Le Foyer Chrétien

Chapitre 82

L’attitude du chrétien à l’égard des loisirs

Distractions chrétiennes et amusements mondains—Il faut distinguer entre la récréation et l’amusement. La première, lorsqu’elle est vraiment ce que son nom signifie, c’est-à-dire une re-création, fortifie et élève. En nous distrayant de nos occupations et de nos soucis quotidiens, elle rafraîchit notre esprit et notre corps, et nous permet de nous remettre à l’ouvrage avec une vigueur nouvelle. L’amusement, lui, est recherché pour l’amour du plaisir, et il est souvent poussé à l’excès; il absorbe les énergies nécessaires au travail utile et compromet le succès véritable dans la vie.

Il doit exister un contraste bien marqué entre les assemblées réunissant des disciples du Sauveur désireux de se distraire dans un esprit chrétien et les réunions mondaines qui ont pour principal objet le plaisir. Au lieu de prier et de parler du Christ et de ce qui est sacré, les gens du monde rient stupidement et parlent de futilités. Leur but est de prendre du bon temps. Leurs amusements ne sont que sottise et vanité.

Comme dans tous les autres domaines, il faut beaucoup de modération dans les distractions, et l’on devrait en examiner avec soin la nature. Tous les jeunes devraient se demander: Quelle influence ces divertissements auront-ils sur ma santé physique, mentale et spirituelle? Mon esprit en sera-t-il captivé au point d’oublier Dieu? Ne risquerai-je pas de perdre de vue la gloire divine?

Un critère pour les plaisirs permis—N’oublions jamais que Jésus est source de joie. Il ne se réjouit pas de la misère des hommes, mais il aime les voir heureux.

Les chrétiens ont à leur disposition de nombreuses occasions d’être heureux, et ils peuvent dire sans se tromper quels sont les plaisirs permis et valables. Il leur est possible de jouir de distractions qui ne faussent pas l’esprit et n’avilissent pas l’âme; qui n’entraînent aucune frustration ni ne laissent derrière elles une influence néfaste détruisant le respect de soi-même ou paralysant toute efficacité. Tant qu’ils peuvent rester en communion avec Jésus et conserver un esprit de prière, ils sont en parfaite sécurité.

Tout divertissement auquel vous pouvez prendre part, et pour lequel vous pouvez, en toute conscience, solliciter l’approbation divine, ne présente aucun danger. Mais toute distraction qui vous rend incapable de prier dans le secret, de vous consacrer à l’adoration ou de participer à une réunion de prière, est dangereuse.

Des amusements qui disqualifient pour l’accomplissement des tâches quotidiennes—Nous appartenons à cette catégorie de personnes qui croient que leur privilège est de glorifier Dieu chaque jour de leur vie et qu’elles ne sont pas dans ce monde uniquement pour s’amuser et pour se faire plaisir. Nous sommes ici-bas pour rendre service à l’humanité et exercer une influence bienfaisante sur la société; si nous permettons à notre esprit de s’aventurer sur le même terrain que celui des gens qui n’aspirent qu’à s’étourdir dans la vanité et les plaisirs, de quelle utilité serons-nous pour nos contemporains? Quelle bénédiction pourrons-nous apporter à ceux qui nous entourent? Nous ne saurions impunément nous complaire dans des amusements qui nous disqualifieront pour l’accomplissement fidèle de nos devoirs quotidiens.

Le bien-être de notre âme ne devrait jamais être compromis par l’assouvissement de nos désirs égoïstes, et nous devrions éviter les divertissements qui fascinent tellement l’esprit que les tâches quotidiennes paraissent insipides et dépourvues d’intérêt. En s’adonnant à de tels plaisirs, on s’engage sur une mauvaise voie, et Satan fausse à ce point les idées que l’on finit par ne plus pouvoir distinguer le bien du mal. Dans ces conditions, le respect et la soumission à l’égard des parents, tels que le Christ les a manifestés, semblent insupportables.

Réunions condamnables—Beaucoup de choses sont bonnes en elles-mêmes, mais, perverties par Satan, elles deviennent un piège pour ceux qui n’y prennent pas garde.

Comme elles sont conduites ordinairement, les parties de plaisir ... sont aussi une entrave aux progrès véritables de l’esprit et du caractère. Elles créent l’habitude de gaspiller son argent, de rechercher le plaisir et les compagnies frivoles, et trop souvent celle de la dissipation qui donne à la vie entière une mauvaise direction. Les parents et les maîtres peuvent faire beaucoup pour suppléer à de tels amusements par des divertissements sains et vivifiants.

Certaines réunions tenues à—... ont donné lieu à des parties de plaisir qui ont jeté le discrédit sur nos institutions et sur l’Église. Elles encouragent la coquetterie, la vanité, l’amour de soi, la frivolité et la folle gaieté. Satan y est reçu en invité d’honneur et il accapare l’esprit de ceux qui organisent de telles réunions.

Une réception de ce genre m’a été montrée; elle réunissait des personnes qui prétendent croire en la vérité. Quelqu’un était assis devant l’instrument de musique et les airs que l’on chantait accablaient de tristesse les anges gardiens. Il y avait de la gaieté, des rires vulgaires, beaucoup d’entrain et une certaine griserie; mais cette joie était de celles qui ne peuvent être inspirées que par Satan. Une telle euphorie, une telle frénésie devraient susciter l’indignation de tous ceux qui aiment Dieu. Cette ambiance favorise, parmi les participants, des pensées et des comportements sacrilèges. J’ai des raisons de croire que certains de ceux qui prirent part à cette fête se sont profondément repentis de leur conduite indigne.

Plusieurs réunions de ce genre m’ont été montrées. J’y ai vu la folle gaieté, le luxe des toilettes et l’amour de soi qui s’y manifestent. Tout le monde veut éblouir: ce ne sont qu’hilarité, gesticulations, flatteries vulgaires et faciles et gros éclats de rire. Les yeux pétillent, les joues sont en feu et les consciences endormies. On y fait de son mieux pour oublier Dieu en mangeant, en buvant et en échangeant des plaisanteries. C’est dans un tel cadre que l’on trouve son paradis. Le ciel observe: il voit et entend tout.

Les réunions de plaisir ébranlent la foi et jettent la confusion et le doute dans les cœurs. Le Seigneur n’accepte pas un cœur partagé. Il veut l’homme dans sa totalité.

Très peu d’amusements populaires sont inoffensifs—Bien des divertissements actuellement à la mode, même parmi ceux qui se disent chrétiens, ressemblent à ceux des païens. En effet, rares sont les plaisirs que Satan ne fait pas concourir à la destruction des âmes. Depuis des siècles, il emploie le théâtre pour enflammer les passions et glorifier le vice. Il se sert des spectacles grandioses et de la musique ensorcelante de l’opéra, il recourt au carnaval, à la danse et aux jeux de cartes pour faire tomber les barrières morales et pour ouvrir les portes à la sensualité. Dans tous les amusements où l’orgueil et la bonne chère sont encouragés, où l’on oublie Dieu et les choses éternelles, on voit Satan à l’œuvre, forgeant des chaînes pour asservir les âmes.

Le chrétien véritable refusera de pénétrer dans tout lieu de plaisir et de participer à tout divertissement sur lesquels il ne puisse demander la bénédiction de Dieu. On ne le verra ni au théâtre ni dans une salle de billard ou au bowling. Il ne saurait se joindre aux joyeux danseurs ni se complaire dans aucun autre plaisir si fascinant qu’il risque de bannir le Christ de son esprit.

À ceux qui plaident en faveur de tels divertissements, nous répondons: Au nom de Jésus de Nazareth, nous ne pouvons en toute conscience nous y livrer. La bénédiction de Dieu ne saurait être invoquée sur le temps passé au théâtre ou au bal. Aucun chrétien ne souhaiterait mourir dans un tel endroit et pas un ne voudrait s’y trouver au moment où Jésus reviendra.

Le théâtre, foyer d’immoralité—Parmi les sources de plaisir les plus dangereuses se trouve le théâtre. Au lieu d’être une école de moralité et de vertu, comme on le prétend si souvent, il est le foyer même de l’immoralité. Les spectacles qu’on y donne renforcent les habitudes vicieuses et la tendance au péché. Des chansons vulgaires, des gestes, des expressions, des attitudes obscènes dépravent l’imagination et détruisent la moralité. Tous les jeunes qui ont l’habitude d’assister à de telles exhibitions auront des mœurs corrompues. Il n’y a pas d’influence plus puissante pour empoisonner l’imagination, détruire les aspirations religieuses et émousser le goût des plaisirs tranquilles et des sobres réalités de la vie, que celle des représentations théâtrales. Le désir de voir ces scènes augmente chaque fois qu’on le satisfait, comme le désir de boissons enivrantes s’accroît à mesure qu’on en fait usage. La seule sauvegarde consiste à fuir le théâtre, le cirque et tous les autres lieux où l’on s’amuse d’une façon douteuse.

La danse, une école de dépravation—Dans beaucoup de familles chrétiennes, la danse et le jeu de cartes sont des passe-temps de salon. On prétend que ce sont d’innocentes distractions familiales, dont on peut jouir en toute sécurité sous les yeux des parents. Mais, de cette manière, on cultive un attrait pour ces plaisirs excitants, et ce que l’on considère comme inoffensif à la maison ne tardera pas à devenir dangereux au dehors. Il faut savoir que de tels amusements ne peuvent apporter aucun bien. Ils ne donnent ni vigueur au corps ni repos à l’esprit. Ils ne suscitent aucun sentiment saint ou vertueux. Au contraire, ils détruisent toute attirance pour la réflexion sérieuse et les services religieux. Certes, il existe une grande différence entre des réceptions dans la bonne société et la promiscuité qui règne dans les salles de bal populaire. Toutefois, les unes comme les autres représentent des étapes sur le sentier de la débauche.

La danse de David n’est pas une référence—On a cité cet exemple pour justifier la coutume moderne, si populaire, de la danse, mais ce n’est pas un argument valable. L’acte du roi David n’a pas le moindre rapport avec les danses nocturnes et sensuelles de notre époque, divertissement où l’on sacrifie au plaisir sa santé et sa moralité. Les habitués du bal et des salles de danse ne songent pas à adorer Dieu. La prière et les cantiques y seraient déplacés. Ce fait à lui seul prouve le contraste entre ces deux genres de danses. Les chrétiens ne peuvent participer à des amusements qui ont pour tendance de diminuer leur amour des choses saintes et leur joie dans le service de Dieu. La musique et les danses offertes à Dieu en tribut de louanges à l’occasion du transfert de l’arche, n’avaient aucune ressemblance avec la dissipation qui caractérise la danse moderne. D’un côté, on s’attachait à glorifier Dieu; de l’autre, on adopte une invention de Satan ayant pour but de porter les hommes à oublier le Seigneur et à le déshonorer.

Le jeu de cartes, un prélude à la délinquance—Les jeux de cartes devraient être défendus. La société qu’on y rencontre et les tendances qui s’y manifestent sont dangereuses. Le prince de la puissance des ténèbres occupe le siège principal dans les salles de jeux et partout où l’on joue aux cartes. Les mauvais anges sont des hôtes familiers de ces lieux. Il n’y a rien dans ces amusements qui soit profitable à l’âme ou au corps, rien qui fortifie l’intelligence, rien qui fournisse des pensées précieuses dont on pourra se servir plus tard. La conversation ne roule que sur des sujets vulgaires et dégradants. ... L’habileté dans le maniement des cartes conduira bientôt au désir d’employer cette connaissance pour un profit personnel; on mise d’abord une petite somme, puis une plus importante jusqu’à ce qu’on en arrive au vice du jeu qui mène à la ruine. Combien ont été conduits par ce pernicieux passe-temps à des pratiques coupables, à la pauvreté, à la prison, au meurtre et à l’échafaud! Et, malgré cela, un grand nombre de parents n’aperçoivent pas le précipice qui menace notre jeunesse.

La crainte de se distinguer des autres—Le tentateur se sert, comme appât, de prétendus chrétiens dont le caractère et l’expérience religieuse sont superficiels. Ceux-là sont toujours prêts à participer à une réunion mondaine ou sportive, et ils y entraînent les autres par leur influence. Des jeunes gens et des jeunes filles qui ont essayé d’être des chrétiens selon la Bible se laissent convaincre d’y prendre part, et ils sont ainsi attirés dans le groupe. Ils ne consultent pas les principes divins avec un esprit de prière pour savoir ce que le Christ a dit sur les fruits que doit produire le chrétien. Ils ne voient pas que ces réjouissances sont en fait le banquet de Satan, préparé pour empêcher les âmes d’accepter l’invitation au festin des noces de l’Agneau et de recevoir la robe immaculée du caractère, c’est-à-dire la justice du Christ. Ils finissent par ne plus savoir très bien quelle ligne de conduite un chrétien doit adopter. Ils ne veulent pas se singulariser, et inclinent tout naturellement à suivre l’exemple des autres. Ils se mettent ainsi sous l’influence de ceux dont le cœur et l’esprit n’ont jamais été touchés par la grâce divine.

Évitez de faire un premier pas vers le laisser-aller—Vous pouvez ne pas voir un véritable danger dans le premier pas vers la légèreté et la recherche du plaisir, et penser que lorsque vous désirerez changer de route, il vous sera aussi facile de faire le bien qu’avant de vous être engagé sur la voie du mal. Mais c’est une erreur. En choisissant de mauvaises compagnies, beaucoup ont été conduits peu à peu du sentier de la vertu à celui de la désobéissance et de la débauche; et pourtant, ils avaient bien cru autrefois qu’il leur serait impossible d’y glisser.

Prendre nettement position en faveur des principes chrétiens—Si vous appartenez réellement au Christ, vous aurez des occasions de lui rendre témoignage. Lorsqu’on vous invitera à prendre part à quelque divertissement, vous aurez alors la possibilité de parler de votre Seigneur. Si vous êtes loyal envers le Christ, vous ne chercherez pas à invoquer des excuses pour ne pas venir; vous déclarerez franchement et en toute modestie que vous êtes un enfant de Dieu et que vos principes ne vous permettent pas de fréquenter, ne serait-ce qu’une fois, des endroits où vous ne pourriez implorer la présence de votre Seigneur.

Dieu s’est donné pour but de faire connaître les principes de son royaume par l’intermédiaire de ses enfants. Afin que ceux-ci puissent les manifester dans leur vie et dans leur caractère, il désire les tenir à l’écart des us et coutumes du monde. ...

Des scènes étonnantes se déroulent devant nous. Aujourd’hui, un témoignage vivant doit être rendu par la vie du peuple de Dieu, afin que le monde puisse voir qu’en ce temps où le mal règne partout, il y a encore des gens qui renoncent à leur propre volonté pour rechercher celle de Dieu—des gens dont le cœur et la vie portent l’empreinte de la loi divine.

Dieu attend de ceux qui portent le nom du Christ qu’ils soient ses ambassadeurs. Leurs pensées doivent être pures, leurs paroles nobles et élevées. La religion du Christ doit être intimement mêlée à tout ce qu’ils font et disent. ... Dieu désire qu’ils démontrent dans leur existence la supériorité de la vie chrétienne sur la vie du monde, et qu’ils prouvent qu’ils sont animés par un idéal sublime et saint.