Le Foyer Chrétien

Chapitre 77

La fête de Noël

La fête de Noël—« Voici Noël! » Tel est le cri qui retentit à travers le monde de l’est à l’ouest et du nord au sud. Une période de joie générale, de grande liesse, à la fois pour les jeunes, les adultes et les personnes âgées. Mais qu’est-ce que Noël, cette fête qui soulève tant d’intérêt?...

Le 25 décembre est le jour présumé de la naissance de Jésus-Christ, et sa célébration, très populaire, est devenue générale. Cependant, il n’est pas sûr du tout que nous célébrions le vrai jour anniversaire de la naissance de notre Sauveur. L’histoire ne nous fournit aucune certitude à ce sujet. La Bible n’indique pas non plus sa date exacte. Si le Seigneur avait estimé que cette précision était essentielle à notre salut, il nous l’aurait donnée par l’intermédiaire de ses prophètes et de ses apôtres. Or, le silence des Écritures sur ce point prouve que cette date ne nous a pas été révélée, et cela, pour de bonnes raisons.

Dans sa sagesse, le Seigneur a tenu secret l’endroit où Moïse fut inhumé. C’est Dieu qui l’ensevelit, c’est lui qui le ressuscita et le fit monter au ciel. En gardant ce secret, la Providence coupa court à d’éventuelles manifestations d’idolâtrie. Celui contre qui les Israélites se révoltèrent—alors qu’il se dévouait en leur faveur—, celui qu’ils ne cessèrent de pousser à la limite de la résistance humaine, allait être honoré presque à l’égal de Dieu dès que la mort l’aurait séparé d’eux. C’est pour la même raison que Dieu n’a pas révélé la date exacte de la naissance du Christ. Ce jour ne devait pas ravir la gloire qui est due normalement au Christ, le Rédempteur du monde—le seul que nous devrions accueillir, en qui nous devrions croire, le seul capable de sauver pleinement tous ceux qui l’invoquent. Nos âmes devraient l’adorer comme le Fils du Dieu éternel.

Néanmoins, cette fête ne doit pas être méconnue—Puisque le 25 décembre est célébré pour commémorer la naissance du Christ, et que l’on a appris et montré aux enfants que c’est un jour de bonheur et de joie, il vous sera difficile de laisser passer cette période de fête sans lui accorder la moindre attention. On peut d’ailleurs profiter de cette occasion pour faire réellement du bien.

Il faut agir avec beaucoup de doigté à l’égard des jeunes. Le jour de Noël, il ne faudrait pas les laisser chercher leurs distractions dans des futilités et des amusements nuisibles à leur vie spirituelle. Les parents peuvent résoudre ce problème en dirigeant les pensées de leurs enfants vers Dieu à qui ils devraient apporter leurs offrandes pour sa cause et pour le salut des âmes.

Au lieu d’être refrénée et arbitrairement réprimée, l’envie de se distraire devrait être contrôlée et orientée par les parents grâce à un effort continu. Le désir d’offrir des cadeaux peut devenir un moyen pur et saint de faire du bien à nos semblables sous forme d’offrandes en faveur de l’œuvre immense et solennelle du salut pour laquelle le Christ est venu dans ce monde. Toute son action fut marquée par le renoncement et le sacrifice. Que ces qualités nous caractérisent également, nous qui prétendons aimer Jésus parce qu’en lui est notre espérance de la vie éternelle.

Les échanges de cadeaux: des témoignages d’affection—La période des fêtes approche avec ses échanges de cadeaux, et jeunes et vieux s’interrogent sur ce qu’ils pourront offrir à leurs amis comme témoignage de leur attachement. Il est agréable de recevoir, de la part de ceux qui nous aiment, un cadeau, si modeste soit-il. Il est la preuve qu’on ne nous oublie pas; et il contribue à resserrer les liens qui nous unissent à eux. ...

Il est bon d’échanger des marques d’affection, à condition de ne pas oublier Dieu, notre meilleur Ami. Nous devrions choisir des cadeaux susceptibles de procurer un bien réel au bénéficiaire. Je recommanderais, par exemple, des livres qui favorisent la compréhension de la Parole de Dieu ou contribuent à nous faire aimer davantage ses enseignements. Offrez des ouvrages que l’on pourra lire au cours des longues soirées d’hiver.

Quelques livres d’enfants à conseiller—Bien des personnes ne possèdent pas de livres ou de publications traitant de la vérité présente. C’est un vaste domaine où l’on peut investir des fonds en toute sécurité. Il existe beaucoup d’enfants à qui l’on devrait procurer de la lecture. Voici des titres de livres de grande valeur, qui peuvent sans danger être introduits dans chaque famille: The Sunshine Series, Golden Grain Series, Poems, Sabbath Reading, etc. Les petites sommes gaspillées pour acheter des bonbons ou des jouets inutiles peuvent être économisées pour acquérir ces livres. ...

Ceux qui désirent offrir des cadeaux de valeur à leurs enfants, petits-enfants, neveux et nièces peuvent se procurer les livres pour enfants mentionnés plus haut. Pour les jeunes, Life of Joseph Bates est très indiqué, de même que les trois volumes de The Spirit of Prophecy. Ces ouvrages devraient se trouver dans chaque foyer. Dieu fait resplendir du ciel sa lumière, et aucune famille ne devrait en être privée. Que les cadeaux que vous offrez soient de nature à éclairer le sentier qui mène vers le ciel.

Jésus ne doit pas être oublié—Frères et sœurs, alors que vous discutez des cadeaux que vous pensez vous offrir les uns aux autres, je vous demande de vous souvenir de votre Ami céleste, de peur que vous ne finissiez par négliger ce qui lui revient. N’éprouvera-t-il pas de la joie si nous lui montrons que nous ne l’avons pas oublié? Jésus, le Prince de la vie, a tout donné pour mettre le salut à notre portée. ... Il a souffert jusqu’à la mort, pour que nous accédions à la vie éternelle.

C’est par Jésus-Christ que chaque bénédiction nous est accordée. ... Notre divin Bienfaiteur ne recevra-t-il pas une partie de nos témoignages de gratitude et d’amour? Venez, frères et sœurs, venez avec vos enfants, même avec vos bébés dans vos bras, et apportez vos offrandes à Dieu selon vos possibilités. Que votre cœur chante pour lui et que vos lèvres le louent!

Noël, une occasion d’honorer Dieu—De par le monde, on passe les jours de fête dans la frivolité, les folles dépenses, la parade et les excès de table. Pour Noël et le Nouvel An, on gaspillera des milliers de dollars afin de satisfaire des désirs superflus. Pour ce qui nous concerne, nous devrions nous faire un point d’honneur de rompre avec les us et coutumes de cette génération perverse. Au lieu de dépenser notre argent uniquement dans la satisfaction de nos appétits, dans des bibelots inutiles ou encore dans la mode, nous pourrons, au cours des prochaines fêtes, trouver des occasions d’honorer et de glorifier Dieu.

Le Christ devrait être le suprême objet de nos aspirations; mais, d’après la manière dont Noël est célébré, la gloire qui lui appartient est reportée sur l’homme mortel, dont la nature pécheresse et le caractère imparfait nécessitèrent la venue du Sauveur ici-bas.

Jésus, la Majesté du ciel, le Roi des cieux, abandonna sa royauté, son trône de gloire, sa souveraineté, et vint dans ce monde pour apporter son aide divine à l’homme déchu, corrompu par le péché, affaibli dans ses facultés morales. ...

Voilà ce que les parents devraient rappeler à leurs enfants; ils devraient les instruire, « règle sur règle, précepte sur précepte » (Ésaïe 28:10), au sujet de leurs devoirs envers Dieu—et non sur leurs prétendues obligations de s’honorer et de se flatter mutuellement par des cadeaux.

Dirigez les pensées des enfants vers un autre but—On peut trouver à acheter bien des choses de goût, mais beaucoup moins coûteuses que les cadeaux inutiles que l’on offre si souvent aux enfants et aux proches parents; ils peuvent tout aussi bien exprimer notre affection et apporter de la joie dans la maison.

Vous pouvez enseigner une leçon à vos enfants en leur expliquant pourquoi vous leur offrez des cadeaux plus modestes; dites-leur que vous avez l’intime conviction d’avoir jusqu’à maintenant cherché plus à leur être agréable qu’à honorer Dieu. Dites-leur qu’en offrant des cadeaux à ceux qui n’en ont pas besoin, vous aviez surtout pensé à votre propre plaisir, à leur satisfaction, et que vous avez voulu sacrifier aux coutumes et aux traditions du monde, plutôt que de viser à l’avancement de la cause de Dieu. À l’instar des hommes sages d’autrefois, vous pouvez réserver à Dieu vos plus beaux présents et lui montrer ainsi combien vous appréciez le don ineffable qu’il a offert pour un monde pécheur. Dirigez les pensées de vos enfants vers un but nouveau, désintéressé, en les incitant à présenter leurs offrandes à Dieu en reconnaissance du don de son Fils unique.

L’arbre de Noël—Nous serions agréables à Dieu si, à Noël, chaque église dressait un arbre aux branches duquel nous accrocherions des offrandes, grandes et petites, en faveur de nos lieux de culte. Des lettres nous sont parvenues où l’on nous posait ces questions: Pouvons-nous avoir un arbre de Noël? N’est-ce pas se conformer au monde? Nous répondons: En préparant un arbre de Noël, vous pouvez vous conformer au monde si vous y êtes enclin; mais vous pouvez tout aussi bien l’arranger d’une manière très différente de celle du monde. Il n’y a aucun mal à choisir un joli sapin pour le dresser dans nos églises; s’il y a péché, ce serait plutôt dans les mobiles qui nous font agir et dans les cadeaux placés sur l’arbre.

Celui-ci peut être aussi haut et ses branches aussi larges qu’il conviendra pour la circonstance; mais que ses rameaux soient chargés des fruits étincelants de votre générosité et présentés à Dieu comme votre offrande de Noël! Et que vos dons puissent être sanctifiés par la prière!

Les fêtes de Noël et du Nouvel An peuvent et devraient être célébrées en faveur des nécessiteux. Dieu est glorifié lorsque nous donnons pour aider ceux qui doivent subvenir aux besoins de familles nombreuses.

Un arbre chargé de cadeaux ne constitue pas un péché—Que les parents ne se mettent pas dans l’idée que placer un arbre dans l’église pour la joie des membres de l’Ecole du sabbat constitue un péché, car il peut apporter une grande bénédiction. Mais il convient d’en souligner le but charitable. Des réunions de ce genre ne devraient en aucun cas être organisées à seule fin de distraire les participants. Tandis que plusieurs profiteront peut-être de ces occasions pour s’amuser sans retenue, se privant ainsi de l’influence divine, pour d’autres, elles seront une source de grandes bénédictions. Je suis pleinement convaincue que l’on peut remplacer nombre de réunions nullement édifiantes par d’innocentes récréations.

Choisir des distractions saines pour cette fête—Chers frères et sœurs en Christ, ne prendrez-vous pas la décision de vous appliquer consciencieusement et dans la crainte de Dieu pour que cette fête ne soit pas stérile et sans intérêt, mais qu’elle procure des distractions saines que le ciel puisse approuver? Je sais que de telles suggestions satisferont les personnes de condition modeste. Les plus riches devraient manifester le même intérêt et apporter des dons et des offrandes en rapport avec les moyens que Dieu leur a confiés. Que l’on puisse mentionner dans les livres du ciel la plus belle fête de Noël qui ait jamais eu lieu grâce à vos dons apportés pour le soutien de l’œuvre de Dieu et l’édification de son royaume.