Le Ministère de la Guérison

Chapitre 2

Les jours de ministère

Dans un foyer de pêcheurs de Capernaüm, la belle-mère de Pierre, étendue sur son lit de malade, avait « une violente fièvre », et « on parla d’elle à Jésus ». Le Seigneur « toucha sa main, et la fièvre la quitta ». Elle se leva, et servit Jésus et ses disciples. (Luc 4:38; Marc 1:30; Matthieu 8:15)

La nouvelle se répandit rapidement. Le miracle eut lieu un sabbat, et par peur des rabbins, le peuple n’osa pas venir pour être guéri avant le coucher du soleil. Alors, des maisons, des magasins, des marchés, les habitants de la cité se pressèrent vers l’humble demeure qui abritait Jésus. On amenait les malades couchés sur leurs grabats, appuyés sur leurs béquilles; ou, soutenus par des amis, ils titubaient faiblement en présence du Sauveur.

Heure après heure, ils venaient et repartaient. Car nul ne savait si demain le grand Médecin serait encore parmi eux. Jamais encore Capernaüm n’avait été témoin d’une journée comme celle-ci. L’air était rempli de voix triomphantes et de cris de délivrance.

Jésus ne cessa son œuvre que lorsque le dernier malheureux eut été soulagé. La nuit était bien avancée quand la multitude s’éloigna et que le silence tomba sur la maison de Simon. Une fois terminée la longue journée mouvementée, Jésus chercha du repos. Tandis que la ville était endormie, « pendant qu’il faisait encore très sombre », le Sauveur « se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria ». (Marc 1:35)

Tôt le matin, Pierre et ses compagnons vinrent dire à Jésus que la foule de Capernaüm était à sa recherche. Ils furent surpris par la réponse du Christ. « Il faut aussi que j’annonce aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu; car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » (Luc 4:43)

Dans l’émoi envahissant Capernaüm résidait le danger que l’objet de sa mission soit perdu de vue. Jésus ne pouvait se contenter d’attirer l’attention sur lui-même en tant que thaumaturge ou guérisseur de maux physiques. Il cherchait à attirer les hommes à lui comme à leur Sauveur. Les gens étaient prêts à croire qu’il était venu en roi pour établir un royaume terrestre, mais Jésus désirait tourner leurs esprits du terrestre au spirituel. Un simple succès mondain gênerait son œuvre.

L’admiration d’une foule frivole s’accordait mal à son tempérament. A sa vie ne se mêlait aucun égoïsme. L’hommage que le monde offre à la position, à la richesse ou au talent était étranger au Fils de l’homme. Jésus n’employa aucun moyen utilisé par les hommes pour obtenir l’allégeance ou l’hommage. Des siècles avant sa naissance, il avait été prophétisé à son sujet: « Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, et ne la fera point entendre dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore; il annoncera la justice selon la vérité. » (Ésaïe 42:2, 3)

Les pharisiens recherchaient les honneurs par leur ritualisme scrupuleux, l’ostentation de leur culte et leurs aumônes. Ils prouvaient leur zèle pour la religion en en faisant un thème de discussion. Les disputes entre des sectes opposées étaient longues et violentes. Dans les rues, il n’était pas rare d’entendre monter les voix irritées de sages docteurs de la loi engagés dans de vives controverses.

La vie de Jésus était en contraste marqué avec tout cela. Dans sa vie, pas de disputes bruyantes, pas de culte ostentatoire, aucun geste pour obtenir les applaudissements. Le Christ était caché en Dieu, et Dieu était révélé dans le caractère de son Fils. C’est vers cette révélation que Jésus désirait diriger l’esprit du peuple.

Le Soleil de justice n’éclata pas dans toute sa splendeur sur le monde pour aveugler les sens par son éclat. Au sujet du Christ, il est écrit: « Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore. » (Osée 6:3) La lumière de l’aube vient doucement, paisiblement sur la terre, dissipant les ténèbres et éveillant le monde à la vie. Ainsi se leva le Soleil de justice, ayant « la guérison... sous ses ailes ». (Malachie 4:2)

Voici mon serviteur, que je soutiendrai,
Mon élu, en qui mon âme prend plaisir.
(Ésaïe 42:1)

Tu as été un refuge pour le faible,
Un refuge pour le malheureux dans la détresse,
Un abri contre la tempête,
Un ombrage contre la chaleur.
(Ésaïe 25:4)

Ainsi parle Dieu, l’Éternel,
Qui a créé les cieux et qui les a déployés,
Qui a étendu la terre et ses productions,
Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent,
Et le souffle à ceux qui y marchent.
Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut,
Et je te prendrai par la main,
Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple,
Pour être la lumière des nations,
Pour ouvrir les yeux des aveugles,
Pour faire sortir de prison le captif,
Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.
(Ésaïe 42:5-7)

Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas,
Je les conduirai par des sentiers qu’ils ignorent;
Je changerai devant eux les ténèbres en lumière, Et les endroits tortueux en plaine:
Voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai point.
(Verset 16)

Chantez à l’Éternel un cantique nouveau,
Chantez ses louanges aux extrémités de la terre,
Vous qui voguez sur la mer et vous qui la peuplez,
Iles et habitants des îles!
Que le désert et ses villes élèvent la voix!
Que les villages occupés par Kédar élèvent la voix!
Que les habitants des rochers tressaillent d’allégresse!
Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie!
Qu’on rende gloire à l’Éternel,
Et que dans les îles on publie ses louanges!
(Versets 10-12)

Cieux, réjouissez-vous! car l’Éternel a agi;
Profondeurs de la terre, retentissez d’allégresse!
Montagnes, éclatez en cris de joie!
Vous aussi, forêts, avec tous vos arbres!
Car l’Éternel a racheté Jacob,
Il a manifesté sa gloire en Israël.
(Ésaïe 44:23)
Depuis le donjon d’Hérode, désappointé et perplexe concernant l’œuvre du Sauveur, Jean-Baptiste observait et attendait. Il envoya deux de ses disciples à Jésus avec ce message:

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? » (Matthieu 11:3)

Le Sauveur ne répondit pas immédiatement à la question des disciples. Tandis que ceux-ci attendaient, étonnés par le silence du Maître, les affligés venaient au Christ. La voix du grand Médecin pénétrait dans les oreilles des sourds. Un mot, un attouchement de sa main, ouvrait les yeux aveugles à la lumière du jour, aux paysages de la nature, aux visages de leurs amis et à celui de leur libérateur. Sa voix frappait les oreilles des mourants, et ils se levaient, remplis de santé et de force. Des démoniaques paralysés obéissaient à sa parole, leur folie les quittait, et ils l’adoraient. Les pauvres, paysans et ouvriers, méprisés par les rabbins qui les considéraient comme impurs, se groupaient autour de Jésus. Il leur disait les paroles de la vie éternelle.

Ainsi passa la journée. Les disciples de Jean virent et entendirent tout cela. Finalement, Jésus les appela à lui. Il les renvoya vers Jean pour lui dire ce qu’ils avaient vu et entendu, ajoutant: « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! » (Matthieu 11:6) Les disciples transmirent le message, et cela fut suffisant.

Jean se souvint de la prophétie concernant le Messie: « L’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance; pour publier une année de grâce de l’Éternel..., pour consoler tous les affligés. » (Ésaïe 61:1, 2) Jésus de Nazareth était celui qui avait été promis. Les preuves de sa divinité étaient visibles dans son ministère en faveur d’une humanité souffrante. Sa gloire se manifestait dans sa condescendance pour notre humble condition.

Les œuvres du Christ révèlent non seulement que Jésus est bien le Messie, mais aussi comment son royaume doit être établi. La vérité révélée à Elie dans le désert fut aussi révélée à Jean quand « il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. » (1 Rois 19:11, 12) Jésus ne devait donc pas accomplir son œuvre en renversant trônes et royaumes, ni par de pompeuses manifestations extérieures, mais en parlant aux cœurs des hommes par une vie de miséricorde et de renoncement.

Le royaume de Dieu ne vient pas par des manifestations extérieures. Il vient par la douce inspiration de sa Parole, par le travail intérieur de son Esprit, par la communion de l’âme avec le Christ qui est sa vie. La plus grande manifestation de sa puissance peut se constater quand la nature humaine est amenée à la perfection du caractère du Christ.

Les disciples du Christ doivent être la lumière du monde. Mais Dieu ne leur demande pas de faire un effort pour briller. Il n’approuve aucune tentative imbue de propre justice pour déployer une piété supérieure. Il désire que leur âme soit imprégnée des principes des cieux. Ensuite, quand ils sont en contact avec le monde, ils révèlent la lumière qui est en eux. Leur fidélité inébranlable dans chaque acte de leur vie sera un moyen d’illumination.

Richesse et position en vue, vêtements onéreux, édifices ou ameublement somptueux ne sont pas essentiels à l’avancement de l’œuvre de Dieu; pas plus que les réussites applaudies par les hommes et n’encourageant que la vanité. Les manifestations mondaines, quelque imposantes qu’elles soient, n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu. Plus que le visible et le temporel, il apprécie l’invisible et l’éternel. Les premiers n’ont de valeur que dans la mesure où ils représentent les seconds. Les œuvres d’art les mieux choisies n’ont aucune beauté comparable à celle du caractère, lequel est le fruit de l’œuvre du Saint-Esprit dans l’âme.

Quand Dieu donna son Fils à notre monde, il dota les êtres humains de richesses impérissables. Des richesses auprès desquelles les trésors des hommes, accumulés depuis le début du monde, ne sont que néant. Le Christ est venu sur la terre et s’est tenu au milieu des enfants des hommes chargé de tout l’amour accumulé dans l’éternité. Voilà le trésor, que nous pouvons recevoir par notre communion avec lui, pour le révéler, le donner.

Le dévouement consacré de l’ouvrier — en révélant la puissance de la grâce du Christ pour transformer une vie — sera la mesure de l’efficacité de l’effort humain dans l’œuvre de Dieu. Nous devons être différents du monde parce que Dieu a placé son sceau sur nous, parce qu’il révèle en nous son propre caractère fondé sur l’amour. Notre rédempteur nous couvre de sa justice.

Quand il choisit hommes et femmes pour son service. Dieu ne se demande pas s’ils possèdent les richesses humaines, l’instruction ou l’éloquence. Il se demande: « Ont-ils une humilité telle que je puisse leur enseigner mes voies? Pourrai-je mettre mes paroles sur leurs lèvres? Me représenteront-ils? »

Dieu se sert de n’importe qui dans la mesure où il peut mettre son Esprit dans le temple de leur âme. L’œuvre qu’il accepte est celle qui reflète son image. Les lettres de créance que ses disciples doivent présenter au monde, ce sont les caractéristiques indélébiles des immortels principes divins.

Il prendra les agneaux dans ses bras

Tandis que Jésus œuvrait dans les rues des villes, des mamans portant leurs petits, malades ou mourants, s’efforçaient de traverser la foule pour parvenir à attirer son attention.

Regardez ces mères, pâles, fatiguées, presque désespérées, mais pourtant décidées et persévérantes. Portant leur fardeau de souffrance, elles cherchent le Sauveur. Alors qu’elles sont repoussées par la foule houleuse, le Christ se fraye un chemin vers elles, pas à pas, jusqu’à ce qu’il soit à leurs côtés. L’espoir jaillit dans leur cœur. Quand elles obtiennent son attention et voient dans ses yeux tant de pitié et d’amour, des larmes de joie coulent de leurs yeux.

Distinguant l’une d’entre elles, le Sauveur l’invite à se confier en disant: « Que puis-je faire pour toi? » Elle exprime son grand besoin dans un sanglot: « Maître, que tu guérisses mon enfant. » Le Christ prend le petit des bras de sa mère et la maladie s’enfuit sur-le-champ. La pâleur de la mort n’est plus. Le flot vivifiant coule dans les veines. Les muscles reçoivent de la force. Le Christ prononce des paroles de paix et de réconfort pour la mère. Puis un autre cas, tout aussi urgent, lui est présenté. Une fois de plus, le Christ met à contribution son pouvoir vivifiant. Tous rendent honneur et louanges à celui qui accomplit des faits si merveilleux.

Nous insistons beaucoup sur la grandeur de la vie du Christ. Nous parlons des œuvres merveilleuses qu’il accomplit, des miracles qu’il fit, mais l’attention qu’il portait aux choses considérées comme insignifiantes est une preuve plus importante encore de sa grandeur.

Les Juifs avaient coutume d’amener les enfants auprès d’un rabbin pour qu’il les bénisse en leur imposant les mains. Mais les disciples pensaient que l’œuvre du Sauveur était trop importante pour être interrompue de cette façon. Quand les mères vinrent à Jésus, désireuses de le voir bénir leurs tout-petits, les disciples considérèrent cela d’un mauvais œil. Selon eux, ces enfants étaient trop jeunes pour qu’une rencontre avec Jésus leur soit bénéfique. Jésus n’apprécierait pas la présence de ces enfants, conclurent-ils. Mais le Sauveur comprit le souci de ces mères d’élever leurs enfants selon la volonté de Dieu. Il avait entendu leurs prières. Il les avait lui-même attirées en sa présence.

Une mère avec son enfant avait quitté son domicile pour rencontrer Jésus. En route, elle parla de sa quête à sa voisine. Celle-ci manifesta son désir de voir ses enfants bénis par Jésus. Ainsi, plusieurs mères vinrent ensemble, amenant leurs petits. Certains de ces enfants avaient dépassé l’âge de l’enfance et de l’adolescence. Quand elles firent connaître leur désir, Jésus reçut avec sympathie la demande faite timidement et avec émotion. Mais il attendit pour voir comment les disciples allaient les traiter. Quand il vit que ses amis, croyant lui rendre service, reprenaient ces mères et les renvoyaient, il leur montra leur erreur en disant: « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. » (Marc 10:14) Il prit les enfants dans ses bras, posa ses mains sur eux et leur donna la bénédiction pour laquelle ils étaient venus.

Les mères furent consolées. Elles rentrèrent chez elles réconfortées et bénies par les paroles du Christ. Elles furent encouragées à reprendre leurs fardeaux avec une nouvelle sérénité et à travailler avec espoir pour leurs enfants.

Si les scènes subséquentes de la vie de ce petit groupe pouvaient être révélées, nous verrions les mères rappelant à l’esprit de leurs enfants la scène de ce jour, leur répétant les paroles affectueuses du Sauveur. Nous verrions aussi combien de fois au cours des années le souvenir de ces paroles aida les enfants à rester dans le chemin marqué pour les rachetés du Seigneur.

Le Christ est aujourd’hui encore le même Sauveur rempli de compassion qui marchait autrefois parmi les hommes. Il vient tout aussi sûrement à l’aide des mères maintenant que lorsqu’il prenait les enfants de Judée dans ses bras. Les enfants de nos foyers ont été rachetés par son sang aussi bien que ceux d’antan.

Jésus connaît le fardeau de chaque cœur maternel. Celui dont la mère lutta contre les privations et la pauvreté sympathise avec chaque mère dans ses travaux. Il fit un long voyage pour soulager le cœur anxieux d’une femme cananéenne. Il agira de même pour les mères d’aujourd’hui. Celui qui rendit à la veuve de Naïn son fils unique, et qui dans son agonie sur la croix se souvint de sa propre mère, est touché aujourd’hui par les soucis d’une maman. Il la consolera et l’aidera, dans toutes ses peines et chacun de ses besoins.

Que les mères présentent leurs soucis à Jésus. Elles trouveront la grâce suffisante pour les aider à prendre soin de leurs enfants. Les portes sont ouvertes pour toute mère désireuse de déposer ses fardeaux aux pieds du Sauveur. Il a dit: « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas » (Marc 10:14), et il invite encore les mères à lui présenter leurs petits pour qu’il les bénisse.

Dans les enfants qu’on lui présenta, Jésus voyait les hommes et les femmes pouvant être héritiers de sa grâce et sujets de son royaume. Certains d’entre eux subiraient le martyre en son nom. Il savait que ces enfants l’écouteraient et l’accepteraient comme leur Sauveur bien plus facilement que les gens plus âgés dont beaucoup étaient les sages de ce monde, mais avaient le cœur endurci.

Dans sa prédication, Jésus se mit au niveau de ces jeunes. La Majesté des cieux répondait à leurs questions et simplifiait ses importants enseignements pour être à la portée de leur compréhension enfantine. Il planta dans leur esprit la semence de la vérité qui lèverait et porterait des fruits pour la vie éternelle.

Quand Jésus dit à ses amis de ne pas empêcher les enfants de venir à lui, il parlait à ses disciples de tous les temps — aux dirigeants d’églises, prédicateurs, assistants, et à tous les chrétiens. Jésus attire les enfants. Il nous prie: « Laissez-les venir à moi. » C’est comme s’il disait: « Ils viendront si vous ne les en empêchez point. »

Ne laissez pas votre caractère, si peu à l’image du Christ, donner une fausse image de lui. Que votre froideur et votre dureté n’éloignent pas les enfants de Jésus. Ne leur donnez pas l’impression que le ciel ne sera pas un endroit agréable si vous vous y trouvez.

Ne parlez pas de la religion comme d’un sujet incompréhensible pour les enfants. N’agissez pas comme si l’on n’attendait pas qu’ils acceptent le Christ dans leur enfance. Ne leur donnez pas la fausse impression que la religion du Christ est une religion triste et qu’en venant au Sauveur ils doivent abandonner tout ce qui rend la vie joyeuse.

Le Saint-Esprit agit sur le cœur des enfants. Coopérez avec lui. Dites aux enfants que le Sauveur les appelle, et que rien ne peut lui procurer une plus grande joie que de les voir se donner à lui à l’aurore et dans la fraîcheur de leur vie.

Responsabilité des parents

Le Sauveur éprouve une tendresse infinie pour les âmes qu’il a rachetées par son sang. Elles sont les fruits de son amour. Il veille sur elles avec une attention indicible. Son cœur s’ouvre non seulement pour les plus attirants et les mieux élevés des enfants, mais aussi pour ceux qui par hérédité ou par négligence ont des traits de caractère discutables. Bien des parents ne comprennent pas à quel point ils sont responsables de ces défauts chez leurs enfants. Ils n’ont pas la tendresse et la sagesse voulues pour traiter les égarés, qu’ils ont fait ce qu’ils sont. Mais Jésus regarde ces enfants avec pitié. Il voit la cause et les effets.

L’ouvrier chrétien peut être l’agent du Christ pour ramener ces pauvres égarés et fautifs à leur Sauveur. Par la sagesse et le tact, il peut les lier à son cœur, leur donner courage et espoir, et par la grâce du Christ, il peut voir changer leur caractère jusqu’à ce que l’on puisse dire d’eux: « Le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. »

Cinq petits pains d’orge nourrissent une multitude

Tout le jour, la foule avait suivi Jésus et ses disciples pas à pas tandis qu’il enseignait le long de la mer. Ils avaient écouté ses paroles de grâce, si simples et si claires qu’elles étaient pour leur âme comme le baume de Galaad. Sa main divine avait procuré la guérison et la santé aux malades, et la vie aux mourants. La journée avait été pour eux comme le ciel sur la terre. Ils ne se rendaient pas compte du temps écoulé depuis qu’ils avaient mangé.

Le soleil se couchait à l’ouest, et cependant les gens s’attardaient encore. Les disciples vinrent finalement au Christ, insistant que pour son propre bien la multitude soit renvoyée. Plusieurs venaient de loin et n’avaient pas mangé depuis le matin. Ils pourraient trouver de la nourriture dans les villages voisins. Mais Jésus dit: « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Matthieu 14:16) Puis, se tournant vers Philippe, il demanda: « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger? » (Jean 6:5)

Regardant cette mer de têtes, Philippe se dit qu’il était impossible de fournir de la nourriture pour une telle foule. Il répondit que même 200 deniers [près de 170 FF, 34 US dollars] ne suffiraient pas pour donner un peu de nourriture à chacun.

Jésus demanda quels aliments étaient disponibles parmi la foule. « Il y a ici un jeune garçon, dit André, qui a cinq pains d’orge et deux poissons; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens? » (Verset 9) Jésus demanda qu’on les lui apportât. Il dit aux disciples de faire asseoir les gens sur l’herbe. Quand ce fut fait, il prit les aliments, « et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. » (Matthieu 14:19, 20)

Le Christ nourrit la multitude par un miracle de la puissance divine. Et pourtant combien humble était la nourriture fournie. Seulement des poissons et des pains d’orge, l’alimentation de base des pêcheurs de Galilée.

Le Christ aurait pu convier ses auditeurs à un riche repas, mais des aliments préparés uniquement pour satisfaire l’appétit ne leur auraient rien appris pour leur bien. Par ce miracle, le Christ voulait enseigner une leçon de simplicité. Si les hommes aujourd’hui cultivaient des habitudes de simplicité, vivant en harmonie avec les lois de la nature, comme le faisaient au commencement Adam et Ève, il y aurait largement de quoi suffire aux besoins de la famille humaine. Mais l’égoïsme et l’assouvissement des appétits ont entraîné la misère et le péché, d’un côté par l’excès, de l’autre par le manque.

Jésus ne voulait pas attirer les gens à lui en flattant leur goût du luxe. Ce repas simple fut pour cette grande foule fatiguée et affamée après une longue journée impressionnante, à la fois une assurance de la puissance de Jésus, et de ses tendres soins dans les nécessités communes de la vie. Le Sauveur n’a pas promis aux siens le luxe du monde. Leur lot peut être dans la pauvreté. Mais il a donné sa parole que leurs besoins seraient satisfaits. Il a promis ce qui est meilleur que les biens terrestres, le réconfort de sa présence.

Quand tous eurent mangé, il resta de la nourriture en abondance. Jésus pria ses disciples de ramasser « les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde ». (Jean 6:12) Ces paroles signifient davantage que simplement mettre les restes dans des paniers. Il y a là deux leçons. Rien ne doit se perdre. Nous ne devons laisser glisser entre nos doigts aucun avantage temporel et nous ne devons rien négliger de ce qui servirait au bien d’un être humain. Rassemblez tout ce qui peut soulager les besoins des affamés sur la terre. Le pain du ciel pouvant satisfaire les besoins de l’âme doit être réuni avec le même soin. Nous devons vivre de chaque parole de Dieu. Rien de ce que Dieu a dit ne doit être perdu. Nous ne devons pas négliger une seule des paroles qui concernent notre salut éternel. Pas un mot ne doit tomber à terre, sans but.

Le miracle des pains enseigne la dépendance envers Dieu — quand le Christ nourrit les cinq mille hommes, les aliments n’étaient pas à la portée de sa main. Il n’avait apparemment aucun moyen à sa disposition. Et il était là, dans le désert, avec cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. Il n’avait pas non plus invité la multitude à le suivre. Avides d’être en sa présence, tous étaient venus sans être invités, ni appelés. Cependant, Jésus savait qu’après avoir écouté tout le jour ses instructions, ils étaient affamés et épuisés. Ils étaient loin de chez eux et la nuit tombait. Beaucoup d’entre eux n’avaient même pas d’argent pour acheter de la nourriture. Celui qui, pour eux, avait jeûné pendant quarante jours dans le désert, ne souffrirait pas qu’ils retournent chez eux à jeun.

La Providence divine avait placé Jésus où il se trouvait. Il dépendait de son Père pour recevoir les moyens de soulager les besoins. Lorsque nous sommes dans une situation difficile, nous devons nous fier à Dieu. En toute situation critique, nous devons chercher le secours auprès de celui qui dispose des ressources infinies.

Dans ce miracle, le Christ reçut du Père, transmit aux disciples qui donnèrent au peuple, et la foule se passa le pain de main en main. Ainsi, tous ceux qui sont unis au Christ recevront de lui le pain de vie, et le partageront avec d’autres. Les disciples du Christ sont les moyens de communication prévus entre le Christ et le peuple.

Quand les disciples entendirent l’ordre du Sauveur: « Donnez-leur vous-mêmes à manger », toutes sortes d’objections jaillirent à leur esprit. Ils demandèrent: « Irons-nous acheter des pains? » Mais qu’avait dit Jésus? « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Les disciples apportèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient. Il ne les invita pas à manger. Il leur demanda de servir le peuple. La nourriture se multipliait entre ses mains, et celles des disciples se tendant vers lui étaient sans cesse remplies. Les maigres provisions furent suffisantes pour tous. Quand la multitude eut été nourrie, les disciples mangèrent avec Jésus du précieux pain fourni par le ciel.

Combien de fois nos cœurs se serrent quand nous voyons les besoins des pauvres, des ignorants, des affligés. Nous nous demandons de quelle valeur sont nos faibles forces et nos maigres ressources pour suppléer à ces terribles besoins. Ne devrions-nous pas attendre quelqu’un de plus compétent pour diriger l’œuvre, compter sur l’intervention d’une organisation quelconque? Mais le Christ a dit: « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Servez-vous des moyens, du temps, des capacités dont vous disposez. Apportez à Jésus vos pains d’orge.

Si vos ressources sont insignifiantes pour nourrir des milliers de personnes, elles peuvent suffire pour une seule. Entre les mains du Christ, elles peuvent en nourrir bien davantage. Comme les disciples, donnez ce que vous avez. Le Christ multipliera le don. Il récompensera la simplicité et la bonne foi. Ce qui ne semblait qu’un maigre apport s’avèrera être un riche banquet.

« Celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. » ... Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre, selon qu’il est écrit:

Il a fait des largesses, il a donné aux indigents;
Sa justice subsiste à jamais.
Celui qui fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits de votre justice. Vous serez de la sorte enrichis à tous égards.