Les paraboles de Jésus

Chapitre 25

Les talents

Sur la montagne des Oliviers, le Christ avait entretenu ses disciples de sa seconde venue. Il avait énuméré certains signes devant attirer l'attention sur la proximité de son retour, et exhorté ses disciples à veiller et à se tenir prêts. Il leur répéta cet avertissement : « Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l'heure. » (Matthieu 25:13) Ensuite, il leur indiqua comment se préparer pour sa venue. Le temps de l'attente ne doit pas être passé dans l'oisiveté, mais dans un travail assidu. Telle est la leçon qui se dégage de la parabole des talents.

Le royaume des cieux, dit-il, peut être comparé à « un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. » (Matthieu 25:14,15)

L'homme qui part pour un pays éloigné représente le Christ qui, au moment où il propose cette parabole, est sur le point de quitter la terre. Les serviteurs figurent les disciples de Jésus. Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes. Nous avons été « rachetés à un grand prix », non pas « par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or, ... mais par le sang précieux de Christ », « afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (1 Corinthiens 6:20; 1 Pierre 1:18,19; 2 Corinthiens 5:15)

Tous les hommes ont été rachetés à ce prix infini. En déversant sur le monde les trésors d'en haut, en nous accordant par le Christ le ciel entier, Dieu s'est acquis la volonté, les affections, l'esprit et l'âme de chaque être humain. Tous, croyants ou non, sont la propriété du Seigneur et sont appelés à le servir. Ils devront, au grand jour du jugement, rendre compte de la manière dont ils auront répondu aux désirs du Maître.

Mais tous ne sont pas disposés à reconnaître les droits de Dieu. Dans les serviteurs de la parabole, il faut voir ceux-là seuls qui prétendent avoir accepté cette mission.

Les disciples du Christ ont été rachetés en vue du service. Notre Seigneur enseigne que le véritable but de la vie, c'est l'utilité commune. Jésus lui-même fut un ouvrier, et il a fait du service une loi pour tous. Chacun doit se dépenser pour Dieu et pour ses semblables. Le Sauveur a présenté au monde une conception de la vie dépassant toutes celles que l'on connaissait. Une existence consacrée au prochain met l'homme en relation avec le Christ. La loi du service est l'anneau qui nous relie à Dieu et à nos semblables.

Le Maître nous confie ses biens, c'est-à-dire quelque chose dont nous devons faire usage pour lui. Il indique à chacun sa tâche, car tous ont un rôle dans le plan éternel de Dieu, tous sont appelés à collaborer avec le Christ au salut des âmes. Notre champ d'activité ici-bas est prévu de façon aussi certaine que la place préparée pour nous dans les parvis célestes.

Les dons du Saint-Esprit

Les talents que le Seigneur a confiés à son Église représentent avant tout les dons et les grâces que lui communique le Saint-Esprit. « À l'un est donné par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l'interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » (1 Corinthiens 12:8-11) Tous ne reçoivent pas les mêmes dons, mais à chacun est promis quelque don de l'Esprit.

Avant de quitter ses disciples, Jésus « souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit ». Il leur dit encore : « J'enverrai sur vous ce que mon Père a promis. » (Jean 20:22; Luc 24:49) Mais ce don ne fut accordé dans sa plénitude qu'après l'ascension. Quand les disciples s'abandonnèrent totalement, par la foi et la prière, à l'action du Saint-Esprit, celui-ci fut déversé sur eux.

C'est alors, d'une façon toute spéciale, qu'ils reçurent les biens du ciel. « Étant monté en haut, il a emmené des captifs; et il a fait des dons aux hommes. » « À chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ », le Saint-Esprit « distribuant [ces dons] à chacun en particulier comme il veut. » (Jean 3:16; 1 Corinthiens 12:11) Grâce au Christ, ces dons nous sont déjà acquis, mais pour les posséder réellement, il faut que nous ayons l'Esprit de Dieu.

La promesse du Saint-Esprit n'est pas appréciée à sa juste valeur. Elle ne se réalise pas comme cela serait possible. C'est l'absence de l'Esprit qui affaiblit le ministère évangélique. On peut avoir la science, les talents, l'éloquence, tous les dons naturels ou acquis : sans le Saint-Esprit, aucun coeur ne sera touché, aucune âme gagnée à Jésus-Christ. D'autre part, s'ils vivent en communion avec le Sauveur, s'ils ont part aux dons de l'Esprit, les disciples les plus pauvres et les plus ignorants auront le pouvoir d'agir sur les coeurs. Dieu fera d'eux des instruments par lesquels opérera la plus grande puissance de l'univers.

Autres talents

La parabole ne représente pas seulement les dons particuliers du Saint-Esprit. Elle concerne toutes les facultés et tous les dons, qu'ils soient innés ou acquis, naturels ou spirituels. Tous doivent être employés au service du Christ. En devenant ses disciples, nous nous remettons entre ses mains avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous possédons. Il nous rend ces dons purifiés et ennoblis, pour qu'ils puissent être employés à sa gloire en contribuant au bien de nos semblables.

Dieu a donné « à chacun selon sa capacité ». La distribution des talents n'est pas faite arbitrairement. Celui qui est capable d'en utiliser cinq en reçoit cinq. Celui qui ne peut en employer que deux en reçoit deux. Celui qui ne sait en faire valoir qu'un en reçoit un. Nul n'a lieu de se désoler qu'il n'ait pas reçu de plus grands talents : le Maître a procédé à leur répartition, et il est honoré par l'emploi judicieux d'un dépôt quelconque, sans considération de son importance. Qui détient cinq talents doit en faire fructifier cinq. Qui n'en a qu'un seul doit faire prospérer cet unique talent. Pour chaque personne, le Seigneur tient compte « de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas » (2 Corinthiens 8:12).

L'emploi des talents

Dans la parabole, « celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres » (Matthieu 25:16,17).

Quelle que soit leur quantité, il faut que ces talents soient productifs. Ne nous interrogeons pas sur le nombre des talents reçus, mais sur l'emploi que nous en faisons. Notre premier devoir à l'égard de Dieu et de nos semblables est de développer nos facultés. Celui qui n'accroît pas ses capacités de jour en jour n'atteint pas le but de sa vie. Lorsque nous affirmons croire au Christ, nous prenons l'engagement de mettre à son service tout ce que nos aptitudes nous permettent de devenir. Nos efforts doivent donc tendre à porter chacune de nos facultés au plus haut degré de perfection, afin de faire tout le bien dont nous sommes capables.

Le Seigneur a une grande oeuvre à réaliser et, dans la vie à venir, il accordera le plus bel héritage à ceux qui l'auront servi avec le plus de fidélité et d'empressement dans la vie présente. Il choisit ses instruments, et tous les jours, d'une manière ou d'une autre, il les met à l'épreuve. Il se sert de tous ceux qui s'efforcent d'exécuter ses desseins, non parce qu'ils sont arrivés à la perfection, mais parce qu'ils peuvent y parvenir avec son aide.

Dieu acceptera seulement ceux qui ont un idéal élevé. Il met tout être humain en demeure de faire de son mieux. La sainteté est exigée de chacun. Ne rabaissons jamais l'idéal de la justice pour l'accommoder à nos tendances au mal, héréditaires ou acquises. Nous devons comprendre que l'imperfection du caractère est un péché. Toutes les qualités morales se trouvent en Dieu et forment un ensemble harmonieux auquel peuvent avoir part ceux qui reçoivent le Christ comme Sauveur personnel.

Quiconque désire être ouvrier avec Dieu doit chercher à perfectionner toutes les aptitudes de son corps et de son esprit. La véritable éducation, c'est l'épanouissement de nos facultés physiques, mentales et morales en vue de l'accomplissement de nos devoirs; c'est la culture du corps, de l'esprit et de l'âme pour le service de Dieu. C'est la seule éducation qui subsistera jusque dans la vie éternelle.

Le Seigneur exige de tout croyant une croissance en capacité et en efficacité sous tous les rapports. Sous la forme de ses souffrances et du don de sa vie, le Christ a déjà payé le salaire de notre service volontaire. Il est venu dans le monde pour nous montrer comment et dans quel esprit nous devrions travailler. Il veut que nous recherchions de quelle manière nous pouvons le mieux contribuer à l'avancement de son oeuvre et à la gloire de son nom. Honorons, avec le plus grand amour et la plus entière consécration, le Père qui « a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3:16)

Le Christ n'a jamais déclaré qu'il était facile d'atteindre à la perfection morale. Un caractère noble et bien équilibré ne nous est pas donné à la naissance et n'est pas non plus le fait du hasard. On l'acquiert par des efforts individuels, en vertu des mérites et de la grâce du Christ. Dieu nous accorde les facultés, les talents; à nous de former notre caractère. Nous y parvenons au prix de luttes sévères avec le moi. Les tendances héréditaires doivent être combattues sans relâche. Il faut s'examiner attentivement, avec un oeil critique, et ne faire grâce à aucun trait défectueux.

Que nul ne se déclare incapable de remédier à ses défauts de caractère. Si vous tirez une pareille conclusion, vous n'obtiendrez jamais la vie éternelle. Les impossibilités n'existent que dans votre volonté. Si vous ne le voulez pas, vous ne pourrez pas vaincre. La difficulté réelle provient de la corruption d'un coeur non sanctifié et de l'insoumission à la volonté de Dieu.

Bien des personnes que Dieu a qualifiées pour un excellent travail n'accomplissent que peu de chose parce qu'elles ne font pas beaucoup d'efforts. Des milliers de gens traversent la vie comme s'ils n'avaient aucun but, aucun objectif à atteindre. Leur récompense sera proportionnée à leurs oeuvres.

N'oubliez pas que vous ne parviendrez jamais à un idéal plus élevé que celui que vous vous serez fixé vous-même. Placez-le donc le plus haut possible, et pas à pas, même si cela devait vous demander un effort pénible. Car le sacrifice et le renoncement, gravissez l'échelle jusqu'au dernier échelon. Que rien ne vous rebute. La destinée n'a pas tissé autour de vous des mailles si serrées et si solides que vous en soyez réduit à l'impuissance et à l'incertitude. Les obstacles devraient produire en vous la ferme résolution de les surmonter. Il suffira d'une barrière renversée pour vous fortifier et vous encourager. Avancez résolument dans la bonne voie et vous verrez que les circonstances, loin de ralentir votre marche, ne feront que l'accélérer.

Ayez l'ambition, pour la gloire du Maître, de cultiver toutes les qualités. À chaque étape du développement de votre caractère, vous devez être agréable à Dieu. Cela vous est possible, car Hénoc l'a réalisé alors même qu'il vivait en un siècle dégénéré. Or, il y a encore des Hénocs de nos jours.

Imitez Daniel, ce fidèle homme d'État qu'aucune tentation ne parvint à corrompre. Ne décevez pas celui qui vous a aimé au point de donner sa vie pour effacer vos péchés : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15:5), déclare-t-il. Ne l'oubliez pas. Si vous avez commis une faute, vous remporterez en reconnaissant cette faute et en y voyant un avertissement. Vous pourrez ainsi changer votre défaite en victoire, décourager l'adversaire et glorifier votre Rédempteur.

Un caractère conforme à l'image divine, tel est le seul trésor que nous pourrons emporter dans l'éternité. Ceux qui se laissent maintenant instruire par le Christ emporteront avec eux, dans les demeures célestes, toutes les perfections divines qu'ils ont acquises ici-bas. Et dans le ciel même, nous devrons continuer à faire des progrès. Qu'il est donc important de développer notre caractère dès à présent!

Les intelligences du monde invisible aideront l'homme qui recherche, avec une foi inébranlable, cette perfection du caractère qui transparaîtra dans tous ses actes. À tous ceux qui se sont engagés dans cette voie, Jésus déclare : « Je me tiens à ta droite pour te secourir. »

La volonté humaine participe à la Toute-Puissance dans la mesure où elle coopère avec la volonté de Dieu. Tout ce qui se fait sur son ordre doit être accompli par sa force. Tout ce qu'il ordonne, il le donne.

Les facultés mentales

Dieu exige le développement des facultés mentales. Il veut que ses serviteurs aient une plus grande intelligence et un jugement plus sain que les gens du monde. Ceux qui sont trop indolents ou trop insouciants pour devenir des ouvriers utiles et instruits sont les objets de son déplaisir. Le Seigneur nous invite à l'aimer de tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre force, et de toute notre pensée. Cela nous place dans l'obligation de développer notre intelligence au plus haut degré possible, afin que nous puissions connaître et aimer notre Créateur de toute notre pensée.

Si nos facultés mentales sont entièrement sous le contrôle de l'Esprit-Saint, plus nous les cultivons, plus elles peuvent être utilisées efficacement au service de Dieu. L'homme peu instruit qui a une vie consacrée et qui désire faire du bien à ses semblables sera certainement aussi employé par lui. Mais ceux qui, avec le même esprit de consécration, possèdent une solide culture, peuvent réaliser une oeuvre beaucoup plus importante pour le Christ. Ils occupent une position privilégiée.

Le Seigneur désire que nous acquérions le plus de connaissances possible, avec l'unique intention d'en faire part à d'autres. Nul ne peut savoir où et comment il sera appelé à travailler ou à parler pour Dieu. Seul notre Père céleste sait ce qu'il peut faire des hommes. Il y a devant nous des possibilités que notre faible foi ne saurait discerner. Nous devrions être mentalement capables de présenter la parole de Dieu même aux plus hautes autorités de ce monde, de manière à glorifier son nom. Ne perdons pas la moindre occasion de nous perfectionner intellectuellement en vue de l'oeuvre de Dieu.

Que les jeunes se mettent au travail avec la détermination d'acquérir une solide instruction. N'attendez pas que les portes s'ouvrent toutes grandes devant vous, mais ouvrez-les vous-mêmes. Ne méprisez pas les petits commencements et faites des économies, ne dépensez pas l'argent dont vous disposez à la recherche de vos plaisirs ou à la satisfaction de votre gourmandise. Prenez la décision de vous rendre aussi utiles que Dieu le veut. Soyez consciencieux dans tout ce que vous entreprenez. Saisissez toutes les occasions qui vous sont offertes de développer vos facultés intellectuelles. Associez l'étude et la lecture à un travail manuel de valeur et faites ce qui est en votre pouvoir, dans un esprit de vigilance et de prière, en vue d'acquérir la sagesse du ciel. Ainsi, vous obtiendrez une instruction complète, et vous développerez votre caractère; vous aurez sur les autres une bonne influence qui vous permettra de les conduire sur le sentier de la justice et de la sainteté.

Nous pourrions cultiver bien mieux nos facultés si nous savions profiter de tous les avantages et de tous les privilèges qui nous sont accordés. La véritable éducation implique plus que l'enseignement prodigué dans les grandes écoles. S'il est vrai que nous ne devons pas négliger l'étude des sciences, il est tout aussi exact qu'il existe une éducation supérieure qui s'obtient seulement par une communion intime avec Dieu. Que tout élève prenne donc la Bible et se mette en contact avec le grand Éducateur. Qu'il cultive ses facultés intellectuelles afin d'être capable de résoudre les problèmes difficiles que l'on rencontre dans la recherche de la vérité.

Ceux qui aspirent à la connaissance en vue d'en faire part à leurs semblables recevront la bénédiction du Seigneur. L'étude de sa parole ravivera les énergies mentales, permettra aux facultés de s'épanouir et donnera à l'esprit puissance et efficacité.

Tous ceux qui désirent être ouvriers avec Dieu doivent se discipliner. Cela leur apportera davantage que l'éloquence ou les dons les plus brillants. Une intelligence moyenne, convenablement dirigée, dépassera dans ses réalisations les plus grands talents et l'instruction la plus étendue auxquels manque la maîtrise de soi.

Le langage

L'expression orale est un talent que nous devrions cultiver avec le plus grand soin. De tous les dons que nous avons reçus du ciel, aucun ne se révèle plus bénéfique. Par la parole, on convainc et on persuade, on prie et on proclame les louanges de Dieu; on fait part aux autres de l'amour du Rédempteur. Comme il est important de développer cette faculté en vue d'accomplir tout le bien possible!

La culture et le bon usage de la voix sort l'objet d'une négligence coupable, même de la part de chrétiens actifs et intelligents. Bien des personnes lisent ou parlent si bas ou si vite qu'on les comprend difficilement. D'autres ont une prononciation si indistincte ou s'expriment sur un ton si perçant, si aigre, qu'il est pénible de les écouter. Les textes bibliques, les cantiques, les rapports ou autres communications présentés devant un public sont parfois lus de telle façon qu'ils ne sont pas compris et perdent ainsi toute leur force de pénétration.

C'est un défaut qui peut et doit être corrigé. La Bible nous donne des instructions à ce sujet. Il est dit des Lévites qui faisaient la lecture des Écritures au temps d'Esdras : « Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu. » (Néhémie 8:8)

Grâce à des efforts persévérants, chacun peut arriver à lire distinctement et à parler à haute et intelligible voix et d'une manière persuasive. En faisant ainsi, on augmentera considérablement son efficacité au service du Sauveur.

Tout chrétien est appelé à révéler à d'autres les richesses insondables de Jésus-Christ; c'est pourquoi il devrait rechercher une élocution parfaite afin de présenter l'Écriture de manière à la faire apprécier de son auditoire. Dieu désire autre chose que des instruments maladroits. Il n'entre pas dans ses desseins que la grâce qui doit se répandre sur le monde soit amoindrie par l'agent dont il se sert.

Nous devons regarder à Jésus, le parfait modèle, et prier pour recevoir l'aide du Saint-Esprit, afin de développer toutes nos facultés en vue d'en tirer le meilleur parti possible.

C'est particulièrement le cas de ceux qui sont appelés à exercer un ministère public. Le prédicateur et le professeur devraient se rappeler qu'ils délivrent un message qui aura d'éternelles conséquences. La parole annoncée jugera les auditeurs au grand jour de la rétribution finale. Pour certaines personnes, l'acceptation ou le rejet de la vérité biblique dépendra de la façon dont elle leur aura été exposée. C'est pourquoi, veillons à la présenter de telle manière qu'elle soit comprise et fasse impression sur les coeurs. Parlons lentement, distinctement, avec solennité, tout en conservant la ferveur indispensable.

La culture et l'usage de la parole ont leur importance dans chaque branche de l'activité chrétienne, dans la vie familiale, comme dans tous nos rapports avec nos semblables. Habituons-nous à choisir des intonations agréables, à employer un langage correct et à nous montrer aimables et courtois dans nos propos. Les paroles douces et bienveillantes font l'effet d'une rosée ou d'une ondée rafraîchissante. Il est dit de Jésus que des paroles pleines de charme bouillonnaient dans son coeur, et qu'une langue exercée lui avait été donnée pour le mettre en état de « soutenir par la parole celui qui est abattu » (Psaume 45:2; Ésaïe 50:4). Et le Seigneur nous adresse cette recommandation : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce », et qu'elle « serve à l'édification » de tous ceux qui l'entendent (Colossiens 4:6; Éphésiens 4:29).

Si nous cherchons à réformer les autres, nous devons nécessairement surveiller notre langage. Il aura, en effet, une odeur de vie qui communiquera la vie ou une odeur de mort qui ne pourra donner que la mort. Beaucoup, en réprimant ou en conseillant les autres, se servent d'expressions dures qui ne conviennent pas à des âmes blessées. Ces paroles maladroites exaspèrent et repoussent les égarés. Il faut que les hérauts des principes de la vérité reçoivent l'onction de la miséricorde céleste. En toute circonstance, les reproches doivent être exprimés avec amour. Ainsi, au lieu d'exaspérer, nos paroles auront un effet constructif. Par le Saint-Esprit, le Seigneur nous donnera force et puissance. Telle est son oeuvre.

Pas une seule parole inconsidérée ne devrait être prononcée. Il ne tombera des lèvres du chrétien ni réflexion médisante, ni propos frivole, ni remarque maussade, ni suggestion impure. Paul écrivait sous l'inspiration divine : « Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise. » (Éphésiens 4:29) Les « paroles mauvaises » ne sont pas seulement celles qui font penser aux passions les plus basses, mais encore toutes celles qui sont contraires aux saints principes d'une religion pure et sans tache, y compris les allusions et les insinuations douteuses. Celui qui ne les réprime pas avec le plus grand soin court le danger de tomber dams des fautes très graves.

Chaque famille, chaque chrétien est tenu d'élever une barrière contre toute parole impure. Le devoir de celui qui se trouve dams la société de gens frivoles est de détourner, dans la mesure du possible, le sujet de la conversation. Avec l'aide de Dieu, il faut doucement y introduire des pensées propres à inspirer un entretien utile.

Les parents ont la tâche d'habituer leurs enfants à ne se servir de la parole qu'en vue du bien, et la meilleure école à cet égard, c'est le foyer. Dès leur plus jeune âge, les enfants doivent apprendre à parler avec déférence et affection à leurs parents et à leurs frères et soeurs, à n'exprimer que des sentiments de respect, de vérité et de pureté. Que les parents s'instruisent eux-mêmes chaque jour à l'école du Christ. C'est ainsi qu'il leur sera possible d'enseigner à leurs enfants, par le précepte et par l'exemple, à avoir une « parole saine, irréprochable » (Tite 2:8). C'est l'un des devoirs les plus importants qui leur soient confiés.

Il faut que toutes les paroles du serviteur du Christ aident et encouragent ceux qui les entendent à marcher dans le chemin de la vie chrétienne. Parlons beaucoup plus que nous n'avons coutume de le faire des épisodes encourageants de notre expérience. Étendons-nous sur la miséricorde et la tendresse de Dieu, sur la profondeur insondable de l'amour du Sauveur. Nos paroles doivent toujours servir à exprimer la louange et les actions de grâces. Celui qui est pénétré de l'amour divin le montrera dans ses conversations. Il ne sera pas difficile de communiquer ce qui fait partie de notre vie spirituelle. Le trésor caché dams le coeur se manifestera : les pensées nobles, les élans de générosité, la perception claire de la vérité, les intentions désintéressées, les aspirations ardentes à la piété et à la sainteté trouveront des mots pour s'exprimer. Celui qui révélera de la sorte le Christ dans son langage détiendra une puissance pour lui gagner des âmes.

Nous devons parler de Jésus à ceux qui ne le connaissent pas. Agissons comme lui. La vie d'en haut faisait en tous lieux l'objet de ses conversations : à la synagogue, le long du chemin, dans une barque à quelque distance du rivage, à la table du pharisien ou à celle du publicain. Aux lois de la nature et aux événements de la vie courante, il associait toujours un message concernant le salut. Les coeurs de ceux qui l'écoutaient étaient attirés, car il guérissait les malades, consolait les affligés et prenait les petits enfants dams ses bras pour les bénir. Dès qu'il ouvrait la bouche, il captivait l'attention, et chacune de ses paroles était pour l'un de ses auditeurs une odeur de vie qui donne la vie.

Nous devrions agir ainsi. Où que nous soyons, saisissons toutes les occasions de parler de notre Sauveur. Si nous suivons son exemple, en faisant le bien, comme lui nous parviendrons à toucher les coeurs. Révélons celui qui « se distingue entre dix mille », et dont toute la personne est pleine de charme (Cantique des cantiques 5:10,16), non pas d'une manière abrupte, mais avec le tact qui provient de l'amour divin. C'est surtout à cela que doit contribuer le don de la parole : il nous a été accordé pour présenter le Christ comme un Sauveur qui pardonne les péchés.

L'influence

La vie de Jésus exerçait une influence qui allait constamment en s'élargissant, comme la vague sur l'immense océan, et qui le reliait à Dieu et à l'humanité. Par son intermédiaire, Dieu à gratifie l'homme d'une puissance qui le met dans l'impossibilité de vivre pour lui-même. Individuellement, nous sommes en rapport avec nos semblables; nous faisons partie du grand univers de Dieu et nous sommes sous le poids d'obligations mutuelles. L'homme ne peut pas vivre indépendamment de son prochain, car la prospérité des uns affecte celle des autres. Le plan de Dieu est que chacun se sente nécessaire au bien de tous, et qu'il s'efforce de contribuer à leur bonheur.

Toute âme est entourée d'une atmosphère qui lui est propre. Cette atmosphère peut être la source de propriétés vivifiantes de foi, de courage et d'espérance; elle peut être adoucie par le parfum de l'amour, comme aussi refroidie par des frimas de tristesse, de mauvaise humeur et d'égoïsme, ou empoisonnée par un péché que l'on caresse. Consciemment ou non, tous ceux qui mous côtoient en subissent les effets.

Nous ne pouvons pas fuir cette responsabilité. Nos paroles, nos actes, nos vêtements, notre comportement et même l'expression de notre visage exercent une influence. De l'impression que nous laissons ainsi autour de nous découlent des conséquences bonnes ou mauvaises dont nul ne peut mesurer l'étendue. Toute impulsion donnée est une semence qui produira sa récolte, c'est un anneau de la chaîne des événements humains dont nous ignorons la longueur. Si notre exemple permet à certains d'adopter de bons principes de vie, nous leur communiquons la force de faire le bien. À leur tour, ils exerceront la même action sur d'autres, et ainsi de suite. Des milliers d'âmes peuvent de cette manière être appelées à bénéficier de notre influence inconsciente.

Jetez une pierre dans un lac : une vague se formera, puis une autre, et le cercle ira en s'élargissant, jusqu'à ce qu'il atteigne le rivage. Ainsi en est-il de notre influence. Sans que nous le sachions, sans que nous puissions la diriger, elle continue son action pour le bien ou pour le mal.

Le caractère est une puissance. Le témoignage silencieux d'une existence consacrée, sincère et désintéressée possède un pouvoir presque irrésistible. En manifestant dans notre vie le caractère du Christ, nous travaillons avec lui au salut des âmes. Ce n'est que par l'identification de notre vie avec la sienne que cette coopération est possible. Plus étendue sera notre influence, plus nous pourrons faire de bien. Quand ceux qui prétendent servir Dieu suivront l'exemple de leur Maître, quand ils mettront chaque jour en oeuvre les principes de la loi, quand ils montreront par leurs actes qu'ils aiment le Seigneur d'un amour suprême et leur prochain comme eux-mêmes, alors l'Église aura la puissance de bouleverser le monde.

Mais nous ne devons pas perdre de vue que l'influence est aussi une force pour le mal. C'est une chose terrible que de perdre son âme, causer la perte de celle des autres est plus terrible encore. Redoutable est l'idée que notre influence peut être une odeur de mort, et pourtant c'est possible. Plusieurs de ceux qui prétendent se rallier à Jésus-Christ ne font, en réalité, que s'en écarter. C'est la raison pour laquelle l'Église est si faible. Beaucoup se laissent aller facilement à la critique et à la censure. En exprimant la suspicion, la jalousie et le mécontentement, ils deviennent eux-mêmes les agents de Satan; avant qu'ils s'en soient rendu compte, ils ont servi à la réalisation des desseins de l'ennemi. Les mauvaises impressions ont été produites, le doute a été jeté et les flèches sataniques ont atteint leur but. La méfiance, le doute et l'incrédulité ouverte ont pris dans des coeurs la place qu'aurait pu y occuper le Sauveur. Pendant ce temps, les artisans du malin contemplent avec satisfaction ceux qu'ils ont précipités dans le scepticisme et qui sont maintenant insensibles aux reproches et aux exhortations. En se comparant à ces personnes, ils s'estiment justes et vertueux; ils ne voient pas que ces ruines sont le travail de leur langue sans frein et de leur coeur rebelle. La chute de ces âmes, victimes de la tentation, est due à leur propre influence.

Ainsi donc, la frivolité, le laisser-aller et l'indifférence des prétendus chrétiens détournent bien des êtres du sentier de la vie. Nombreux sont ceux qui trembleront à l'idée de comparaître devant le tribunal suprême et de voir les effets de leur attitude.

C'est seulement par la grâce de Dieu qu'il est possible de faire un bon emploi de ce talent. Il n'y a rien en nous qui puisse, venant de nous-mêmes, exercer une heureuse influence sur les autres. Si nous nous rendons compte de notre faiblesse et de notre besoin de la puissance divine, nous ne nous confierons pas dans nos propres ressources. Pouvons-nous savoir quelles seront les conséquences d'un jour, d'une heure, d'un seul instant? C'est pourquoi nous ne devrions jamais commencer une journée sans nous en remettre à notre Père céleste. Ses anges ont pour mission de veiller sur nous, et si nous nous mettons sous leur garde, ils seront à notre droite à l'heure du péril. Quand nous serons inconsciemment en danger de produire un mauvais effet sur les autres, ils se tiendront à nos côtés pour nous orienter vers une voie meilleure et pour inspirer nos paroles et nos actions. C'est ainsi que notre influence peut être une puissance silencieuse, inconsciente, mais cependant efficace pour attirer des âmes au Christ et vers le ciel.

Le temps

Notre temps appartient à Dieu, et chacun de nos instants lui est dû. Nous sommes tenus, de façon impérative, d'en tirer le meilleur parti pour sa gloire. Il n'est aucun talent dont il nous demandera un compte aussi rigoureux que celui du temps.

La valeur du temps est incalculable. Le Christ considérait chaque moment comme précieux, nous donnant en cela un exemple. La vie est trop brève pour être gaspillée, et il nous reste bien peu de temps pour nous préparer en vue de l'éternité. Nous n'avons pas un instant à perdre, pas un instant à consacrer à des plaisirs égoïstes et aux jouissances du péché. C'est maintenant que nous sommes appelés à former des caractères pour le monde à venir. C'est maintenant que nous devons prendre nos dispositions en vue du jugement dernier.

L'homme est à peine né que le processus de la mort commence, et ses labeurs incessants n'aboutiront qu'au néant s'il ne reçoit pas la véritable connaissance de la vie éternelle. Celui qui apprécie le temps et le regarde comme un jour de travail se prépare en vue des demeures éternelles. Pour lui, c'est un bonheur d'être né.

Nous sommes exhortés à racheter le temps; mais jamais nous me pourrons retrouver celui que nous avons perdu, pas même un seul instant. Il ne nous est possible de racheter le temps qu'en tirant le meilleur parti de celui qui nous reste, en collaborant avec Dieu au grand plan de la rédemption.

Celui qui agit ainsi voit son caractère se transformer. Il devient fils de Dieu, membre de la famille royale, enfant du Roi des cieux. Il est digne d'entrer dans la compagnie des anges.

C'est maintenant le moment favorable pour travailler au salut de nos semblables. Certains s'imaginent que s'ils donnent de l'argent pour la cause du Christ, on ne leur demandera rien d'autre. Ils perdent un temps précieux qu'ils pourraient consacrer à son service. Le devoir et le privilège de toute personne en santé, c'est de travailler pour le Seigneur. Chacun doit s'employer à lui gagner des âmes. Les sacrifices pécuniaires ne peuvent pas remplacer l'engagement personnel.

Chaque minute est chargée de conséquences éternelles. Nous devons être comme des gardes prêts à intervenir d'un moment à l'autre. L'occasion qui s'offre à nous maintenant de parler à une âme en détresse peut ne plus jamais se représenter. Il est possible que Dieu dise à cette personne : « Cette nuit même ton âme te sera redemandée » (Luc 12:20), et à cause de notre négligence elle ne sera peut-être pas prête. Comment mous justifierons-nous devant le Seigneur au jour du jugement?

La vie est trop solennelle pour que mous l'occupions tout entière à des questions d'ordre matériel et terrestre, et dans un souci constant des choses qui ne sont qu'un atome comparativement aux valeurs éternelles. Néanmoins, Dieu nous a aussi appelés à le servir dans les affaires temporelles. Le zèle apporté à cette tâche fait autant partie de la vraie religion que les exercices de piété. La Bible n'approuve jamais l'indolence. C'est le fléau le plus ruineux pour notre monde. Tout homme et toute femme vraiment convertis seront des travailleurs diligents.

C'est de l'emploi judicieux de notre temps que dépend le succès de notre formation intellectuelle. La pauvreté, une humble origine ou un milieu défavorable ne constituent pas un obstacle décisif à la culture. Appliquons-nous seulement à bien utiliser tous nos instants disponibles. Ceux que nous serions tentés de dissiper en conversations futiles ou au lit, le matin; le temps passé dams les transports publics, à la gare, avant de se mettre à table ou en attendant des gens qui ne sont pas exacts aux rendez-vous, tout cela devrait être employé à l'étude, à la lecture ou à la réflexion. Une énergique résolution, une application soutenue, une économie stricte de tous les instants nous permettront d'acquérir les connaissances et la discipline qui nous qualifieront pour n'importe quel poste de confiance.

Le devoir de chaque chrétien est de contracter des habitudes d'ordre, de perfection et de diligence. Quel que soit son ouvrage, l'homme qui le fait négligemment est inexcusable. Si l'on est toujours au travail et que ce dernier demeure sans cesse inachevé, c'est que l'on n'y a pas mis son esprit et son coeur. Celui qui est désavantagé par sa lenteur devrait aspirer à se corriger de ce défaut. Il faut qu'il s'applique à tirer de son temps le meilleur parti possible. Avec de l'adresse et de la méthode, certaines personnes feront en cinq heures autant de travail que d'autres en dix. Il est des ménagères qui sont toujours sur la brèche, non parce qu'elles ont fort à faire, mais parce qu'elles ne savent pas organiser leur journée. Elles n'avancent pas et se donnent beaucoup de peine pour peu de chose. Mais tous ceux qui le désirent peuvent surmonter leur embarras et leur lenteur habituelle. Il leur suffit de se fixer un but précis, de décider du temps nécessaire pour une tâche donnée et de faire tous leurs efforts pour terminer ce programme. L'exercice de la volonté rendra les mains habiles.

Faute d'énergie et de décision pour se réformer, certains finissent par s'ancrer dans leurs mauvaises habitudes. Mais s'ils cultivent leurs facultés, ils deviendront capables d'accomplir un excellent travail. Leurs services seront alors requis en toutes circonstances. On les appréciera à leur juste valeur.

Combien d'enfants, de jeunes gens et de jeunes filles gaspillent un temps qui, utilisé à des travaux domestiques, aurait pu témoigner de leur affection à l'égard de leurs parents! La jeunesse pourrait charger sur ses robustes épaules de nombreux fardeaux que d'autres doivent porter.

Dès sa plus tendre enfance, le Sauveur eut une vie très active. Il ne cherchait pas sa propre satisfaction. C'était le Fils du Dieu infini, mais il travailla en compagnie de Joseph, son père adoptif, dans une échoppe de charpentier. Son métier avait une valeur symbolique : il était venu dams le monde pour édifier des caractères. Tous ses travaux manuels reflétaient la perfection qu'il apporta dans la transformation des caractères par sa divine puissance. Il est notre modèle.

Parents, apprenez à vos enfants la valeur du temps et l'usage qu'ils doivent en faire. Enseignez-leur qu'il vaut la peine de combattre en vue de réaliser une oeuvre qui honorera Dieu et sera utile à l'humanité. Dès leur jeune âge, ils peuvent être des serviteurs de Dieu.

Les parents me sauraient commettre un plus grand péché que de permettre à leurs enfants de vivre dans l'indolence. Ainsi élevés, ils ne tardent pas à prendre goût à la paresse; ils perdent toute énergie et deviennent des êtres inutiles. En âge de gagner leur vie, ils travaillent sans ardeur et font traîner leur ouvrage en longueur. Cependant, ils réclament un salaire aussi élevé que s'ils se montraient consciencieux. Entre eux et de fidèles économes, il y a toute la distance qui sépare la terre du ciel.

On transporte naturellement sur le plan spirituel les habitudes d'indolence et d'insouciance que l'on a cultivées dans son travail manuel. Elles disqualifient celui qui les a contractées pour une activité efficace au service de Dieu. Beaucoup de gens auraient pu être en bénédiction autour d'eux, mais leur paresse les a perdus. L'oisiveté et l'absence de résolution, de but, ouvrent la porte à une multitude de tentations. Les mauvaises compagnies et les habitudes vicieuses conduisent fatalement à la dépravation de l'âme et de l'esprit; elles ont pour résultat l'échec de la vie présente et la perle de celle qui est à venir.

Quel que soit le travail que nous sommes appelés à faire, l'Écriture sainte nous dit : « Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d'esprit. Servez le Seigneur. » « Tout ce que la main trouve à faire avec la force, fais-le », « sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. » (Romains 12:11; Ecclésiaste 9:10; Colossiens 3:24)

La santé

La santé est un bienfait dont peu de gens savent apprécier la valeur, et pourtant c'est d'elle que dépend en majeure partie l'efficacité de nos facultés physiques et mentales. Le corps est le siège de nos passions et de nos impulsions; il faut donc le conserver dans sa meilleure forme, et sous les influences les plus spirituelles, si nous voulons que nos talents puissent fructifier.

Tout ce qui diminue la vigueur corporelle affaiblit également l'esprit et lui enlève la possibilité de distinguer le bien du mal. La volonté de faire le bien s'en trouve donc elle aussi amoindrie.

L'usage inconsidéré des forces physiques abrège le temps de vie qui aurait pu être employé à la gloire de Dieu. De plus, il nous disqualifie pour l'oeuvre qui nous a été confiée : par de mauvaises habitudes, par des veillées trop prolongées et la satisfaction de la gourmandise au détriment de la santé, nous jetons les bases de la maladie. La négligence de l'exercice corporel, le surmenage mental ou physique déséquilibrent le système nerveux. Ceux qui raccourcissent leur vie de cette manière et qui, méprisant les lois de la nature, se disqualifient pour le service de Dieu, se rendent coupables de vol envers lui et envers leurs semblables. Car la période pendant laquelle ils peuvent être en bénédiction à d'autres -- leur raison d'être dans ce monde -- est abrégée. Ils se disqualifient même pour la tâche qu'ils auraient été à même d'accomplir en un temps plus court. Le Seigneur nous tient pour coupables quand, par de mauvaises habitudes, nous privons le monde du bien que nous aurions pu faire.

Transgresser une loi physique revient à transgresser la loi morale, car Dieu est assurément l'auteur de l'une comme de l'autre. Il a écrit sa loi de sa propre main sur chaque nerf, chaque muscle, chaque faculté de l'homme. Abuser de n'importe quelle partie de notre organisme constitue une violation de l'ordre divin.

Nous devrions connaître notre corps afin de le maintenir dams les conditions voulues pour accomplir l'oeuvre du Seigneur. Veillons avec un soin jaloux à la conservation et au développement de la vie physique, afin que la nature divine se manifeste parfaitement au travers de l'humanité. Les rapports existant entre les fonctions corporelles et la vie spirituelle représentent un des sujets d'étude les plus importants. Il faut en faire l'objet de nos recherches spéciales, aussi bien à l'école qu'à la maison. Tous on besoin de se familiariser avec la physiologie du corps humain et avec les lois qui régissent la vie. Celui qui demeure volontairement dans l'ignorance des lois biologiques et qui les viole pèche contre Dieu. Chacun devrait se placer dams les conditions les plus favorables au maintien de la vie et de la santé. Il faut contrôler nos habitudes par une intelligence qui soit elle-même sous le contrôle du Seigneur.

« Ne savez-vous pas, dit l'apôtre Paul, que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » (1 Corinthiens 6:19,20)

La force

Nous devons aimer Dieu, non seulement de tout notre coeur, de toute notre âme et de toute notre pensée, mais encore de toute notre force. Cela requiert un usage intelligent de toutes nos énergies physiques.

Qu'il s'agisse du domaine temporel ou du domaine spirituel, le Christ fut un travailleur au sens le plus élevé du terme. En toutes choses, il était déterminé à faire la volonté de son Père. Le ciel et la terre sort unis par des liens plus étroits, et placés plus directement sous la surveillance du Sauveur qu'on ne le suppose généralement. C'est le Christ qui conçut le plan du premier tabernacle terrestre et donna des instructions précises en rapport avec la construction du temple de Salomon. Celui qui exerça ici-bas la profession de charpentier dans le village de Nazareth, est le divin architecte qui établit le plan du sanctuaire où son nom devait être honoré.

C'est le Christ également qui donna aux ouvriers chargés d'édifier le tabernacle la sagesse et l'habileté nécessaires pour exécuter les travaux les plus délicats: « Sache, est-il écrit, que j'ai choisi Betsaleel, fils d'Uri, fils de Hun, de la tribu de Juda. Je l'ai rempli de l'Esprit de Dieu, de sagesse, d'intelligence, et de savoir pour toutes sortes d'ouvrages. ... Je lui ai donné pour aide Oholiab, fils d'Ahisamac, de la tribu de Dan. J'ai mis de l'intelligence dans l'esprit de tous ceux qui sont habiles, pour qu'ils fassent tout ce que je t'ai ordonné. » (Exode 31:2-6)

Dieu veut que ses ouvriers, dans chaque branche, le considèrent comme le dispensateur de tout ce qu'ils possèdent. Toutes les bonnes inventions et tous les progrès on leur origine en celui qui est admirable par ses conseils et infini en ressources. L'auscultation habile du médecin, sa possibilité d'agir sur les nerfs et les muscles, sa connaissance de l'organisme délicat du corps humain, tout cela procède de la sagesse divine et doit servir à soulager les souffrances. L'habileté du charpentier à manier le marteau, la vigueur avec laquelle le forgeron bat l'enclume leur soit données par Dieu. Il a confié des talents aux hommes et s'attend en retour à les voir venir à lui pour demander ses directives. Quoi que nous fassions et où que nous soyons placés, le Seigneur désire conduire notre esprit afin d'obtenir de nous un travail parfait.

La religion et les affaires ne sont qu'une seule et même chose. Il faut que la religion de la Bible pénètre tout ce que nous disons ou faisons. Le divin et l'humain doivent se mêler dans les réalisations matérielles aussi bien que dans les oeuvres spirituelles; ils doivent agir de pair dans toutes nos entreprises, qu'elles soient industrielles, agricoles, commerciales ou scientifiques. Il faut qu'il y aie coopération de ces deux facteurs dans tout ce qu'embrasse l'activité chrétienne.

Dieu a proclamé des principes sans lesquels cette collaboration est impossible. Sa gloire doit être l'unique mobile de ceux qui travaillent avec lui. Tout ce que nous faisons est à réaliser par amour pour le Seigneur et en harmonie avec sa volonté.

Il est aussi nécessaire de suivre la volonté de Dieu dans la construction d'une maison que dans la célébration d'un office religieux. Les ouvriers qui on adopté de bons principes dans l'édification de leur caractère croîtront en grâce et en connaissance chaque fois qu'ils érigeront un bâtiment.

Mais le Maître n'acceptera pas le plus beau des services ou le talent le plus éminent si le moi n'a pas été déposé, en sacrifice vivant, sur l'autel divin. La racine doit être saine, sinon l'arbre ne produira aucun fruit qui puisse être agréé par Dieu.

Le Seigneur octroya à Joseph et à Daniel le don de l'administration, et parce qu'ils ne recherchaient pas leurs propres plaisirs, mais uniquement l'accomplissement de la volonté de Dieu, il put agir par eux.

La vie de Daniel est une leçon pour nous. Elle nous apprend qu'un homme d'affaires n'est pas nécessairement un homme rusé et diplomate. Il peut être dirigé par Dieu pas à pas. Premier ministre du royaume de Babylone, Daniel restait prophète de l'Éternel et recevait la lumière de l'inspiration divine. La parole de Dieu compare les chefs d'États ambitieux à l'herbe et à sa fleur qui sèchent. Cependant, le Seigneur désire avoir à son service des hommes intelligents et capables de travailler dans les différentes branches de son oeuvre. Nous avons besoin d'hommes d'affaires qui respectent les principes de la vérité dans toutes leurs transactions. Il faut que leurs dons naturels se développent autant que possible par l'étude et l'expérience. S'il est des personnes qui doivent saisir toutes les occasions d'acquérir la sagesse et le savoir-faire, ce sont celles qui consacrent leurs talents à l'édification du royaume de Dieu sur la terre. Lorsque l'administration de Daniel fut soumise à la critique la plus malveillante, ses adversaires ne lui trouvèrent aucune faute, aucune erreur. Il est le modèle de tout homme d'affaires, et son histoire nous montre ce que peut accomplir celui qui consacre toute son intelligence, toute sa force physique, tout son coeur et toute sa vie au service de Dieu.

L'argent

Dieu confie aussi à l'homme de l'argent, et il lui donne les facultés nécessaires pour acquérir des biens. Il arrose la terre par la rosée et des averses rafraîchissantes; il la réchauffe par le soleil qui brille et réveille la nature, fait pousser les plantes et mûrir les fruits. Il demande en retour que nous lui rendions ce qui lui appartient.

L'argent ne nous a pas été donné pour que mous acquérions les honneurs et la gloire. En qualité d'administrateurs fidèles, nous devons l'employer pour l'honneur et la gloire de Dieu. Certains pensent qu'il n'y a qu'une partie de leurs biens qui est au Seigneur, et quand ils on consacré cette partie à des oeuvres charitables ou à l'église, ils estiment que le reste leur appartient et qu'ils peuvent l'utiliser à leur gré. C'est une erreur. Tout ce que nous possédons est au Seigneur, et nous devrons lui rendre compte un jour de l'emploi que nous en avons fait. La façon dont nous dépensons chaque centime montrera si nous aimons Dieu par-dessus tout et notre prochain comme nous-mêmes.

L'argent est précieux parce qu'il peut faire beaucoup de bien. Entre les mains des enfants de Dieu, c'est de la nourriture pour les affamés, de la boisson pour celui qui est altéré, des vêtements pour celui qui est nu, une défense pour l'opprimé et un secours pour les malades. Mais s'il n'est pas employé en vue des besoins de l'existence, du bien de nos semblables et de l'avancement de la cause du Christ, il n'a pas plus de valeur que le sable.

L'argent accumulé est non seulement inutile, mais il représente une malédiction. Ici-bas, il est un piège pour l'âme et détourne les affections du trésor céleste. Au grand jour de Dieu, il attirera la condamnation sur ceux qui ne s'en sont pas servis pour faire du bien. L'Écriture déclare : « À vous maintenant, riches! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés; et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. (Jacques 5:1-4)

Mais le Christ condamne tout gaspillage et nous donne une leçon d'économie : « Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde » (Jean 6:12), disait-il. Cette leçon est destinée à tous ses disciples. Celui qui comprend que son argent est un talent reçu du Seigneur sera économe, il se sentira dans l'obligation de l'être afin de pouvoir donner.

Plus nous dépensons inutilement, moins il nous reste pour nourrir ceux qui ont faim ou pour vêtir ceux qui sont nus. Chaque centime consacré à des futilités nous prive ainsi d'une belle occasion d'exercer notre générosité; de cette façon, nous dérobons à Dieu l'honneur et la gloire que lui attirerait l'usage judicieux des talents qu'il nous a confiés.

Affection et impulsions généreuses

Une nature affectueuse, des impulsions généreuses, une vive intelligence des choses d'en haut sont de précieux talents qui engagent la responsabilité de celui qui en est doué. Tous doivent être consacrés à l'oeuvre de Dieu; mais c'est là que beaucoup font erreur. Satisfaits de ces dons, ils ne les emploient pas au service de la société et se contentent de dire que s'ils en avaient la possibilité, si les circonstances leur étaient favorables, ils feraient une oeuvre magnifique. Ils attendent toujours que l'occasion se présente. Ils éprouvent du mépris pour la parcimonie de l'avare qui donne à contrecoeur un morceau de pain aux nécessiteux. Ils voient que celui-ci ne vit que pour lui-même et qu'il devra rendre compte des talents dont il fait un si mauvais usage. C'est avec une certaine complaisance qu'ils établissent le contraste qui existe entre eux et des esprits aussi étroits. Ils estiment leur situation bien préférable à celle de leurs voisins mesquins. Mais ils se bercent d'illusion, car la possession de qualités inemployées ne fait qu'accroître leur responsabilité. Ceux qui ont une nature aimante et généreuse sont tenus d'en faire bénéficier non seulement leurs amis, mais aussi les personnes qui pourraient avoir besoin de leur aide. Les avantages d'ordre social sont aussi des talents qui doivent servir au bien de tous ceux qui entrent en contact avec nous. L'amour qui ne se manifeste qu'en faveur d'un petit nombre n'est pas de l'amour, mais de l'égoïsme. Il ne pourra contribuer ni au bien d'autrui, ni à la gloire de Dieu. Ceux qui n'emploient pas les talents reçus du Seigneur se trouvent sous le coup d'une condamnation plus sévère que ceux pour lesquels ils éprouvent un tel mépris. Il leur sera dit : « Vous avez connu la volonté de votre Maître, et vous ne l'avez pas faite. »

Les talents se multiplient par l'usage

Les talents dont on se sert son des talents qui se multiplient. Le succès n'est pas le résultat de la chance ou de la destinée : il est l'oeuvre de la divine providence, la récompense de la foi et de la sagesse, de la vertu et de l'effort persévérant. Le Seigneur désire que nous fassions usage de tous les dons que nous possédons. Si nous agissons ainsi, nous en recevrons de plus grands. Il n'opérera aucun miracle pour nous accorder les talents qui nous font défaut; mais si nous utilisons ceux que nous détenons, il collaborera avec nous pour développer et fortifier chacune de nos facultés. Tout effort énergique et désintéressé au service du Maître contribuera à l'accroissement de nos capacités. Si nous nous mettons à la disposition du Saint-Esprit pour être ses dociles instruments, la grâce de Dieu agira en nous. Elle nous permettra de vaincre nos anciens penchants et d'acquérir des habitudes nouvelles. Plus nous mettrons notre coeur à obéir aux suggestions de l'Esprit, plus nous serons aptes à recevoir sa puissance et à accomplir un travail de valeur. Il éveille les énergies assouplies et redonne vigueur aux facultés paralysées.

L'humble ouvrier qui répond aux appels de Dieu peut être assuré de son assistance. L'acceptation d'une responsabilité aussi grave et aussi sacrée contribue à l'ennoblissement du caractère, fait appel aux facultés mentales et spirituelles les plus élevées, fortifie et purifie l'esprit et le coeur. On est parfois surpris de voir combien, avec la force d'en haut, un être faible peut accomplir d'efforts puissants et productifs. Celui qui débute humblement avec un minimum de savoir, se contentant de dire ce qu'il sait, tout en cherchant à acquérir d'autres connaissances, s'apercevra que tous les trésors du ciel sont à sa disposition. Plus il tentera de répandre la lumière, plus il en jouira lui-même. Plus nous nous efforcerons d'expliquer à d'autres la parole de Dieu avec amour, plus elle deviendra claire à nos propres yeux. L'usage de nos connaissances et de nos facultés conditionnera nos progrès et notre puissance.

Tout effort fait pour le Christ entraîne une bénédiction. Si nous employons nos ressources pour sa gloire, il les augmentera. Nous serons vivifiés par la grâce de Dieu dans la mesure où nous travaillerons à gagner des âmes au Sauveur, lui soumettant cette préoccupation dans nos requêtes. Nos affections acquerrons un rayonnement marqué de ferveur divine et notre vie chrétienne, devenue plus ardente, plus réelle, sera caractérisée par l'esprit de prière.

La valeur d'un homme est estimée au ciel suivant la manière don son coeur s'ouvre à la connaissance de Dieu. Cette connaissance est une source de toute-puissance, car le Seigneur nous a créés pour que chacune de nos facultés serve à exprimer des pensées divines; aussi s'efforce-t-il sans cesse d'amener l'esprit de l'homme à l'unisson avec le sien. Il nous offre le privilège de coopérer avec le Christ en manifestant sa grâce au monde, afin que nous saisissions toujours mieux les vérités célestes. En regardant à Jésus, on obtient une vue plus profonde et plus exacte de Dieu et l'on est transformé par cette contemplation. La bonté et l'amour du prochain deviennent spontanés. On édifie un caractère digne du divin modèle. On parvient à mieux connaître Dieu dans la mesure où l'on s'élève à sa ressemblance. On entre ainsi dans une communion plus intime avec le ciel, et l'on augmente ses possibilités de s'enrichir par la compréhension des valeurs éternelles.

Un seul talent

Celui qui n'avait reçu qu'un talent « alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître » (Matthieu 25:18).

Ainsi l'homme pourvu du don le plus modeste négligea de le mettre à profit. C'est là un avertissement pour tous ceux qui croient que l'insuffisance de leurs capacités les dispense de servir le Maître. S'ils pouvaient réaliser de grandes choses, avec quelle joie ils les entreprendraient! Mais parce qu'ils occupent une position effacée, ils se croient justifiés en ne faisant rien. C'est une erreur. Dans la répartition des dons, le Seigneur éprouve les caractères. Celui qui a négligé de faire fructifier son unique talent a démontré qu'il était un serviteur infidèle. S'il avait reçu cinq talents, il les aurait enterrés comme il le fit pour le sien. Son mauvais emploi de l'unique talent donne la mesure de son mépris pour les faveurs du ciel.

« Celui qui est fidèle dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes. » (Luc 16:10) On méconnaît généralement l'importance des petites choses parce qu'elles son modestes, mais elles contribuent beaucoup à la discipline de la vie. Elles revêtent la plus haute valeur; les sous-estiment dans la formation du caractère serait une attitude des plus dangereuses.

« Celui qui est injuste dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes. » (Luc 16:10) Par son infidélité dans les plus petits devoirs, l'homme prive son Créateur du service qu'il lui doit. Cette faute aura sur lui des répercussions fâcheuses : il ne recevra ni la grâce, ni la puissance, ni la force de caractère qui sont la récompense d'une soumission totale à la volonté de Dieu. En vivant éloigné de Jésus-Christ, il s'expose aux tentations de Satan et commet des erreurs au service du Maître. N'étant pas conduit par de bons principes dans les petites choses, il ne parvient pas à obéir au Seigneur dans les grandes choses qu'il considère comme sa tâche particulière. Les défauts entretenus dans les menus détails de cette vie passent dans les affaires de plus grande importance. On agit d'après les principes qu'on s'est formés. Ainsi, des actes souvent répétés engendrent des habitudes, celles-ci façonnent le caractère, et le caractère à son tour fixe notre destinée pour le temps présent et pour l'éternité.

C'est seulement par la fidélité dans les petites choses que l'on apprend à s'acquitter scrupuleusement de responsabilités plus grandes. Dieu mit Daniel et ses compagnons en contact avec les hommes éminents de Babylone, afin de donner à ces païens l'occasion de connaître les principes de la véritable religion. Daniel avait pour mission de représenter le caractère de Dieu au sein d'un peuple idolâtre. Comment se prépara-t-il à occuper un poste aussi important et aussi honorable? Sa fidélité dans les petites choses donna un cachet particulier à sa vie entière. Il honora le Seigneur dans les devoirs les plus insignifiants, aussi reçut-il sa collaboration. Dieu accorda à Daniel et à ses compagnons « de la science, de l'intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes » (Daniel 1:17).

À l'exemple de Daniel, le témoin de l'Éternel à Babylone, nous sommes appelés, tous aussi, à être ses témoins auprès de nos contemporains, à révéler les principes de son royaume aussi bien dans les menus détails que dans les affaires importantes de la vie.

Par sa vie terrestre, le Christ nous a enseigné à prêter attention aux petites choses. La grande oeuvre de la Rédemption occupait continuellement ses pensées. Toutes ses facultés physiques et mentales étaient mises à contribution pour guérir et enseigner; cependant, il remarquait les moindres détails, soit dans la vie courante, soit dans la nature. Ses leçons les plus instructives étaient celles qui, illustrées par des phénomènes de la nature, mettaient en valeur les grandes vérités du royaume de Dieu. Il n'ignorait pas les besoins du plus humble de ses serviteurs, et ses oreilles étaient attentives à tous les cris de la misère humaine. Il ne resta pas indifférent à la détresse de la pauvre femme qui, perdue au milieu de la foule, l'avait touché. Le moindre geste de foi recevait son exaucement. Quand il ressuscita la fille de Jaïrus, il conseilla à ses parents de lui donner à manger. Quand, par sa grande puissance, il triompha lui-même de la mort, il eut soin de plier et de ranger le linceul qui avait servi à l'envelopper.

En qualité de chrétiens, nous sommes appelés à collaborer avec le Christ au salut des âmes. C'est la tâche que nous nous sommes engagés à entreprendre. La négliger constituerait une infidélité à son égard. Mais pour nous acquitter de ce mandat, il faut suivre l'exemple du Maître en nous occupant consciencieusement des plus petits détails. C'est ainsi que le succès nous sera assuré dans chaque branche de l'activité chrétienne.

Le Seigneur désire que son peuple atteigne le plus haut degré dans son expérience, afin qu'il puisse le glorifier par des facultés que lui-même veut lui accorder. Sa grâce à tout préparé pour nous permettre de faire savoir au monde que nous suivons des plans meilleurs que les siens. Nous croyons en un Dieu puissant pour agir sur les coeurs; nous avons donc à établir la supériorité que cette foi nous confère sous le rapport de l'intelligence, de l'habileté et de la connaissance.

Ceux qui n'ont pas reçu de grands talents ne doivent pas se laisser aller au découragement. Qu'ils travaillent avec les moyens dont ils disposent, surveillant les points faibles de leur caractère et cherchant à le rendre fort par la grâce divine. Il faut que la fidélité et la loyauté président à chacun de nos actes. Cultivons les qualités qui nous permettront de nous acquitter de notre tâche.

Nous devons vaincre à tout prix nos habitudes de négligence. Certaines personnes croient s'excuser des erreurs les plus graves en les mettant sur le compte de l'oubli. Mais ne sont-elles pas douées de facultés intellectuelles aussi bien que les autres? Il leur faut cultiver leur mémoire. L'oubli et le laisser-aller sont des péchés. Si vous faites preuve d'indolence, vous risquez de négliger votre propre salut et de vous apercevoir finalement que vous n'êtes pas prêt pour le royaume des cieux.

Les plus grandes vérités doivent pénétrer dans les plus petites choses. Une religion pratique entre dans les moindres devoirs de la vie quotidienne. L'homme se qualifie avant tout par une obéissance absolue à la parole du Seigneur.

D'aucuns estiment que s'ils ne sont pas directement employés à une oeuvre religieuse, ils sont improductifs et n'ont aucune part à l'avancement du règne de Dieu. Quelle erreur! S'ils accomplissent une besogne qui doit être faite, il ne faut pas qu'ils se croient inutiles dans la vaste maison du Père. Même les devoirs les plus humbles ne sont pas à négliger, car tout travail honnête est une bénédiction, et celui qui s'en acquitte fidèlement se prépare pour une plus grande oeuvre.

Si modeste que soit la tâche confiée à nos soins, lorsqu'elle est réalisée dans un total oubli de soi, Dieu l'agrée comme un service de valeur. Aucune offrande n'est petite quand elle provient d'un coeur qui la donne avec joie.

Où que nous nous trouvions, le Christ nous exhorte à faire face aux devoirs qui se présentent. Quand vous travaillez à la maison, mettez tout votre soin à la rendre aussi agréable que possible. Si vous êtes mère, élevez vos enfants pour le Seigneur, car c'est une mission qui a tout autant d'importance que celle du prédicateur en chaire. Votre place est-elle à la cuisine? Cherchez à devenir une cuisinière modèle. Veillez à ce que vos repas soient conformes aux règles de la diététique, nourrissants et présentés d'une manière appétissante. De même que vous utilisez des produits de qualité pour les apprêter, rappelez-vous aussi que votre intelligence a besoin d'une nourriture substantielle. Avez-vous été appelé à cultiver le sol, à faire du commence ou toute autre chose? Agissez de telle manière que vos efforts soient couronnés de succès. Travaillez avec application. Soyez partout un représentant du Christ, vous comportant comme il le ferait à votre place.

Si anodin que soit votre talent, le Seigneur en à l'emploi. Cet unique talent, sagement mis en valeur, réalisera le but qui lui est assigné. Il faut nous efforcer, par notre fidélité dans les moindres détails, d'ajouter à ce que nous possédons; si nous agissons sur le plan de l'addition, Dieu se chargera d'opérer sur celui de la multiplication. Ces petites choses auront une influence des plus précieuses dans son oeuvre.

Qu'une foi vivante soit mêlée comme des fils d'or à l'accomplissement de nos devoirs, même des plus insignifiants. Alors tout le labeur quotidien contribuera à notre croissance de chrétien. Ayons sans cesse les regards fixés sur Jésus-Christ. Chacune de nos entreprises sera vivifiée par notre amour pour lui. Ainsi donc, par un emploi judicieux de nos talents, nous pourrons nous unir au monde supérieur par une chaîne d'or. Voilà le processus de la véritable sanctification; car la sanctification consiste dans le joyeux accomplissement des devoirs de chaque jour et l'entière soumission à la volonté de Dieu.

Mais beaucoup de chrétiens attendent qu'une grande mission leur soit confiée. Ne trouvant pas le moyen de satisfaire leur ambition, ils négligent les devoirs de la vie quotidienne qu'ils jugent dénués d'intérêt. Jour après jour, ils laissent passer les occasions de montrer leur fidélité à Dieu. Pendant qu'ils languissent après une grande tâche, la vie s'écoule, son but n'est pas atteint, et le travail qui leur était assigné reste à faire.

L'heure des comptes

« Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. » (Matthieu 25:19) Quand les serviteurs devront répondre de l'emploi des talents reçus, ce que chacun a rapporté sera soigneusement examiné. Le rendement révèle la conscience de l'ouvrier.

Ceux qui ont reçu cinq et deux talents restituent ces derniers à leur maître avec ce qu'ils ont rapporté, sans s'en attribuer aucun mérite. Ces talents ne leur avaient-ils pas été confiés? Ils les ont fait fructifier et en ont gagné d'autres, mais ces serviteurs savent que sans le capital initial, il n'y aurait pas eu de rendement. Ils ont conscience de n'avoir fait que leur devoir. Le capital appartenait au Seigneur; les revenus sont aussi les siens. Si le Sauveur ne leur avait pas accordé sa grâce et son amour, ils seraient demeurés éternellement insolvables.

Cependant, quand le Maître reprend les talents, il approuve et récompense les ouvriers comme si tout le mérite leur en revenait. Il est rempli de joie et de satisfaction, parce qu'il peut leur accorder ses bénédictions. Il les rémunère pour chaque effort et chaque sacrifice, non parce qu'il leur doit quelque chose, mais parce que son coeur déborde d'amour et de tendresse.

« C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. » (Matthieu 25:21,23)

Ce qui nous vaut l'approbation de Dieu, c'est la fidélité, la loyauté envers lui, et l'amour avec lequel on le sert. Toute impulsion du Saint-Esprit qui pousse les hommes vers le bien et vers le Seigneur est notée dans les livres du ciel et, au dernier jour, les ouvriers dont il se sera servi seront loués.

Ils participeront à la joie de leur Maître quand ils verront dans son royaume les âmes qui auront été gagnées par leur moyen. Ils auront en outre l'avantage de collaborer à son oeuvre, parce que sur la terre ils se seront qualifiés pour cette tâche. Ce que nous serons un jour, dans l'éternité, sera le reflet de notre caractère actuel et de notre activité au service de Dieu. Le Christ dit de lui-même : « Le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir. » (Matthieu 20:28) Or, l'oeuvre qu'il a réalisée sur la terre est la même que celle qu'il accompli dans les cieux. Parce que nous aurons coopéré avec le Christ ici-bas, notre récompense dams le morde à venir sera de travailler pour lui avec un pouvoir plus grand et un champ d'action plus étendu.

« Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné; j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. » (Matthieu 25:24,25)

Voilà comment on s'excuse du mauvais emploi que l'on fait des dons de Dieu. On considère le Seigneur comme un maître sévère, tyrannique, désirant trouver ses serviteurs en défaut pour pouvoir les punir. On l'accuse d'exiger ce qu'il n'a pas donné et de moissonner ce qu'il n'a pas semé.

Nombreux sont ceux qui se plaignent de la dureté de Dieu parce qu'il demande leur service et leurs biens. Or que pouvons-nous lui apporter que nous n'ayons reçu de lui? « Tout vient de toi, déclare le roi David, et nous recevons de ta main ce que nous t'offrons. » (1 Chroniques 29:14) Tout appartient à Dieu, non seulement par droit de création, mais aussi par droit de rédemption. Toutes les bénédictions qui nous sont accordées sur la terre et celles dont nous jouirons dans la vie future portent l'empreinte de la croix du Calvaire. L'accusation lancée contre Dieu suivant laquelle il serait un maître dur moissonnant où il n'a pas semé est donc dénuée de tout fondement.

Si injuste que soit le reproche du serviteur paresseux, le maître ne le réfute pas, mais il prend cet homme sur son propre terrain et lui prouve que sa conduite est inexcusable. Il avait reçu les moyens de faire fructifier son talent : « Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, dit-il, et à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. » (Matthieu 25:27)

Notre Père céleste ne nous demande ni plus mi moins que ce dont il nous a rendus capables. Il n'impose pas à ses serviteurs des fardeaux qu'ils ne peuvent porter. « Il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. » (Psaume 103:14) Nous avons donc la possibilité de réaliser par sa grâce tout ce qu'il attend de nous.

« On demandera beaucoup à qui l'on a beaucoup donné. » (Luc 12:48) Individuellement, nous serons tenus responsables si nous faisons un iota de moins que ce que nous aurions dû. Le Seigneur mesure avec exactitude chacune de nos possibilités. Les talents inutilisés entreront en ligne de compte aussi bien que ceux dont on aura fait usage. Car Dieu nous tien pour responsables de tout ce que nous pourrions devenir par un sage emploi des talents reçus. Nous serons jugés d'après ce que nous aurions pu accomplir, mais que nous avons délaissé en n'utilisant pas au moment opportun nos facultés à la gloire de Dieu. Même si nous ne perdons pas notre âme, nous subirons jusque dans l'éternité la perte des connaissances et des capacités que notre négligence nous a empêché d'acquérir.

Mais quand nous nous donnons entièrement au Seigneur et que nous suivons ses directives, il se porte garant de nos progrès. Il ne veut pas que nous présumions des résultats de nos efforts sincères. Nous ne devons même pas penser à un échec possible, car nous avons à collaborer avec celui qui ne connaît pas l'insuccès.

Ne parlons jamais de notre faiblesse ou de notre incapacité : cela équivaudrait à nous rendre coupables de méfiance à l'égard de Dieu et de sa parole. Quand, accablés sous le faix, mous murmurons, quand nous refusons les responsabilités que Dieu veut nous confier, nous le comparons virtuellement à un maître dur qui exige ce qu'il ne nous a pas donné la force de réaliser.

Nous sommes souvent tentés de croire que le serviteur paresseux de la parabole est un homme humble, alors que la véritable humilité est toute différente. Cette qualité ne rabaisse ni le niveau intellectuel, ni les aspirations de ceux qui la possèdent réellement; elle ne les rend pas lâches et ne les amène pas à fuir toute responsabilité dans la crainte de ne pas s'en acquitter convenablement. Non : une personne vraiment humble accomplit les desseins de Dieu en comptant sur son secours.

Le Seigneur travaille avec qui il veut. Parfois, il choisit les instruments les plus modestes pour réaliser une grande oeuvre, car c'est dans la faiblesse humaine qu'il fait éclater sa puissance souveraine. Nous avons un critère personnel auquel nous mesurons la valeur de chaque chose. Mais Dieu juge tout autrement que nous. Ne pensons pas que ce qui est grand à nos yeux soit obligatoirement grand aux siens, que ce qui est petit à nos yeux le soit également aux siens. Nous ne sommes pas qualifiés pour porter un jugement sur nos talents, pas plus que pour choisir notre tâche. Nous devons accepter les fardeaux qui nous sont assignés, les porter par amour pour Dieu et aller toujours à lui pour trouver le repos. Quel que soit le travail qu'il nous demande, c'est en nous consacrant de tout notre coeur et avec joie à son service que nous l'honorerons. Ce qui lui plaît, c'est que nous nous acquittions de nos devoirs avec reconnaissance, en nous réjouissant d'avoir été jugés dignes d'être ses collaborateurs.

Le talent enlevé

Voici la sentence prononcée contre le serviteur paresseux : « Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. » (Matthieu 25:28) Ici, comme dans la récompense accordée au fidèle serviteur, il n'est pas simplement question de la rétribution finale, mais encore du processus graduel de rétribution qui a lieu ici-bas. Il en va du monde spirituel comme de la nature : toute faculté inutilisée s'atrophie et disparaît. L'activité est la loi de la vie; l'inaction conduit à la mort. « À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. » (1 Corinthiens 12:7) Nos dons s'accroissent quand nous les employons pour le bien des autres. Ceux qui sont utilisés à des fins égoïstes déclinent et finissent par s'éteindre tout à fait. Quiconque refuse de communiquer à autrui ce qu'il a reçu s'apercevra un jour qu'il n'a plus rien à donner, parce qu'il se soumet à une loi fatale qui amoindrit et détruit les facultés de l'âme.

Que nul ne pense pouvoir servir le moi et s'occuper de ses seuls intérêts, puis entrer quand même dams la joie de son Seigneur. Il ne trouverait alors aucune saveur au contact de l'amour désintéressé; il ne serait pas qualifié pour le ciel et ne saurait apprécier la pure atmosphère de tendresse qui le remplit. Les voix angéliques et le son des harpes ne le satisferaient pas, et la science du ciel resterait une énigme pour lui.

Au grand jour du jugement, ceux qui n'auront pas travaillé pour le Christ, qui se seront laissés vivre, refusant toute responsabilité et ne pensant qu'à eux-mêmes, seront placés par le Juge de toute la terre dans la catégorie des méchants en recevront la même condamnation qu'eux.

De nombreuses personnes se disent chrétiennes et négligent, sans se sentir coupables, de rendre au Seigneur ce qu'elles lui doivent. Elles savent cependant que le blasphémateur, le meurtrier, l'adultère méritent leur châtiment; mais en ce qui les concerne, elles apprécient les services religieux. Comme elles aiment entendre prêcher l'Évangile, elles se croient chrétiennes. Bien qu'elles passent leur temps à se complaire en elles-mêmes, elles seront tout aussi surprises que le serviteur de la parabole d'entendre ce verdict : « Ôtez-lui le talent! » À l'instar des Juifs, elles confondent la jouissance de leurs bénédictions avec l'usage qu'elles auraient dû en faire.

Beaucoup excusent leur paresse en alléguant leur incapacité. Mais Dieu les aurait-il vraiment créés inaptes? Certainement pas. Cette incapacité est le produit de leur inaction, cultivée par eux de leur plein gré. Déjà ils sentent dans leur caractère les effets de la sentence : « Ôtez-lui le talent! » Le mépris constant de leurs dons finira par contrister et éloigner d'eux le Saint-Esprit, leur unique lumière. Le verdict : « Le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors », appose le sceau du ciel sur le choix qu'ils auront fait eux-mêmes pour l'éternité.