Premiers Écrits

En prévision du temps de trouble

Le Seigneur m'a montré maintes fois qu'il est contraire à la Bible de faire des provisions pour subvenir à nos besoins temporels pendant le temps de trouble. Je vis que si les saints mettaient de côté des vivres, chez eux ou dans les champs pour ce moment-là, alors que l'épée, la famine et la peste séviraient dans le pays, ces vivres leur seraient enlevés par la violence, et des étrangers moissonneraient leurs champs. C'est alors qu'il faudra mettre toute notre confiance en Dieu; il nous soutiendra. Je vis que notre pain et notre eau nous seraient assurés, que nous ne manquerions de rien et ne souffririons pas de la faim; car Dieu peut dresser pour nous une table dans le désert. Si c'était nécessaire il enverrait des corbeaux pour nous nourrir, comme autrefois pour Elie, ou il ferait pleuvoir de la manne du ciel, comme pour les Israélites au désert.

Les maisons et les champs seront inutiles aux saints pendant le temps de trouble, car ils devront fuir une populace en fureur, et à ce moment-là ils ne pourront vendre leurs possessions pour faire avancer le règne de Dieu. Il me fut montré que c'était la volonté de Dieu que les saints se débarrassent, avant le temps de trouble, de tout ce qui pourrait les gêner, et qu'ils fassent alliance avec Dieu par le sacrifice. S'ils placent sur l'autel ce qu'ils possèdent, et cherchent sérieusement à connaître leur devoir envers Dieu, il leur enseignera quand et comment disposer de ces choses. Ils seront alors dégagés de tout au temps de trouble.

Je vis que si des personnes s'attachent à leurs biens sans demander au Seigneur où est leur devoir, il ne leur fera pas connaître sa volonté. Il leur sera permis de conserver leurs 57possessions, mais au temps de détresse celles-ci s'élèveront devant elles comme une montagne sur le point de les écraser. Elles voudront alors s'en défaire, mais ce sera trop tard. J'en entendis qui disaient en pleurant: "La cause de Dieu languissait, le peuple de Dieu était affamé de vérité, et nous n'avons rien fait pour y remédier. Maintenant nos biens sont inutiles. Oh, que ne les avons-nous sacrifiés; nous nous serions amassé un trésor dans le ciel!"

Je vis qu'un sacrifice n'augmentait pas, mais qu'il diminuait et était consumé. Je vis aussi que Dieu n'exigeait pas que tous vendent leurs propriétés en même temps; mais que, s'ils le désiraient, il leur ferait connaître au moment du besoin la quantité de leurs biens qu'ils devaient vendre, ainsi que le moment où ils devaient le faire. Il a été demandé autrefois à quelques-uns de vendre leurs propriétés pour soutenir la cause du message adventiste, alors que d'autres devaient conserver les leurs jusqu'au moment où le besoin s'en ferait sentir. Le moment venu, leur devoir sera de vendre.

Je vis que certains n'avaient pas annoncé sous son jour véritable le message: "Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes." Ils n'avaient pas présenté clairement la signification de ces paroles du Sauveur. Le but à atteindre en vendant n'est pas de subvenir aux besoins de ceux qui sont capables de le faire eux-mêmes, mais de répandre la vérité. C'est un péché d'entretenir et d'encourager la paresse de ceux qui peuvent travailler. Il en est qui ont été zélés pour assister à toutes les assemblées, non pour glorifier Dieu, mais pour des "pains et des poissons". Ils auraient mieux fait de rester chez eux et de travailler de leurs mains à "ce qui est bien" pour subvenir aux besoins des leurs et avoir quelque chose à donner pour soutenir la cause de la vérité présente. C'est le moment aujourd'hui de s'amasser un trésor dans le ciel et de mettre son cœur au large, afin d'être prêts pour le temps de trouble. Ceux-là seulement dont les mains seront pures et les cœurs droits pourront 58supporter ce temps d'épreuve. C'est aujourd'hui qu'il faut avoir la loi de Dieu écrite dans nos esprits, sur nos fronts et dans nos cœurs.

Le Seigneur m'a montré le danger que nous courons en permettant à nos esprits d'être remplis de pensées et de soucis mondains. J'ai vu que quelques-uns se laissaient détourner de la vérité présente et de l'amour de la Bible par la lecture de livres excitants. D'autres se préoccupent énormément de ce qu'ils mangeront, boiront ou porteront. Il en est aussi qui attendent la venue du Christ pour un avenir trop lointain. Le temps a duré quelques années de plus qu'ils ne s'y attendaient; par conséquent ils croient que cela peut durer encore bien des années. C'est ainsi que leurs esprits ont été détournés de la vérité présente pour s'occuper des choses de ce monde. J'ai vu qu'il y avait là un grand danger; car si l'esprit est rempli d'autres choses, la vérité présente en sera chassée, et il ne restera plus de place sur les fronts pour y apposer le sceau du Dieu vivant. J'ai vu que le temps où Jésus doit officier dans le lieu très saint est sur le point de finir, et que sa venue est très proche. Nous devrions employer tous nos loisirs à sonder la Bible, qui nous jugera au dernier jour.

Mes chers frères et sœurs, pensons constamment aux commandements de Dieu et au témoignage de Jésus, et laissons-les repousser nos soucis mondains. Qu'ils soient l'objet de vos méditations quand vous vous couchez et quand vous vous levez. Vivez et agissez toujours en vue de la venue du Fils de l'homme. Le temps du scellement est très court, et sera bientôt dans le passé. Aujourd'hui, alors que les quatre anges retiennent les quatre vents, assurons notre vocation et notre élection.