Messages choisis - Volume 1

Chapitre 46

Un divin porteur des péchés

Adam tomba par sa désobéissance. La loi de Dieu avait été violée. Le gouvernement divin avait été déshonoré, la justice exigeait le châtiment du coupable.

Pour arracher la race humaine à une mort éternelle, le Fils de Dieu offrit volontairement de subir le châtiment dû à la désobéissance. L'humiliation du Prince du ciel était seule capable d'écarter le déshonneur, de satisfaire la justice, et de rendre à l'homme ce qu'il avait perdu par sa désobéissance. C'était l'unique moyen. Si un ange avait pu venir sur cette terre et fouler le sol sur lequel Adam avait trébuché, cela n'eût pas suffi. Pas une seule tache de péché n'eût été effacée, pas une heure de grâce n'eût été procurée à l'homme.

Le Christ, égal à Dieu, « le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne » (Hébreux 1:3), son humanité cachant sa divinité, est venu sur cette terre souffrir et mourir pour les pécheurs. Le Fils unique de Dieu s'est humilié, il a poussé l'obéissance jusqu'à la mort, la mort de la croix. Frappé en son corps de la malédiction du péché, il a mis le bonheur et l'immortalité à la portée de tous.

Lui que le ciel tout entier honorait, il est venu en ce monde dans la nature humaine comme chef de l'humanité, attestant aux anges révoltés et aux habitants des mondes qui n'ont pas connu la chute, que grâce à l'assistance divine rendue possible chacun peut marcher dans le sentier de l'obéissance aux commandements de Dieu. Le Fils de Dieu est mort pour ceux qui ne méritaient pas son amour. C'est pour nous qu'il a souffert tout ce dont Satan a su l'accabler.

Le sacrifice consenti en notre faveur par le Sauveur est merveilleux, au-delà de ce que l'homme est capable de comprendre; il était préfiguré par tous les sacrifices du passé, par tous les services du sanctuaire typique. Ce sacrifice était demandé. Nos coeurs sont touchés et attendris quand nous pensons que sa souffrance a été rendue nécessaire pour assurer notre bonheur éternel. Il s'est engagé à nous apporter un plein salut en accord avec les exigences de la justice divine, en conformité avec la glorieuse sainteté de la loi de Dieu.

Aucun être moins saint que le Fils unique du Père ne pouvait offrir un sacrifice assez efficace pour purifier même les plus grands pécheurs, les plus dégradés, tous ceux qui acceptent leur Sauveur en guise d'expiation et deviennent obéissants à la loi du ciel. L'homme ne pouvait retrouver la faveur de Dieu à un moindre prix.

De quel droit le Christ peut-il arracher à l'ennemi ses captifs? - Le droit que lui a valu un sacrifice qui a satisfait les principes de justice qui gouvernent le royaume des cieux. Il est venu sur cette terre en tant que Rédempteur d'une race perdue, pour vaincre un vil ennemi et sauver ceux qui l'acceptent comme leur Sauveur: cela en adhérant strictement à ce qui est juste. Sur la croix du Calvaire il a payé le prix du rachat de la race humaine. C'est ainsi qu'il a acquis le droit d'arracher les captifs de l'étreinte du grand séducteur qui, par un mensonge, complota contre le gouvernement de Dieu, causa la chute de l'homme, et perdit ainsi tout droit d'être appelé un fidèle sujet du glorieux et éternel royaume de Dieu.

Le prix de notre rançon a été payé par notre Sauveur. Personne n'est obligé de rester l'esclave de Satan. Le Christ se tient devant nous comme notre assistant tout puissant. « En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Hébreux 2:17, 18.

« Il est venu chez soi; et les siens ne l'ont point reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu; savoir, à ceux qui croient en son nom. ... Et la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité. ... Nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce. » (Jean 1:11-16, version d'Ostervald.)

Ceux qui sont adoptés dans la famille de Dieu sont transformés par son Esprit. Le renoncement et un amour pour Dieu qui surpasse tout autre amour prennent la place de la recherche du moi et d'un suprême égoïsme. Personne n'hérite la sainteté par droit de naissance; l'homme ne saurait imaginer aucune méthode qui fasse de lui un sujet loyal de Dieu. Le Christ a dit: « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15:5. La justice humaine n'est qu'un vêtement sordide. Mais tout est possible avec Dieu. Par la force que donne le Rédempteur un homme faible et faillible devient plus que vainqueur sur le mal qui l'assiège.