Premiers Écrits

Le mystère de l'iniquité

Le plan de Satan a toujours consisté à détourner les hommes de Jésus et à détruire la responsabilité individuelle. Le grand ennemi échoua dans ses desseins lorsqu’il tenta le Fils de Dieu; mais il réussit mieux avec l’homme déchu. La chrétienté se corrompit; les papes et les prêtres s’exaltèrent eux-mêmes, et enseignèrent aux gens à se tourner vers eux pour obtenir le pardon de leurs péchés, au lieu de regarder eux-mêmes au Christ.

Les hommes furent trompés. On leur enseigna que les papes et les prêtres étaient les représentants du Christ, lorsqu’en réalité ils représentaient Satan, et ceux qui se prosternaient devant eux adoraient ce dernier. Le peuple demandait la Bible; mais les prêtres considéraient qu’il était dangereux de laisser chacun libre de lire ce livre, de peur que les gens y voient clair et que les péchés des chefs religieux ne soient démasqués. On enseigna aux gens à recevoir chaque mot de ces séducteurs comme s’il sortait de la bouche de Dieu. Les prêtres exercèrent sur les esprits le pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu. Si quelqu’un osait suivre ses propres convictions, la même haine que Satan et les Juifs nourrissaient à l’égard de Jésus était suscitée contre eux, et ceux qui détenaient l’autorité avaient soif de leur sang.

Il me fut montré une époque où Satan triomphait. Des multitudes de chrétiens étaient mis à mort d’une manière effroyable, parce qu’ils voulaient préserver la pureté de leur religion. La Bible était haïe, et des efforts étaient faits pour en expurger la terre. Il était interdit au peuple de la lire sous peine de mort; tous les exemplaires qui pouvaient être saisis étaient brûlés. Mais j’ai vu que Dieu prenait un soin tout particulier de sa Parole, et qu’il la protégeait. A certaines périodes de l’histoire, il n’existait que très peu d’exemplaires de la Bible. Mais Dieu ne permit pas qu’elle disparût complètement, car dans les derniers jours elle devait se multiplier au point que chaque famille pourrait la posséder.

J’ai vu que lorsqu’il n’y avait que très peu d’exemplaires de la Bible, elle était précieuse et réconfortante pour les disciples de Jésus persécutés. Elle était lue dans le secret le plus absolu, et ceux qui jouissaient de ce précieux privilège sentaient qu’ils avaient un entretien particulier avec Dieu, avec son Fils et avec ses disciples. Mais ce privilège béni coûta la vie à un grand nombre. Découverts, ils étaient livrés au bourreau, envoyés au bûcher ou enfermés dans un donjon où ils mouraient de faim.

Satan ne pouvait faire obstacle au plan du salut. Jésus fut crucifié et ressuscita le troisième jour. Mais le diable dit à ses anges qu’il allait faire tourner à son avantage la crucifixion et la résurrection. Il tolérait que ceux qui professaient la foi en Jésus crussent que les lois réglant les sacrifices juifs et les offrandes avaient cessé à la mort du Christ, pourvu qu’il puisse les pousser plus loin et leur faire croire que le Décalogue aussi était mort avec lui.

Je vis qu’un grand nombre de chrétiens tombèrent dans ce piège posé par Satan. Tout le ciel fut dans l’indignation lorsqu’il vit que la sainte loi de Dieu était foulée aux pieds. Jésus et toute l’armée angélique connaissaient bien la nature de la loi de Dieu; ils savaient qu’elle ne pouvait être ni changée ni abrogée. L’état désespéré de l’homme après la chute causa la plus profonde tristesse dans le ciel, et poussa Jésus à s’offrir pour mourir à la place du transgresseur de la sainte loi de Dieu. Mais si cette loi avait pu être abrogée, l’homme aurait été sauvé sans la mort de Jésus. En conséquence, sa mort n’abolit pas la loi de son Père, mais au contraire la magnifia et l’honora; elle renforça l’obéissance à tous ses saints préceptes.

Si l’Église était restée pure et ferme, Satan n’aurait pas pu réussir à séduire les chrétiens et à leur faire fouler aux pieds la loi de Dieu. Dans son plan téméraire, Satan s’attaqua directement à la base du gouvernement de Dieu dans le ciel et sur la terre. Sa révolte le fit chasser du ciel. Après cette révolte, pour se sauver lui-même, il désirait que Dieu changeât sa loi; mais il lui fut dit en présence de toute l’armée angélique que la loi de Dieu était inaltérable. Satan sait que s’il peut en amener d’autres à violer la loi de Dieu, il les gagne à sa cause; car tout transgresseur de la loi doit mourir.

Satan décida d’aller plus loin encore. Il dit à ses anges que quelques chrétiens seraient si fidèles à la loi de Dieu qu’ils ne tomberaient pas dans ses pièges. Les dix commandements étaient si clairs que beaucoup croiraient qu’ils étaient toujours en vigueur, et que, par conséquent, il lui fallait chercher à altérer un seul des dix commandements. Il proposa alors à ses suppôts d’essayer de changer le quatrième, celui du sabbat, altérant ainsi le seul commandement qui met en relief le vrai Dieu, le Créateur du ciel et de la terre. Satan leur présenta la glorieuse résurrection de Jésus, et leur dit qu’en ressuscitant le premier jour de la semaine, il avait changé le sabbat du septième jour au premier.

C’est ainsi que Satan employa la résurrection pour servir ses desseins. Il se réjouit avec ses anges de ce que les erreurs qu’ils avaient préparées fûssent si bien reçues par ceux qui prétendaient être les amis du Christ. Ce que l’un considérait avec horreur, un autre l’admettait. Ainsi différentes erreurs furent acceptées et défendues avec zèle. La volonté de Dieu, si clairement révélée dans sa Parole, était ensevelie sous les erreurs et les traditions enseignées comme étant des commandements de Dieu. Quoique cette séduction qui défie le ciel sera tolérée jusqu’à la seconde apparition de Jésus, Dieu n’est pas resté sans témoins au cours de cette époque d’erreur et de tromperie. Au milieu des ténèbres et de la persécution de l’Eglise, il y a toujours eu des vrais et fidèles croyants qui ont gardé tous les commandements de Dieu.

J’ai vu que les armées angéliques étaient remplies d’admiration en considérant les souffrances et la mort du Roi de gloire. Mais j’ai vu qu’elles n’avaient pas été étonnées que le Seigneur de la vie et de la gloire, qui a rempli tout le ciel de joie et de splendeur, triomphât de la mort, sortît de sa prison en conquérant triomphant. C’est pourquoi, s’il est un événement qui devrait être commémoré par un jour de repos, ce serait la crucifixion. Mais j’ai vu que ni l’un ni l’autre de ces événements n’était destiné à altérer ou à abroger la loi de Dieu. Au contraire, ils renforcent la preuve de son immutabilité.

Ces deux événements importants possèdent leurs mémoriaux. En participant à la sainte Cène, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Les scènes de ses souffrances et de sa mort sont ainsi rappelées à nos esprits. La résurrection du Christ est commémorée par le fait que nous sommes ensevelis avec lui au moment du baptême et que nous sortons ensuite du tombeau liquide afin que “nous marchions en nouveauté de vie”.

Il m’a été montré que la loi de Dieu subsisterait toujours, et qu’elle existera dans la nouvelle terre pendant toute l’éternité. A la création, lorsque les fondements de la terre furent posés, les fils de Dieu considérèrent avec admiration les œuvres du Créateur, et toutes les armées célestes chantèrent de joie. Or c’est à ce moment-là que le sabbat fut institué. A la fin des six jours de la création, Dieu se reposa le septième jour de toute son œuvre qu’il avait faite; il bénit ce jour et le sanctifia, parce qu’il s’était reposé de toute son œuvre. Le sabbat fut institué en Eden avant la chute; il fut observé par Adam et Eve, et toute l’armée des cieux. Dieu se reposa le septième jour, il le bénit et il le sanctifia. J’ai vu que le sabbat ne passerait jamais; mais que les rachetés et toutes les armées angéliques l’observeraient en l’honneur du grand Créateur pendant toute l’éternité.