Le Foyer Chrétien

Chapitre 74

Relations saines et relations dangereuses

Leur influence sur nous et sur nos enfants—Chacune de nos relations, si limitée soit-elle, exerce une influence sur nous. La manière dont nous subissons celle-ci sera déterminée par le degré d’intimité, la régularité de la fréquentation et l’intensité de notre affection et de notre estime pour les personnes auxquelles nous nous attachons.

Si nous nous lions à des personnes dont l’influence tend à nous faire oublier que le Seigneur a sur nous des droits souverains, nous nous exposons à la tentation et devenons moralement trop faibles pour y résister. Nous en arrivons à épouser le point de vue et les idées de ceux que nous fréquentons et à leur accorder plus de valeur qu’aux vérités éternelles et sacrées. Bref, nous subissons exactement les transformations que l’ennemi espérait.

Les jeunes placés sous une telle influence en sont plus facilement affectés que les personnes plus âgées. Tout laisse une empreinte sur leur esprit—le comportement de ceux qu’ils observent, les voix qu’ils entendent, les lieux qu’ils fréquentent, les gens qu’ils côtoient et les livres qu’ils lisent. On ne peut sous-estimer le rôle important que jouent dans notre vie présente, et pour l’éternité, les amis que nous choisissons pour nous-mêmes et, plus spécialement, pour nos enfants.

Le danger de nouer des relations avec des incroyants—Le monde ne doit pas nous servir de critère. Nous ne devons pas nous lier avec les incroyants et partager leur façon de penser, car ils détourneront notre cœur de l’Éternel pour nous faire adorer de faux dieux. Le chrétien fidèle, fermement attaché à la foi, peut faire beaucoup de bien; il peut communiquer à son entourage les plus grandes bénédictions, car la loi du Seigneur se trouve dans son cœur. Mais nous ne pouvons pas nous associer volontairement avec ceux qui foulent aux pieds la loi de Dieu, et garder notre foi pure et sans tache. Nous nous imprégnerons de leur pensée, et si nous ne nous séparons pas d’eux, nous leur serons à tel point attachés qu’en fin de compte nous partagerons leur destin.

C’est en se joignant aux idolâtres et en s’associant à leurs divertissements que les Hébreux furent amenés à oublier la loi de Dieu et à attirer son jugement sur la nation. De même, aujourd’hui, c’est en incitant les disciples de Jésus à sympathiser avec les incroyants et à prendre part à leurs amusements que Satan réussit le mieux à les plonger dans le péché. « Sortez du milieu d’eux, dit le Seigneur; séparez-vous d’eux, et ne touchez point à ce qui est impur. » Dieu appelle aujourd’hui son peuple à se distinguer aussi nettement du monde, de ses coutumes, de ses habitudes et de ses principes qu’il l’a demandé jadis à Israël.

Le choix délibéré de Samson—Samson fut entouré de soins providentiels qui le préparèrent pour l’œuvre à laquelle il était destiné. Dès son plus jeune âge, il avait vécu dans des conditions propres à développer en lui la force physique, la vigueur intellectuelle et la pureté morale. Mais sous l’influence de mauvaises compagnies, il avait cessé de compter sur Dieu, la seule sauvegarde de l’homme, et avait été emporté par le torrent du mal. Les hommes qui rencontrent des épreuves dans l’accomplissement de leur devoir peuvent être assurés de la protection divine; mais ceux qui s’abandonnent délibérément à l’emprise de la tentation y succomberont tôt ou tard.

L’insidieux levain du mal—Chers étudiants, nuit et jour les prières de vos parents vous accompagneront. Écoutez leurs appels et leurs avertissements, et ne choisissez pas comme camarades de jeunes écervelés. Vous ne pouvez vous rendre compte à quel point le germe du mal parviendra à corrompre insidieusement votre esprit, à vous faire perdre vos bonnes habitudes et, en vous amenant à multiplier les actes répréhensibles, à développer en vous un caractère défectueux. Vous pouvez ignorer ce réel danger et croire que vous arriverez à agir droitement aussi facilement que vous le faisiez avant de céder à la tentation, mais vous faites erreur. Les parents et les maîtres qui aiment et craignent Dieu auront beau vous avertir, vous conseiller et vous supplier, tout cela sera inutile si vous ne vous abandonnez pas vous-mêmes à Dieu et si vous ne faites pas valoir les talents qu’il vous a confiés pour sa gloire.

Gardez-vous de ceux qui sont indifférents à l’égard de la religion—Si les enfants se mêlent à ceux dont la conversation porte sur les choses futiles et terre-à-terre, leur esprit s’abaissera au même niveau. S’ils les entendent dénigrer les principes religieux, discréditer notre foi et formuler des objections subtiles contre la vérité, leur esprit en sera imprégné et leur caractère s’en trouvera affecté.

Rien ne saurait mieux neutraliser ou chasser les bonnes influences et les nobles aspirations que la fréquentation des gens superficiels, insouciants et pervertis. Quelque attrait que ces personnes puissent exercer par leur intelligence, leur sens de l’ironie et leur gaieté, le fait qu’elles traitent la religion avec légèreté et indifférence est une raison suffisante pour éviter de les fréquenter. Plus elles sont attirantes à d’autres égards, plus il faut redouter l’influence de leur amitié, dans la mesure où ce charme cache une vie sans Dieu.

La fréquentation des non-croyants attire et éblouit les sens de telle manière que ceux qui subissent leur influence ne peuvent trouver dans la piété, la crainte de Dieu, la fidélité et la loyauté les forces qui leur permettront de demeurer fermes. La vie simple et humble du Christ n’offre aucun charme à leurs yeux. Pour beaucoup de ceux qui se disent fils et filles de Dieu, Jésus, la Majesté du Ciel, est « comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée, qui n’a ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et dont l’aspect n’a rien pour nous plaire ». Ésaïe 53:2.

Ne centrez pas vos affections sur des personnes qui ne partagent pas votre foi—Nous ne pouvons servir en même temps Dieu et le monde. Nous ne devons pas centrer nos affections sur des personnes qui, ayant l’esprit du monde, n’ont aucun désir de connaître la vérité. Nous pouvons essayer, par tous les moyens, de présenter la lumière; mais il ne faut pas que nos paroles, notre comportement, nos habitudes et nos actes soient de quelque manière modelés par leurs idées et leurs habitudes. Nous devons chercher à faire connaître la vérité dans tous nos rapports avec ces personnes. Si nous n’y parvenons pas, moins nous aurons de relations avec elles, mieux cela vaudra pour notre spiritualité.

Éviter les personnes qui ont des principes douteux et des mœurs relâchées—Il n’est pas bon que les chrétiens fréquentent des personnes aux mœurs relâchées. Il est risqué d’entretenir une fréquentation étroite journalière qui absorbe tout le temps sans fortifier de quelque manière les facultés mentales et spirituelles. Si l’atmosphère morale créée par certaines personnes n’est pas pure ni sanctifiée, mais qu’elle est teintée d’immoralité, ceux qui la respirent constateront qu’elle empoisonne et détruit insensiblement les forces de l’esprit et du cœur. Il est dangereux de se lier intimement avec ceux dont l’esprit est naturellement porté vers ce qui est bas. Progressivement et imperceptiblement, ceux qui sont de nature consciencieuse et qui recherchent la pureté seront contaminés; ils descendront au même niveau que leurs amis, et finiront par épouser la faiblesse d’esprit et l’indigence morale qu’ils côtoient en permanence.

Une bonne réputation est plus précieuse que l’or. Les jeunes sont enclins à fréquenter ceux qui leur sont inférieurs au point de vue intellectuel et moral. Quel bonheur réel un jeune homme peut-il attendre de la fréquentation d’amis dont les pensées, les sentiments et la conduite sont très médiocres? Il est des gens aux goûts et aux habitudes dépravés, et tous ceux qui les fréquenteront finiront par suivre leur exemple. Nous vivons en des temps dangereux qui devraient remplir de crainte tous les cœurs.

Bien des jeunes cèdent à la tentation par peur du ridicule—Les enfants ... devraient choisir des camarades qui ne tournent pas en ridicule ce qui est pur et respectable, mais qui défendent ce qui est juste. La crainte du ridicule pousse beaucoup de jeunes à céder à la tentation et à marcher sur les traces des incroyants. Les mères peuvent faire beaucoup, par la parole et par l’exemple, pour leur apprendre à demeurer loyaux et intègres face au mépris et à la moquerie.

Pourquoi nos jeunes ne comprennent-ils pas que ceux qui cherchent à conduire les autres dans des sentiers interdits sont eux-mêmes facilement dominés par la tentation? Satan se sert d’eux pour favoriser la pratique de mœurs déréglées et se moquer de ceux qui sont consciencieux et qui voudraient préserver l’intégrité de leur caractère.

Comportez-vous devant les étrangers comme si vous étiez en présence de Dieu—Jeunes amis, ne passez pas une heure en compagnie de ceux qui cherchent à vous disqualifier pour l’œuvre de Dieu, pure et sacrée. Ne faites rien devant les étrangers que vous ne voudriez faire sous les yeux de vos parents ou dont vous auriez honte en présence du Christ et des saints anges.

Certains peuvent penser que de tels avertissements ne concernent pas les observateurs du sabbat; mais les personnes à qui ils s’adressent savent bien ce que je veux dire. Jeunes gens, je vous supplie de prendre garde; car vous ne pouvez rien faire qui puisse échapper aux regards des anges et à Dieu. Vous ne pouvez accomplir une mauvaise action sans que d’autres en soient affectés. Votre conduite révèle la nature de votre caractère, mais elle exerce aussi une puissante influence sur autrui. Ne perdez jamais de vue le fait que vous appartenez à Dieu, qu’il vous a rachetés à un grand prix, et que vous devez lui rendre compte de tous les talents qu’il vous a confiés.

Une aide spéciale promise en cas de besoin—Nous ne devons pas placer nos enfants dans des endroits où ils soient amenés à côtoyer des jeunes corrompus et à l’esprit dépravé. Il peut arriver que la Providence permette que nos jeunes fréquentent des gens impurs et intempérants; mais dans ce cas, Dieu leur donnera la force de caractère nécessaire et le pouvoir de résister à la tentation, comme il le fit pour Daniel et ses compagnons à Babylone, s’ils sont disposés à collaborer avec lui. Ils doivent être en constante communion avec le Seigneur. Ils doivent demeurer purs, refusant de faire quoi que ce soit qui déshonore Dieu, ne vivant qu’avec le désir constant de lui rendre gloire. Nos jeunes gens ont le devoir de veiller sur les âmes, de travailler fidèlement pour ceux en qui l’image divine est effacée, et de chercher à les réformer, à les édifier, à les ennoblir.

Choisissez des camarades réfléchis et sérieux—Les jeunes qui vivent en harmonie avec le Christ choisiront des camarades qui les aideront à agir avec droiture, et ils éviteront toute fréquentation qui ne soit pour eux un appui dans l’acquisition de bons principes et la réalisation de leurs idéaux. Partout l’on trouve des jeunes dont les esprits sont coulés dans un moule de qualité inférieure. Lorsqu’ils seront amenés à fréquenter de tels jeunes, ceux qui auront pris franchement position pour le Christ ne s’écarteront pas de la ligne de conduite inspirée par leur raison et leur conscience.

Que tous ceux qui voudraient acquérir les éléments d’un bon caractère ne se lient qu’à des personnes sérieuses, réfléchies et pieuses. Ceux qui désirent travailler pour l’éternité, et qui en ont évalué le prix, doivent choisir de bons matériaux. S’ils emploient des poutres vermoulues, s’ils se contentent de caractères défectueux, leur construction est vouée à la ruine. Que tous prennent garde à la manière dont ils bâtissent. La tempête des tentations fondra sur l’édifice et, s’il n’est pas solidement construit, il ne supportera pas l’épreuve.

Grâce au contact de ceux qui vivent en harmonie avec de bons principes, même les plus insouciants apprendront à aimer la justice. Par la pratique de ce qui est juste, ils verront se développer dans leur cœur un dégoût pour tout ce qui est vil, commun et en désaccord avec les principes de la Parole de Dieu.