Le Foyer Chrétien

Chapitre 83

Le piège des plaisirs

Le cœur naturel recherche le plaisir—L’esprit humain est naturellement porté vers les plaisirs et les satisfactions égoïstes. La politique de Satan est d’en créer le plus grand nombre possible. Il cherche à susciter dans l’esprit des hommes une telle passion pour les divertissements mondains qu’ils n’aient plus le temps de se soucier du sort de leur âme. L’amour des plaisirs est contagieux. Celui qui s’y adonne court çà et là, toujours en quête d’un nouvel amusement.

Les distractions mondaines sont séduisantes, et beaucoup sacrifient l’amitié du ciel, ainsi que la paix, l’amour et la joie qui s’y rattachent à ces plaisirs éphémères. Mais bien vite ces objets de délices n’inspirent plus que dégoût et insatisfaction.

L’engouement pour les lieux de plaisir—En ce moment de l’histoire du monde, on assiste à une recherche du plaisir sans précédent. Partout règnent la débauche et le laisser-aller. Les foules sont avides de divertissements. L’esprit devient futile et frivole parce qu’il n’est pas habitué à la méditation, ni entraîné à l’étude. Le sentimentalisme stupide est monnaie courante. Dieu exige que toute âme soit cultivée, raffinée, élevée et ennoblie. Mais, trop souvent, on néglige d’acquérir de précieuses connaissances pour se livrer aux distractions à la mode et aux plaisirs superficiels.

Les amusements excitants de notre époque maintiennent l’esprit des hommes et des femmes, et plus spécialement celui des jeunes, dans une agitation fébrile qui épuise leurs réserves vitales bien plus vite que ne le font les études et le travail physique; de plus, ils ont tendance à affaiblir leur intelligence et à corrompre leur sens moral.

La jeunesse est emportée par le courant général. Quand on se met à aimer les divertissements pour eux-mêmes, on ouvre la porte à bien des tentations; on se laisse aller à une gaieté futile et à une hilarité inconsidérée; on passe d’une distraction à une autre, si bien que l’on perd jusqu’au désir et à la capacité de vivre utilement. Les aspirations religieuses se refroidissent et la vie spirituelle s’étiole. Les plus nobles facultés de l’âme—tout ce qui rattache l’homme aux choses spirituelles—sont avilies.

Beaucoup de membres d’église parmi les amateurs de plaisir—Beaucoup participent avec empressement aux divertissements profanes et dépravés que la Parole de Dieu interdit. Ils se séparent ainsi de Dieu et se rangent parmi ceux qu’il est convenu d’appeler les bons vivants. Les péchés qui ont amené la destruction des antédiluviens et des villes de la plaine existent encore aujourd’hui—non seulement dans les régions païennes ou parmi ceux qui ont la réputation d’être chrétiens, mais chez certains de ceux qui déclarent attendre le retour du Fils de l’homme. Si Dieu nous faisait voir les péchés tels qu’ils apparaissent à ses yeux, nous en serions remplis de honte et de crainte.

Le goût des sensations fortes et des spectacles agréables est une tentation et un piège pour les enfants de Dieu et spécialement pour les jeunes. Satan invente constamment des séductions destinées à empêcher les gens de se préparer sérieusement en vue des événements tout proches. Par l’intermédiaire des gens du monde, il entretient une excitation incessante qui conduit ceux qui n’y prennent pas garde à participer aux plaisirs mondains. Certains spectacles, certaines rencontres et une foule de distractions sont prévues pour inciter à aimer le monde; et lorsqu’on se lie avec lui, la foi s’affaiblit.

Satan, un charmeur habile—Les jeunes se conduisent généralement comme si les heures précieuses du temps de grâce qui se prolonge étaient une immense fête et comme s’ils ne vivaient ici-bas que pour s’amuser, pour se complaire dans un flot continuel d’émotions. Satan a déployé des efforts particuliers pour les amener à éprouver de la joie dans les divertissements mondains et à se justifier eux-mêmes en essayant de prouver que ces amusements sont sans danger, innocents et même bons pour la santé.

Il [Satan] présente les sentiers de la justice comme pénibles, tandis que ceux des plaisirs profanes seraient couverts de fleurs. Pour attirer la jeunesse, il revêt le monde et ses attraits de couleurs agréables et trompeuses. Mais les plaisirs de la terre arrivent vite à leur terme, et ce qui a été semé doit aussi être moissonné.

Il est dans toute l’acception du terme un imposteur et un charmeur habile. Il dispose de nombreux filets délicatement tissés qui paraissent inoffensifs, mais qui sont tendus avec ruse pour que les jeunes et les imprudents viennent s’y faire prendre.

L’amour des plaisirs porte préjudice à l’éducation—Les parents commettent une erreur lorsqu’ils encouragent leurs enfants à participer, dès leur plus jeune âge, à des réunions mondaines: ils craignent de les voir rester ignorants s’ils ne se rendent pas à des réceptions et ne fréquentent pas les amateurs de plaisirs; même pendant l’année scolaire, ils leur permettent d’assister à des soirées et de se mêler au monde. Mais c’est là une grave erreur. De cette façon, les enfants apprennent à faire le mal bien plus vite qu’ils n’acquièrent leurs connaissances scientifiques; leur esprit est rempli de choses inutiles, et, pendant ce temps, leur passion pour les distractions prend des proportions telles qu’il ne leur est plus possible d’assimiler les tout premiers rudiments du savoir. Leur attention est partagée entre l’instruction et l’amour des plaisirs, et comme ce dernier prédomine, leurs progrès intellectuels sont lents.

Comme l’Israël d’autrefois, ceux qui aiment les plaisirs mangent, boivent et se lèvent pour s’amuser. Ce ne sont que réjouissances, ripailles et folle gaieté. En tout cela, les jeunes suivent l’exemple des auteurs des livres que l’on place entre leurs mains. Ce qui fait le plus de mal, c’est l’effet permanent que ces divertissements exercent sur le caractère.

L’indifférence à l’égard du dernier message de Dieu—Au moment où leur temps de grâce tirait à sa fin, les antédiluviens s’abandonnaient aux divertissements et à de folles réjouissances. De crainte que les populations ne soient impressionnées par l’ultime avertissement, les gens influents s’évertuaient à les retenir dans une ronde de fêtes et de plaisirs. Ne voit-on pas la même chose se répéter de nos jours? Au moment même où les serviteurs de Dieu font entendre le message final, le monde s’absorbe dans la recherche continuelle de distractions qui effacent l’idée de Dieu et empêchent l’homme de réfléchir aux vérités qui seules peuvent le préserver d’une destruction imminente.

Les observateurs du sabbat mis à l’épreuve—Les jeunes observateurs du sabbat qui se sont laissé influencer par le monde devront passer par l’épreuve. Les périls des derniers jours nous menacent, et des tribulations dont la plupart n’ont pas la moindre idée attendent la jeunesse. Celle-ci sera plongée dans une incertitude angoissante, et l’authenticité de sa foi sera remise en question. Elle déclare attendre le Fils de l’homme, et cependant certains ont été de pitoyables exemples pour les incroyants. Ils n’ont pas voulu quitter le monde, mais se sont unis à lui en participant à des pique-niques et autres parties de plaisir, tout en se flattant de ne se livrer qu’à des divertissements inoffensifs. Mais ce sont justement de telles complaisances qui les séparent de Dieu et font d’eux des enfants du monde. ...

Dieu ne considère pas le jouisseur comme étant son disciple. Seuls ceux qui pratiquent le renoncement et qui mènent une vie sobre, humble et pieuse sont les véritables disciples de Jésus. En tant que tels, ils ne peuvent se complaire dans les conversations vaines et frivoles de ceux qui aiment le monde.

La chose essentielle—Que personne ne s’imagine que les distractions soient indispensables et que l’indifférence inconsidérée à l’égard du Saint-Esprit pendant les heures où l’on se livre à des plaisirs égoïstes doive être regardée à la légère.

Dieu ne permet pas qu’on se moque de lui. Que chaque jeune homme, chaque jeune fille se pose ces questions: « Si je devais mourir aujourd’hui, serais-je prêt? Mon cœur est-il préparé à accomplir la tâche que le Seigneur m’a confiée à moi personnellement? »