Le Foyer Chrétien

Chapitre 84

Guider les jeunes en matière de loisirs

Le mépris des principes—Les parents chrétiens laissent libre cours au goût de leurs enfants pour le monde. Ils ouvrent la porte à des divertissements qu’en vertu des principes ils avaient précédemment interdits.

Même parmi les parents chrétiens, il y a eu trop de tolérance à l’égard des divertissements. Ils ont accepté les maximes du monde; ils se sont conformés à l’opinion générale selon laquelle il faut que les jeunes années des enfants et des adolescents se passent dans l’oisiveté, les distractions égoïstes et une folle inconscience. En agissant ainsi, ils ont suscité le goût pour les plaisirs grisants; les enfants et les jeunes se complaisent à tel point dans l’excitation qu’ils éprouvent une véritable aversion pour les devoirs sérieux et utiles de la vie. Ils vivent à peu près comme des bêtes. Leurs pensées ne se dirigent pas vers Dieu ni sur les réalités éternelles, mais voltigent çà et là comme des papillons en été. Ils n’agissent pas comme des êtres raisonnables dont la vie peut se mesurer sur celle de Dieu, à qui ils sont redevables de chaque minute de leur existence.

Trouver et organiser des distractions—Au lieu d’éloigner d’elle ses enfants, pour ne pas être gênée par le bruit qu’ils font ou ennuyée par les nombreuses attentions qu’ils réclament, la mère comprendra que son temps ne peut être mieux employé qu’en apaisant et distrayant ces esprits actifs et turbulents par quelques jeux ou de petits travaux agréables. Elle sera amplement récompensée de ses efforts et du temps qu’elle risque de passer à imaginer des distractions pour ses enfants.

Ces derniers aiment la compagnie. En règle générale, ils ne supportent pas de rester seuls. La mère devrait savoir que, dans la plupart des cas, leur place, lorsqu’ils sont à la maison, est dans la pièce où elle se trouve. Elle peut ainsi avoir l’œil sur eux et être à même de régler leurs petits différends, lorsqu’ils font appel à elle; de corriger les mauvaises habitudes ou les manifestations d’égoïsme et de colère, et d’orienter leur esprit dans la bonne direction. Les enfants croient que ce qui leur plaît fait aussi plaisir à leur mère, et il leur paraît tout naturel de la consulter lorsqu’ils ont de petits problèmes. Aussi devrait-elle veiller à ne jamais blesser leur cœur sensible en traitant leurs préoccupations avec indifférence ou en refusant d’être dérangée par de telles vétilles. Ce qui lui paraît insignifiant peut avoir pour eux une grande importance. Et un conseil ou un avertissement, donnés au bon moment, peuvent souvent avoir une grande valeur.

N’interdisez pas les plaisirs inoffensifs—Par manque de temps ou de réflexion, bien des mères refusent à leurs enfants quelque plaisir innocent, tandis que leurs doigts et leurs yeux fatigués poursuivent avec assiduité un travail de broderie qui ne servira, le plus souvent, qu’à faire naître la vanité et le caprice dans ces jeunes cœurs. En approchant de l’âge adulte, ils montreront, par leur orgueil et leur mépris de la morale, quels sont les fruits de telles leçons. Ces mères déplorent les fautes de leurs enfants, sans se rendre compte qu’elles récoltent ce qu’elles ont semé.

D’autres ne sont pas logiques dans leur manière d’élever leurs enfants. Tantôt elles leur permettent des choses mauvaises, tantôt elles leur refusent un plaisir inoffensif qui comblerait de joie leurs jeunes cœurs. En cela elles n’imitent pas le Christ, qui aimait les enfants, les comprenait et sympathisait avec eux dans leurs plaisirs et dans leurs peines.

Comment Madame White éduquait ses enfants—Lorsque les enfants demandent la permission de rejoindre tel ami ou d’assister à telle réception, dites-leur: « Mes enfants, je ne puis vous laisser aller. Asseyez-vous là et je vais vous expliquer pourquoi. Je poursuis une œuvre pour Dieu et pour l’éternité. Le Seigneur vous a confiés à ma garde pour que je prenne soin de vous. En quelque sorte, je le remplace auprès de vous; c’est pourquoi je dois veiller sur vous comme devant rendre des comptes au jour du Seigneur. Voulez-vous que le nom de votre mère soit inscrit dans les livres du ciel comme celui de quelqu’un qui a failli à son devoir envers ses enfants; de quelqu’un qui a permis à l’ennemi d’envahir et d’occuper un territoire dont elle aurait dû garder la maîtrise? Je vais vous indiquer le droit chemin; ensuite, si vous choisissez néanmoins de vous détourner de votre mère et d’emprunter le sentier du mal, ma responsabilité sera dégagée; mais vous aurez à subir les conséquences de vos propres péchés. »

C’est ainsi que j’agissais avec mes enfants, et, avant que j’aie terminé, ils se mettaient à pleurer et me demandaient: « Maman, veux-tu prier pour nous? » Bien sûr, je n’ai jamais refusé de prier pour eux. Je me mettais à genoux et priais avec eux. Ensuite, je m’éloignais pour plaider avec Dieu toute la nuit jusqu’à l’aube, afin que les sortilèges de l’ennemi soient dissipés, et j’obtenais la victoire. Bien que cela m’ait coûté une nuit blanche, je me sentais pleinement récompensée lorsque mes enfants se jetaient à mon cou en me disant: « Oh! maman, nous sommes si contents que tu ne nous aies pas laissés aller quand nous te l’avons demandé. Maintenant nous voyons que cela aurait été mal. »

Parents, c’est de cette façon que vous devez agir, quoi que vous en pensiez. Vous devez prendre cette tâche à cœur si vous désirez sauver vos enfants pour le royaume de Dieu.

Le problème des adolescents difficiles—Dans l’état actuel de la société, il n’est pas facile d’imposer une certaine discipline à ses enfants et de les instruire selon les principes bibliques. Ils refusent souvent toute contrainte, ils aimeraient êtres libres d’aller et venir comme bon leur semble. Surtout entre dix et dix-huit ans, ils sont portés à croire qu’il n’y a aucun risque à se rendre aux surprises-parties de leurs jeunes amis. Mais les parents chrétiens, qui ont de l’expérience, peuvent voir le danger. Ils connaissent bien les dispositions particulières de chacun de leurs enfants et savent quelle influence ces réunions peuvent exercer sur eux; s’ils souhaitent leur salut, ils les tiendront à l’écart de ces plaisirs excitants.

Une vigilance toute particulière est nécessaire après la conversion—Lorsque les enfants décident d’eux-mêmes de quitter les plaisirs du monde et de devenir des disciples du Christ, quel fardeau est enlevé du cœur des parents attentifs et fidèles! Cependant, ils ne doivent pas relâcher leur vigilance. Ces jeunes viennent d’engager courageusement le combat contre le péché et les mauvais penchants du cœur naturel, et ils ont tout particulièrement besoin des conseils et de la protection de leurs parents.

Le secret pour préserver les enfants des attraits du monde—Combien de parents déplorent de ne pouvoir garder leurs enfants à la maison et de voir que ces derniers n’éprouvent aucune attirance pour le foyer! Dès leurs jeunes années, ils désirent être en contact avec des étrangers; et aussitôt qu’ils en ont l’âge, ils se libèrent de ce qui leur paraît être un esclavage et une insupportable contrainte; ils ne tiennent compte ni des prières de leur mère, ni des conseils de leur père. Si l’on cherchait bien, on s’apercevrait que les torts incombent généralement à ces derniers: ils n’ont pas rendu leur foyer tel qu’il aurait dû être—attrayant, agréable, rayonnant de paroles bienveillantes, de regards aimables et d’amour vrai.

Créer à la maison une atmosphère douce et attirante, tel est le secret du salut de vos enfants. Ce n’est pas la faiblesse des parents qui les attachera à Dieu ou au foyer; c’est plutôt par une ferme et sainte influence, en les éduquant et en les instruisant dans la bonne voie que l’on sauvera beaucoup d’enfants de la perdition.

Il est du devoir des parents de surveiller les allées et venues de leurs enfants. Ils devraient les stimuler en leur présentant les avantages susceptibles de les attirer au foyer, et leur montrer ainsi que leurs parents s’intéressent à eux. Le père et la mère devraient faire du foyer un lieu agréable et serein.