Les paraboles de Jésus

Chapitre 22

Dire et faire

« Un homme avait deux fils; et, s'adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. S'adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n'alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père? Ils répondirent : Le premier. » (Matthieu 21:28-31)

Dans son sermon sur la montagne, le Christ précise : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:21) Le critère de la sincérité ne réside pas dans les paroles, mais dans les actes. Le Christ ne demande pas, en effet : « Que dites-vous d'extraordinaire? » mais bien : « Que faites-vous d'extraordinaire? » (Voir Matthieu 5:47) Ces paroles sont des plus significatives : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. » (Jean 13:17) Les paroles ne sont rien si elles ne sont pas accompagnées par les actes correspondants. Tel est l'enseignement de la parabole des deux fils.

Elle fut donnée lors de la dernière visite que Jésus fit à Jérusalem avant de mourir. Il venait de chasser du temple vendeurs et changeurs, et sa voix avait parlé au coeur de ces hommes par la puissance de Dieu. Stupéfaits et terrifiés, ils avaient obéi à son ordre sans discussion et sans offrir de résistance.

Mais, revenus de leur saisissement, les prêtres et les anciens retournèrent au temple et trouvèrent le Christ guérissant les malades et les mourants. Ils entendirent des cris de joie et des chants de louange. Dans le temple même, les enfants qui avaient été guéris agitaient des branches de palmier en chantant de joyeux hosannas au Fils de David. Les lèvres des tout jeunes enfants balbutiaient les louanges du puissant Guérisseur. Cependant, tout cela ne suffisait pas pour vaincre les préjugés et la jalousie des prêtres et des anciens.

Le lendemain, tandis que le Christ enseignait dans le temple, ils vinrent à lui, en disant : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité? » (Matthieu 21:23)

Ces hommes avaient eu des preuves irrécusables du pouvoir du Christ. Lors de la purification du temple, ils avaient vu l'autorité céleste qui se dégageait de son visage. Ils n'avaient pas pu résister à la puissance de sa parole et Jésus avait répondu à leur question, une fois de plus, par les guérisons merveilleuses qu'il avait opérées. Il avait donné de son autorité des signes évidents qu'il n'était pas possible de contester. Mais les prêtres et les anciens voulaient autre chose que des preuves. Ils désiraient pousser Jésus à se proclamer lui-même le Messie, afin de tordre ses paroles et de soulever le peuple contre lui. Ils désiraient saper son influence afin de pouvoir le faire mourir.

Jésus savait que s'ils ne reconnaissaient pas Dieu en lui ou s'ils ne trouvaient pas dans ses miracles une confirmation de sa divinité, ils ne recevraient pas non plus son témoignage s'il se présentait ouvertement comme le Christ. Dans sa réponse, il éluda la question sur laquelle ils espéraient pouvoir le perdre, et il la fit tourner à leur propre confusion.

« Je vous adresserai aussi une question, leur dit-il; et, si vous m'y répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le baptême de Jean, d'où venait-il? Du ciel, ou des hommes? » (Matthieu 21:24,25)

Les chefs des prêtres et les anciens du peuple demeurèrent perplexes. « Ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui? Et si nous répondons : Des hommes, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. Alors ils répondirent à Jésus : Nous ne savons. Et il leur dit à son tour : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. » (Matthieu 21:25-27)

« Nous ne savons. » Cette réponse n'était pas véridique. Voyant qu'ils s'étaient mis dans une fâcheuse position, les prêtres s'abritèrent sous un mensonge. Jean-Baptiste était venu rendre témoignage à celui dont ils contestaient l'autorité. Il l'avait désigné en ces termes : « Voici l'agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jean 1:29) C'est lui qui l'avait baptisé; au sortir de l'eau, tandis que Jésus priait son Père, le ciel s'était ouvert et le Saint-Esprit était descendu sur lui sous la forme d'une colombe. Une voix avait fait entendre des cieux ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu 3:17)

Se souvenant de la manière dont Jean avait rappelé les prophéties relatives au Messie et de cette scène du baptême de Jésus, les prêtres et les principaux de la nation n'osèrent pas dire que le baptême de Jean était du ciel. S'ils reconnaissaient dans le Baptiste un prophète, comme ils en étaient pleinement convaincus, comment répudier le témoignage qu'il avait rendu au Fils de Dieu? Et ils ne pouvaient pas dire que le baptême de Jean était des hommes, parce que le peuple croyait que Jean était un prophète. Voilà pourquoi ils répondirent : « Nous ne savons. »

Alors le Christ présenta la parabole du père et de ses deux fils. Quand le père s'adressa au premier : « Va travailler aujourd'hui dans ma vigne », le fils lui répondit aussitôt : « Je ne veux pas. » Il refusa d'obéir, s'engagea sur une voie tortueuse et eut de mauvaises fréquentations. Mais plus tard, il se repentit et fit ce qui lui était commandé.

Le père donna au second le même ordre : « Va travailler aujourd'hui dans ma vigne. » Celui-là lui répondit : « Je veux bien, seigneur », mais il ne s'y rendit pas.

Dans cette parabole, le père représente Dieu; la vigne, l'Église. Les deux fils correspondent à deux classes d'individus. Celui qui refusa d'obéir, en disant : « Je ne veux pas », était une figure de ceux qui vivaient ouvertement dans le péché, ne faisant aucune profession de piété, repoussant les restrictions qui découlent de l'obéissance aux commandements de Dieu. Mais plusieurs d'entre eux, par la suite, répondirent à l'appel divin. Quand l'Évangile leur fut présenté en ces termes par Jean-Baptiste : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 3:2), ils se repentirent et confessèrent leurs fautes.

Le caractère des pharisiens fut révélé dans l'attitude du cadet qui dit : « Je veux bien, seigneur », et qui n'alla pas à la vigne. Comme ce fils, les principaux du peuple étaient impénitents et remplis d'eux-mêmes. La vie religieuse d'Israël n'était plus qu'un vain simulacre. Quand la loi fut proclamée sur la montagne du Sinaï par la voix de Dieu, les Juifs unanimes déclarèrent : « Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit. » (Exode 19:8) Ils répondirent : « Je veux bien, seigneur », mais ils ne le firent pas. Lorsque le Christ vint personnellement pour leur révéler la signification réelle de la loi, ils le rejetèrent. Le Sauveur avait donné aux personnes influentes de son époque des preuves abondantes de son autorité et de sa puissance divine; mais bien que convaincues, elles ne voulurent pas en convenir. Le Christ leur avait montré qu'elles persistaient dans l'incrédulité parce que leurs coeurs n'étaient pas animés par l'esprit qui conduit à l'obéissance. « Vous annulez ainsi la parole de Dieu, leur disait-il, au profit de votre tradition. ... C'est en vain qu'ils m'honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d'hommes. » (Matthieu 15:6,9)

Parmi les auditeurs du Christ, il y avait des scribes et des pharisiens, des prêtres et des magistrats. Après avoir donné la parabole des deux fils, il leur demanda : « Lequel des deux a fait la volonté du père? » Ne se doutant de rien, les pharisiens répondirent : « Le premier. » Ils ne comprenaient pas qu'ils se condamnaient eux-mêmes par ces paroles. Alors le Christ leur fit cette remarque sévère : « Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui. » (Matthieu 21:31,32)

Jean-Baptiste était venu prêcher la vérité, et des pécheurs avaient été convaincus et s'étaient convertis. Ces personnes précéderaient dans le royaume des cieux les propres justes qui résistaient aux plus solennels avertissements. Les publicains et les prostituées étaient ignorants, tandis que ces gens cultivés connaissaient le chemin de la vérité. Cependant, ils refusaient de marcher sur le sentier qui conduit au bonheur éternel. La vérité qui aurait dû être pour eux une odeur de vie qui donne la vie, devint une odeur de mort qui donne la mort. Des pécheurs notoires qui se prenaient en dégoût avaient reçu le baptême des mains de Jean; mais ces maîtres spirituels étaient, pour leur part, des hypocrites. Leur coeur inflexible constituait la barrière qui les empêchait de recevoir la vérité. Ils résistaient à l'influence du Saint-Esprit et refusaient d'obéir aux commandements de Dieu.

Le Christ ne leur dit pas qu'il leur était impossible d'entrer dans le royaume des cieux, mais il leur montra que les obstacles qui s'y opposaient provenaient d'eux-mêmes. La porte restait ouverte pour ces chefs juifs, et l'invitation leur était encore faite. Jésus aspirait à les voir convaincus et convertis.

Les prêtres et les principaux de la nation passaient leur temps en cérémonies qu'ils jugeaient trop saintes pour les mêler à des affaires profanes. C'est pourquoi ils étaient censés consacrer toute leur vie à la religion. Mais ils participaient aux rites pour être vus des hommes et considérés comme pieux et dévots. Tout en donnant l'impression d'obéir à Dieu, ils refusaient de se soumettre à sa volonté. Ils ne pratiquaient pas la vérité qu'ils enseignaient.

Le Christ affirma que Jean-Baptiste était l'un des plus grands prophètes, et il montra à la foule qu'elle avait reçu des lumières suffisantes pour voir en lui un messager divin. Parlant avec puissance, le prédicateur du désert avait courageusement dénoncé les péchés des prêtres et exhorté les notables à accomplir les oeuvres de Dieu. Il leur avait signalé leur indifférence coupable alors qu'ils refusaient de s'acquitter de la mission confiée par leur Père. Jean-Baptiste n'avait consenti à aucun compromis avec le péché, et plusieurs furent ainsi détournés de leur injustice.

Si les conducteurs d'Israël avaient été sincères, ils auraient reçu le témoignage de Jean et accepté Jésus comme le Messie. Mais ils ne produisirent pas dans leur vie les fruits de la repentance et de la justice. Ceux-là même qui étaient les objets de leur mépris les devançaient dans le royaume de Dieu.

Dans la parabole, le fils qui a dit : « Je veux bien, seigneur », s'est donné lui-même des airs de fidélité et d'obéissance; mais le temps a démontré qu'il n'en avait que l'apparence. Il n'aimait pas véritablement son père. Il en allait ainsi des pharisiens : ils se vantaient de leur piété, mais celle-ci se révélait vaine à l'heure du test. Quand cela correspondait à leurs intérêts, ils rendaient les commandements aussi exigeants que possible, mais s'il fallait qu'ils se soumettent eux-mêmes à l'obéissance, ils recouraient aux raisonnements les plus subtils pour éluder les préceptes divins. Le Christ disait à leur sujet : « Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas. » (Matthieu 23:3) Ils n'étaient pas vraiment animés d'amour pour Dieu et le prochain. Le Seigneur les invitait à être ses collaborateurs en vue de travailler au bien de l'humanité; mais tout en donnant l'apparence d'accepter son appel, ils refusaient d'obéir. Ils mettaient leur confiance en eux-mêmes et se glorifiaient de leur bonté; mais ils foulaient aux pieds les commandements de Dieu et ne voulaient pas s'acquitter de la tâche assignée. À cause de leur transgression, le Seigneur était sur le point de retirer ses faveurs à cette nation rebelle.

La propre justice est une contrefaçon de la vraie justice, et tous ceux qui s'y attachent auront à en supporter les conséquences désastreuses. De nombreuses personnes, aujourd'hui, prétendent obéir à la loi divine sans avoir dans leur coeur l'amour de Dieu qui se répand sur le prochain. Le Christ les invite à s'unir à lui dans son oeuvre de salut, mais ils se contentent de répondre : « Je veux bien, Seigneur. » Toutefois, ils ne mettent rien en pratique. Ils ne sont pas les collaborateurs de ceux qui travaillent véritablement pour le Maître. Ils restent oisifs. Semblables au fils infidèle, ils font au Père de fausses promesses. En entrant solennellement dans l'Église, ils ont pris l'engagement de se soumettre à la parole divine et de se consacrer au service, mais ils ne le tiennent pas. En paroles, ils se disent enfants de Dieu, mais ils le renient dans leur vie et leur caractère. Ils ne se soumettent pas à sa volonté. Leur vie est un mensonge.

Ils tiennent leurs promesses quand elles n'exigent aucun sacrifice de leur part, mais dès que le renoncement s'impose et qu'il faut se charger de sa croix, ils se retirent. De cette façon, la conviction du devoir va s'affaiblissant et la violation consciente des commandements de Dieu devient une habitude. L'oreille peut encore entendre la parole divine, mais les perceptions spirituelles ont disparu, le coeur s'est endurci et la conscience s'est flétrie.

N'ayez pas l'illusion d'accomplir le service que le Christ vous demande par le simple fait que vous ne manifestez pas d'hostilité à son égard. C'est ainsi que l'on se séduit soi-même. En retenant ce qui nous a été donné par le Seigneur pour contribuer à l'avancement de son règne, que ce soit notre temps, notre argent, ou quelque autre don, nous travaillons contre lui.

Satan se sert de l'indifférence et de l'indolence des chrétiens de profession pour renforcer les rangs de ses soldats. Beaucoup s'imaginent être avec le Christ, bien qu'ils ne travaillent pas directement pour lui; ils aident en réalité l'adversaire à occuper le terrain et à remporter des avantages. En n'entrant pas résolument au service du Maître, en négligeant des devoirs ou des occasions de rendre témoignage, ils permettent à Satan de prendre de l'ascendant sur des âmes qui auraient pu être gagnées à Jésus-Christ.

Nous ne serons jamais sauvés dans l'indolence et l'inaction. Il n'est pas de personne véritablement convertie qui mène une existence inerte et inutile. Nous ne pouvons pas être traînés au ciel. Aucun paresseux n'y pénétrera. Quiconque ne se fait pas violence et ne s'efforce pas de connaître les lois d'en haut se disqualifie pour le séjour des bienheureux. Ceux qui refusent d'être les collaborateurs de Dieu sur la terre ne le seraient pas davantage au ciel, et il serait imprudent de les y introduire.

Il y a plus d'espoir pour les publicains et les gens de mauvaise vie que pour ceux qui connaissent la parole de Dieu et n'acceptent pas de lui obéir. Celui qui se reconnaît pécheur et n'essaie pas de dissimuler son péché, qui se sait corrompu, corps, âme et esprit, craint de se trouver éternellement banni du royaume des cieux. Il se rend compte de son mal et cherche la guérison auprès du grand Médecin qui a dit : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » (Jean 6:37) C'est celui-là que le Seigneur peut employer comme ouvrier dans sa vigne.

Le fils qui refuse, pendant un certain temps, d'obéir à l'ordre paternel n'est pas condamné par le Christ; mais il ne reçoit pas non plus de compliment. Ceux qui jouent le rôle du premier fils, refusant d'obéir au père, ne méritent aucune louange pour leur attitude. Il ne faut pas considérer leur franchise comme une vertu. Transformée par la vérité et rendue sainte, elle pourrait amener ces personnes à témoigner courageusement pour leur Maître; mais détournée de son objet légitime, cette franchise est une injure, un défi et presque un blasphème. L'absence d'hypocrisie chez un homme n'annule pas pour autant son état de pécheur. Quand les appels de l'Esprit-Saint touchent le coeur, il n'y a de sécurité que dans une réponse immédiate. Lorsque Dieu vous dit : « Va travailler aujourd'hui dans ma vigne », ne refusez pas cette invitation. « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs. » (Hébreux 4:7) Il est imprudent de temporiser au lieu d'obéir. Vous risquez de ne plus jamais entendre un autre appel.

Que personne ne pense que les péchés longtemps caressés peuvent être abandonnés aisément. Tel n'est pas le cas. Chaque péché entretenu affaiblit le caractère et fortifie la mauvaise habitude; on aboutit ainsi à une dépravation physique, mentale et morale. Vous pouvez vous repentir de votre iniquité et suivre résolument la bonne voie, mais votre tournure d'esprit, votre familiarité avec le mal vous rendent peu apte à le distinguer du bien. Par les mauvaises habitudes que vous aurez contractées, Satan vous assaillira sans relâche.

La pierre de touche de votre sincérité se trouve dans ce commandement : « Va travailler aujourd'hui dans ma vigne. » Répondrez-vous par des actes aussi bien que par des paroles? Celui qui a reçu l'appel divin fera-t-il pleinement usage de toute la connaissance qu'il possède, et travaillera-t-il avec fidélité et abnégation pour le Maître de la vigne?

L'apôtre Pierre nous indique comment nous devons agir. « Que la grâce et la paix vous soient multipliées, écrit-il, par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur! Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, -- à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. » (2 Pierre 1:2-7)

Si vous cultivez la vigne de votre âme avec fidélité, Dieu fera de vous son collaborateur. Ainsi, vous travaillerez non seulement pour vous-même, mais aussi pour vos semblables. En comparant l'Église à une vigne, le Christ ne veut pas dire que nos sympathies et nos efforts doivent se limiter à ses seuls membres. Il désire que le vignoble s'étende jusqu'aux extrémités de la terre. À mesure que nous recevons l'instruction et la grâce de Dieu, il nous faut apprendre aux autres la manière de soigner les plantes précieuses que sont ses enfants. Dès lors, nous travaillerons à l'extension de la vigne du Seigneur. Celui-ci attend une démonstration de notre foi, de notre amour et de notre persévérance. Il a les yeux fixés sur nous pour voir si nous profitons de tous les avantages spirituels qu'il met à notre portée afin que nous devenions d'habiles vignerons sur la terre et que nous puissions entrer dans le paradis de Dieu, cette demeure édénique d'où Adam et Ève ont été exclus par leur transgression.

Dieu est un père pour son peuple; à ce titre, il a droit à un fidèle service de notre part. Considérez la vie du Christ. Placé à la tête de l'humanité, accomplissant l'oeuvre de son Père, il est un exemple de ce que chaque fils devrait et pourrait être. Aujourd'hui, Dieu exige de tout être humain l'obéissance même dont le Christ a fait preuve. Il se mit à la disposition de son Père avec amour, volontairement et librement : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu! et ta loi est au fond de mon coeur. » (Psaume 40:9) Aucun sacrifice, aucun labeur ne paraissait trop pénible au Christ tandis qu'il accomplissait l'oeuvre pour laquelle il était venu. À l'âge de douze ans, il disait déjà : « Ne savez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père. » (Luc 2:49) Il avait entendu l'appel et s'était mis à l'ouvrage : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre. » (Jean 4:34), fait-il remarquer.

C'est ainsi que nous devons servir Dieu : par l'action dans une obéissance totale. Tous ceux qui désirent être ses fils et ses filles doivent coopérer avec lui, avec le Christ et avec les anges.

C'est le test auquel chacun sera soumis. Le Seigneur dit de ceux qui s'acquittent fidèlement de leur tâche : « Ils seront à moi, mon trésor particulier, ... au jour que je ferai; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert. » (Malachie 3:17, version Darby)

Le dessein de Dieu est d'éprouver les hommes en leur donnant l'occasion de former leur caractère. Ils doivent montrer s'ils sont fidèles ou non à ses commandements. On n'acquiert pas l'amour du Père par de bonnes oeuvres, mais celles-ci révèlent si nous le possédons. Celui dont la volonté est soumise à celle de Dieu n'accomplira pas d'oeuvres pour mériter son amour. Si nous recevons ce dernier comme un don gratuit, nous obéirons avec joie aux commandements.

Il n'y a aujourd'hui dans le monde que deux catégories de personnes : celles qui transgressent la loi et celles qui l'observent. Il en sera de même au jour du jugement. Voilà la pierre de touche au moyen de laquelle on reconnaît la fidélité ou l'infidélité. « Si vous m'aimez, dit le Christ, gardez mes commandements. ... Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. ... Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. » « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. » (Jean 14:15,21,24; 15:10)