Le Foyer Chrétien

Chapitre 61

Principes à observer en matière financière

L’argent peut être une bénédiction ou une malédiction—L’argent n’est pas nécessairement une malédiction; il possède même une grande valeur car, s’il est bien utilisé, il peut largement contribuer au salut des âmes et il nous permet de secourir ceux qui sont plus pauvres que nous. Mais s’il est utilisé sans prudence ni sagesse, ... l’argent devient un véritable piège. Celui qui l’utilise en vue de satisfaire son orgueil et son ambition en retire un mal plutôt qu’un bien. L’argent met constamment à l’épreuve nos sentiments. Celui qui gagne plus que le nécessaire doit rechercher le discernement et la grâce afin de mieux se connaître et de veiller attentivement sur son propre cœur. Il évitera ainsi de se créer des besoins imaginaires et d’être un mauvais économe dilapidant le capital que Dieu lui a confié.

Lorsque nous aimons Dieu par-dessus tout, les choses temporelles occupent leur juste place dans nos sentiments. Si nous cherchons humblement et sincèrement à acquérir les connaissances et la capacité requises pour faire un usage judicieux des biens de notre Seigneur, nous recevrons la sagesse d’en haut. Lorsque l’on obéit aux préférences et aux penchants de son cœur, lorsque l’on entretient l’idée qu’avec ou sans l’approbation de Dieu, « l’argent fait le bonheur », celui-ci devient une véritable tyrannie qui domine l’homme; on lui accorde sa confiance, on l’adore comme son dieu. On lui sacrifie l’honneur, la vérité, l’intégrité et la justice. On abandonne les commandements de Dieu et on se laisse diriger par les us et coutumes du monde, que le dieu Mammon a établis.

Recherchez la sécurité dans l’acquisition d’une maison ou d’un appartement—Si l’on avait continué à observer les lois de Dieu, la condition morale, spirituelle et matérielle de notre monde serait tout autre. L’égoïsme et la présomption ne se manifesteraient pas comme aujourd’hui, mais chacun s’intéresserait avec bonté au bonheur et au bien-être d’autrui. ... Au lieu de se laisser écraser sous la férule oppressive des riches; au lieu de confier à d’autres le soin de réfléchir et de faire des projets à leur place, les moins favorisés devraient avoir la possibilité d’accéder à l’indépendance de pensée et d’action.

Le fait de se savoir les propriétaires d’une maison bien à eux leur inspirerait un profond désir de se développer. Ils deviendraient rapidement capables d’élaborer des plans et de se diriger eux-mêmes; ils inculqueraient des habitudes de travail et d’économie à leurs enfants, dont les facultés mentales se trouveraient ainsi grandement fortifiées. Ceux qui appartiennent à la classe pauvre comprendraient qu’ils sont des hommes, non des esclaves, et ils se sentiraient capables de reconquérir, dans une grande mesure, le respect de soi et l’indépendance morale.

Encouragez nos membres à sortir des villes pour se fixer à la campagne; ils pourront s’y procurer un lopin de terre et y construire une maison pour eux et leurs enfants.

Conseils touchant la vente de maisons d’habitation—Des frères et des sœurs pauvres m’écrivent pour me demander s’ils doivent vendre leur maison et en donner le produit pour la cause. Ils déclarent avoir été bouleversés par nos appels et veulent faire quelque chose pour le Maître qui a tout fait pour eux. Je leur répondrai: Il ne vous est peut-être pas demandé de vendre sur-le-champ vos modestes demeures, mais adressez-vous à Dieu; il entendra certainement vos prières et vous donnera la sagesse nécessaire pour comprendre où est votre devoir.

Dieu n’exige pas pour l’instant que les membres se dessaisissent des maisons qu’ils habitent; mais si ceux qui possèdent de grands biens n’écoutent pas sa voix, s’ils ne se séparent pas du monde et ne consentent pas à faire des sacrifices pour lui, il se désintéressera d’eux et s’adressera à ceux qui sont prêts à faire quelque chose pour Jésus, jusqu’à vendre éventuellement leurs maisons pour répondre aux besoins de l’œuvre.

Une indépendance louable—Il est une forme d’indépendance qui est louable. Il est normal que l’on se prenne soi-même en charge et que l’on ne vive pas aux crochets des autres. Vouloir se suffire à soi-même est une ambition noble et généreuse. Il faut acquérir des habitudes de travail et d’économie.

Un budget équilibré—Ils sont nombreux, très nombreux, ceux qui n’ont pas appris à équilibrer leur budget. Ils ne parviennent pas à s’adapter aux circonstances; ils empruntent et empruntent à nouveau, au point d’être criblés de dettes; finalement, ils sont découragés et déprimés.

Tenez une comptabilité de vos dépenses—L’habitude de s’accorder tout ce dont on a envie et le manque de savoir-faire de l’épouse peuvent grever considérablement le budget familial; cependant, la mère pense peut-être qu’elle fait de son mieux, parce qu’elle n’a jamais appris à restreindre ses besoins et ceux de ses enfants, et qu’elle n’a pas acquis l’habileté requise dans les travaux ménagers. Une famille peut ainsi avoir besoin de deux fois plus d’argent qu’une autre famille de la même importance.

Tous devraient apprendre à tenir leurs comptes. Certaines personnes pensent que ce n’est pas essentiel, mais elles ont tort. Il faut noter ses dépenses avec soin.

La fâcheuse habitude de dilapider son argent—Le Seigneur a bien voulu me faire connaître les maux qu’engendrent des habitudes de prodigalité, pour que je puisse exhorter les parents à enseigner une stricte économie à leurs enfants. Apprenez-leur que l’argent dépensé à des choses superflues est détourné de son usage approprié.

Si vous vous laissez aller au gaspillage, rompez sans tarder avec cette habitude, sinon vous courez à votre ruine éternelle. Des principes de travail, d’économie et de sobriété représentent pour vos enfants un héritage préférable à une grosse dot.

Nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre. Ne dépensons pas notre argent à satisfaire des désirs que Dieu nous demande de réprimer. Témoignons fidèlement de notre foi en mettant un frein à nos désirs.

Reproches à un père prodigue—Vous ne savez pas utiliser vos fonds de façon rationnelle et vous n’avez pas appris à vivre selon vos moyens. ... Vous désirez vivement gagner de l’argent, pour pouvoir l’employer librement et au gré de vos désirs, si bien que votre enseignement et votre exemple dans ce domaine ont été une malédiction pour vos enfants. Ils accordent bien peu d’importance aux principes. Ils oublient Dieu de plus en plus, ne se soucient pas de lui déplaire et refusent toute contrainte. Plus on obtient facilement de l’argent, moins on est reconnaissant.

À une famille vivant au-dessus de ses moyens—Vous devez surveiller vos dépenses pour qu’elles ne dépassent pas vos recettes. Restreignez vos besoins.

Il est bien dommage que votre épouse vous ressemble tant dans ce domaine et qu’elle ne puisse pas vous aider en surveillant les petites dépenses pour éviter le gaspillage. Dans votre ménage, vous ne cessez d’accumuler les frais inutiles. Votre épouse aime voir ses enfants porter des vêtements bien trop coûteux pour vos moyens et, de ce fait, vous entretenez chez eux des goûts et des habitudes qui les rendent vaniteux et orgueilleux. Si seulement vous vouliez apprendre à économiser; si vous pouviez comprendre tout le danger qu’il y a à être dépensier, non seulement pour vous-même, mais aussi pour vos enfants et pour la cause de Dieu! Vous feriez une expérience essentielle pour la formation de votre caractère. Mais si vous n’y parvenez pas, vos enfants seront marqués pour la vie par votre mauvais exemple.

Il ne s’agit pas de vous inciter à accumuler des richesses—cela vous serait difficile—mais de vous conseiller à tous deux de dépenser votre argent avec discernement et d’enseigner chaque jour à vos enfants la modération, le renoncement et l’économie. Il vous faut les éduquer à la fois par le précepte et par l’exemple.

Une famille invitée au renoncement—Mon frère, ma sœur, il m’a été montré que vous avez beaucoup à apprendre. Vous vivez au-dessus de vos moyens. On ne vous a pas enseigné à économiser. Si vous touchez un salaire élevé, vous ne savez pas comment tirer le meilleur parti de cet argent. Au lieu d’agir avec prudence, vous suivez vos goûts ou vos désirs. Parfois, vous dépensez votre argent en achetant certains aliments coûteux que vos frères ne peuvent pas s’offrir. L’argent sort bien trop facilement de votre poche. ... Le renoncement est une vertu que vous devez cultiver l’un et l’autre.

Les parents devraient apprendre à vivre selon leurs moyens et enseigner le renoncement à leurs enfants, par le précepte et par l’exemple. Ils devraient avoir des besoins moins nombreux et plus modestes, afin de pouvoir consacrer plus de temps à leur culture mentale et à leur développement spirituel.

L’indulgence excessive n’est pas une preuve d’amour—N’entretenez pas chez vos enfants l’idée que, parce que vous les aimez, vous devez tolérer leur orgueil, leurs caprices et leur goût pour le luxe. Ce n’est pas le moment d’essayer de trouver comment dépenser tout son argent. Utilisez plutôt votre imagination à chercher le moyen d’économiser.

Économie et générosité ne sont pas incompatibles—La jeunesse d’aujourd’hui tend naturellement à négliger et à mépriser l’économie; elle la confond avec l’avarice et la mesquinerie. Or, le fait d’épargner est tout à fait compatible avec les idées et les sentiments les plus larges et les plus généreux. Là où il n’y a pas d’économie, il ne peut y avoir de vraie générosité. Personne ne doit penser qu’il est indigne de lui d’économiser et de chercher la meilleure façon d’utiliser les restes.

Une économie poussée à l’extrême—Dieu n’est pas honoré lorsque nous négligeons notre corps ou que nous lui imposons des excès, nous rendant ainsi inaptes pour son service. Prendre soin du corps en lui fournissant des aliments savoureux et nourrissants est un des premiers devoirs de la maîtresse de maison. Mieux vaut dépenser moins pour les vêtements et l’ameublement que se restreindre sur la nourriture.

Quelques maîtresses de maison rationnent leur famille aux repas afin d’être en mesure de recevoir somptueusement leurs visiteurs. Ce n’est pas raisonnable. Soyons plus simples avec nos hôtes et songeons avant tout aux besoins des nôtres.

Une économie excessive et des coutumes artificielles nous empêchent souvent d’exercer l’hospitalité lorsqu’elle serait nécessaire et bénie. Il faudrait que nos tables soient suffisamment garnies pour que le visiteur inattendu n’impose pas à la ménagère un travail supplémentaire.

Notre esprit d’économie ne portera jamais préjudice à la bonne alimentation de nos élèves qui doivent recevoir une nourriture abondante et saine. Mais que ceux qui ont la responsabilité de la cuisine rassemblent les restes afin que rien ne se perde.

Économie ne veut pas dire avarice, mais signifie une prudente utilisation des moyens disponibles, car il y a une grande œuvre à accomplir.

Offrir à l’épouse des commodités pour alléger sa tâche—La famille de frère E. s’efforce d’appliquer les principes d’une stricte économie. ... En toute conscience, frère E. a décidé de ne pas aménager une cuisine et un réduit pour ranger le bois de chauffage nécessaire à sa grande famille, car il ne se sentait pas le droit d’investir des fonds pour accroître son confort personnel alors que l’on a besoin d’argent pour faire progresser la cause de Dieu. J’ai cherché à lui montrer qu’il était indispensable, à la fois pour la santé et le moral de ses enfants, de rendre la maison agréable et de se procurer les appareils ménagers qui permettront d’alléger la tâche de son épouse.

De l’argent de poche pour l’épouse—Vous devez vous aider l’un l’autre. Ne considérez pas comme une vertu de serrer les cordons de la bourse, en refusant de donner de l’argent à votre femme.

Vous devriez lui remettre chaque semaine une certaine somme d’argent et la laisser libre de l’employer à son gré. Vous ne lui avez pas donné l’occasion de développer son ingéniosité et ses goûts parce que vous n’avez pas une juste notion du rôle que l’épouse doit remplir. La vôtre possède un jugement sain et bien équilibré.

Confiez à votre femme une partie de l’argent que vous recevez. Que cette part lui appartienne en propre et qu’elle puisse en user comme il lui plaît. Vous devriez l’autoriser à utiliser à sa guise un argent qu’elle a bien gagné. Si elle avait disposé d’une certaine somme, qu’elle aurait dépensée à son gré, sans être critiquée, son esprit aurait été soulagé d’un grand poids.

Recherchez le confort et la santé—Frère P. n’a pas fait un usage judicieux de ses fonds. Au lieu de se laisser guider par un jugement sain, il s’est laissé influencer par les idées et les désirs de ses enfants. Il ne mesure pas à leur juste valeur les moyens dont il dispose; il devrait les employer avec discernement pour se procurer les objets qui sont vraiment indispensables au confort et à la santé des siens. Toute la famille doit faire des progrès dans ce domaine. Bien des choses lui sont nécessaires, si elle veut bénéficier du confort et de certaines commodités. Le manque d’ordre et d’organisation en matière de gestion du foyer a un effet réellement nuisible et destructeur.

Nous revêtir de haillons ou priver notre maison de tout ce qui contribue à la rendre confortable, attrayante et pratique ne nous donnera pas un cœur plus pur ni plus saint.

Dieu n’exige pas de son peuple qu’il se prive de ce qui est réellement nécessaire à sa santé et à son bien-être, mais il n’approuve ni le laisser-aller, ni le gaspillage, ni les goûts de luxe.

Gérer ses biens avec sagesse—Vous devriez apprendre à savoir dans quelle mesure il faut économiser et jusqu’à quel point il vous faut dépenser. À moins que nous ne renoncions à nous-mêmes et ne portions notre croix, nous ne pouvons être des disciples du Christ. Il nous faut régler fidèlement nos dettes à mesure que nous les contractons, combler les déficits, rattraper les pertes et savoir exactement ce qui nous revient. Vous devriez établir le compte des moindres dépenses faites pour votre propre plaisir, noter ce que vous avez utilisé uniquement pour satisfaire et entretenir vos désirs et vos appétits pervertis. L’argent dépensé en friandises inutiles pourrait être employé pour augmenter considérablement le confort et les commodités de votre maison. Il n’est pas nécessaire de se montrer avare; il suffit que vous soyez honnêtes avec vous-mêmes et avec vos frères. L’avarice est un mauvais usage des bontés de Dieu. La prodigalité est aussi un abus. Les menues dépenses qui vous semblent négligeables finissent par représenter de grandes sommes.

Le cœur soumis sera guidé—Il n’est pas nécessaire ici de spécifier comment l’économie peut se pratiquer dans chaque cas. Ceux dont le cœur est entièrement livré à Dieu, et qui se laissent guider par sa Parole, sauront comment se conduire dans tous les devoirs de la vie. Ils apprendront à l’école de Jésus, qui est doux et humble de cœur; en cultivant la patience du Christ, ils fermeront la porte à de multiples tentations.