Premiers Écrits

Le Message du Troisième Ange

Le ministère de Jésus dans le lieu saint terminé, il passa dans le lieu très saint. Il se présenta devant l’arche contenant la loi de Dieu, et il envoya un ange puissant dans le monde, pour proclamer un troisième message. Un parchemin fut placé dans la main de l’ange, qui descendit sur la terre avec puissance et majesté et donna connaissance d’un avertissement effrayant, accompagné de la plus terrible menace qui ait jamais été faite à l’homme.

Ce message avait pour but de mettre en garde les enfants de Dieu contre les tentations angoissantes qui les attendaient. L’ange me dit: “Ils auront beaucoup à lutter contre la bête et son image. Leur seule espérance de vie éternelle est de rester fermes, bien que leur vie soit en danger, et de demeurer solidement attachés à la vérité.” Le troisième ange termina son message par ces mots: “C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.” En prononçant ces paroles, il montrait le sanctuaire céleste.

Tous les croyants qui acceptent ce message sont appelés à diriger leurs regards vers le lieu très saint où Jésus se tient devant l’arche pour faire l’intercession finale en faveur de tous ceux pour lesquels la grâce subsiste encore et pour ceux qui, par ignorance, ont transgressé la loi de Dieu. Cette propitiation est faite pour les justes qui sont morts aussi bien que pour ceux qui sont encore en vie. Elle embrasse tous ceux qui moururent en se confiant en Christ, mais qui, n’ayant pas connu la vérité au sujet des commandements de Dieu, ont péché par ignorance en transgressant ses préceptes.

Après que Jésus eut ouvert la porte du lieu très saint, la vérité concernant le sabbat fut connue. Les enfants de Dieu furent alors éprouvés, comme autrefois les enfants d’Israël, pour voir s’ils seraient fidèles à la loi de Dieu. Je vis le troisième ange, le bras levé, montrant à ceux qui avaient été désappointés le lieu très saint du sanctuaire céleste. Lorsque par la foi ils entrent dans le lieu très saint, ils trouvent Jésus, et l’espérance et la joie sont de nouveau leur partage. Je les vis regarder en arrière. Ils considéraient le passé, depuis la proclamation du second avènement de Jésus jusqu’à l’expérience qui avait été la leur au passage de la date en 1844. Ils virent leur désappointement expliqué, et la joie et la certitude les ranimèrent. Le troisième ange a éclairé le passé, le présent et l’avenir, et ils savent que Dieu les a certainement dirigés par sa providence mystérieuse.

Il me fut aussi montré comment le “reste” des enfants de Dieu suivaient Jésus dans le lieu très saint, comment ils considéraient l’arche et le propitiatoire, étant captivés par leur gloire. Jésus leva le couvercle de l’arche, et alors ils virent les deux pierres sur lesquelles sont gravés les dix commandements. Ils parcoururent rapidement les saints oracles; mais ils reculèrent en tremblant en voyant le quatrième commandement, au milieu des dix préceptes sacrés, briller d’une lumière plus vive que les neuf autres et entouré d’une auréole de gloire. Rien ne leur indiquait que ce commandement fût aboli ou transféré au premier jour de la semaine. Le commandement était toujours le même que lorsqu’il fut prononcé par Dieu même dans une solennelle et terrible grandeur au milieu des éclairs et des grondements de tonnerre, au mont Sinaï. C’était le même qui fut gravé sur les tables de pierre par le doigt de Dieu: “Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le jour de l’Eternel, ton Dieu.” Ils s’étonnèrent en voyant le soin dont étaient entourés les dix commandements. Ils les voyaient placés près de Jéhovah, couverts et protégés par sa sainteté. Ils se rendirent compte qu’ils avaient foulé aux pieds le quatrième commandement, et observé un jour transmis par les païens et les papistes, au lieu du jour sanctifié par Jéhovah. Ils s’humilièrent devant Dieu et gémirent sur leurs transgressions.

Je vis la fumée monter de l’encensoir à mesure que Jésus offrait à son Père leurs confessions et leurs prières. Pendant que la fumée de l’encens montait, une lumière éclatante enveloppait le Sauveur et le propitiatoire. Les enfants de Dieu priaient avec ferveur; après avoir découvert qu’ils transgressaient la loi de Dieu, ils furent bénis, et leurs visages s’illuminèrent d’espérance et de joie. Ils prirent part à l’œuvre du troisième ange et à son avertissement solennel; mais il n’y en eut que peu qui acceptèrent d’abord ce message. Cependant les fidèles continuèrent à le proclamer avec énergie. Je vis ensuite que beaucoup de personnes embrassaient le message du troisième ange, et unissaient leurs voix à celles des croyants qui avaient été les premiers à donner l’avertissement, et ils honoraient le Seigneur en se reposant le jour qu’il avait sanctifié.

Un grand nombre de ceux qui acceptèrent le message du troisième ange n’avaient pas connu les deux premiers. Satan le savait bien; son œil malin veillait sur eux pour les terrasser; mais le troisième ange dirigea leurs regards vers le lieu très saint du sanctuaire céleste, et ceux qui avaient connu les deux premiers messages leur indiquèrent comment arriver à ce sanctuaire. Un grand nombre de personnes reconnurent l’enchaînement parfait de la vérité dans les messages des trois anges; elles les reçurent avec joie dans leur ordre, et suivirent Jésus par la foi dans le sanctuaire céleste. Ces messages me furent présentés comme une ancre pour les enfants de Dieu. Ceux qui les comprennent et les acceptent ne seront pas entraînés par les tromperies de Satan.

Après le grand désappointement de 1844, Satan et ses anges s’occupèrent activement à tendre des pièges aux croyants pour ébranler leur foi. Il agit sur l’esprit de certaines personnes qui avaient connu les messages et qui avaient eu une apparence d’humilité. Quelques-uns cherchèrent à prouver que l’accomplissement du premier et du second message était encore dans le futur, alors que d’autres croyaient qu’il était bien loin dans le passé. Ceux-ci réussirent à influencer les esprits inexpérimentés et à ébranler leur foi. D’aucuns sondèrent leur Bible avec l’intention de se créer une foi personnelle, indépendante de l’Eglise. Satan se réjouissait follement de tout cela. Il savait qu’au moyen de divers vents de doctrine il pouvait mieux réussir à induire en erreur ceux qui se détachaient de leurs ancres. Plusieurs de ceux qui avaient été à la tête de la proclamation du premier et du second message s’en détournèrent. Il y eut ainsi division et confusion parmi les croyants.

Mon attention fut alors portée sur William Miller. Il avait l’air perplexe et semblait accablé par l’anxiété et la détresse en songeant à son peuple. Ceux qui avaient connu l’unité et l’amour les uns pour les autres en 1844 se refroidissaient, se combattaient et sombraient dans la torpeur et l’indifférence. En considérant ces choses, la douleur minait les forces de William Miller. Je vis des hommes influents le surveiller, de crainte qu’il ne reçût le message du troisième ange et les commandements de Dieu. Et lorsqu’il était enclin à accepter la lumière du ciel, ces hommes imaginaient quelque plan pour l’en dissuader. Une influence humaine fut exercée pour le maintenir dans les ténèbres et conserver son influence parmi ceux qui s’opposaient à la vérité. William Miller finit par élever la voix contre la lumière d’en haut. Il commit une erreur en ne recevant pas le message qui aurait expliqué amplement son désappointement, jeté une lumière glorieuse sur le passé, ranimé ses forces abattues, illuminé son espérance et l’aurait porté à glorifier Dieu. Il écouta la sagesse humaine plutôt que la sagesse divine. Mais, épuisé par l’âge et par ses labeurs incessants dans la cause de son Maître, il fut moins coupable que ceux qui l’empêchèrent d’accepter la vérité. Ce sont eux les vrais responsables. Ce péché repose sur eux.

Si William Miller avait vu la lumière du troisième message, bien des choses qui lui paraissaient mystérieuses et obscures lui auraient été expliquées. Mais ses frères manifestèrent un amour et un intérêt si profonds à son égard qu’il n’eut pas le courage de les abandonner. Son cœur penchait vers la vérité, puis il regardait à ses frères qui s’y opposaient. Pouvait-il se séparer d’eux qui, côte à côte avec lui, avaient proclamé la seconde venue de Jésus? Il se persuada que ses amis ne sauraient l’égarer.

Dieu permit qu’il tombât sous le pouvoir de Satan, le dominateur de la mort. Il le cacha dans le tombeau, loin de ceux qui cherchaient constamment à l’éloigner de la vérité. Moïse commit une erreur au moment où il allait entrer dans la terre promise. Je vis que, de même, William Miller erra au moment où il allait pénétrer dans la Canaan céleste, en laissant son influence agir contre la vérité. D’autres l’y entraînèrent; ce sont eux qui en rendront compte. Mais les anges veillent sur les précieux restes de ce serviteur de Dieu. Il ressuscitera au son de la dernière trompette.