Premiers Écrits

La fin du troisième message

Il me fut montré le temps où se terminerait le troisième message. La puissance de Dieu avait reposé sur ses enfants; ils s’étaient acquittés de leur tâche et se préparaient pour le temps d’épreuve qui allait venir. Ils avaient reçu la pluie de l’arrière-saison, le rafraîchissement de la part du Seigneur, et leur témoignage en avait été vivifié. Le dernier avertissement avait partout retenti; il avait excité et irrité les habitants de la terre qui n’avaient pas voulu recevoir le message.

Je vis des anges accourir çà et là dans le ciel. L’un d’entre eux, muni d’une écritoire, revenait de la terre et rapportait à Jésus que son œuvre était achevée, que les saints avaient été comptés et scellés. Puis je vis le Sauveur, qui avait exercé son ministère devant l’arche contenant les dix commandements, jeter à terre son encensoir. Il éleva les mains, et s’écria d’une voix forte: “C’en est fait!” Alors toutes les armées angéliques déposèrent leurs couronnes, tandis que Jésus faisait cette déclaration solennelle: “Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore.”

Le sort de chacun avait été décidé, soit pour la vie, soit pour la mort. Pendant que Jésus avait exercé son ministère dans le sanctuaire, le jugement avait eu lieu pour les justes qui étaient morts, puis pour les justes vivants. Le Christ avait reçu son royaume, ayant fait propitiation pour son peuple et effacé ses péchés. Les sujets du royaume avaient été comptés; les noces de l’Agneau, consommées. La grandeur et la domination des royaumes qui sont sous tous les cieux avaient été données à Jésus et à ceux qui doivent hériter du salut. Jésus allait régner comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Lorsque Jésus sortit du lieu très saint, j’entendis retentir les clochettes qui étaient sur ses vêtements, et un sombre nuage enveloppa les habitants de la terre. Alors il n’y avait plus de médiateur entre l’homme coupable et un Dieu offensé. Aussi longtemps que Jésus s’était tenu entre Dieu et le pécheur, il y avait une certaine retenue parmi le peuple, mais lorsqu’il ne fut plus entre l’homme et le Père, toute retenue disparut, et les impénitents furent complètement sous la direction de Satan. Il n’était pas possible que les fléaux fussent versés tandis que Jésus officiait dans le lieu très saint; mais lorsque son œuvre fut achevée et que son intercession eut pris fin, rien ne put plus arrêter la colère de Dieu. Celle-ci atteignit le pécheur qui avait méprisé le salut et qui s’était moqué de la répréhension. Pendant la période terrible qui commença au moment où Jésus eut terminé son œuvre médiatrice, les saints n’avaient plus d’intercesseur auprès de Dieu. Le sort de chacun était décidé. Jésus s’arrêta un moment dans la partie extérieure du sanctuaire céleste, et les péchés qui avaient été confessés pendant qu’il était dans le lieu très saint furent placés sur Satan, l’auteur du péché, afin qu’il en souffrît le châtiment.

Alors je vis Jésus qui déposait ses vêtements sacerdotaux pour revêtir ses habits royaux. Il portait sur la tête plusieurs couronnes placées les unes dans les autres. Il quitta le ciel entouré de l’armée angélique. Les fléaux tombaient sur les habitants de la terre. D’aucuns accusaient et maudissaient Dieu; d’autres accouraient auprès des enfants de Dieu et les suppliaient de leur dire comment ils pourraient échapper à ces jugements. Mais les saints ne pouvaient rien faire pour eux. Les dernières larmes pour les pécheurs avaient été versées, la dernière prière avait été offerte, le dernier fardeau avait été porté, le dernier avertissement avait été donné. La douce voix de la miséricorde ne devait plus se faire entendre.

Lorsque les saints et le ciel entier s’intéressaient au salut des pécheurs, ceux-ci n’en firent aucun cas. La vie et la mort leur avaient été présentées; beaucoup avaient désiré la vie, mais n’avaient rien fait pour l’obtenir. Ils ne se soucièrent pas de choisir la vie; maintenant, il n’y avait plus de sang expiatoire pour purifier le coupable, plus de Sauveur compatissant pour intercéder pour eux, et pour dire: “Epargne, épargne le pécheur encore un peu de temps!” Tout le ciel s’unit au Christ pour leur faire entendre ces terribles paroles: “C’en est fait! C’est fini!” Le plan du salut avait été accompli, mais bien peu avaient voulu l’accepter. Lorsque la douce voix de la miséricorde se tut, les méchants furent saisis de crainte et d’horreur; ils entendirent d’une manière distincte ces paroles: “Trop tard! Trop tard!”

Ceux qui avaient méprisé la Parole de Dieu couraient çà et là, du nord au sud, de l’est à l’ouest, pour la chercher. L’ange me dit: “Ils ne la trouveront pas; il y a une famine dans le pays, non pas une famine de pain et d’eau, mais des paroles de Dieu. Que ne donneraient-ils pas maintenant pour entendre une parole d’approbation de la part du Seigneur! Mais c’est trop tard, ils doivent souffrir la faim et la soif. Ils n’ont cessé jour après jour de mépriser le salut, estimant davantage les richesses et les plaisirs de la terre que les trésors et les promesses du ciel. Ils ont rejeté Jésus et méprisé ses saints. Souillés ils sont, souillés ils resteront.”

Un grand nombre de méchants étaient fous de rage lorsqu’ils souffraient des effets des fléaux. C’était une scène d’angoisse terrible. Les parents accusaient leurs enfants et ceux-ci dénonçaient leurs parents, les frères leurs sœurs et les sœurs leurs frères. Partout c’étaient des lamentations et des reproches. Les gens se tournaient vers les pasteurs, et leur faisaient d’amers reproches. “Vous ne nous avez pas avertis de tout cela, leur disaient-ils. Vous nous disiez que le monde entier devait se convertir. Pour calmer toutes les craintes, vous nous criiez: “Paix, paix!” Vous ne nous avez pas parlé de cette heure. Vous avez affirmé que ceux qui en parlaient étaient des fanatiques, des méchants qui nous perdraient.” Je vis que les pasteurs n’échappèrent pas à la colère de Dieu; ils durent souffrir dix fois plus que ceux qu’ils avaient trompés.