Le Foyer Chrétien

Chapitre 80

Quels jeux choisir?

Remplacer les jeux scabreux par des jeux sains—On ne peut demander aux jeunes d’être aussi graves et réfléchis que les personnes d’âge mûr, à l’enfant d’être aussi sérieux que son grand-père. Tout en condamnant comme il se doit les divertissements dangereux, que les parents, les maîtres et les éducateurs assurent aux enfants de saines distractions, qui n’altéreront ni ne corrompront en rien leur moralité. N’imposez pas aux jeunes des règles trop rigides et des restrictions qui leur donnent l’impression d’être opprimés et l’envie de tout briser, au point de perdre la tête et de se précipiter dans les sentiers de la destruction. Sachez tenir les rênes avec fermeté, mais avec bonté et modération; guidez et orientez leurs idées et leurs projets avec tant de gentillesse, de sagesse et d’amour qu’ils comprendront que vous n’avez en vue que leur plus grand bien.

Il y a des distractions telles que la danse, les jeux de cartes, les échecs, les dames, etc., que nous ne pouvons approuver parce que le ciel les condamne. Ces amusements ouvrent la porte au mal. Vu le caractère apparemment inoffensif des distractions mentionnées ici, on pourrait s’étonner de cette mise en garde. Mais lorsqu’elle est replacée dans son contexte, une telle déclaration est tout à fait cohérente: « Imposer à nos esprits un effort constant et excessif, même sur des sujets religieux, n’est utile, ni pour notre salut, ni pour la gloire de Dieu. Il y a des distractions telles que la danse, les jeux de cartes, les échecs, les dames, etc., que nous ne pouvons approuver... ».

Ailleurs, dans le même volume des Témoignages, Ellen White déconseille la pratique de ces jeux et en indique à nouveau le motif : « L’exercice mental inhérent aux jeux de cartes, d’échecs et de dames excite et fatique le cerveau et retarde la guérison, tandis qu’un petit travail physique agréable occupe le temps, favorise la circulation, repose et guérit le cerveau, et s’avère tout à fait bénéfique à la santé. » Testimonies for the Church 1:555. C’est nous qui soulignons.

Dans le premier cas, il s’agit de personnes surmenées; dans le second, de malades qui étaient en traitement dans le Health Institute de Battle Creek.

Les jeux en question ne sont donc pas condamnés en eux-mêmes; ils sont à écarter dans la mesure où, loin d’être un délassement, ils sont une source de fatique pour l’esprit. Relevons au passage que même la réflexion intensive et continue sur les sujets religieux est à éviter. Faut-il en conclure que l’étude approfondie de la Parole de Dieu est à proscrire? Telle n’est assurément pas la pensée d’Ellen White.

Il est parfaitement normal que le croyant—qui ne s’appartient pas à lui-même—veille à préserver ses facultés physiques, mentales et spirituelles: « Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » 1 Corinthiens 6:20. Mais, en matière de divertissements comme en tous autres domaines, l’homme tend à verser dans la démesure. D’où l’avertissement contenu dans notre passage qui est dans le droit fil de l’exhortation de l’apôtre.—N.D.L.R.. Ils n’exercent pas une bonne influence et ont un effet excitant qui entraîne, chez certaines personnes, une passion pour les jeux pouvant conduire à la dissipation. Tous les chrétiens devraient proscrire ces plaisirs et leur substituer quelque chose de parfaitement inoffensif.

Si nous empêchons nos enfants de se livrer aux plaisirs profanes qui risquent de les corrompre et de les égarer, nous devons leur proposer de saines distractions, qui leur feront vivre des moments agréables sans les exposer aux dangers. Il n’est nullement nécessaire que les enfants de Dieu soient voués à une existence triste et décevante. Les commandements du Seigneur et ses promesses en font foi. Les voies de la sagesse « sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paisibles. » Proverbes 3:17.

Si nous rejetons tout ce qui est artificiel, comme les courses de chevaux, les jeux de cartes et de hasard, les matchs de boxe, l’usage de l’alcool et du tabac, nous devons nécessairement les remplacer par des plaisirs sains, nobles et édifiants.

Utilité des gymnases—Dans bien des écoles, la gymnastique joue un rôle utile, mais si elle n’est pas soigneusement dirigée, elle peut conduire aux excès. Pour avoir voulu faire des prouesses, maints jeunes gens ont compromis à jamais leur santé.

Même s’il est bien organisé, l’exercice dans une salle de gymnastique ne peut remplacer la récréation en plein air. Nos écoles doivent offrir de plus grandes facilités sous ce rapport.

Les jeux de ballon—Je ne condamne pas le simple exercice qui consiste à jouer au ballon; mais si simple soit-il, on risque d’en abuser.

Je me méfie toujours du résultat presque inévitable de ces jeux. Ils exigent l’utilisation de fonds qui pourraient être employés à porter la lumière de la vérité aux âmes qui périssent loin du Christ. Les distractions que l’on s’offre et l’argent que l’on gaspille pour satisfaire son propre plaisir conduisent peu à peu à la vanité, et l’habitude de s’y livrer crée un amour et une passion pour ces choses qui ne sont pas propices au perfectionnement d’un caractère chrétien.

La façon dont de tels jeux ont été pratiqués au collège ne porte pas l’empreinte du ciel; elle ne fortifie pas l’intelligence. Le caractère ne s’en trouve ni affiné, ni purifié. Il y a là tout un réseau d’habitudes, de coutumes et de pratiques du monde qui absorbe les joueurs et les passionne à un point tel qu’ils sont considérés dans le ciel comme aimant le plaisir plus que Dieu. Au lieu d’aider les étudiants à développer leurs facultés intellectuelles et de leur permettre ainsi de mieux travailler et de se qualifier davantage pour accomplir leurs devoirs de chrétiens, ces jeux remplissent leur cerveau de pensées qui les distraient de leurs études. ...

Au cours de ces jeux, l’esprit est-il orienté vers la seule gloire de Dieu? Je sais bien qu’il n’en est rien. On y perd de vue les voies et les desseins de Dieu. En ce temps de grâce, l’intelligence de l’homme se détourne de la volonté divine pour lui substituer les spéculations et les inventions créées par des agents humains à qui Satan inspire ses pensées. Le Seigneur du ciel s’indigne de constater avec quelle frénésie on se bat pour gagner à tout prix la première place dans ces jeux si excitants.

Les sports athlétiques—Les élèves ont besoin d’exercices vigoureux. Rien n’est plus à redouter que l’indolence et l’irrésolution. Cependant, l’esprit dans lequel se pratique la plupart des sports de compétition ne laisse pas de préoccuper tous ceux qui ont à cœur le bien de la jeunesse. Les maîtres sont inquiets lorsqu’ils considèrent l’influence de ces jeux tant sur les progrès scolaires de leurs élèves que sur leur réussite dans la vie post-scolaire. Ils prennent une si grande partie du temps qu’ils détournent l’esprit de l’étude; ils n’aident pas à préparer la jeunesse à un travail pratique et consciencieux. Leur influence ne contribue pas au raffinement du caractère, à la générosité ou à la virilité réelle.

Quelques-uns des sports les plus populaires, comme le foot-ball et la boxe, sont devenus des écoles de brutalité. Ils développent les mêmes caractéristiques que les jeux de la Rome antique. Le désir de dominer, l’exaltation de la force bestiale, le mépris inconsidéré de la vie exercent sur la jeunesse une influence malsaine redoutable.

D’autres jeux de stade, quoique moins brutaux, sont presque aussi nuisibles à cause des excès avec lesquels on s’y livre. Ils stimulent l’amour des plaisirs et de l’excitation, entretiennent la répugnance pour le travail utile, la tendance à fuir les devoirs et les responsabilités de la vie pratique. Ils contribuent à détruire le goût pour les choses simples de l’existence et les joies tranquilles. Ils ouvrent ainsi la voie à la dissipation, à l’anarchie et à leurs terribles conséquences.

Quand la vie était moins compliquée—Autrefois, pour ceux qui se plaçaient sous la direction divine, la vie était simple. Ils vivaient tout près de la nature. Leurs enfants partageaient les travaux des parents et étudiaient les beautés et les mystères de la création. Dans la quiétude des champs et des bois, ils méditaient les vérités grandioses qui se transmettaient comme un dépôt sacré de génération en génération. Une telle éducation faisait des hommes forts.

À notre époque, la vie est devenue artificielle, et les hommes ont dégénéré. Bien que nous ne puissions pas revenir tout à fait aux habitudes simples des temps passés, nous pouvons en tirer des leçons qui feront de nos récréations ce qu’elles signifient en réalité: des moments de véritable régénération pour le corps, l’esprit et l’âme.

Promenades familiales—Que quelques familles demeurant en ville ou dans un village se réunissent et laissent de côté les occupations qui les ont fatiguées physiquement et mentalement pour faire une promenade à la campagne, au bord d’un beau lac ou dans un joli bosquet, là où le spectacle de la nature est magnifique. Qu’elles emportent des aliments sains et nourrissants, des fruits et des céréales de qualité, et qu’elles dressent la table à l’ombre d’un arbre ou sous le ciel bleu. La marche, l’exercice et le grand air auront excité l’appétit de tous, et ils feront là un repas que bien des rois pourraient leur envier.

En de telles occasions, les parents et les enfants devraient se sentir délivrés de toute anxiété, de toute peine et de tout souci. Chacun devrait redevenir enfant avec ses enfants, leur rendant tous les instants aussi agréables que possible. Que la journée entière soit consacrée à la détente. L’exercice en plein air sera excellent pour la santé de ceux que leur emploi oblige à la sédentarité. Tous ceux qui le peuvent devraient se faire un devoir d’agir ainsi. Ils n’ont rien à y perdre, mais tout à y gagner. Après quoi ils pourront retourner à leurs occupations avec une vitalité accrue, un courage nouveau et reprendre leur travail avec entrain, et, de plus, ils seront mieux préparés à résister à la maladie.

Sachez apprécier les charmes de la nature—Ne pensez pas que Dieu veuille nous voir renoncer à tout ce qui peut nous rendre heureux ici-bas. Tout ce qu’il nous demande, c’est d’abandonner ce qui s’oppose à notre bien et à notre bonheur.

Ce Dieu, qui a planté les arbres majestueux et les a revêtus d’un feuillage abondant, qui nous a donné les fleurs aux couleurs brillantes et chatoyantes, et dont nous voyons la main et l’amour à l’œuvre dans tous les domaines de la nature, n’a pas l’intention de nous rendre malheureux; il ne désire pas nous empêcher d’aimer ces choses et d’y prendre plaisir. Il veut au contraire que nous en jouissions. Son but est que nous soyons heureux au milieu des beautés de la nature, car il en est le Créateur.

Rencontres amicales—Les réunions amicales sont extrêmement profitables et instructives lorsque ceux qui se rencontrent ont l’amour de Dieu dans leur cœur, lorsqu’ils se réunissent pour échanger des idées concernant la Parole de Dieu ou pour étudier les méthodes destinées à l’avancement de son œuvre et au bien de leurs semblables. Quand le Saint-Esprit est considéré comme l’hôte bienvenu à ces réunions, que rien n’y est dit ou fait qui puisse lui déplaire, Dieu est honoré, et ceux qui y participent en sortent vivifiés et fortifiés.

L’esprit qui préside à ces rencontres et notre propre comportement devraient être tels que nous puissions rentrer chez nous la conscience nette de toute offense envers Dieu et envers les hommes, avec le sentiment que nous n’avons blessé ni froissé d’aucune manière ceux avec lesquels nous avons été en contact, et que nous n’avons pas exercé une mauvaise influence sur eux.

Jésus trouvait son plaisir dans des scènes de bonheur innocent—Jésus condamnait l’égoïsme sous toutes ses formes; cependant il était très sociable. Il acceptait l’hospitalité de toutes les classes, entrant dans les demeures des riches et des pauvres, des savants et des ignorants, cherchant à détacher leurs pensées des choses vulgaires pour les fixer sur ce qui est spirituel et éternel. Il n’encourageait en aucune façon la dissipation, et sa conduite ne fut entachée d’aucune ombre de légèreté mondaine; il trouvait son plaisir dans des scènes de bonheur innocent, et il sanctifiait, par sa présence, les réunions sociales. Un mariage juif était un fait important, et les joies qu’il occasionnait ne déplaisaient point au Fils de l’homme. ... La joie d’un festin de noces évoquait à l’esprit de Jésus la joie de ce jour où il introduira son Épouse dans la maison du Père, où les rachetés s’assiéront avec le Rédempteur pour le souper des noces de l’Agneau.

Son exemple en paroles et en conduite—Lorsque, au commencement de son ministère, il était convié à un dîner ou à une fête par un pharisien ou un publicain, il acceptait l’invitation. ... En de telles occasions, Jésus dirigeait la conversation à table et donnait quelques précieuses leçons. Ceux qui étaient présents l’écoutaient; en effet, ne les avait-il pas guéris de leurs maladies, soulagés de leurs chagrins? N’avait-il pas pris leurs enfants dans ses bras pour les bénir? Les publicains et les pécheurs étaient attirés vers lui, et lorsqu’il ouvrait la bouche pour parler, leur attention était fixée sur lui.

Le Christ a dit à ses disciples comment ils devaient se comporter lorsqu’ils se trouvaient en compagnie de ceux qui étaient convertis et quelle attitude ils devaient tenir en présence de ceux qui ne l’étaient pas. Par son exemple, il leur enseigna que dans n’importe quel milieu social, ils ne seraient jamais à court de sujets de conversation. Mais ce qu’il disait était incontestablement très différent de tout ce qu’on avait pu entendre jusque-là au cours des fêtes. Chaque mot qu’il prononçait exhalait une odeur de vie pour ses auditeurs, et, charmés, ils écoutaient avec grande attention, pressentant que ce qu’ils allaient entendre leur était destiné.

Ellen White assiste à une belle fête—À la fin de mon long voyage dans l’Est, j’ai regagné mon foyer à temps pour passer le réveillon du Nouvel An à Healdsburg. La salle du collège avait été décorée pour une réunion de l’Ecole du Sabbat. Des guirlandes de cyprès, des feuilles d’automne, des branches de sapin et des fleurs avaient été disposées avec goût; une grande cloche faite de branches de sapin pendait sous l’auvent de la porte, à l’entrée de la pièce. L’arbre était chargé de cadeaux qui devaient être distribués aux pauvres et aider à l’achat d’une cloche. ... À cette occasion, rien ne fut dit ou fait qui aurait pu troubler la conscience de quiconque.

Certains m’ont demandé: « Sœur White, quelles sont vos impressions? Est-ce en accord avec notre foi? » Je leur ai répondu: « En tout cas, c’est en accord avec ma foi. »

Attirez les jeunes par une puissance capable de gagner leur cœur—Dieu voudrait que chaque foyer, chaque église exerce un ascendant assez puissant pour attirer les jeunes loin des plaisirs séducteurs du monde et de la fréquentation de ceux dont l’influence pourrait être corruptrice. Étudiez les moyens qui vous permettront de gagner les jeunes à Jésus.