Le Foyer Chrétien

Chapitre 72

L’hospitalité

De nos jours encore des anges peuvent nous rendre visite—La Bible insiste beaucoup sur la pratique de l’hospitalité. Non seulement elle la recommande comme un devoir, mais elle en décrit des scènes magnifiques et montre les bénédictions qu’elle apporte. Citons tout d’abord l’expérience d’Abraham. ...

Dieu jugea ces actes de courtoisie suffisamment remarquables pour les relater dans sa Parole et, plus de mille ans plus tard, un apôtre inspiré y fait allusion: « N’oubliez pas l’hospitalité; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »

Le privilège accordé à Abraham et à Lot peut aussi être le nôtre. En recevant chez nous des enfants de Dieu, nous aussi, nous pouvons accueillir des anges. Même aujourd’hui, des êtres célestes d’apparence humaine entrent dans les demeures des hommes et mangent avec eux. Les chrétiens qui vivent sous le regard de Dieu sont toujours accompagnés d’anges invisibles qui laissent derrière eux une bénédiction à ceux qui les accueillent.

Occasions et avantages négligés—L’hospitalité est une caractéristique que, selon le Saint-Esprit, doit posséder celui qui est appelé à occuper dans l’église un poste de confiance. Voici l’ordre adressé à toute l’église: « Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. »

Ces exhortations ont été singulièrement négligées. Même ceux qui se disent chrétiens pratiquent très peu l’hospitalité et, parmi nos membres, il en est peu qui la considèrent comme un privilège et une bénédiction. Nous sommes trop peu sociables, trop peu disposés à inviter sans gêne et en toute simplicité deux ou trois personnes à notre table.

De mauvaises excuses—J’ai entendu beaucoup de nos membres qui, ne voulant pas accueillir les enfants de Dieu dans leur foyer, allèguent l’excuse suivante: « Mais je n’ai rien préparé; je n’ai pas fait de cuisine, il vaut mieux qu’ils aillent chez quelqu’un d’autre. » Et lorsqu’ils s’adressent ailleurs, on invoque d’autres excuses pour ne pas les recevoir; les visiteurs en sont profondément peinés et ils s’en vont avec une triste opinion quant à l’hospitalité de ces prétendus frères et sœurs. Si vous manquez de pain, faites comme il est dit dans la Bible; adressez-vous à votre voisin en lui disant: « Ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir. » Luc 11:5.

Nous ne trouvons aucun exemple où le fait de manquer de pain constitue une excuse valable pour refuser d’accueillir un visiteur. Quand Élie rendit visite à la veuve de Sarepta, elle partagea son maigre repas avec le serviteur de Dieu, qui opéra un miracle en sa faveur. Ainsi, l’hospitalité qu’elle avait exercée à l’égard du prophète, en lui donnant le petit gâteau qu’il demandait, lui assura par la suite la nourriture dont elle avait besoin, et sa vie ainsi que celle de son fils furent préservées. Bien des gens feront la même expérience à condition qu’ils soient disposés à faire comme cette femme, avec joie et pour la gloire de Dieu.

Certains invoquent leur état de santé déficient: « s’ils en avaient la force, ils aimeraient bien en faire autant ». Ils se sont repliés sur eux-mêmes depuis si longtemps, ils ont tellement ruminé leurs pensées, ils ont tant parlé de leurs souffrances, de leurs épreuves et de leurs afflictions, que c’est leur seule préoccupation du moment. Ils ne pensent qu’à eux, quand bien même d’autres pourraient avoir besoin de leur sympathie et de leur aide. Si votre état de santé est déficient, voici un remède pour vous: « Partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement. » Ésaïe 58:7, 8. Faire le bien constitue un excellent traitement contre la maladie. Ceux qui s’engagent dans l’œuvre sont invités à se confier en Dieu, qui a promis de les exaucer. Leur âme sera « rassasiée dans les lieux arides; ils seront comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas ».

L’exclusivisme égoïste nous prive de nombreuses bénédictions—L’intérêt égoïste qu’on manifeste si souvent pour « soi » et « sa » famille déplaît souverainement à Dieu. Tous ceux qui raisonnent ainsi devraient se rallier aux purs principes de l’Évangile mis en valeur par la vie du Christ. En se repliant sur eux-mêmes, en ne voulant pas faire bon accueil aux visiteurs, ils perdent beaucoup de bénédictions.

Les anges nous observent pour voir si nous saisissons les occasions qui se présentent à nous de faire le bien, si nous savons contribuer au bonheur de nos semblables, afin de pouvoir nous bénir à notre tour. Le Seigneur a voulu que nous soyons les uns et les autres de condition différente—certains sont pauvres, d’autres riches, d’autres encore affligés—afin que nous ayons tous la possibilité de développer notre caractère. Si Dieu permet qu’il y ait des pauvres, c’est afin de nous éprouver et de nous aider à développer notre sensibilité.

Lorsque disparaît l’esprit d’hospitalité, l’égoïsme finit par frapper le cœur de paralysie.

À qui doit s’étendre l’hospitalité?—Que nos relations sociales ne soient pas dictées par les usages du monde, mais par l’Esprit du Christ et les enseignements de sa Parole. Les Israélites invitaient à toutes leurs fêtes le pauvre, l’étranger et le Lévite, qui assistait le sacrificateur et avait mission d’instruire le peuple. À chaque réjouissance sociale ou religieuse, tous étaient considérés comme les hôtes du peuple, et s’ils tombaient malades ou se trouvaient dans le besoin, on prenait soin d’eux avec sollicitude. Ce sont de telles personnes que nous devrions accueillir dans nos demeures. Cela remplirait de joie et de courage l’infirmière missionnaire ou l’enseignant, la mère de famille surchargée de soucis et accablée de travail ou l’être affaibli et le vieillard souvent sans famille qui luttent contre la pauvreté et le découragement.

« Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, dit le Christ, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. »

Ce sont des hôtes faciles à recevoir sans dérangement, sans repas compliqués et coûteux. Vous n’aurez pas besoin de faire des extras. Un accueil chaleureux et réconfortant, un siège à votre table, la joie de participer à la bénédiction du culte de famille seraient pour beaucoup d’entre eux comme un rayon céleste.

Nos sympathies doivent dépasser les limites du « moi » et les murs de notre demeure. Des occasions précieuses s’offrent à ceux qui désirent que leur foyer ait autour d’eux une influence heureuse. Il y a là une puissance merveilleuse que nous pouvons utiliser, si nous le voulons, pour venir en aide à notre prochain.

Un refuge pour la jeunesse exposée aux tentations—Notre foyer devrait être un lieu de refuge pour la jeunesse exposée aux tentations. Beaucoup de jeunes sont à la croisée des chemins. Toute influence, toute impression reçue détermine le choix qui fixe leur destinée présente et future. Le mal les sollicite; il revêt pour eux les formes les plus séduisantes et les plus accueillantes. Il y a tout autour de nous des jeunes gens sans famille, et bien d’autres qui ne reçoivent de leur famille aucun soutien moral, aucun encouragement. Succombant à la tentation, ils courent à leur perte, et cela, à la porte même de nos maisons.

Ces jeunes ont besoin qu’on leur tende la main avec sympathie. Des paroles aimables exprimées avec simplicité, de petites attentions dissiperont la tentation qui les assaille. La compréhension d’un vrai chrétien a le pouvoir d’ouvrir les cœurs, surtout ceux qui ont besoin d’entendre des paroles bienveillantes et de sentir le contact simple et délicat de l’amour du Christ. Si nous voulions manifester de l’intérêt pour notre jeunesse, l’inviter dans nos demeures et l’entourer d’influences réconfortantes et bienfaisantes, beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles s’engageraient joyeusement sur le sentier qui conduit vers le ciel.

Préservez la simplicité familiale—Lorsque surviennent des visiteurs, ce qui est fréquent, il ne faudrait pas accepter qu’ils absorbent tout le temps et toute l’attention de la mère de famille; le bien-être matériel et spirituel de ses enfants devrait avoir la priorité. Elle ne devrait pas passer son temps à préparer d’énormes gâteaux, des tartes et des plats de viande nuisibles à la santé. Tout cela occasionne d’ailleurs des dépenses supplémentaires que tous ne peuvent se permettre. Mais c’est surtout dans l’exemple ainsi donné que réside le mal. Sachez conserver à votre famille son style empreint de simplicité. N’essayez pas de donner l’impression que vous pouvez adopter un train de vie qui en vérité excède vos moyens. Ne cherchez pas à paraître ce que vous n’êtes pas en réalité, que ce soit dans vos habitudes culinaires ou dans votre comportement en général.

Tout en vous efforçant de traiter vos visiteurs avec amabilité pour qu’ils se sentent comme chez eux, vous devez toujours vous rappeler que vous assumez l’éducation des enfants que Dieu vous a donnés. Ils vous observent, et rien, dans votre conduite, ne doit les orienter dans une mauvaise voie. Comportez-vous à l’égard de vos visiteurs exactement comme vous le faites chaque jour envers les membres de votre famille—avec amabilité, respect et courtoisie. En ce domaine, tous peuvent donner des leçons et être des exemples de ce qui est bien, et montrer ainsi qu’il existe quelque chose de plus essentiel que de s’inquiéter du manger, du boire et de la manière dont on se vêtira.

Maintenez une atmosphère paisible et reposante—Nous serions beaucoup plus heureux et beaucoup plus utiles si, dans notre vie familiale et sociale, nous nous inspirions de la bonté et de la simplicité du Christ. Au lieu de nous épuiser à vouloir paraître pour susciter l’admiration ou l’envie des visiteurs, nous devrions nous efforcer de procurer du bonheur à tout notre entourage par notre gaieté, notre sympathie et notre amour. Que les visiteurs voient que nous nous efforçons d’accomplir la volonté du Christ. Ils doivent observer chez nous, aussi modeste que puisse être notre condition, un esprit de sérénité et de reconnaissance. L’atmosphère du vrai foyer chrétien doit être empreinte de paix et de quiétude. Un tel exemple ne peut manquer d’avoir une influence.

Le ciel enregistre nos dépenses—Le Christ enregistre toutes les dépenses engagées pour héberger en son nom les hôtes de passage. Il fournit pour cela tout ce qui est nécessaire. Ceux qui, par amour pour le Christ, accueillent leurs frères, faisant tout leur possible pour rendre ces visites fructueuses tant pour leurs invités que pour eux-mêmes, sont notés dans les cieux comme dignes de bénédictions toutes spéciales. ...

Au cours de sa vie sur terre, le Christ lui-même a donné l’exemple de l’hospitalité. Quand, au bord du lac, il était entouré de la multitude affamée, il ne la renvoya pas sans avoir pourvu à ses besoins. Il dit à ses disciples: « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Et, par un miracle de son pouvoir créateur, il leur donna de quoi satisfaire amplement leur faim. Cependant, c’était une nourriture très simple, sans excès. Lui qui avait à sa disposition toutes les ressources du ciel aurait pu offrir au peuple un repas plantureux; mais il lui donna simplement le nécessaire, c’est-à-dire la nourriture quotidienne des pêcheurs du lac.

Si, de nos jours, les hommes avaient des habitudes plus simples, s’ils vivaient en harmonie avec les lois de la nature, il y aurait de quoi nourrir largement toute la population de la terre. On aurait moins de besoins imaginaires et plus de temps pour faire la volonté de Dieu. ...

La pauvreté ne doit pas nous empêcher de nous montrer hospitaliers. Nous devons partager ce que nous avons. Certaines personnes doivent travailler dur pour gagner leur vie et ont beaucoup de peine à joindre les deux bouts; mais elles aiment Jésus à travers ses serviteurs et elles sont prêtes à exercer l’hospitalité envers les croyants et les non-croyants, en essayant de rendre leur visite fructueuse. Les hôtes doivent être les bienvenus à la table et au culte de famille. Celui-ci fera impression sur ceux qui sont hébergés; une visite peut même être l’occasion de sauver une âme de la mort. Cette action, le Seigneur en tient compte et il dit: « Je la récompenserai. »

Saisissez les occasions—Frères et sœurs, réveillez-vous. N’ayez pas peur d’accomplir de bonnes actions. « Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. » Galates 6:9. N’attendez pas qu’on vous indique ce que vous avez à faire. Ouvrez vos yeux et regardez ceux qui vous entourent; prenez contact avec les déshérités, les affligés et les nécessiteux. Ne vous dérobez pas à eux, et ne cherchez pas à ignorer leurs besoins. Lequel d’entre nous fournit la preuve qu’il pratique la religion pure, dépourvue de tout égoïsme et de toute corruption dont parle Jacques? Qui se soucie de faire tout son possible pour prêter son concours au plan du salut?