Le Foyer Chrétien

Chapitre 75

Conseils aux parents touchant les relations sociales

Une influence presque inévitable—La mauvaise influence qui entoure nos enfants est presque irrésistible; elle corrompt leurs esprits et les conduit à la perdition. Les jeunes sont naturellement portés aux écarts de conduite; dès leur plus jeune âge, avant que leur caractère soit formé et leur jugement développé, ils manifestent fréquemment une préférence pour des camarades qui exercent sur eux une influence néfaste.

Si tous les parents pouvaient m’entendre, je les supplierais de ne pas céder aux désirs de leurs enfants quand il s’agit du choix de leurs camarades ou de leurs amis. On ne tient pas suffisamment compte du fait que les jeunes sont plus directement touchés par les influences du mal que par celles de Dieu. Leurs fréquentations devraient donc favoriser au plus haut point l’épanouissement, dans leur cœur, de la grâce et de la vérité révélée dans la Parole de Dieu.

Les jeunes doivent être placés dans les conditions les plus favorables, car leurs fréquentations, leurs principes et leurs habitudes décideront infailliblement de leur utilité dans la vie présente et de leurs intérêts futurs et éternels.

Les dangers d’une liberté illimitée—Parents, vos adolescents, garçons et filles, ne sont pas suffisamment protégés. Vous ne devriez jamais leur permettre d’aller et venir à leur guise sans vous en informer ni vous en demander l’autorisation. En accordant une si large liberté aux enfants de cet âge, on a provoqué la ruine de milliers d’entre eux. Combien ont la permission de traîner dans la rue le soir! Leurs parents ne se soucient pas de savoir avec qui ils sortent. Or, trop souvent, les camarades qu’ils choisissent ne font que les corrompre par leur influence.

C’est à la faveur de la nuit que les jeunes se réunissent en bande et apprennent à manier les cartes, à jouer de l’argent, à fumer et à boire. ... Les fils de parents pieux n’hésitent pas à fréquenter les bars pour y déguster des huîtres ou pour satisfaire quelque autre appétit, se plaçant ainsi sur la voie de la tentation. L’atmosphère de ces lieux sent la grossièreté et la pollution morale. Nul ne peut y rester longtemps sans se corrompre. C’est dans des réunions de ce genre que des jeunes, pourtant pleins de promesses, finissent par tomber dans l’alcoolisme et dans le crime. On devrait se garder dès le départ de la moindre adhésion au mal. Parents, si vous n’êtes pas certains que le milieu qu’ils côtoient est tout à fait convenable, ne permettez pas à vos enfants d’aller dans les rues à la tombée de la nuit pour assister à quelque attraction ou y rencontrer d’autres jeunes gens, et de s’y amuser. Si vous êtes intransigeants sur ce principe, ils prendront l’habitude d’y obéir et n’auront plus envie de s’y opposer.

Les parents doivent conseiller leurs enfants dans le choix de leurs camarades—Les parents devraient savoir que la fréquentation des gens aux mœurs relâchées et aux manières vulgaires exerce sur les jeunes une influence néfaste. S’ils négligent de les guider afin qu’ils aient de bonnes fréquentations, s’ils leur permettent de se lier avec des camarades d’une moralité douteuse, ils les placent ou les incitent à se placer sur un terrain dangereux où ils s’initieront à l’immoralité avant de la pratiquer eux-mêmes. Ils pensent peut-être que leurs enfants sont assez forts pour résister à la tentation, mais comment peuvent-ils en être certains? Il est beaucoup plus facile de céder aux influences mauvaises que de s’y opposer. Avant même de s’en rendre compte, leurs enfants sont imprégnés des idées de leurs amis et courent à leur déchéance et à leur perte.

Les dangers qui menacent les jeunes sont considérablement accrus s’ils se lancent dans la fréquentation de bandes de camarades de leur âge, où les caractères et les modes de vie sont très divers. Or, c’est à ce moment précis que beaucoup de parents ont tendance à se relâcher au lieu de redoubler d’efforts pour protéger et surveiller leurs enfants.

C’est dans un esprit de prière et d’un commun accord que les parents devraient assumer la redoutable responsabilité de les guider dans le droit chemin. Quelque négligence qu’ils montrent en d’autres domaines, ils ne devraient jamais les laisser libres de s’égarer dans les sentiers du péché. Nombreux sont ceux qui permettent à leurs enfants d’aller où ils veulent et d’agir à leur guise, de se distraire et d’avoir de mauvaises fréquentations. Mais au jour du jugement, ces parents apprendront que leurs fils et leurs filles ont perdu le ciel parce qu’ils n’ont pas su les garder dans le cercle du foyer.

Où passent-ils leurs soirées?—Lorsqu’ils sont absents du foyer pendant la nuit, on devrait demander aux garçons et aux filles de la maison d’en expliquer le motif. Leurs parents devraient savoir en quelle compagnie ils se trouvent, où ils passent leurs soirées. Certains enfants mentent à leurs parents pour ne pas leur avouer leur mauvaise conduite.

Les mauvaises herbes pullulent dans les champs incultes—Trop souvent les parents permettent à leurs enfants de choisir eux-mêmes leurs distractions, leurs camarades et leur emploi du temps. Les effets qui en résultent sont conformes à ce qu’on peut en attendre. Laissez un champ en friche, et il y poussera des épines et des buissons sauvages. Vous ne verrez jamais une jolie fleur ou un bel arbrisseau parmi de mauvaises herbes laides et toxiques. La ronce inutile pourra se développer magnifiquement, sans effort, tandis que les plantes utiles et belles ont besoin d’être soigneusement entretenues. Il en est de même de notre jeunesse. Si elle adopte de bonnes habitudes, et si elle suit des principes justes, on pourra accomplir en sa faveur une œuvre profonde. Pour corriger les mauvaises tendances, il faut beaucoup d’application et de persévérance pour achever la tâche.

Apprendre aux enfants à se fier au jugement de leurs parents—Parents, veillez sur les principes et les habitudes de vos enfants comme sur la prunelle de vos yeux. Ne leur permettez pas de fréquenter quelqu’un dont vous ne connaissez pas bien le caractère. Ne les autorisez pas à se lier d’amitié avant d’être assurés que celle-ci ne leur causera aucun préjudice. Habituez vos enfants à se fier à votre jugement et à votre expérience. Faites-leur comprendre qu’en raison de leur inexpérience, ils peuvent moins bien que vous juger les êtres humains et qu’ainsi vos décisions ne devraient pas être mésestimées.

Savoir allier la douceur à la fermeté—Les parents ne devraient pas céder devant les désirs de leurs enfants, mais suivre la ligne de conduite que Dieu leur a tracée: les éduquer avec bonté, combattre leurs mauvais penchants avec fermeté et détermination, mais avec amour; les guider par des efforts persévérants, sincères et dans la prière, détourner leurs pas des sentiers du monde et les conduire vers la vie éternelle. On ne devrait pas laisser les enfants aller à la dérive, quel que soit le chemin qui les attire, et s’engager dans toutes les voies qui s’ouvrent à eux, loin du droit sentier. Nul ne se trouve en plus grand danger que celui qui n’a peur de rien et qui n’accepte ni les avertissements, ni les conseils.

Préservez autant que possible vos enfants de toute influence mauvaise, car ils sont plus facilement marqués par les impressions qu’ils reçoivent, que ce soit la grandeur d’âme, la pureté et l’amabilité, ou l’égoïsme, l’impureté et la désobéissance. Si l’on permet qu’ils soient influencés par un esprit de contestation, d’orgueil, de vanité et d’impureté, ils risquent d’en garder les traces pour le restant de leur vie.

C’est parce que l’éducation au foyer est déficiente que la jeunesse est si peu disposée à se soumettre à une autorité bien comprise. Je suis une mère; je sais de quoi je parle lorsque je dis que les jeunes et les enfants ne sont pas seulement mieux protégés mais encore plus heureux lorsqu’ils obéissent à une saine discipline que lorsqu’ils suivent leurs propres penchants.

Les visites non accompagnées sont déconseillées—Certains commettent une grave erreur en laissant trop de liberté à leurs enfants. Ils ont parfois une telle confiance en eux qu’ils ne voient pas leurs défauts. C’est un tort de permettre à ces jeunes d’aller faire des visites très loin de la maison sans être accompagnés de leurs parents ou de personnes responsables. Cela ne leur fait pas de bien, mais leur donne le sentiment d’avoir une réelle importance. Ils considèrent ensuite qu’ils ont certains droits et se trouvent lésés si on les en prive. Ils se comparent à ceux de leurs camarades qui vont où bon leur semble, à qui on laisse beaucoup de liberté alors qu’eux-mêmes en ont si peu.

La mère, craignant que ses enfants ne l’accusent d’injustice, satisfait à leurs désirs, ce qui leur cause en réalité un grand préjudice. Les jeunes enfants en visite, sans leurs parents pour les surveiller attentivement et corriger leurs fautes, reçoivent souvent des impressions qu’il faudra des mois pour effacer.

Comment répondre à ceux qui donnent de mauvais conseils—Gardez vos enfants à la maison, et si les gens vous disent: « Vos enfants ne sauront pas comment se comporter dans le monde », répondez-leur que cette question ne vous préoccupe pas particulièrement, mais que ce qui vous importe, c’est de conduire vos enfants auprès du Maître pour qu’il les bénisse, comme le firent jadis les mères israélites lorsqu’elles venaient présenter leurs enfants à Jésus. Dites à ces conseilleurs: « Les enfants sont un héritage du Seigneur, et je veux m’occuper fidèlement du dépôt qui m’a été confié. ... Les miens doivent être élevés de telle manière qu’ils ne se laissent pas entraîner par les influences du monde et qu’aux tentations ils sachent opposer d’emblée un Non catégorique. » ... Dites à vos amis et à vos voisins que vous souhaitez voir vos enfants admis dans la glorieuse Cité.

Armer nos jeunes en vue d’épreuves redoutables—Les enfants devraient être formés et éduqués de manière à pouvoir affronter les difficultés, les tentations et les dangers. On devrait leur apprendre à se maîtriser et à surmonter courageusement les épreuves. S’ils ne s’exposent pas volontairement au danger et ne s’aventurent pas inutilement sur le chemin de la tentation; s’ils évitent les influences nocives et les amitiés pernicieuses, lorsqu’ils seront obligés de se trouver malgré eux en dangereuse compagnie, ils auront la force de caractère nécessaire pour agir avec droiture, rester fidèles aux bons principes et vaincre par la force divine tout en gardant leur moralité intacte. Les jeunes dont les facultés morales ont été convenablement développées pourront, s’ils mettent leur confiance en Dieu, surmonter les épreuves les plus redoutables.