Le Foyer Chrétien

Chapitre 63

Apprendre aux enfants la manière de gagner de l’argent et de le dépenser

Enseignez la simplicité dans la vie quotidienne—Les parents doivent élever et éduquer leurs enfants de manière à leur inculquer des habitudes de tempérance et de renoncement. Ils doivent sans cesse leur rappeler leur devoir: obéir à la Parole de Dieu et vivre pour le service de Jésus. Ils doivent apprendre à leurs enfants qu’il est important d’introduire dans la vie quotidienne des habitudes de simplicité, et d’éviter de faire de trop grosses dépenses dans les vêtements, la nourriture, l’aménagement de leur maison et son ameublement.

On devrait apprendre aux enfants, dès leur plus jeune âge, à lire, écrire et calculer pour qu’ils sachent tenir leurs propres comptes. Ce sont des connaissances qu’ils peuvent acquérir progressivement. Mais avant tout, il faudrait leur faire comprendre que la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse.

La jeunesse doit tenir compte du budget familial—Les idées erronées sur l’emploi de l’argent ne peuvent qu’exposer nos jeunes à de graves dangers. On ne doit pas leur donner de l’argent en leur laissant croire que la source en est intarissable et qu’ils peuvent y puiser pour se payer tout ce dont ils croient avoir besoin. L’argent doit être regardé comme un don que Dieu nous a fait pour la poursuite de son œuvre, pour l’édification de son royaume. Les jeunes devraient apprendre à refréner leurs désirs.

Ne vous créez pas de multiples besoins, surtout si les fonds destinés aux dépenses du foyer sont limités. Calculez vos besoins en fonction des revenus de vos parents. Le Seigneur saura reconnaître et approuvera vos efforts désintéressés. ... Soyez fidèles dans les petites choses. Ainsi, vous ne risquerez pas de vous montrer insouciants dans les responsabilités plus importantes. La Parole de Dieu déclare: « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. » Luc 16:10.

Enseignez la valeur de l’argent—L’argent que les jeunes reçoivent sans grand effort n’a pas beaucoup de valeur à leurs yeux. Certains parents doivent travailler dur et s’imposer des privations pour gagner leur vie. Aussi est-il profitable, pour ces jeunes, qu’ils sachent d’où vient l’argent qu’ils dépensent, ce que coûtent leurs vêtements, leur nourriture et, éventuellement, l’achat d’une maison.

Pour les enfants, il y a diverses façons de gagner de l’argent et de faire leur part dans les offrandes de gratitude à Jésus, qui a donné sa vie pour eux. ... On devrait leur apprendre que l’argent qu’ils gagnent ne leur appartient pas et ne doit pas être dépensé au gré de leur esprit dénué de maturité, mais qu’ils doivent l’utiliser d’une manière judicieuse, tout en pensant à des objectifs missionnaires. Ils ne devraient pas se contenter de demander de l’argent à leur père ou à leur mère pour le donner à la collecte puisque cet argent ne leur appartient pas. Ils devraient plutôt se poser la question: « Vais-je donner une part de ce qui ne m’a rien coûté? »

Il nous arrive de manquer de sagesse dans l’aide que nous apportons à nos enfants. Ceux qui fréquentent les institutions et y travaillent pour gagner leur écolage apprécient mieux leurs avantages que ceux qui sont pris en charge par quelqu’un d’autre, car ils savent ce qu’il leur en coûte. Nous ne devons pas nous occuper de nos enfants au point qu’ils deviennent des fardeaux dépourvus de toute initiative.

Les parents manquent à leurs devoirs lorsqu’ils se montrent trop généreux à l’égard d’un jeune qui n’a pas encore essayé de gagner de l’argent en travaillant utilement, alors qu’il est assez fort physiquement pour entreprendre des études de théologie ou de médecine.

Engagez les enfants à se procurer leur propre argent—Bien des enfants vivant hors de la ville peuvent disposer d’un bout de terrain et apprendre à y jardiner, ce qui leur donnera le moyen de trouver des fonds pour la cause de Dieu. Garçons et filles peuvent se livrer à une telle occupation; bien dirigés, ils sauront ainsi estimer l’argent à sa juste valeur et l’économiser. De cette manière, les enfants peuvent gagner, non seulement de quoi aider les missions, mais aussi de quoi s’acheter leurs propres vêtements, et on devrait les encourager dans ce sens.

Réagissez contre l’emploi inconsidéré de l’argent—Que d’argent ne gaspillons-nous pas en achats inutiles pour la maison, en fanfreluches, en vêtements raffinés, en sucreries et autres choses superflues! Parents, apprenez à vos enfants que c’est une erreur d’employer l’argent du Seigneur pour son propre plaisir. ... Encouragez-les à économiser autant que possible une partie de leur argent pour le consacrer au travail missionnaire. Ils acquerront ainsi une riche expérience en pratiquant le renoncement, et bien souvent cela les empêchera de se livrer à certains excès.

Les enfants peuvent apprendre à manifester leur amour pour le Christ en se privant de futilités à cause desquelles l’argent leur file littéralement entre les doigts. Un tel enseignement devrait être inculqué dans chaque famille. Il requiert tact et méthode, mais il représente la meilleure éducation que les enfants puissent recevoir. Et si tous les jeunes enfants voulaient bien apporter leurs offrandes au Seigneur, leur générosité illustrerait à merveille ce proverbe: « Les petits ruisseaux font les grandes rivières. »

Mettez une tirelire sur la cheminée ou dans un endroit où elle puisse être vue. Les enfants pourront y glisser leurs offrandes pour le Seigneur. ... Cela contribuera à leur formation au service de Dieu.

Apprenez aux enfants à donner la dîme et à faire des offrandes—Non seulement le Seigneur revendique la dîme comme sa propriété, mais il nous montre la manière dont elle devrait lui être réservée. Il dit: « Honore le Seigneur avec tes biens, et avec les prémices de tout ton revenu. » Proverbes 3:9. Cela ne veut pas dire que nous devions dépenser nos biens pour nous-mêmes et apporter au Seigneur ce qu’il en reste, même si ce restant correspond à la juste dîme. Non! Qu’en premier lieu la part de Dieu soit mise de côté. Les instructions que le Saint-Esprit nous transmet au sujet des dons sous la plume de l’apôtre Paul, mettent en lumière un principe qui s’applique également à la dîme: « Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra... » 1 Corinthiens 16:2. Ces préceptes s’adressent à la fois aux parents et aux enfants.

Une erreur dont se rendent coupables certains pères fortunés—Les circonstances dans lesquelles un enfant se trouve placé exercent souvent sur lui une influence plus réelle que l’exemple même de ses parents. Certains hommes fortunés s’attendent que leurs enfants soient exactement ce qu’ils étaient eux-mêmes dans leur jeunesse; et si ce n’est pas le cas, ils en accusent la perversité de la génération actuelle. Mais ils n’ont pas le droit de formuler de telles exigences pour leurs enfants, à moins de les placer dans des conditions semblables à celles qu’ils ont connues eux-mêmes. Ce sont justement ces circonstances qui ont fait du père ce qu’il est. Dès son jeune âge, il a été accablé par le dénuement et obligé de travailler avec courage et acharnement. Son caractère a été modelé par la dure école de la pauvreté. Il s’est trouvé contraint de limiter ses besoins, d’être diligent dans son travail et simple dans ses goûts. Pour trouver de quoi se nourrir et s’habiller, il a dû mobiliser toutes ses facultés et pratiquer l’économie.

Les pères se donnent du mal pour placer leurs enfants dans une situation aisée, plutôt que dans des circonstances semblables à celles qu’ils ont connues à leurs débuts. C’est là une erreur courante. Si, de nos jours, les enfants étaient soumis à la même école que leurs aînés, ils deviendraient aussi utiles qu’eux. Les parents ont modifié les conditions de vie de leurs enfants. Le père a eu la pauvreté pour maître; le fils, lui, ne connaît que l’abondance; tous ses désirs sont satisfaits. Le caractère de l’un a été formé à la dure école de l’austérité, où le plus petit bienfait était apprécié. La personnalité et les habitudes de l’autre seront façonnées, elles, non par les conditions de vie qui existaient autrefois, mais par la situation présente—caractérisée par l’aisance et le laisser-aller. ... Dans ces conditions, et alors que l’abondance règne de tous côtés, comment pourrait-on la lui refuser?

Le meilleur héritage que les parents puissent léguer à leurs enfants—Le plus bel héritage que l’on puisse laisser à ses enfants, c’est de leur apprendre à faire un travail utile et de leur donner l’exemple d’une vie caractérisée par la générosité. Une telle vie leur fera comprendre la véritable valeur de l’argent, qui ne doit être apprécié que pour le bien qu’il peut procurer en nous aidant à faire face à nos propres besoins ainsi qu’à ceux de nos semblables, et surtout à l’avancement de la cause de Dieu.