Le Foyer Chrétien

Chapitre 62

La nécessité de l’économie

« Rassemblez les restes »—Un jour, le Christ donna à ses disciples une leçon sur l’économie qui mérite une attention spéciale. Il avait accompli le miracle qui lui permit de nourrir les milliers de personnes venues écouter son enseignement. Lorsque toutes furent rassasiées, le Christ ne voulut pas que les restes soient perdus. Lui qui, par son pouvoir divin, avait pu nourrir cette grande multitude selon ses besoins, demanda à ses disciples de ramasser les restes, afin que rien ne soit perdu. Cette leçon s’adresse tout autant à nous qu’aux contemporains du Christ. Le Fils de Dieu connaissait les nécessités de la vie temporelle. Il ne négligea pas ce qui restait après le repas, bien qu’il soit capable de refaire un tel miracle.

Les leçons données par le Christ peuvent s’appliquer à tous les domaines de la vie pratique. L’économie doit être réalisée en toutes choses. Rassemblez les restes, afin que rien ne se perde. Il existe une forme de christianisme qui ne transforme pas le cœur et qui n’est, par conséquent, que de la théorie. Une telle religion demeure tout à fait étrangère à la vie pratique. Les devoirs religieux et la plus grande sagesse dans le domaine matériel doivent être étroitement liés.

Imitez le Christ en matière de renoncement—Afin de pouvoir connaître personnellement les déceptions, les épreuves et les chagrins qui atteignent les êtres humains, le Christ s’est abaissé jusqu’aux profondeurs du malheur et de l’humiliation. Il a foulé le sentier qu’il demande à ses disciples de suivre. Il leur dit: « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Matthieu 16:24. Mais ceux qui font profession de christianisme ne sont pas toujours disposés à pratiquer le renoncement que le Sauveur attend d’eux. Ils ne sont pas prêts à mettre un frein à leurs désirs et à leurs appétits pour être en mesure de donner davantage au Seigneur. Certains disent: « Ma famille a des goûts de luxe, et il faut beaucoup d’argent pour la satisfaire. » Cela montre que de telles personnes ont besoin d’apprendre les leçons d’économie enseignées par la vie du Christ. ...

Nous sommes tous tentés de nous accorder des satisfactions égoïstes et déraisonnables; mais souvenons-nous que le Seigneur qui possède la vie et la gloire est venu en ce monde pour enseigner à l’humanité la leçon du renoncement.

Ceux qui ne vivent pas pour eux-mêmes n’emploieront pas chaque franc à satisfaire leurs besoins imaginaires et leur goût du confort, mais ils se souviendront qu’ils sont les disciples du Christ, et que d’autres ont besoin de nourriture et de vêtements.

Économisez en vue d’aider la cause de Dieu—Il y aurait beaucoup à dire aux jeunes sur le privilège qui est le leur de pouvoir soutenir la cause de Dieu en apprenant l’économie et le renoncement. Plusieurs pensent qu’ils peuvent s’offrir tout ce qui peut leur faire plaisir et, pour cela, ils prennent l’habitude de dépenser tout leur salaire. Dieu veut qu’en ce domaine nous soyons plus raisonnables. Nous péchons contre nous-mêmes lorsque nous nous contentons de vivre pour manger, boire et nous vêtir. Dieu a quelque chose de plus élevé à nous offrir. Si nous sommes prêts à abandonner nos désirs égoïstes et à consacrer nos qualités de cœur et d’esprit à l’œuvre de Dieu, les puissances du ciel coopéreront avec nous, et feront de nous une véritable bénédiction pour nos semblables.

Même s’il est pauvre, un jeune qui est travailleur et économe peut mettre quelque argent de côté pour la cause de Dieu.

Conseils à ceux qui sont tentés de dépenser inutilement—Lorsque vous êtes tentés de dépenser de l’argent en futilités, vous devriez vous rappeler le renoncement et le sacrifice que le Christ a consentis pour sauver l’homme déchu. Nos enfants devraient apprendre à renoncer à eux-mêmes et à se maîtriser. Tant de prédicateurs trouvent qu’ils ont du mal à joindre les deux bouts parce qu’ils ne savent pas refréner leurs goûts, leurs ambitions et leurs penchants. Et si tant d’hommes font faillite et s’emparent malhonnêtement de certains fonds, c’est qu’ils cherchent à satisfaire les goûts exagérés de leurs femmes et de leurs enfants. Combien les parents ne devraient-ils pas s’appliquer, par le précepte et par l’exemple, à enseigner l’économie à leurs enfants!

J’aimerais pouvoir graver dans tous les esprits l’idée que gaspiller l’argent du Seigneur à s’offrir des fantaisies est un péché grave. Des dépenses qui paraissent insignifiantes peuvent provoquer un enchaînement de circonstances qui se répercuteront jusque dans l’éternité. Au jour du jugement, lorsque les livres seront ouverts, on mettra sous vos yeux le côté négatif de votre vie: le bien que vous auriez pu faire avec toutes les menues sommes réunies et celles—parfois très élevées—que vous avez dépensées à des buts totalement égoïstes.

Chaque franc et chaque centime comptent—Ne gaspillez pas votre argent—ne serait-ce que quelques francs ou quelques centimes—à des achats inutiles. Vous pensez peut-être que ces petites sommes sont dérisoires, mais si on les additionne, elles finiront par atteindre un chiffre impressionnant. Si nous le pouvions, nous tenterions de justifier les fonds dépensés en objets superflus dans les vêtements et pour la satisfaction de désirs égoïstes. Mais la pauvreté sous toutes ses formes est partout présente. Et Dieu nous a prescrit de secourir l’humanité souffrante de toutes les manières possibles.

Le Seigneur veut que son peuple soit prévoyant et consciencieux; qu’il étudie et pratique l’économie en toutes choses, et ne laisse rien se perdre.

Les sommes que nous dépensons chaque jour en futilités, avec l’idée que « cela ne coûte pas grand-chose », semblent bien minimes; mais si on les multiplie par les trois cent soixante cinq jours d’une année, et cela pendant plusieurs années, le montant final paraîtra presque incroyable.

Ne cherchez pas à rivaliser avec des voisins qui suivent la mode—Il vaut mieux ne pas jouer les riches ou prétendre être plus que nous ne sommes en réalité—c’est-à-dire les disciples effacés d’un Sauveur doux et humble. Si nos voisins construisent et aménagent leurs maisons d’une manière que nous ne pourrions nous permettre d’imiter, nous n’avons pas lieu d’en être troublés. Comment Jésus doit-il considérer nos efforts égoïstes pour satisfaire nos appétits, plaire à nos invités, ou suivre nos propres penchants! Chercher à parader ou permettre à nos enfants de nous imiter en ce domaine constitue un véritable piège de Satan.

Une expérience personnelle faite par Madame White dans son adolescence—À douze ans, je savais déjà ce que c’était que d’économiser. Avec ma sœur, j’appris un métier, et, bien que nous ne gagnions que 25 cents par jour, nous arrivions à en épargner une partie pour les missions. Ainsi, peu à peu, nous sommes parvenues à mettre de côté 30 dollars. Ensuite, lorsque nous entendîmes proclamer le message du retour imminent du Seigneur, et qu’un appel fut adressé pour trouver des ouvriers et des fonds, nous avons ressenti comme un privilège de pouvoir remettre les 30 dollars à notre père; nous lui avons demandé de les employer à l’acquisition de traités et de brochures destinés à diffuser le message parmi ceux qui étaient dans les ténèbres. ...

Avec l’argent que nous gagnions grâce à notre travail, ma sœur et moi nous nous procurions nos vêtements. Nous remettions la somme à notre mère, en lui disant: « Achète-nous des vêtements de manière qu’il reste quelque chose à donner pour l’évangélisation. » Et elle le faisait, entretenant ainsi en nous l’esprit missionnaire.

Pratiquer l’économie: un principe—Ceux qui répondent favorablement aux appels destinés à soutenir l’œuvre de Dieu et à soulager les malheureux, ne se montrent pas désordonnés, insouciants et négligents dans la conduite de leurs affaires. Ils veillent constamment à équilibrer leur budget. Pour eux, l’économie est un principe; ils considèrent que c’est leur devoir d’épargner afin d’exercer la libéralité.