Premiers Écrits

L’espérance de l’église

Ces derniers temps, j’ai regardé autour de moi pour découvrir les vrais disciples de l’humble et doux Jésus, et mon esprit a été très perplexe.

Beaucoup de ceux qui professent attendre la venue prochaine du Sauveur vivent comme les mondains: ils sont bien plus préoccupés d’obtenir l’approbation de ceux qui les entourent que celle de Dieu. Ils sont froids et formalistes, comme les églises nominales dont ils sont sortis récemment. Le message à Laodicée décrit parfaitement leur condition. Voir Apocalypse 3:14-20. Ils ne sont ni froids ni bouillants, mais tièdes. S’ils refusent d’écouter le conseil du “témoin fidèle et véritable”, et ne se repentent vraiment; s’ils n’achètent pas de “l’or éprouvé par le feu”, des “vêtements blancs” afin d’être vêtus et un “collyre” pour oindre leurs yeux, ils seront vomis de sa “bouche”.

Nous sommes arrivés à un moment où une grande partie de ceux qui se sont réjouis de la venue imminente du Seigneur, raisonnent comme les églises et le monde, qui se moquaient d’eux parce qu’ils croyaient à la proximité de ce retour, et faisaient circuler à leur sujet toutes sortes de bruits mensongers pour les discréditer et ruiner leur influence.

Aujourd’hui, si quelqu’un soupire après le Dieu vivant, s’il a faim et soif de justice, et si le Seigneur lui fait sentir sa présence et remplit son cœur de l’amour céleste, celui-là est bien souvent considéré par ceux qui professent croire au retour prochain du Christ comme un être qui se nourrit d’illusions, et on l’accuse d’être “mesmérisé” et animé d’un mauvais esprit.

Beaucoup de ces soi-disant chrétiens s’habillent, parlent et se conduisent comme des mondains. Prétendant suivre le Christ, ils ne sont cependant pas en communion avec le ciel. Seules les intéressent les choses d’ici-bas. Par contre, de quelle qualité ne doivent pas être les chrétiens qui, par la sainteté de leur conduite et par leur piété, démontrent qu’ils attendent et hâtent l’avènement du jour de Dieu! Voir 2 Pierre 3:11, 12. “Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur.” 1 Jean 3:3. Mais il est évident que beaucoup de ceux qui portent le nom d’Adventistes s’occupent davantage d’orner leurs corps pour plaire aux yeux du monde que d’apprendre de la Parole de Dieu comment ils peuvent s’assurer l’approbation de Dieu.

Qu’arriverait-il si Jésus, notre divin modèle, apparaissait au milieu d’eux, comme au temps de sa première venue? A ce moment-là il naquit dans une étable. Puis ce furent sa vie et son ministère. Il fut l’homme de douleur, habitué à la souffrance. Ces soi-disant chrétiens auraient honte de ce Sauveur doux et humble, qui portait une robe sans couture et n’avait pas un lieu où reposer sa tête. Sa vie irréprochable, désintéressée, les condamnerait; sa sainteté contrasterait singulièrement avec leur légèreté et leurs rires insensés. Sa manière de parler, franche et sincère, condamnerait la leur, souvent empreinte de cupidité. Les vérités qu’il exprimait sans détour feraient ressortir leurs vrais caractères. Leur plus grand désir serait de le voir s’éloigner d’eux le plus tôt possible, et ils seraient les premiers à s’écrier: “Crucifie-le!”

Suivons Jésus alors qu’il entrait à Jérusalem et que “toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix... Ils disaient: Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur! Paix dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts! Quelques pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus: Maître, reprends tes disciples. Et il répondit: Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront!” Luc 19:37-39. A l’instar des pharisiens, une grande partie de ceux qui professent attendre le Christ aurait aimé voir les disciples réduits au silence. Ils auraient crié au fanatisme, au mesmérisme. Les disciples de Jésus “étendirent leurs vêtements sur le chemin”, “et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs”. Tout cela aurait été considéré comme des actes extravagants et insensés. Mais Dieu aura un peuple sur la terre qui sera bouillant et qui le louera et le glorifiera; c’est celui qui garde ses commandements. S’il se taisait, les pierres mêmes crieraient.

Jésus revient, mais non comme la première fois, comme un petit enfant à Bethléhem. Il ne montera pas à Jérusalem pour que les disciples louent Dieu à haute voix, et crient: “Hosanna!” Il revient dans la gloire du Père et avec tous les anges. Le ciel entier sera vide alors de tous les anges, tandis que les saints l’attendront, les regards dirigés vers la nuée, comme ces hommes de Galilée lorsqu’il monta vers son Père du mont des Oliviers. Seuls, à ce moment-là, ceux qui sont saints, ceux qui l’ont suivi fidèlement, pousseront des cris de joie en le voyant. “Voici, diront-ils, c’est notre Dieu, en qui nous avons confiance, et c’est lui qui nous sauve.” Ésaïe 25:9. Et ils seront changés “en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette”—cette trompette qui réveillera les saints endormis et les fera sortir de la poussière, revêtus d’immortalité, et s’écriant: “Victoire! Victoire sur la mort et sur le tombeau!” Les saints transformés seront alors enlevés ensemble avec les anges à la rencontre du Seigneur dans les airs, pour n’être plus jamais séparés de Celui qu’ils aiment.

Avec une telle perspective devant nous, une espérance aussi glorieuse, une telle rédemption obtenue par Jésus en versant son sang, nous tairons-nous? Ne louerons-nous pas à haute voix le Seigneur, comme les disciples lorsque Jésus faisait son entrée à Jérusalem? La perspective qui est devant nous n’est-elle pas bien plus glorieuse que la leur? Qui oserait nous empêcher de glorifier Dieu, même à haute voix, alors que nous avons une telle espérance, débordante d’immortalité et de gloire? Nous avons eu un avant-goût du monde à venir, et nous en avons la nostalgie. Tout mon être soupire après le Dieu vivant, et je ne serai heureuse que lorsqu’il remplira mon cœur de toute sa plénitude.