Premiers Écrits

Le Christ, notre justice

Chers freres et soeurs: A mesure que l’erreur progresse, il faut redoubler de zèle pour la cause de Dieu et comprendre le sérieux des temps dans lesquels nous vivons. Les ténèbres couvrent la terre et ses habitants. Et comme la plupart de ceux qui nous entourent gisent dans les ténèbres épaisses de l’erreur et du mensonge, nous devons secouer notre torpeur et vivre près du Seigneur, où nous pourrons recevoir de divins rayons de lumière et de gloire de la personne de Jésus. Les ténèbres s’épaississant et l’erreur augmentant, nous devrions obtenir une connaissance plus parfaite de la vérité, être toujours prêts à défendre notre foi par les Ecritures.

Nous devons être sanctifiés par la vérité, entièrement consacrés au Seigneur, et vivre d’une manière si conforme à notre profession de foi que Dieu puisse répandre sur nous plus de lumière et nous fortifier de sa force. Chaque fois que nous manquons de vigilance, nous risquons d’être surpris par l’ennemi et de devenir la proie de la puissance des ténèbres. Satan ordonne à ses anges d’avoir l’œil ouvert pour faire tomber tous ceux qu’ils peuvent, pour découvrir les fautes et les péchés de ceux qui font profession de croire à la vérité, les entourer de ténèbres, les amener à s’oublier, à déshonorer la cause de Dieu et à attrister l’Eglise. Ceux qui se sont ainsi égarés, qui ont cessé de veiller, sont de plus en plus clans l’obscurité, et la lumière du ciel s’évanouit de plus en plus pour eux. Ils ne peuvent découvrir les péchés qui les assiègent, et Satan tend autour d’eux ses filets, jusqu’à ce qu’il ait réussi à s’emparer d’eux.

Dieu est notre force. Nous devons regarder à lui pour obtenir la sagesse et savoir nous diriger. Si nous avons toujours en vue sa gloire, le bien de l’Eglise et le salut de nos âmes, nous vaincrons tous les péchés qui nous assiègent. Nous devrions chercher individuellement à remporter chaque jour de nouvelles victoires. Il nous faut apprendre à marcher seuls dans la bonne voie et à ne dépendre que de Dieu. Plus tôt nous apprendrons cela, mieux nous nous en trouverons. Que chacun cherche à savoir où il faute, et veille ensuite fidèlement, afin que ses péchés ne le terrassent pas, mais qu’il en triomphe. Alors nous pourrons nous confier en Dieu, et de grandes difficultés seront épargnées à l’Eglise.

Lorsque les messagers de Dieu vont travailler au salut des âmes, ils perdent beaucoup de temps à s’occuper de ceux qui connaissent la vérité depuis des années, mais sont encore faibles parce qu’ils ont négligé de veiller sur eux-mêmes, et parfois, me semble-t-il, ont poussé l’ennemi à les tenter. Ils tombent dans des difficultés et des épreuves puériles, et les serviteurs de Dieu doivent passer leur temps à les visiter.* Ils sont ainsi absorbés pendant des heures, même des journées entières, et leurs âmes sont blessées et affligées à écouter ces petites difficultés et ces épreuves insignifiantes où chacun grossit ses propres griefs pour les rendre aussi sérieux que possible, de peur que les serviteurs de Dieu ne viennent à penser que la chose ne méritait pas qu’on y fît attention. Au lieu de demander à ces hommes de Dieu de les aider à sortir de ces épreuves, ils feraient mieux de s’humilier devant le Seigneur, de prier et de jeûner, jusqu’à ce que ces épreuves aient disparu.

Il en est qui pensent que le seul but pour lequel Dieu a appelé ses messagers dans leur champ d’activité, c’est d’accourir à leur appel et de les porter en quelque sorte dans leurs bras. Ils pensent que la partie la plus importante de leur besogne consiste à régler leurs petites misères, qu’ils se sont attirées par leur manque de jugement, en prêtant le flanc à l’ennemi, ainsi que par leur disposition incorrigible à faire ressortir les défauts de ceux qui les entourent. Mais pendant ce temps, que deviennent les brebis affamées qui soupirent après le pain de vie? Ceux qui connaissent la vérité, mais qui ne s’y conforment pas—s’ils le faisaient, ils s’épargneraient une grande partie de ces épreuves—absorbent le temps de ces messagers, qui ne sauraient ainsi s’acquitter de la tâche à laquelle le Seigneur les a appelés.

Les serviteurs de Dieu sont peinés et leur courage est abattu lorsque de telles choses se produisent dans l’Eglise. Chacun devrait s’évertuer à ne pas ajouter le poids d’une plume à leur fardeau, mais au contraire à les aider, à les soutenir par des paroles d’encouragement et la prière de la foi. Comme ils se sentiraient libres si tous ceux qui professent la vérité cherchaient à encourager ceux qui les entourent au lieu de ne penser qu’à eux-mêmes! Il en résulte que lorsque les serviteurs de Dieu pénètrent dans de nouveaux champs, où la vérité n’a pas encore été proclamée, ils y apportent un esprit blessé par ces petites difficultés de leurs frères. Et avec tout cela, ils ont à faire face à l’incrédulité et aux préjugés des adversaires.

Comme il leur serait plus facile sans cela de toucher les cœurs! Comme Dieu serait glorifié si ses serviteurs pouvaient, d’un esprit léger, présenter la vérité dans toute sa beauté! Ceux qui se sont rendus coupables d’absorber à ce point les serviteurs de Dieu, en leur racontant leurs difficultés qu’il leur était facile de régler eux-mêmes, auront à rendre compte au Seigneur pour tout le temps et les moyens employés pour leur être agréables, et, par là, donner satisfaction à l’ennemi. Ceux-là devraient pouvoir être capables de venir en aide à leurs frères, et ne jamais exposer à toute une assemblée leurs épreuves et leurs difficultés, ou attendre l’arrivée de quelque messager du Seigneur pour régler leurs affaires. Qu’ils se mettent eux-mêmes en règle avec Dieu, afin que leurs épreuves soient oubliées, et lorsque les ouvriers du Seigneur seront là, qu’ils soient prêts à les soutenir au lieu de les fatiguer inutilement.