Le Foyer Chrétien

Chapitre 59

Les parents âgés

« Honore ton père et ta mère »—L’obligation qui incombe aux enfants d’honorer leurs parents est valable leur vie durant. Si les parents sont affaiblis par l’âge, les enfants doivent leur manifester une affection et des attentions proportionnées à leurs besoins. Même si cela exige des sacrifices, ils devraient, avec dignité et détermination, organiser leur existence de manière à leur éviter tout souci et toute anxiété. ...

Les enfants devraient apprendre à aimer leur père et leur mère, et à s’occuper d’eux avec tendresse. Prenez soin d’eux vous-mêmes; les menus témoignages d’affection que vous pouvez leur prodiguer seront, venant de vous, bien mieux appréciés que s’ils viennent de toute autre personne. Profitez de l’occasion précieuse qui vous est offerte de répandre la semence de l’amour.

Nos obligations envers nos parents ne cessent pas avec les années. Notre amour pour eux et celui qu’ils ont pour nous ne se mesure pas par le temps ou la distance; nous n’aurons jamais le droit de décliner notre responsabilité à leur égard.

Les enfants doivent se souvenir qu’en mettant les choses au mieux, il reste à leurs parents âgés bien peu de joies et de satisfactions. Qu’est-ce qui pourrait davantage les attrister que se voir négligés par leurs enfants? Quel péché plus grave pourrait-on commettre que de faire de la peine à un père ou à une mère âgés et faibles?

Aplanir le chemin—Quand ils sont devenus adultes, certains s’imaginent que leur devoir se borne à procurer un logement à leurs parents. Ils leur donnent le vivre et le couvert, mais ni affection ni tendresse. Lorsque leurs parents sont âgés et qu’ils aspirent à être entourés d’amour et de compréhension, ces enfants les privent sans pitié de leurs attentions. On ne devrait, à aucun moment, manquer d’égards et d’affection envers ses parents. Tant que ceux-ci sont en vie, on devrait se faire une joie de les honorer, de les respecter et de mettre dans leur vie toute la gaieté et tout le soleil possibles. On rendrait ainsi moins pénible le chemin qui les conduit au tombeau. Dire de quelqu’un qu’il a aimé et honoré ses parents est le plus bel éloge que l’on puisse faire ici-bas et le meilleur témoignage qui puisse être inscrit dans les registres du ciel.

Ingratitude envers les parents—Est-il possible que des enfants deviennent si indifférents aux besoins de leurs parents? Qu’ils ne cherchent pas spontanément à leur éviter toute cause de chagrin en veillant sur eux avec une sollicitude, un soin et un dévouement inlassables? Comment peuvent-ils ne pas considérer comme un privilège de faire de leurs derniers jours les plus doux moments de leur existence? Comment un fils (ou une fille) peut-il envisager d’abandonner à des étrangers le soin de s’occuper de son père ou de sa mère? Même si la mère est incroyante ou d’un caractère désagréable, cela ne dispense pas l’enfant de prendre soin d’elle, comme Dieu le lui demande.

Un manque de respect imputable à certains parents—Lorsque des parents permettent qu’un enfant leur manque de respect quand il est petit, qu’ils le laissent parler de façon grossière, ils doivent s’attendre à moissonner plus tard une bien triste récolte. S’ils n’arrivent pas à obtenir une prompte et parfaite obéissance, ils n’assurent pas à leurs enfants de bonnes bases pour leur caractère. Ils les prédisposent à les déshonorer dans leurs vieux jours, et à leur causer du chagrin lorsqu’ils approcheront de la tombe, à moins que le cœur et le caractère de leurs enfants ne soient changés par la grâce du Christ.

Ne montrez pas de rancune contre des parents injustes—Quelqu’un a dit de sa mère: « J’ai toujours haï ma mère, et ma mère elle-même me détestait. » Ces paroles sont notées dans les registres du ciel et seront révélées au jour du jugement, quand chacun sera rémunéré selon ses œuvres.

Lorsque des enfants estiment avoir été traités avec dureté dans leur jeune âge, cela les aidera-t-il à grandir dans la grâce et la connaissance du Christ, et à refléter son image, s’ils cultivent un esprit de rancune et de vengeance à l’égard de leurs parents, tout spécialement si ces derniers sont de faible santé? La fragilité de leurs parents ne devrait-elle pas au contraire susciter leur amour? Les besoins d’un père et d’une mère âgés n’éveilleront-ils pas en eux des sentiments plus généreux, et, par la grâce du Christ, ne traiteront-ils pas leurs parents avec tendresse et respect? Puissiez-vous ne pas laisser votre cœur s’endurcir contre votre père et votre mère! Comment une fille qui se réclame du nom du Christ pourrait-elle cultiver un sentiment de haine envers sa mère, surtout si celle-ci est âgée et malade? Que les enfants gardent dans leur cœur pour leurs parents de la tendresse et de l’amour, les fruits les plus doux de la vie chrétienne!

Supportez leurs infirmités avec patience—Il est particulièrement pénible de penser qu’un enfant puisse arriver à détester sa mère devenue âgée, faible et victime des infirmités de l’âge qui la font retomber en enfance. Combien les enfants devraient être patients et affectueux envers une telle mère! Ils devraient employer des paroles aimables pour ne pas la contrarier. Un chrétien sincère ne se montrera jamais dur ni négligent envers ses parents, quelles que soient les circonstances; il prendra en considération le cinquième commandement: « Honore ton père et ta mère ». Dieu dit aussi: « Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard. » Lévitique 19:32. ...

Enfants, veillez à ce que vos parents, infirmes et incapables de se suffire à eux-mêmes, vivent leurs derniers jours dans la joie, la paix et l’amour. Au nom du Christ, ne leur offrez, sur le chemin qui les conduit au tombeau, que des paroles de compréhension, d’amour, de reconnaissance et de pardon. Vous souhaitez que le Seigneur vous aime, qu’il ait pitié de vous et vous pardonne, et qu’il vous assiste lorsque vous êtes malade? Traitez vos semblables comme vous aimeriez qu’on vous traite.

Le plan de Dieu en faveur des personnes âgées—Un autre problème constamment soulevé est celui des soins que nous devons accorder à nos frères et sœurs âgés et sans foyer. Que pouvons-nous faire pour eux? Les instructions que le Seigneur m’a données m’ont été répétées. Créer des établissements où les vieillards se retrouveront entre eux n’est pas la solution idéale. On ne devrait pas non plus avoir à les éloigner de leur demeure pour qu’on s’occupe d’eux. Que les membres de chaque famille prennent soin de leurs propres parents. Quand ce n’est pas possible, cette tâche incombe à l’Église qui devrait l’accepter à la fois comme un devoir et comme un privilège. Tous ceux qui ont l’esprit du Christ témoigneront de la tendresse et un intérêt spécial à ceux qui sont affaiblis par l’âge.

Un privilège qui procure satisfaction et joie—La seule pensée d’avoir contribué au bien-être de leurs parents procure aux enfants de la satisfaction tout au long de leur vie, et sera également pour eux une source de joie le jour où ils auront eux-mêmes besoin de sympathie et d’affection. Ceux dont le cœur est rempli d’amour considéreront comme un privilège inestimable de pouvoir adoucir la vie de leurs parents arrivés à l’heure de la vieillesse. Ils se réjouiront d’avoir pu rendre heureux et paisibles leurs derniers jours. En revanche, si nous refusons à ceux qui sont âgés et faibles les soins affectueux d’un fils ou d’une fille, nous vivrons le cœur rongé de remords—à moins qu’il ne soit aussi endurci et aussi froid qu’une pierre.