue, et peu à peu les ouvriers perdirent courage. Certains n'oubliaient pas qu'à l'occasion de la pose de la première pierre, plusieurs avaient exprimé leur crainte de voir échouer cette entreprise. Et alors que les Samaritains se montraient plus hardis, la plupart des Juifs se demandaient si, après tout, le moment était bien venu de reconstruire le temple. Cette idée gagna bientôt tout le peuple. La plupart des ouvriers, découragés et démoralisés, retournèrent dans leurs foyers pour y reprendre leurs occupations habituelles.

Sous le règne de Cambyse, la construction du temple avança lentement. Sous celui du faux Smerdis (appelé Artaxerxès dans Esdras 4:7), les Samaritains suggérèrent à cet imposteur sans scrupule de lancer un décret interdisant aux Juifs la reconstruction de leur temple et de leur ville. Pendant plus d'un an, les travaux furent interrompus et presque abandonnés. Les gens restèrent chez eux, et s'ingénièrent à acquérir des biens matériels; mais leur situation était déplorable. Malgré tout leur travail, ils ne prospéraient pas. Les éléments même semblaient conspirer contre eux: la sécheresse détruisit leurs récoltes. Dieu leur avait accordé des fruits sauvages et cultivés, du blé, du vin, de l'huile comme témoignage de sa faveur. Mais comme ils usèrent de ces dons généreux d'une manière égoïste, il leur retira ses bénédictions.

Telle était la situation au début du règne de Darius. L'état spirituel et matériel des Israélites était pitoyable. Ils avaient murmuré et douté si longtemps, ils avaient si longtemps fait passer leurs intérêts personnels en premier, ils s'étaient tellement désintéressés des ruines du temple qu'un grand nombre avait perdu de vue le dessein de Dieu de rétablir son peuple en Judée. Ils disaient: « Le temps n'est pas venu, le temps de rebâtir la maison de l'Éternel. » (Aggée 1:2)

L'heure était très sombre, mais elle n'était pas sans espoir pour ceux qui se confiaient en Dieu. Les prophètes Aggée et Zacharie furent suscités pour faire face à la crise. Leurs témoignages émouvants révélèrent aux Israélites la cause de leurs difficultés. Si tout ne marchait pas comme ils l'auraient voulu, c'était parce qu'ils avaient oublié de faire passer avant tous les autres les intérêts du royaume des cieux. S'ils avaient honoré Dieu, s'ils lui avaient témoigné du respect et de la révérence, en s'occupant d'abord de la construction de sa maison, ils se seraient ainsi assuré sa présence et sa bénédiction.

À ceux qui se laissaient aller au découragement, le prophète Aggée demandait: « Est-ce le temps pour vous d'habiter vos demeures lambrissées, quand cette maison est détruite? Ainsi parle maintenant l'Éternel des armées: Considérez attentivement vos voies! » Pourquoi avez-vous fait si peu pour moi? Pourquoi vous inquiétez-vous au sujet de vos demeures et vous désintéressez-vous de la maison de l'Éternel? Où est le zèle que vous témoigniez autrefois pour la reconstruction du temple? Qu'avez-vous gagné en ne vous occupant que de vous-mêmes? Votre désir d'échapper à la pauvreté vous a conduits à négliger le temple, mais cette négligence vous a apporté ce que vous redoutiez. « Vous semez beaucoup, et vous recueillez peu, vous mangez, et vous n'êtes pas rassasiés, vous buvez, et vous n'êtes pas désaltérés, vous êtes vêtus, et vous n'avez pas chaud; le salaire de celui qui est à gages tombe dans un sac percé. » (Aggée 1:4-6)

Dieu révéla au peuple la cause de sa misère par des paroles qui ne pouvaient prêter à confusion. « Vous comptiez sur beaucoup, et voici, vous avez eu peu; vous l'avez rentré chez vous, mais j'ai soufflé dessus. Pourquoi? dit l'Éternel des armées. À cause de ma maison qui est détruite, tandis que vous vous empressez chacun pour sa maison. C'est pourquoi les cieux vous ont refusé la rosée, et la terre a refusé ses produits. J'ai appelé la sécheresse sur le pays, sur les montagnes, sur le blé, sur le moût, sur l'huile, sur ce que la terre peut rapporter, sur les hommes et sur les bêtes, et sur tout le travail des mains. » (Aggée 1:9-11) « Considérez attentivement vos voies! suppliait le Seigneur. Montez sur la montagne, apportez du bois et bâtissez la maison: j'en aurai de la joie, et je serai glorifié. » (Aggée 1:7, 8)

Le message délivré par Aggée toucha le cœur des chefs israélites et celui du peuple. Ils comprirent que les paroles de Dieu étaient graves, et ils n'osèrent pas rejeter les instructions répétées qui leur étaient adressées. Ils savaient que la prospérité matérielle et les bénédictions spirituelles dépendaient de leur obéissance aux commandements de Dieu. Touchés par les paroles du prophète, Zorobabel et Josué, ainsi que « tout le reste du peuple, entendirent la voix de l'Éternel, leur Dieu » (Aggée 1:12).

Dès qu'Israël se décida à obéir, le message de reproche fut suivi par des paroles de réconfort. « Aggée ... dit au peuple, d'après l'ordre de l'Éternel: Je suis avec vous, dit l'Éternel. L'Éternel réveilla l'esprit de Zorobabel ... et l'esprit de Josué ... et l'esprit de tout le reste du peuple. Ils vinrent et ils se mirent à l'œuvre dans la maison de l'Éternel des armées, leur Dieu. » (Aggée 1:13, 14)

Moins d'un mois après la reprise des travaux, les constructeurs reçurent un nouveau message d'encouragement. « Fortifie-toi, Zorobabel! dit l'Éternel. Fortifie-toi, Josué. ... Fortifie-toi, peuple entier du pays! dit l'Éternel. Et travaillez! Car je suis avec vous, dit l'Éternel des armées. » (Aggée 2:4)

Le Seigneur avait déclaré au peuple d'Israël, lorsqu'il campait au pied du Sinaï: « J'habiterai au milieu des enfants d'Israël, et je serai leur Dieu. Ils connaîtront que je suis l'Éternel, leur Dieu, qui les a fait sortir du pays d'Égypte, pour habiter au milieu d'eux. Je suis l'Éternel, leur Dieu. » (Exode 29:45, 46) Et maintenant, bien qu'ils se soient montrés si souvent « rebelles et qu'ils aient attristé son esprit saint » (Ésaïe 63:10), par les messages de son prophète, le Seigneur leur tendait une main secourable. Puisqu'ils collaboraient à l'exécution de ses desseins, Dieu renouvelait son alliance avec eux: son Esprit serait au milieu d'eux. Ils n'avaient rien à craindre.

De nos jours aussi Dieu déclare à celui qui le sert: « Fortifie-toi. ... Travaille. Je suis avec toi. » Le chrétien ne cesse d'avoir un grand secours avec le Seigneur. Comment interviendra-t-il en notre faveur? Nous pouvons l'ignorer, mais ce que nous savons, c'est qu'il n'abandonnera jamais celui qui se confie en lui. Que de fois il nous a dirigés de manière à faire échouer les plans de l'ennemi! Si nous pouvions nous en rendre compte, nous avancerions résolument sans jamais maugréer. Notre foi serait solide, et nulle épreuve n'arriverait à nous ébranler. Dieu serait notre sagesse et notre force, et il accomplirait sa volonté par notre moyen.

Les exhortations et les encouragements du prophète Aggée étaient renforcés par Zacharie. Dieu suscita ce dernier pour qu'il se tienne au côté d'Aggée lorsqu'il pressait Israël de se lever et de bâtir. Le premier message de Zacharie assurait le peuple de Dieu que la parole du Très-Haut ne faillit jamais, et que des bénédictions sont accordées à tous ceux qui écoutent la parole prophétique.

Bien que leurs champs fussent ravagés, que leurs faibles provisions s'épuisassent rapidement, et qu'ils fussent entourés de peuples hostiles, les Israélites marchèrent par la foi, en réponse à l'appel des envoyés de Dieu; ils se mirent courageusement à l'œuvre pour relever les ruines du temple. C'était un travail qui exigeait une ferme confiance dans le Seigneur. Alors qu'ils s'efforçaient de s'acquitter de leur tâche et recherchaient un renouveau de la grâce d'en haut, des messages répétés leur étaient adressés par Aggée et Zacharie. Ces messages les assuraient que leur foi serait richement récompensée, et que la parole du Seigneur se rapportant à la gloire future du nouveau temple ne faillirait pas. Dans ce temple même apparaîtrait, lorsque les temps seraient révolus, le Désiré des nations, le Maître et le Sauveur des hommes.

Les constructeurs du temple n'étaient donc pas abandonnés à eux-mêmes. « Avec eux étaient les prophètes de Dieu, qui les assistaient. » (Esdras 5:2) Et Dieu lui-même avait déclaré: « Fortifiez-vous. ... Travaillez! Car je suis avec vous. » (Aggée 2:4) Leur vif désir de se repentir et de marcher par la foi était accompagné de la promesse d'une grande prospérité matérielle. « Dès ce jour, déclarait le Seigneur, je répandrai ma bénédiction. » (Aggée 2:19)

À Zorobabel, leur gouverneur — qui depuis son retour de Babylone avait connu de dures tribulations — était donné encore un plus précieux message. Le jour n'était pas loin où tous les ennemis du peuple élu seraient renversés. « En ce jour-là, dit l'Éternel des armées, je te prendrai, Zorobabel ... mon serviteur ... et je te garderai comme un sceau; car je t'ai choisi. » (Aggée 2:23) Zorobabel comprit alors que c'était la providence qui l'avait fait passer par le découragement et le doute. Dans tout ce qui lui était arrivé, il pouvait discerner maintenant les desseins de Dieu.

Ces paroles adressées personnellement à Zorobabel sont consignées dans la sainte Écriture pour servir d'encouragement aux enfants de Dieu de tous les temps. Le Seigneur a un but en envoyant des épreuves à ceux qui l'aiment. Il ne les dirige jamais dans une voie différente de celle qu'ils choisiraient eux-mêmes s'ils pouvaient voir la fin dès le commencement, et discerner la gloire du but qui leur est proposé. Toutes les épreuves, toutes les tribulations sont destinées à galvaniser leurs forces, en vue de ce qu'ils doivent faire et souffrir pour le ciel.

Les messages d'Aggée et de Zacharie stimulèrent les Israélites dans la reconstruction du temple. Mais ils ne cessaient d'être harcelés par les Samaritains et d'autres ennemis. Un jour où les gouverneurs du royaume médo-persan visitaient Jérusalem, ils demandèrent aux Juifs qui les avait autorisés à rebâtir leur temple. À ce moment-là, si les Juifs ne s'étaient pas confiés dans le Seigneur pour être dirigés, des conséquences désastreuses s'en seraient ensuivies. « Mais l'œil de Dieu veillait sur les anciens des Juifs. Et on laissa continuer les travaux pendant l'envoi d'un rapport à Darius. » (Esdras 5:5) La réponse que reçurent les gouverneurs était si raisonnable qu'ils décidèrent d'écrire à Darius, fils d'Hystaspe, roi de l'empire médo-persan, pour lui faire savoir qu'un décret de Cyrus avait ordonné la reconstruction du temple à Jérusalem, les frais devant être couverts par le trésor royal.

Darius rechercha ce décret; et, l'ayant trouvé, il ordonna à ceux qui avaient mené l'enquête de laisser poursuivre la construction. « Laissez continuer les travaux de cette maison de Dieu, ordonna-t-il, que le gouverneur des Juifs et les anciens des Juifs la rebâtissent sur l'emplacement qu'elle occupait. Voici l'ordre que je donne touchant ce que vous aurez à faire à l'égard de ces anciens des Juifs pour la reconstruction de cette maison de Dieu: les frais, pris sur les biens du roi provenant des tributs de l'autre côté du fleuve, seront exactement payés à ces hommes, afin qu'il n'y ait pas d'interruption. Les choses nécessaires pour les holocaustes du Dieu des cieux, jeunes taureaux, béliers et agneaux, froment, sel, vin et huile, seront livrées, sur leur demande, aux sacrificateurs de Jérusalem, jour par jour et sans manquer, afin qu'ils offrent des sacrifices de bonne odeur au Dieu des cieux et qu'ils prient pour la vie du roi et de ses fils. » (Esdras 6:7-10)

De plus, le roi ordonna que de sévères mesures fussent prises contre ceux qui enfreindraient ce décret, et il termina par cette déclaration remarquable: « Que le Dieu qui fait résider en ce lieu son nom renverse tout roi et tout peuple qui étendraient la main pour transgresser ma parole, pour détruire cette maison de Dieu à Jérusalem! Moi, Darius, j'ai donné cet ordre. Qu'il soit ponctuellement exécuté. » (Esdras 6:12) C'est ainsi que Dieu préparait la voie pour l'achèvement des travaux.

Pendant des mois, avant la promulgation de ce décret, les Israélites avaient continué à travailler par la foi, soutenus par les prophètes de Dieu qui leur délivraient de temps en temps des messages destinés à rappeler le plan divin les concernant. Deux mois après le dernier message d'Aggée, Zacharie eut une série de visions touchant l'œuvre de Dieu sur la terre. Ces messages, adressés sous forme de paraboles et de symboles, furent donnés à un moment d'incertitude et d'anxiété. Ils avaient une signification particulière pour les hommes qui marchaient de l'avant au nom du Dieu d'Israël. Il semblait aux chefs du peuple juif que la permission accordée pour la reconstruction du temple allait être supprimée; l'avenir paraissait bien sombre. Mais Dieu savait que son peuple avait besoin d'être soutenu et fortifié par une révélation de son amour et de sa miséricorde infinie. Dans une vision, Zacharie entendit l'ange demander: « Éternel des armées, jusques à quand n'auras-tu pas compassion de Jérusalem et des villes de Juda contre lesquelles tu es irrité depuis soixante et dix ans? L'Éternel répondit par de bonnes paroles, par des paroles de consolation à l'ange qui parlait avec moi », dit Zacharie.

« Et l'ange qui parlait avec moi me dit: Crie et dis: Ainsi parle l'Éternel des armées: Je suis ému d'une grande jalousie pour Jérusalem et pour Sion, et je suis saisi d'une grande irritation contre les nations orgueilleuses; car je n'étais que peu irrité, mais elles ont contribué au mal. C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel: Je reviens à Jérusalem avec compassion; ma maison y sera rebâtie, et le cordeau sera étendu sur Jérusalem. » (Zacharie 1:12-16)

Le prophète fut ensuite prié de déclarer: « Ainsi parle l'Éternel des armées: Mes villes auront encore des biens en abondance; l'Éternel consolera encore Sion, il choisira encore Jérusalem. » (Zacharie 1:17) Zacharie vit alors les puissances qui avaient dispersé Juda, Israël et Jérusalem, symbolisées par quatre cornes. Immédiatement après il vit quatre forgerons, représentant les chefs choisis par Dieu pour restaurer son peuple et son temple (Voir Zacharie 1:18-21).

« Je levai les yeux et je regardai, dit le prophète, et voici, il y avait un homme tenant dans la main un cordeau pour mesurer. Je dis: Où vas-tu? Et il me dit: Je vais mesurer Jérusalem, pour voir de quelle largeur et de quelle longueur elle doit être. Et voici, l'ange qui parlait avec moi s'avança, et un autre ange vint à sa rencontre. Il lui dit: Cours, parle à ce jeune homme, et dis: Jérusalem sera une ville ouverte, à cause de la multitude d'hommes et de bêtes qui seront au milieu d'elle; et je serai pour elle, dit l'Éternel, une muraille de feu tout autour, et je serai sa gloire au milieu d'elle. » (Zacharie 2:1-5)

Dieu avait ordonné que Jérusalem fût rebâtie. La vision qui avait trait à la mesure de la ville représentait l'assurance qu'il accorderait les forces et le réconfort à ceux qu'il avait affligés, et qu'il accomplirait les promesses de son alliance éternelle. Sa tendre protection pour les Israélites, déclarait-il, serait comme « une muraille de feu tout autour », et par eux la gloire divine serait révélée à tous les enfants des hommes. Ce que Dieu accomplissait pour son peuple devait être connu par toute la terre.

Pousse des cris de joie et d'allégresse, habitant de Sion!
Car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël.
(Ésaïe 12:6)