La voie consacrée

Chapitre 13

La transgression et l'abomination de la désolation

Tels sont le sacrifice, le sacerdoce et le ministère de Christ dans le sanctuaire et le véritable tabernacle que le Seigneur lui-même érigea, et non un simple homme. Telle est la constatation du livre des Hébreux sur la vérité, le mérite et l’efficacité du sacrifice, du sacerdoce, du sanctuaire et du ministère de Christ.

Mais ce n’est pas seulement dans cette épître que se trouve cette grande vérité. Bien qu’elle ne soit pas aussi clairement démontrée ailleurs que dans ce livre, elle est présente dans tout le Nouveau Testament, aussi certainement que le sanctuaire terrestre et ses services lévitiques étaient présents dans tout l’Ancien Testament, bien qu’elle ne soit pas exposée de façon aussi directe que dans les livres de l’Exode et du Lévitique.

Dans le dernier libre du Nouveau Testament, dès le premier chapitre, on voit « quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme », revêtu du vêtement du souverain sacrificateur. Au milieu du trône, des chérubins et des vieillards, on voyait un agneau « qui était là comme immolé », et aussi un autel d’or et quelqu’un avec un encensoir d’or offrant l’encens qui montait devant Dieu avec les prières des saints. Il y avait aussi les sept lampes ardentes devant le trône. « Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. » Alors, il est dit et promis que « ceux qui ont part à la première résurrection » et sur qui « la seconde mort n’a point de pouvoir ... seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec Lui pendant mille ans. » Et quand le premier ciel et la première terre auront disparu et que leur place ne sera plus trouvée, le nouveau ciel et la nouvelle terre viendront avec la sainte cité descendant du ciel d’auprès de Dieu, le tabernacle de Dieu avec les hommes; et Lui « habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » Alors, et pas avant cela, il est déclaré : « Je ne vis point de temple dans la ville. »

Il est aussi certain qu’il y avait un sacerdoce, un ministère sacerdotal, et un sanctuaire dans cette dispensation, qu’il y en avait un dans l’ancienne; bien qu’il existait un sanctuaire, un sacerdoce et un ministère dans l’ancienne dispensation, ils n’étaient qu’une figure pour ce temps présent, une figure de celui qui est actuellement le véritable, et qui est dans le ciel.

Ce véritable sacerdoce, ce ministère et ce sanctuaire de Christ dans le ciel, apparaissent si clairement dans le Nouveau Testament, que personne ne peut le nier. Cependant, et c’est une chose surprenante, nous y pensons rarement; ils sont méconnus, et même difficilement acceptés par le monde chrétien d’aujourd’hui.

Pourquoi cela et comment en est-on arrivé là? Il y a une raison. Les Écritures l’indiquent, et les faits le démontrent.

Dans le chapitre 7 du livre de Daniel, le prophète contemple la vision des quatre vents des cieux faisant irruption sur la grande mer, et « quatre grands animaux sortirent de la mer, différents l’un de l’autre. Le premier était semblable à un lion et avait des ailes d’aigle »; il symbolisait le royaume de Babylone. Le second « était semblable à un ours, et se tenait sur un côté; il avait trois côtes dans la gueule entre les dents »; il symbolisait le royaume uni des Mèdes et des Perses. Le troisième « était semblable à un léopard, et avait sur le dos quatre ailes comme un oiseau ... et avait quatre têtes ». Il représentait l’empire mondial de Grèce sous Alexandre le Grand. Le quatrième animal était « terrible, épouvantable et extraordinairement fort; il avait de grandes dents de fer, il mangeait, brisait, et il foulait aux pieds ce qui restait; il était différent de tous les animaux précédents, et il avait dix cornes. » Ce quatrième animal symbolisait l’empire mondial de Rome, différent de tous ceux qui le précédèrent, car, à l’origine, il n’était pas un royaume ou une monarchie, mais une république. Les dix cornes symbolisaient dix royaumes implantés à l’ouest du territoire de Rome quand l’empire fut anéanti.

Alors le prophète dit : « Je considérais les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d’elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant cette corne; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche qui parlait avec arrogance. » (Daniel 7:8). Le prophète contemple et considère cette petite corne jusqu’à ce que « les juges s’assirent, et les livres furent ouverts » (Daniel 7:10). Et quand les juges s’assirent et que les livres furent ouverts, il dit : « Je regardai alors, à cause des paroles arrogantes que prononçait la corne; et tandis que je regardais, l’animal fut tué, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé. » (Daniel 7:11).

Observez le changement remarquable dans l’expression de cette dernière affirmation. Le prophète contemple la petite corne depuis son apparition, jusqu’au moment où « les juges s’assirent, et les livres furent ouverts ». Daniel contempla la petite corne à ce moment-là; et surtout « à cause des paroles arrogantes que prononçait la corne ». Et il continua à regarder cette même scène – concernant cette même petite corne jusqu’à la fin, jusqu’à sa destruction. Mais quand celle-ci arriva, l’expression qui décrit sa destruction ne dit pas que la petite corne fut anéantie ou détruite, mais que « l’animal fut tué, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé ».

Ceci démontre que la petite corne est une autre phase du quatrième animal, si terrible et épouvantable, et dont la petite corne est la continuation, dans sa disposition d’esprit et ses desseins, avec seulement une variante. Et comme le quatrième empire mondial, la bête épouvantable et terrible dans sa forme primitive était Rome, ainsi aussi, la petite corne, dans ses actes, n’est que la continuation de Rome : le même esprit et les mêmes oeuvres que Rome.

L’explication donnée sur le thème, dans le même chapitre confirme ce qui a été énoncé. En effet, il est dit de cette petite corne qu’elle était différente des autres, qu’elle « prononcera des paroles contre le Très-Haut, (il) opprimera les saints du Très-Haut, et (il) espérera changer les temps et la loi » (Daniel 7:25). Il est dit également qu’elle fera « la guerre aux saints, et l’emportera sur eux, jusqu’au moment où l’Ancien des Jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume » (Daniel 7:21-22). Tout cela est vrai et décrit la dernière Rome du début à la fin.

Et c’est Rome elle-même qui le confirme. Léon le Grand fut pape de 440 à 461, précisément à la fin du Premier Empire romain, alors sur le déclin. Et ce pape déclara dans un sermon que le Premier Empire romain n’était que la promesse du second; que les gloires du premier seraient reproduites dans la Rome catholique; que Romus et Romulus ne furent que les précurseurs de Pierre et Paul; que les successeurs de Romulus étaient, par conséquent, les précurseurs des successeurs de Pierre; que, comme la première Rome avait gouverné le monde, la deuxième serait aussi à la tête du monde, par l’intermédiaire du siège de Pierre saint et béni. Cette conception de Léon le Grand ne fut jamais perdue de vue par la papauté. Et lorsque, quinze ans plus tard, l’Empire romain avait péri en tant que tel, et que seule la papauté avait survécu à la ruine, prenant fermement la place et le pouvoir de Rome, cette conception de Léon ne fit que s’affirmer et fut soutenue et proclamée plus ouvertement.

Cette conception était aussi délibérément et systématiquement développée. Les Écritures furent assidûment étudiées et ingénieusement perverties afin de soutenir cette idée. Par une interprétation perverse du système lévitique de l’Ancien Testament, l’autorité et l’éternité de la prêtrise romaine furent pratiquement établies.

Et maintenant, au moyen de déductions tendancieuses, « à partir du Nouveau Testament, l’autorité et l’éternité de Rome elle-même étaient soutenues. »

Sous le prétexte qu’elle est la continuation de la Rome originelle, elle applique à elle-même le titre que le Nouveau Testament assigne à l’autorité de la Rome originelle. En conséquence, là où le Nouveau Testament conseille la soumission aux « pouvoirs » en place et l’obéissance aux « gouverneurs », elle s’attribue ces titres, estimant qu’elle seule les détient de Rome à l’origine.

« Tous les textes qui contenaient un impératif à se soumettre aux puissances; tous les passages dans lesquels l’ordre était donné d’obéir aux autorités de la nation, attirant surtout l’attention sur le fait que Christ lui-même sanctionna la domination romaine à pacifier le monde par Auguste, en naissant à une époque où on payait les impôts, comme ceux qu’il paya lui-même à César, et en disant à Pilate : "Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut", tous ces passages furent utilisés. » Bryce. Et comme Christ, reconnut l’autorité de Pilate, qui était le représentant de Rome, qui oserait dédaigner l’autorité du pape, authentique continuation de cette autorité à laquelle le Seigneur du ciel se soumit !

Et ce ne fut que l’aboutissement logique de cette présomption, qui poussa le pape Boniface VIII à se présenter aux yeux de la multitude, revêtu d’une cuirasse, un casque sur la tête et, brandissant une épée, il proclama : « Il n’y a pas d’autre César, ni roi, ni empereur que moi, le souverain pontife et successeur des apôtres ». Et plus tard, il affirma ex cathedra : « Par conséquent, nous précisons et proclamons qu’il est nécessaire, pour être sauvé, de croire que chaque être humain est un sujet du pontife de Rome. »

Ceci prouve suffisamment que la petite corne du 7e chapitre de Daniel est la Rome papale et qu’elle a bien l’intention, par son esprit et son dessein, de suivre les traces du Premier Empire romain.

Dans le chapitre 8 de Daniel, ce sujet est encore repris; premièrement, dans une vision, le prophète voit un bélier avec deux cornes très proéminentes, mais l’une plus que l’autre, qui correspond à l’ours se tenant sur un côté. L’ange dit : « Ce sont les Mèdes et les Perses ». Ensuite, le prophète voit un bouc venant de l’Ouest, parcourant la surface de toute la terre et ne touchant pas le sol. Il avait une grande corne entre les yeux. Il renversa le bélier, cassa ses deux cornes, le jeta par terre et le foula aux pieds et il n’y eut personne qui pouvait délivrer le bélier de sa main. L’ange déclare que « le bouc, c’est le roi de Javan (la Grèce). La grande corne entre ses yeux, c’est le premier roi. » Le bouc devint très grand puis la grande corne fut brisée et quatre cornes importantes s’élevèrent à sa place, en direction des quatre vents des cieux. L’ange expliqua que ce sont « quatre royaumes qui s’élèveront de cette nation, mais n’auront par autant de force (qu’Alexandre). »

À partir de l’une des divisions de l’empire d’Alexandre le Grand, le prophète vit « que de l’une d’elles sortit une petite corne, qui s’agrandit beaucoup vers le midi, vers l’orient et vers le plus beau des pays » (Daniel 8:9). Les références géographiques indiquent que ce pouvoir monte et devient excessivement grand vers l’ouest. L’ange explique qu’à « la fin de leur domination (des quatre divisions de la Grèce), lorsque les pécheurs seront consumés, il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d’incroyables ravages; ils réussira dans ses entreprises; il détruira les puissants et le peuple des saints. À cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le coeur; il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement, et il s’élèvera contre le Chef des chefs (Elle s’éleva jusqu’au chef de l’armée des cieux, (verset 11)); mais il sera brisé, sans l’effort d’aucune main » Daniel (8:23-25).

Ces diverses descriptions montrent bien que la petite corne du 8e chapitre de Daniel représente Rome au moment de son essor, après la destruction de l’empire grec, jusqu’à la fin du monde, quand « il sera brisé sans le secours d’aucune main » par cette pierre détachée de la montagne qui « brisera et anéantira tous ces royaumes » terrestres (Daniel 2:34,35, 44, 45).

Dans le 7e chapitre de Daniel, nous avons vu que la petite corne symbolisait seulement la deuxième phase de Rome; cependant nous pouvons dire qu’elle représente cette puissance dans ses deux phases, Rome du commencement à la fin. Car lorsque le temps arrive où la « petite corne » est détruite, c’est vraiment « la bête » effroyable qui « est tuée, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé ». Ainsi, le thème avec lequel s’achève l’histoire de la petite corne, dans Daniel 7, se poursuit dans Daniel 8, en référence au même pouvoir. Dans Daniel 8, l’expression « petite corne » englobe en réalité la totalité des deux phases de Rome, comme cela est montré par les expressions « abomination du dévastateur » et « le péché dévastateur » appliquées à Rome dans ces deux états successifs (Daniel 9:26,27; Matthieu 24:15; Daniel 11:31; 12:11; 8:11,13); et cela est confirmé par l’enseignement et l’histoire de la deuxième phase de Rome. Tout cela forme une unité, si ce n’est que dans la seconde partie les éléments de la première partie sont intensifiés.

Considérons maintenant, avec plus d’attention, les expressions bibliques de Daniel 8, concernant la puissance de cette petite corne. Dans les versets 11 et 25, il est dit de son pouvoir : « Elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice perpétuel, et renversa le lieu de son sanctuaire. » « À cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le coeur, il fera périr beaucoup d'hommes qui vivaient paisiblement et il s'élèvera contre le chef des chefs; mais il sera brisé, sans l'effort d'aucune main. » Ceci est expliqué dans 2 Thessaloniciens chapitre 2, où l'apôtre Paul, rectifiant des fausses impressions concernant le retour immédiat du Seigneur, dit ceci: « Que personne ne vous séduise d'aucune manière; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses lorsque j'étais encore chez vous? » (versets 3 à 5).

Ce passage décrit clairement le même pouvoir représenté par la petite corne dans Daniel 8. Mais d'autres considérations y sont ajoutées. Il est dit que lorsque l'apôtre était à Thessalonique avec les frères, il leur avait déjà parlé de ces choses qu’il leur écrivait maintenant. Dans Actes 17:1-3, nous trouvons le rapport de Paul concernant sa visite aux Thessaloniciens, comme suit : « Paul et Silas passèrent par Amphipolis et Apollonie et ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue. Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois Sabbats, il discuta avec eux, d'après les Écritures. » C'est alors qu'il leur parla de cette apostasie qui devait arriver et serait la révélation de l'homme de péché, le mystère de l'iniquité, le fils de la perdition, qui s'opposera lui-même à Dieu et s'exaltera au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou qu'on adore, se plaçant lui-même à la place de Dieu et se faisant adorer.

Comme Paul discutait avec les Thessaloniciens selon les Écritures, dans quel livre des Écritures pouvait-il trouver la révélation de ce qu'il disait? Dans Daniel 8. Et il le leur dit, étant avec eux. Effectivement, dans le chapitre 8 de Daniel se retrouvent les expressions employées dans 2 Thessaloniciens: « Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses lorsque j'étais encore chez vous? » Ceci montre que les prédictions de Daniel se réaliseront après les jours des apôtres quand Rome s'élève elle-même « jusqu'au chef de l’armée », contre « le Chef des chefs » et rattache cet événement avec la chute ou l'apostasie que développe la papauté, la deuxième phase de l'Empire romain.

En lisant les versets 11 et 12 de Daniel 8, nous comprendrons mieux que c'est là que Paul trouva ce qu'il enseigna aux Thessaloniciens concernant « l'homme de péché » et le « mystère de l'iniquité » (la petite corne, l’homme de péché). « Elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice perpétuel, et renversa le lieu de son sanctuaire. Et l'armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel, à cause du péché; la corne jeta la vérité par terre, et réussit dans ses entreprises. »

Ceci montre clairement le responsable de l’annulation du sacerdoce, le ministère et le sanctuaire de Dieu et des chrétiens.

Lisons encore: « Elle (la petite corne, l’homme de péché) s'éleva jusqu'au chef de l'armée (le Chef des chefs, Christ) lui enleva le sacrifice perpétuel (le service quotidien, le ministère et le sacerdoce de Christ) et renversa le lieu de son sanctuaire (le sanctuaire du Chef de l’armée, le Chef des chefs). Et l’armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel, à cause du péché; la corne jeta la vérité par terre, et réussit dans ses entreprises. »

C’est à cause du péché ou transgression, que l'armée fut livrée et que la vérité fut jetée par terre et piétinée, pour éloigner de l’Église et du monde, la prêtrise de Christ, le sanctuaire et son ministère dans le ciel. C’est à cause du péché ou transgression que cela arriva. Or, la transgression est le péché. C’est en s’appuyant sur cette révélation ou considération que Paul a défini, dans l'épître aux Thessaloniciens, ce pouvoir comme étant « l'homme de péché, le mystère d'iniquité ».

Dans Daniel 8:11-13; 11:31 et; 12:11, certains traducteurs de la Bible ajoutèrent le mot « sacrifices » (qui ne figure pas dans l’original) avant le terme « continu » ou « quotidien » (ou « perpétuel » dans la Bible Segond, 1979). Le « quotidien » ou « perpétuel », correspondant à l’original en hébreux « tamid », ne se réfère pas au sacrifice quotidien comme on pourrait le croire. Le mot « tamid » signifie en réalité: « continuel », « constant », « stable », « sûr », « permanent ». Ces mots expriment la pensée de l'original qui, dans ce texte, est traduite par « quotidien ». Dans Nombres 28 et 29, ce mot est employé 17 fois en rapport avec le service continu du sanctuaire.

C'est à ce service permanent de Christ, le véritable Souverain Sacrificateur, qui « demeure éternellement », « qui est parfait, pour l’éternité », assumant « un sacerdoce intransmissible », et c’est ce service continu de notre Grand Souverain Sacrificateur que l'homme de péché, la papauté, enleva. C'est le sanctuaire et le vrai tabernacle dans lequel le véritable Souverain Sacrificateur exerce son ministère continu, que « le péché dévastateur » jette à terre. C’est ce ministère et ce sanctuaire que « l'homme de péché » élimina de l'église et du monde, en le renversant et en le foulant aux pieds et y plaça « l’abomination du dévastateur ». Ce que la première Rome a fait physiquement au sanctuaire visible et terrestre, qui était une figure du véritable (Daniel 9:26,27; Matthieu 24:15), la Rome postérieure l'a fait spirituellement au sanctuaire invisible et céleste, qui est le véritable (Daniel 11:31; 12:11; 8:11 ,13).

Nous avons vu précédemment que les évêques, les anciens, les diacres et l'eucharistie devaient se substituer au Souverain Sacrificateur, aux sacrificateurs, aux Lévites et aux sacrifices du système lévitique. Cependant, les Écritures montrent que le dessein de Dieu est que Christ, son ministère et le sanctuaire céleste – véritable objectif du système lévitique – soient la seule et authentique succession chrétienne de ce système lévitique. Ainsi donc, quand Rome prétendit remplacer les souverains sacrificateurs par les évêques, les sacrificateurs par les prêtres, les lévites par les diacres et le sacrifice par la sainte communion, en réalité, en introduisant ce système comme succession chrétienne au lévitique, elle ne fit rien d’autre que d’établir ce faux système d’apostasie à la place du véritable, en l’annulant complètement, pour finalement le jeter au sol et le piétiner.

Et c’est ainsi que cette grande vérité chrétienne de l’authentique sacerdoce, ministère et sanctuaire de Christ, est devenue pratiquement inconnue du monde chrétien d’aujourd’hui. « L’homme de péché » l’a enlevée, l’a jetée par terre et l’a piétinée. Le « mystère d’iniquité » a caché cette grande vérité à l’Église et au monde durant toutes ces années pendant lesquelles l’homme de péché a prétendu être Dieu, et son armée inique l’Église de Dieu.

Cependant, « l'homme de péché » lui-même, le « mystère de l'iniquité » donne le témoignage de la nécessité d'un tel service dans l’église, à cause des péchés. Bien que « l'homme de péché » ou « le mystère de l'iniquité » ait fait disparaître le véritable sacerdoce et ministère du Christ et le service du sanctuaire, en les jetant à terre, et en les cachant totalement aux yeux du monde chrétien, l'idée n’a pas été totalement rejetée. Non. Il ôta le véritable et le jeta à terre, mais il retint l’idée, et établit, dans son propre sein, une structure totalement fausse au lieu de l’authentique.

Christ, le véritable et divin Souverain Sacrificateur désigné par Dieu lui-même dans le ciel, fut substitué par un sacerdoce humain, pécheur et coupable sur la terre. À la place du ministère perpétuel (ou continu) et céleste de Christ dans son vrai sacerdoce, basé sur son vrai sacrifice, on a établi un ministère discontinu et terrestre au moyen d’un sacerdoce coupable et pécheur, dans le sacrifice quotidien de la messe (offerte une fois par jour). Et au lieu du sanctuaire et véritable tabernacle, que le Seigneur a bâti, et non un homme, il a érigé des lieux de réunion de bois et de pierre portant le nom de « sanctuaire ». Ainsi, au lieu d'un Souverain Sacrificateur permanent exerçant un ministère permanent et un sacerdoce céleste continu, selon la volonté de Dieu, seuls véritables, on a mis en place plusieurs grands prêtres, de nombreux ministres, des sacrifices et plusieurs sanctuaires sur la terre, qui dans le meilleur des cas ne sont qu’humains et le comble de la falsification.

Et ces pratiques ne peuvent jamais ôter le péché. Aucun sacerdoce, ministère, service ou sacrifice terrestre ne peuvent jamais enlever le péché. Nous avons vu dans l’épître aux Hébreux que même le ministère, le sacerdoce, le sacrifice et le service du sanctuaire terrestre – que le Seigneur lui-même institua sur la terre – ne pouvaient ôter le péché. Les Écrits inspirés nous disent qu’ils n’avaient jamais enlevé le péché, et qu’ils ne pourraient jamais le faire.

Seuls le sacerdoce et le ministère de Jésus peuvent enlever le péché. C'est un sacerdoce et un ministère célestes qui appartiennent à un sanctuaire céleste. Parce que lorsque Christ était sur la terre, il n'était pas sacrificateur. Et s'il était resté sur la terre jusqu'à cette heure, il ne le serait pas non plus, selon qu'il est écrit: « S'il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur, puisque là sont ceux qui présentent les offrandes selon la loi » (Hébreux 8:4). Ainsi, Dieu a démontré, par un enseignement clair et une abondante illustration, qu’aucun sacerdoce, ministère et sacrifice terrestres ne peuvent ôter le péché.

Si quelqu’un avait pu le faire, ne serait-ce pas alors par les ordonnances données par Dieu sur la terre? Et si celui-ci avait pu vraiment effacer le péché, quelle nécessité y avait-il de transférer le sacerdoce et le ministère, de la terre au ciel? Nous voyons donc, selon la parole claire du Seigneur, que le sacerdoce, le ministère, le sacrifice et le sanctuaire que la papauté a institué, et qui agit sur la terre ne peuvent jamais enlever le péché, mais au contraire le perpétuer. C'est une imposture, une supercherie, la véritable « transgression » et « abomination de la désolation » dans le lieu très saint.

Cette conclusion et constatation de ce qu’est réellement le système papal n'est ni outrée ni forcée, mais confirmée par ces mots du Cardinal Baronius, analyste officiel de la papauté. En se référant au Xe siècle, il écrivit : « Dans ce siècle, on vit l'abomination de la désolation dans le temple du Seigneur; et sur le siège de Saint Pierre, révéré par les anges, furent placés les hommes les plus corrompus, non pas des pontifes, mais des monstres. » Et le concile de Reims, en 991, déclara que la papauté était « l'homme de péché, le mystère de l'iniquité ».