Premiers Écrits

Le criblage

J’ai vu quelques croyants qui, avec une grande foi et des cris angoissés, plaidaient avec Dieu. Leurs visages étaient pâles, révélant leur profonde anxiété et leurs luttes intérieures. Ils manifestaient une grande ferveur et une grande fermeté; de grosses gouttes de sueur perlaient à leur front. De temps en temps, sentant l’approbation de Dieu, ils étaient rayonnants, mais bientôt ils retombaient dans le même état de ferveur, d’anxiété et de gravité.

Les mauvais anges s’empressaient autour d’eux, les plongeant dans les ténèbres pour leur cacher Jésus afin que, leurs yeux étant attirés par les ténèbres, ils puissent les amener à perdre confiance et à murmurer contre lui. Leur seule sécurité était de diriger leurs regards en haut. Les anges de Dieu avaient la garde de son peuple, et lorsque l’atmosphère empoisonnée des mauvais anges entourait ceux qui étaient dans l’angoisse, ils battaient constamment des ailes pour dissiper les épaisses ténèbres.

Les croyants continuant à supplier le Seigneur, parfois un rayon de lumière provenant de Jésus venait jusqu’à eux pour les encourager; leurs visages en étaient illuminés. J’ai vu que quelques-uns d’entre eux ne participaient pas à cette œuvre d’intercession; ils semblaient indifférents à ce qui se passait autour d’eux. Ils ne résistaient pas aux ténèbres qui les entouraient, et celles-ci les emprisonnaient comme une épaisse nuée. Alors les anges de Dieu les abandonnaient à leur sort, et allaient secourir ceux qui priaient. J’ai vu les anges de Dieu se hâter auprès de ceux qui luttaient de toutes leurs forces pour résister aux mauvais anges et qui s’encourageaient eux-mêmes en implorant le Seigneur avec persévérance. Mais les anges du ciel ne s’occupaient pas de ceux qui ne faisaient aucun effort pour s’aider eux-mêmes, et je les perdis de vue.

Je demandai ce que signifiait le criblage que j’avais vu. On me répondit qu’il était causé par le conseil du Témoin véritable à l’église de Laodicée. Ce conseil aura son effet sur le cœur de celui qui le reçoit; il l’amènera à exalter la vérité. Quelques-uns ne l’accepteront pas; ils le combattront, et c’est ce qui produira le criblage parmi le peuple de Dieu.

J’ai vu que le témoignage du Véritable n’a été écouté qu’à moitié. Ce témoignage solennel dont dépend la destinée de l’Eglise a été considéré à la légère, sinon tout à fait méprisé. Il doit produire une sérieuse repentance. Tous ceux qui le reçoivent vraiment s’y conformeront et seront purifiés.

L’ange dit: “Ecoutez!” Bientôt j’entendis une voix ressemblant à un grand nombre d’instruments de musique, douce et harmonieuse. La mélodie dépassait tout ce que j’avais jamais entendu; elle semblait être pleine de miséricorde et de compassion, d’élévation et de sainte joie. Tout mon être en tressaillit. L’ange dit: “Regardez!” Mon attention fut alors attirée par le groupe que j’avais vu, qui était terriblement criblé. Ceux que j’avais vus auparavant me furent montrés pleurant et priant avec angoisse. Le nombre des anges gardiens qui les entouraient avait doublé, et ils étaient armés de la tête aux pieds. Ils se déplaçaient dans un ordre parfait, comme une compagnie de soldats. Les visages des fidèles révélaient le combat terrible qu’ils avaient livré. Cependant leurs traits, marqués par l’angoisse, resplendissaient maintenant de la lumière et de la gloire du ciel. Ils avaient obtenu la victoire, et ils en éprouvaient une profonde gratitude et une sainte joie.

Le nombre de ce groupe avait diminué. Quelques-uns avaient été éliminés par le crible et laissés le long du chemin. Les insouciants et les indifférents, qui ne s’étaient pas joints à ceux qui appréciaient suffisamment la victoire et le salut pour persévérer dans la prière, n’obtinrent rien et furent laissés en arrière dans les ténèbres. Leurs places étaient immédiatement prises par d’autres qui acceptaient la vérité et entraient dans les rangs. Les mauvais anges continuaient à les entourer, mais ils n’avaient aucun pouvoir sur eux.

J’entendis ceux qui étaient revêtus de l’armure parler de la vérité avec beaucoup de puissance. Celle-ci produisait son effet. Plusieurs avaient été retenus: des femmes par leurs maris, des enfants par leurs parents. Les âmes sincères qui avaient été empêchées d’entendre la vérité l’acceptaient maintenant avec empressement. La crainte des parents avait disparu; seule comptait pour eux la vérité. Ils avaient eu faim et soif de la vérité; elle leur était plus chère et plus précieuse que la vie. Je demandai ce qui avait produit ce grand changement. Un ange me répondit: “C’est la pluie de l’arrièresaison, le rafraîchissement de la part du Seigneur, le grand cri du troisième ange.”

Une grande puissance accompagnait ces élus. L’ange dit: “Regardez!” Mon attention fut alors dirigée vers les méchants, les incrédules. Ils étaient tous actifs. Le zèle et la puissance du peuple de Dieu les avaient réveillés et rendus furieux. La confusion régnait partout. Je vis qu’on avait pris des mesures contre le groupe qui jouissait de la lumière et de la puissance de Dieu. Les ténèbres s’épaississaient autour d’eux; cependant ils restaient fermes, ayant l’approbation de Dieu et se confiant en lui. Je les vis perplexes; puis je les entendis prier avec ferveur. Ils ne cessaient de répéter jour et nuit: “O Dieu, que ta volonté soit faite! Si cela peut glorifier ton nom, ouvre un chemin pour sauver ton peuple. Délivre-nous des païens qui nous entourent. Ils ont décidé notre mort; mais ton bras peut nous apporter le salut.” Ce sont les seules paroles que j’aie retenues. Tous semblaient avoir un sentiment profond de leur indignité, et ils manifestaient une entière soumission à la volonté de Dieu. Cependant, comme Jacob, chacun, sans exception, réclamait la délivrance et luttait pour l’obtenir.

Peu de temps après qu’ils eurent commencé à supplier le Seigneur, les anges, pleins de sympathie à leur égard, désiraient aller les délivrer. Mais un ange puissant, qui les commandait, ne le leur permit pas. Il leur dit: “La volonté de Dieu n’est pas encore accomplie. Ils doivent boire la coupe, être baptisés du baptême.”

Bientôt j’entendis la voix de Dieu qui secouait le ciel et la terre. Il y eut un grand tremblement de terre. Les bâtiments tombaient de tous côtés. J’entendis alors un grand cri de victoire, puissant, musical, clair. Je regardai le groupe qui, peu de temps auparavant, gémissait dans la détresse et l’esclavage. Leur captivité était terminée. Une lumière glorieuse luisait sur eux. Comme ils me parurent beaux! Toute trace de soucis et de fatigue avait disparu; la santé et la beauté étaient sur tous les visages. Leurs ennemis, les païens qui les entouraient, tombaient comme s’ils étaient morts; ils ne pouvaient supporter l’éclat de la lumière qui resplendissait sur les saints libérés. Cette lumière, cette gloire, reposa sur eux jusqu’à ce que Jésus parut sur les nuées des cieux. Alors les fidèles éprouvés furent changés en un instant, en un clin d’œil, de gloire en gloire. Les sépulcres s’ouvrirent, et les saints en sortirent revêtus d’immortalité, en s’écriant: “Victoire sur la mort et sur le sépulcre!” Et tous ensemble, avec les justes vivants, ils furent enlevés à la rencontre de leur Seigneur dans les airs, tandis que chaque langue immortelle faisait retentir des cris de victoire.