Premiers Écrits

Introduction

Le don de prophétie a été manifesté au cours de la dispensation juive. S’il disparut pendant des siècles en raison de la corruption qui caractérisa la fin de l’ancienne alliance, il réapparut au moment où le Messie se présenta. Zacharie, le père de Jean-Baptiste, était “rempli du Saint-Esprit”, et il prophétisait. Siméon, un homme “juste et pieux”, qui “attendait la consolation d’Israël”, “vint au temple, poussé par l’Esprit”. Il prophétisa que Jésus serait une “lumière pour éclairer les nations, et la gloire d’Israël”. Anne, une prophétesse, “parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem”. Et il n’y eut pas de plus grand prophète que Jean-Baptiste, qui fut choisi par Dieu pour présenter à Israël “l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde”.

L’ère chrétienne débuta par l’effusion de l’Esprit, et une grande variété de dons spirituels se manifesta parmi les croyants. Ces dons étaient si nombreux que Paul pouvait dire aux Corinthiens: “A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune.” A chaque membre d’église, et non à chacun dans le monde, comme certains l’ont interprété.

Depuis la grande apostasie, ces dons se sont rarement manifestés. C’est sans doute la raison pour laquelle ceux qui se disent chrétiens croient généralement qu’ils étaient limités à la période de la primitive Eglise. Mais ne serait-ce pas plutôt à cause des erreurs et de l’incrédulité de l’Eglise que ces dons ont cessé? Et lorsque le peuple de Dieu reviendra à la foi de la primitive Eglise, comme cela se produira certainement au moment de la proclamation des commandements de Dieu et de la foi de Jésus, la pluie de l’arrière-saison renouvellera ces dons. Malgré les apostasies nombreuses de la dispensation juive, celle-ci s’ouvrit et se termina par des manifestations spéciales de l’Esprit de Dieu. Il serait donc déraisonnable de supposer que la dispensation chrétienne, qui est comme la lumière du soleil par rapport à l’ancienne dispensation que l’on peut comparer à celle de la lune, doit commencer dans la gloire et se terminer dans l’obscurité. Et puisqu’une œuvre spéciale de l’Esprit était nécessaire afin de préparer un peuple pour la première venue du Christ, combien plus en sera-t-il ainsi pour la seconde, surtout si les derniers jours doivent être plus périlleux que tous les précédents, alors que des faux prophètes se présenteront qui auront le pouvoir de faire de grands signes et des prodiges, au point de séduire, si c’était possible, même les élus.

Nous lisons dans les Ecritures: “Il [Jésus] leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris.” Marc 16:15-18.

Les dons n’étaient pas confinés aux apôtres, mais s’étendaient à tous les croyants. Qui pouvait les recevoir? Ceux qui croyaient. Combien de temps? Aucune limite n’est fixée. La promesse accompagne la mission qui consiste à prêcher l’Evangile; tout croyant doit en être bénéficiaire.

Mais on objecte que cette aide était promise aux apôtres seulement et à ceux qui croiraient à leur prédication. Après avoir accompli leur mission, établi l’Evangile, ces dons cesseraient avec leur génération. Voyons si la mission du Sauveur se termina avec le premier siècle. (Matthieu 28:19, 20): “Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.”

Que la prédication de l’Evangile ne se termine pas avec la primitive Eglise nous en avons la preuve dans la promesse de Jésus: “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.” Le Sauveur ne dit pas: “Je suis avec vous, apôtres, jusqu’à la fin du monde.” Il ne veut pas parler de la fin de la dispensation juive, car celle-ci finit à la croix. Il faut donc en conclure que la prédication de l’Evangile sera toujours accompagnée de la même puissance spirituelle. La mission des apôtres appartient à l’ère chrétienne et l’embrasse tout entière. En conséquence, si les dons ne se manifestèrent pas à cause de l’apostasie, ils revivront avec le réveil de la foi primitive.

Dans (1 Corinthiens 12:28), il est dit que Dieu a établi dans l’Eglise certains dons spirituels. Puisqu’aucun texte n’abolit ces dons, ils sont donc toujours à la disposition des enfants de Dieu. Le chapitre qui les aurait abolis est le même qui a aboli le sabbat juif et institué le sabbat chrétien; c’est celui du ministère d’iniquité et de l’homme de péché. Mais on cite le passage suivant pour prouver que les dons doivent cesser: “La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaítra. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant; ... je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité.” 1 Corinthiens 13:8-13.

Ce texte prédit, en effet, la fin des dons spirituels, ainsi que de la foi et de l’espérance. Mais quand? Au moment où ce qui est parfait sera instauré, quand nous ne verrons plus “au moyen d’un miroir, d’une manière obscure”, quand nous verrons “face à face”. Le jour où tout sera parfait, où le juste sera rendu parfait, est encore dans le futur. Il est vrai que l’homme de péché, lorsqu’il est “devenu homme”, s’est débarrassé des choses “de l’enfant”, telles que les prophéties, les langues et la connaissance, ainsi que de la foi, de l’espérance et la charité des chrétiens primitifs. Mais il n’y a rien dans ce texte qui indique que Dieu voulait que les dons qu’il avait placés dans son Eglise cessassent avant que la foi et l’espérance disparaissent, c’est-à-dire que la gloire de l’immortalité éclipse les plus brillants déploiements de puissance spirituelle et de connaissance manifestés ici-bas.

L’objection basée sur (2 Timothée 3:16), avancée par quelques-uns, ne mérite pas qu’on s’y arrête. Si Paul, en disant que l’Ecriture rend l’homme de Dieu parfait, et propre à toute bonne œuvre, entendait que rien dorénavant ne pourra plus être écrit par inspiration, pourquoi à ce moment même ajoutait-il quelque chose à l’Ecriture? Pourquoi n’a-t-il pas laissé tomber la plume dès qu’il eut écrit cette phrase? Et pourquoi Jean, trente ans plus tard, écrivit-il l’Apocalypse? Ce livre contient un autre texte qu’on cite pour prouver l’abolition des dons spirituels.

“Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre.” Apocalypse 22:18, 19.

En s’appuyant sur ce texte on prétend que Dieu qui, “à plusieurs reprises et de plusieurs manières”, a “parlé à nos pères par les prophètes”, et, au commencement de l’ère évangélique, par Jésus et les apôtres, a solennellement promis de ne plus jamais communiquer quelque chose à l’homme de cette manière. Donc, après cette date, toute prophétie serait fausse. Ce verset de l’Apocalypse, dit-on, met fin au canon de l’inspiration. S’il en était ainsi, on se demande alors pourquoi, après son retour de Patmos à Ephèse, Jean écrivit son évangile. Car il ajoutait ainsi quelque chose aux paroles de la prophétie écrite sur l’île de Patmos.

De toute évidence ce texte, qui défend d’ajouter ou de retrancher quelque chose, ne se rapporte pas à tous les livres de la Bible, mais seulement à l’Apocalypse, telle que l’écrivit l’apôtre. Toutefois, nul n’a le droit d’ajouter quoi que ce soit à aucun livre écrit sous l’inspiration divine, ou d’en retrancher quelque chose. Jean, en écrivant l’Apocalypse, ajouta-t-il quelque chose aux prophéties du livre de Daniel? Pas le moins du monde. Un prophète ne saurait altérer la Parole de Dieu. Mais les visions de Jean corroborent celles de Daniel, et jettent une lumière additionnelle* sur les sujets traités dans ce livre. J’en conclus donc que le Seigneur ne s’est pas imposé à lui-même de garder le silence, mais qu’il a conservé la liberté de parler quand bon lui semble. Que le langage de mon cœur soit donc toujours celui-ci: “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.”

Ainsi, on ne saurait prouver par l’Ecriture l’abolition des dons spirituels. Et puisque les portes de l’enfer n’ont pas prévalu contre l’Eglise, et que Dieu a encore un peuple sur la terre, nous pouvons nous attendre au développement des dons, en rapport avec le message du troisième ange, un message qui ramènera l’Eglise sur le terrain apostolique, et apportera au monde la lumière, non les ténèbres.

Mais nous sommes avertis qu’il y aura dans les derniers jours des faux prophètes. C’est par la Bible que nous pourrons connaître la valeur de leur enseignement et savoir faire la distinction entre le vrai et le faux. Le grand critère, c’est la Parole de Dieu, qui juge à la fois des prophéties et du caractère des prophètes. S’il ne devait pas y avoir de vraies prophéties aux derniers jours, combien il aurait été plus facile de le dire, et d’éviter ainsi tous les dangers de séduction, plutôt que de signaler un moyen de les éprouver, comme s’il était possible qu’il y en ait de vraies aussi bien que des fausses.

Dans (Ésaïe 8:20) on trouve une déclaration des plus intéressantes à cet égard: “A la loi et au témoignage! Si l’on ne parle pas ainsi, il n’y aura point d’aurore pour le peuple.” Pourquoi dire: “Si l’on ne parle pas”, s’il n’y avait pas de véritable manifestation spirituelle ou de prophétie au même moment? Jésus dit: “Gardez-vous des faux prophètes... Vous les reconnaîtrez à leurs fruits.” Matthieu 7:15, 16. Ces paroles font partie du sermon sur la montagne, et tous peuvent se rendre compte que ce discours de Jésus a une application générale à l’Eglise au cours des âges. Les faux prophètes se reconnaissent à leurs fruits; en d’autres termes, par leur valeur morale. Le seul moyen de savoir si leurs fruits sont bons ou mauvais, c’est la loi de Dieu. C’est ainsi que nous sommes amenés à la loi et au témoignage. Les vrais prophètes parleront non seulement selon cette parole, mais ils vivront selon cette parole. On ne saurait condamner celui qui parle et vit ainsi.

Ce qui a toujours caractérisé les faux prophètes, ce sont leurs visions de paix. Ils disent: “Paix et sûreté”, alors qu’une destruction soudaine fond sur eux. Les vrais prophètes réprouvent courageusement le péché; ils annoncent la colère à venir.

Les prédictions qui ne sont pas en harmonie avec les déclarations positives de l’Ecriture doivent être rejetées. Ainsi, notre Sauveur fit savoir à ses disciples comment il reviendra. Lorsqu’il monta au ciel à leur vue, deux anges vinrent leur dire qu’il en reviendrait de même. C’est pourquoi il avait déclaré: “Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas.” Toute vraie prophétie sur ce point doit reconnaître que cette venue sera visible pour tous: il reviendra sur les nuées des cieux. Pourquoi Jésus ne dit-il pas: A ce moment-là, rejetez toute prophétie; car il ne doit plus y avoir de vrais prophètes.

Dans (Éphésiens 4:11-13), il est dit: “Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ.”

Dans un verset antérieur, nous apprenons que lorsque le Christ est monté au ciel il a donné des dons aux hommes. Parmi ces dons, il y a les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs. Le but pour lequel ils ont été donnés était le perfectionnement des saints dans l’unité et la connaissance. Il en est qui sont pasteurs et docteurs aujourd’hui qui pensent que ces dons ont pleinement accompli leur but il y a dix-neuf cents ans, et par conséquent n’ont plus leur raison d’être. Pourquoi alors conservent-ils leurs titres de pasteurs et de docteurs? Si la charge de prophète est par ce texte limitée à la primitive Eglise, il en doit être de même pour l’évangéliste, et toutes autres fonctions; car il n’est fait aucune distinction.

Arrêtons-nous un instant sur ce point. Tous ces dons ont été donnés pour le perfectionnement des saints, l’unité, la connaissance. C’est grâce à leur influence que l’Eglise primitive a joui pour un temps de l’unité: “La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme”, est-il dit. Et il semble que c’est par une conséquence naturelle de cette unité que “les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus”, et qu’une “grande grâce reposait sur eux tous”. Actes des Apôtres 4:31-33. Comme on aimerait voir tout cela aujourd’hui! Mais l’apostasie avec son influence desséchante a terni la beauté de l’Eglise, et l’a revêtue de sacs. La division et le désordre en ont été le résultat. Jamais il n’y eut une si grande diversité de croyances dans la chrétienté qu’aujourd’hui. Si les dons étaient nécessaires pour conserver l’unité dans la primitive Eglise, à combien plus forte raison sontils nécessaires aujourd’hui pour la restaurer! Et que ce soit le dessein de Dieu de ramener cette unité dans l’Eglise des derniers jours, cela ressort avec évidence des prophéties. Nous avons l’assurance que les sentinelles seront éveillées quand le Seigneur visitera de nouveau Sion. Au temps de la fin, nous est-il dit, les sages comprendront. Alors l’unité de la foi régnera parmi ceux que Dieu considère comme sages; car ceux qui en réalité ont une juste compréhension des choses doivent nécessairement les comprendre de la même manière. Qu’est-ce qui doit opérer cette unité si ce ne sont les dons qui ont été donnés à cet effet?

De toutes les considérations qui précèdent, il ressort que l’état parfait de l’Eglise ici prédit est encore dans le futur. En conséquence, ces dons n’ont pas encore accompli leur œuvre. La lettre aux Ephésiens fut écrite en 64, environ deux ans avant que Paul écrive à Timothée que le temps de son départ approchait. Les germes de l’apostasie se développaient alors au sein de l’Eglise, car Paul avait écrit dix ans plus tôt, dans sa seconde épître aux Thessaloniciens: “Le mystère de l’iniquité agit déjà.” Des loups ravisseurs allaient bientôt pénétrer dans le bercail, et ils n’épargneraient pas le troupeau. L’Eglise était loin à ce moment-là de réaliser l’unité dont parle le texte; elle était sur le point d’être déchirée par des factions et désaxée par des divisions. L’apôtre ne l’ignorait pas; ses regards se portaient sur la période qui suivra la grande apostasie, au moment du rassemblement du “reste” du peuple de Dieu, quand il dit: “Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi.” Ephésiens 4:13. Donc les dons octroyés à l’Eglise n’avaient pas encore fait leur temps. (1 Thessaloniciens 5:19-21): “N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon.”

Dans cette épître, l’apôtre parle de la seconde venue du Seigneur. Il décrit l’état du monde incrédule de cette époque, qui s’en va répétant: “Paix et sûreté”, alors que le jour du Seigneur est sur le point de fondre sur eux et d’amener une destruction soudaine, comme un voleur dans la nuit. Il exhorte l’Eglise, en vue de ces choses, à veiller et à être sobre. Parmi les exhortations qui suivent se trouvent les paroles que nous avons citées: “N’éteignez pas l’Esprit”, etc. Certains peuvent penser que ces trois versets sont totalement détachés les uns des autres quant au sens; mais ils ont un rapport naturel dans l’ordre qui leur est assigné. La personne qui éteint l’Esprit méprisera les prophéties, qui sont le fruit légitime de l’Esprit. “Je répandrai mon esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront.” Joël 2:28. L’expression: “Examinez toutes choses” est limitée au sujet du discours: les prophéties; et nous devons éprouver les esprits par le moyen donné par Dieu dans sa Parole. Les séductions spirituelles et les fausses prophéties abondent aujourd’hui, et ce texte a une application toute spéciale ici. Mais remarquez que l’apôtre ne dit pas: “Rejetez toutes choses”, mais “examinez toutes choses; retenez ce qui est bon.”

(Joël 2:28-32): “Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, dans ces jours-là, je répandrai mon esprit. Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre, du sang, du feu, et des colonnes de fumée; le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l’arrivée du jour de l’Eternel, de ce jour grand et terrible. Alors quiconque invoquera le nom de l’Eternel sera sauvé, le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, comme a dit l’Eternel, et parmi les réchappés que l’Eternel appellera.”

Cette prophétie de Joël, qui parle de l’effusion de l’Esprit aux derniers jours, ne fut pas accomplie entièrement au début de la dispensation évangélique. Les prodiges dans les cieux et sur la terre dont parle ce texte sont évidemment les précurseurs du “jour grand et terrible” de l’Eternel. Bien que nous ayons eu déjà des signes, ce jour terrible est encore dans le futur. Il est vrai qu’on peut appeler toute la dispensation évangélique les derniers jours, mais dire que les 1900 ans qui sont dans le passé sont les derniers jours est une absurdité. Ils nous amènent au jour du Seigneur et à la délivrance du reste du peuple de Dieu. Car “le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, comme a dit l’Eternel, et parmi les réchappés que l’Eternel appellera.”

Ces “réchappés”, qui vivent au milieu des signes et des prodiges précédant le jour grand et terrible de l’Eternel, sont sans doute “les restes” de la postérité de la femme dont il est parlé dans (Apocalypse 12:17),—la dernière phase de l’Eglise sur la terre. “Le dragon, furieux contre la femme, s’en alla faire la guerre au reste de ses enfants, qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage de Jésus.” (Version Synodale.)

Le reste de l’Église évangélique aura les dons. La guerre fera rage contre eux parce qu’ils gardent les commandements de Dieu et qu’ils ont le témoignage de Jésus. Apocalypse 12:17. Dans (Apocalypse 19:10), il est dit que “le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie”. L’ange dit: “Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus.” Dans (Apocalypse 22:9), nous avons la même pensée: “Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes.” La comparaison nous montre la force de l’expression: “le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie.” Mais le témoignage de Jésus comprend tous les dons d’un seul et même Esprit. Paul dit: “Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâce à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus-Christ. Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance, le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ.” 1 Corinthiens 1:4-7. Le témoignage du Christ a été confirmé dans l’Eglise de Corinthe; et quel en fut le résultat?—Il ne lui manquait aucun don. N’avons-nous pas raison de dire que lorsque le “reste” sera pleinement confirmé dans le témoignage de Jésus, il ne lui manquera aucun don, en attendant la venue de notre Seigneur Jésus-Christ?

R. F. Cottrell.