Le Foyer Chrétien

Chapitre 65

Assurer l’avenir

En acquérant des propriétés et en économisant, on combat la prodigalité—Frère et sœur B. n’ont pas appris à économiser. ... Ils veulent se procurer tout ce qu’ils voient, quelle qu’en soit la quantité, jouir de tout, et lorsque l’affliction les frappe, ils ne sont pas du tout préparés à la supporter. ... S’ils s’étaient montrés des gérants économes, disposés au renoncement, ils auraient déjà eu la possibilité d’acquérir une maison bien à eux et, en outre, de mettre de l’argent de côté pour affronter, le cas échéant, l’adversité. Mais ils se refusent à économiser comme l’ont fait d’autres—qui ont dû parfois même les prendre à leur charge. S’ils persistent dans cette attitude, ils n’atteindront pas la perfection du caractère pour le jour du Seigneur.

Un conseil utile—Vous avez été autrefois dans des affaires qui, à certains moments, vous ont rapporté de substantiels bénéfices. Ayant gagné beaucoup d’argent, vous n’avez pas cherché à en mettre de côté pour parer à une éventuelle période de récession, et vous avez gaspillé de fortes sommes pour satisfaire des besoins imaginaires. Si vous et votre épouse aviez compris que Dieu vous demandait de renoncer à vous offrir tout ce qui vous fait plaisir ou envie, et d’épargner en vue de l’avenir, au lieu de vivre au jour le jour, vous auriez de quoi subvenir à vos besoins et votre famille jouirait du bien-être. Il est une leçon que vous devez apprendre ..., c’est de savoir tirer le meilleur parti de peu de chose.

Apprendre à épargner de façon systématique—Si vous aviez économisé comme vous auriez dû le faire, vous pourriez disposer aujourd’hui d’un large capital pour parer à toute éventualité et pour soutenir la cause de Dieu. Chaque semaine vous devriez mettre de côté une partie de votre salaire, et ne pas y toucher à moins d’une réelle nécessité, ou la restituer sous forme d’offrande à Dieu, le grand Dispensateur. ...

L’argent que vous avez gagné n’a pas été utilisé d’une façon sage et rationnelle; vous auriez dû en réserver une partie pour le cas où vous seriez malade et où votre famille se trouverait privée de votre soutien financier. Les vôtres devraient pouvoir compter sur un certain capital au cas où vous connaîtriez le dénuement.

Constitution d’un fonds d’épargne—Vous devriez, chaque semaine, mettre de côté en lieu sûr de cinq à dix dollars auxquels vous ne toucheriez qu’en cas de maladie. D’ailleurs, une partie de ces économies peut vous rapporter des intérêts. Après avoir payé vos dettes, vous pouvez donc vous constituer des réserves, à condition de bien gérer vos revenus.

J’ai connu une famille qui dépensait son salaire entier—vingt dollars par semaine—alors qu’une autre famille tout aussi nombreuse ne gagnait que douze dollars et parvenait néanmoins à en prélever un ou deux chaque semaine, parce qu’elle s’abstenait d’acheter des choses apparemment indispensables, mais dont elle pouvait tout de même se passer.

Sauvegarder l’avenir de vos biens par un testament—Les fidèles économes de Dieu sauront exactement où en sont leurs affaires et, en hommes avisés, ils seront prêts à toute éventualité. S’ils venaient à mourir subitement, ceux qui seraient appelés à dresser leur bilan ne rencontreraient aucune difficulté grave.

Beaucoup de gens ne pensent pas à faire leur testament tant qu’ils jouissent apparemment d’une bonne santé. Mais nos frères devraient prendre cette précaution. Il faudrait qu’ils connaissent exactement l’état de leur fortune et qu’ils ne laissent pas leurs affaires dans le désordre. Qu’ils fassent le nécessaire pour que tout soit clair s’ils viennent un jour à disparaître.

Les testaments devraient être libellés d’une façon légale. Une fois rédigés, ils peuvent rester tels quels pendant des années, sans causer de tort à personne si du moins le testateur continue à soutenir régulièrement de ses dons la cause de Dieu. Mes frères, le fait d’avoir écrit votre testament ne vous fera pas mourir un jour plus tôt. En prenant des dispositions en faveur de vos parents, n’oubliez pas l’œuvre de Dieu. Vous êtes dépositaires des biens du Seigneur; c’est aux exigences divines que vous devez accorder la priorité. Il ne s’agit pas, naturellement, de laisser votre femme et vos enfants dans la misère; selon leurs besoins, vous devez prendre des mesures en leur faveur. Mais ne faites pas figurer sur votre testament, simplement parce que c’est la coutume, une longue liste de parents qui ne sont pas dans le dénuement.

Souvenez-vous de la cause de Dieu tandis que vous êtes en vie—Que personne ne s’imagine qu’il sera en harmonie avec le Seigneur parce qu’après avoir accumulé des biens durant sa vie, il en aura légué, avant de mourir, une partie à une œuvre de bienfaisance.

Certains conservent leur fortune d’une manière égoïste durant toute leur vie, comptant pouvoir réparer leur négligence en mentionnant la cause de Dieu dans leur testament. Mais moins de la moitié de cet héritage profitera au destinataire mentionné. Frères et sœurs, faites vous-mêmes des investissements dans la banque du ciel, et n’abandonnez pas votre rôle de gérant au profit de quelqu’un d’autre.

Une imprudence à éviter: céder la gestion de ses biens à ses enfants—Les parents devraient prendre bien garde, en confiant à leurs enfants les richesses que Dieu a placées entre leurs mains, d’être tout à fait sûrs que ceux-ci s’intéressent à la cause de Dieu, qu’ils l’aiment et s’y dévouent autant qu’eux-mêmes; qu’ils seront même plus sincères et plus zélés qu’eux en faisant progresser cette œuvre, et plus généreux quand il s’agira de promouvoir les diverses entreprises qui s’y rattachent et qui nécessitent des fonds. Mais de nombreux parents abandonnent leurs biens à leurs enfants, se déchargeant sur eux de leurs responsabilités de gérants, et cela parce que Satan les y pousse. Ce faisant, ils placent véritablement leur fortune entre les mains de l’ennemi. Ce dernier agit de manière à réaliser ses propres projets, afin de priver la cause de Dieu de moyens dont elle a besoin et qui pourraient la soutenir efficacement.

L’accumulation des richesses, une malédiction—Ceux qui acquièrent des richesses dans le seul but de les entasser lèguent ainsi à leurs enfants une réelle malédiction. Ils commettent là un terrible péché qui met leur âme en danger et dont les conséquences affecteront jusqu’à leur postérité. Souvent les enfants gaspillent l’argent dans de telles extravagances et une telle débauche qu’ils en sont réduits à la mendicité. Ils ne connaissent pas la valeur de l’héritage qu’ils ont dilapidé. Si leurs parents leur avaient montré le bon exemple, en ne cherchant pas à accumuler des richesses, mais plutôt à les partager, ils auraient amassé pour eux-mêmes un trésor dans le ciel et reçu en retour la paix et le bonheur dans cette vie, et des richesses éternelles dans la vie à venir.