Le Foyer Chrétien

Chapitre 57

Attitude à prendre à l’égard d’un conjoint incroyant

Une épouse chrétienne doit-elle quitter un mari incroyant?—J’ai reçu des lettres écrites par des mères qui me font part de leurs épreuves et me demandent conseil. J’évoquerai l’un de ces cas typiques. Le mari et père n’est pas croyant, ce qui rend la tâche de la mère très difficile pour l’éducation de ses enfants. Son époux est un homme irréligieux, vulgaire, qui tient à sa femme des propos injurieux, et qui apprend à ses enfants à mépriser l’autorité de leur mère. Lorsque celle-ci essaie de prier avec eux, il intervient, fait le plus de bruit possible et les interrompt en maudissant Dieu et en proférant des injures à l’égard de la Bible. Cette femme est tellement découragée que la vie lui est devenue un fardeau. Quel bien peut-elle faire? Est-ce un avantage pour ses enfants qu’elle demeure à la maison? Elle éprouve le vif désir de travailler dans la vigne du Seigneur et elle a pensé qu’il vaudrait mieux pour elle quitter sa famille puisque son mari incite continuellement ses enfants à lui manquer de respect et à lui désobéir.

Pour de tels cas, voici mon conseil: Mamans, quelles que soient les épreuves que vous serez appelées à supporter par suite de la pauvreté et des blessures, des meurtrissures que la dureté et le despotisme de votre mari infligent à votre âme, ne quittez pas vos enfants; ne les livrez pas à l’influence d’un père incroyant. Votre tâche consiste à contrebalancer son action, puisqu’il est apparemment sous la domination de Satan.

Soyez un vivant exemple de maîtrise de soi—Vous avez des épreuves, je le sais, mais mieux vaut réagir que se laisser aller. Votre mari a besoin de voir chaque jour un exemple vivant de patience et de maîtrise de soi. Faites votre possible pour lui plaire, mais sans céder pour autant sur un seul principe de la vérité. ...

Le Christ désire que l’être tout entier soit à son service—le cœur, l’âme, l’intelligence, la force. Si vous lui donnez ce qu’il attend de vous, vous le représenterez dans votre caractère. Que votre mari voie l’œuvre du Saint-Esprit agissant en vous. Soyez attentive et prévenante, patiente et indulgente. Ne lui imposez pas la vérité. Faites votre devoir, comme le doit une épouse, et voyez si son cœur n’est pas touché. Ne détournez pas votre affection de votre mari. Faites-lui plaisir de toutes les manières possibles. Que vos convictions religieuses ne vous séparent pas de lui. Obéissez à Dieu en toute conscience, et donnez satisfaction à votre mari chaque fois que vous le pouvez. ...

Qu’il soit évident pour tous que vous aimez Jésus et que vous vous confiez en lui. Donnez à votre mari et à vos amis croyants et incroyants la preuve que vous désirez les voir apprécier les beautés de la vérité. Mais ne manifestez pas une anxiété pénible qui porte si souvent préjudice à une action positive. ...

N’adressez jamais un mot de reproche ou une critique à votre mari. Vous traversez parfois des moments difficiles, mais n’en parlez pas. Le silence est éloquent. Les paroles d’irritation ne feront qu’augmenter votre souffrance. Soyez gaie, chassez les ombres de votre foyer; mettez-y tout le soleil possible. Que les rayons lumineux du Soleil de Justice illuminent le temple de votre âme. Ainsi, le parfum de la vie chrétienne se répandra sur votre famille. On ne s’appesantira pas sur les sujets de perplexité qui, bien souvent, ne sont qu’imaginaires.

Encouragements adressés à une femme accablée—Puisque votre mari s’est détourné de Jésus, une double responsabilité repose maintenant sur vous.

Je conçois qu’il doit vous être très pénible de demeurer seule fidèle à la Parole de Dieu. Mais qui sait si votre vie de foi et d’obéissance ne ramènera pas un jour votre mari à la vérité? Conduisez vos chers enfants à Jésus. Apprenez-leur, dans un langage simple, les paroles de vérité. Chantez-leur des cantiques joyeux et entraînants qui leur révéleront l’amour du Christ. Amenez vos enfants à Jésus, car il les aime.

Cultivez la bonne humeur. N’oubliez pas que vous avez un Consolateur, le Saint-Esprit, que le Christ vous a envoyé. Vous n’êtes jamais seule. Si vous écoutez la voix qui vous parle aujourd’hui, si vous répondez sans délai à celui qui frappe à la porte de votre cœur: « Entre, Seigneur Jésus, afin que je soupe avec toi, et toi avec moi », l’hôte céleste y entrera. Et lorsque son influence divine demeurera avec vous, vous connaîtrez la paix et le repos.

Sachez défendre les principes chrétiens—Le foyer qui n’honore pas Dieu ressemble à un navire qui se trouverait en pleine mer, sans pilote ou sans gouvernail. La tempête se déchaîne autour de lui, et tous ceux qui sont à son bord risquent de périr. Sachez que votre vie et celle de vos enfants sont précieuses aux yeux du Christ, car vous et votre époux devez comparaître avec eux devant le trône de Dieu. Loin de s’affaiblir, vos solides principes chrétiens doivent s’affermir sans cesse. Bien que cela puisse contrarier votre mari et malgré l’opposition que cela suscite de sa part, vous devez être conséquente, fidèle, et faire preuve de fermeté, comme il sied à une chrétienne. Ainsi, quoi qu’il en dise, il ne pourra que vous respecter au fond de son cœur, si celui-ci n’est pas de pierre.

Dieu premier servi—Frère T. ... a fait preuve d’hypocrisie. Il s’est mis à fumer, mais il voudrait bien que ses frères ne le sachent pas. Il m’a été montré que ce péché a freiné son développement spirituel. Parvenu à un âge avancé, il doit s’efforcer de s’abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. Il a aimé la vérité et souffert pour elle. Maintenant, il lui faudrait apprécier la récompense éternelle, les richesses célestes, l’héritage et la couronne incorruptibles au point d’être prêt à renoncer de bon cœur à la satisfaction de ses désirs pervertis, pour que s’accomplisse l’œuvre de purification de la chair et de l’esprit, quelles qu’en soient les conséquences, si douloureuses soient-elles.

Il me fut alors montré sa belle-fille. Elle est aimée de Dieu, mais on la tient dans une sorte d’esclavage; elle est en proie à la crainte, à la peur, au découragement, au doute, et elle est très nerveuse. Cette sœur ne devrait pas croire qu’elle doit soumettre sa volonté à un jeune homme incroyant qui est moins âgé qu’elle.

Qu’elle se rappelle que le mariage ne doit pas détruire sa personnalité. Dieu a sur elle des droits qui surpassent ceux des autorités terrestres. Ayant été rachetée par le sang du Christ, elle ne s’appartient pas. Mais elle ne parvient pas à mettre son entière confiance en Dieu; elle accepte de sacrifier ses convictions et sa conscience à un homme autoritaire et tyrannique, que Satan excite chaque fois que son pouvoir démoniaque peut agir par son intermédiaire pour intimider l’âme craintive et tremblante de son épouse. Celle-ci a déjà été soumise à tant d’émotions que son système nerveux s’en trouve affaibli et qu’elle est presque devenue une épave. Est-ce la volonté du Seigneur que cette sœur soit dans un tel état et que Dieu soit ainsi privé de ses services? Certainement pas. Son mariage a été une ruse du malin. Cependant, elle devrait s’en accommoder de son mieux, agir avec bonté envers son mari et le rendre aussi heureux que possible sans trahir sa conscience; car s’il persiste dans sa révolte, ce monde sera son unique paradis. En revanche, il n’est pas conforme à la volonté de Dieu qu’elle renonce à assister aux réunions pour plaire à un mari autoritaire, animé par l’esprit du dragon.

Voici ce que nous lisons dans la parabole du grand souper: « Un autre dit: Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis aller. » Le péché de cet homme n’était pas de s’être marié, mais d’avoir épousé une personne qui avait détourné son esprit des choses les plus nobles et les plus importantes de la vie. Un homme ne devrait jamais permettre à son épouse et à son foyer d’éloigner ses pensées du Christ ou de l’amener à refuser les invitations de l’Évangile.

« Qui veut tout perd tout »—Frère K, vous avez connu bien des découragements; mais vous devez rester fidèle, ferme et décidé à accomplir votre devoir envers les vôtres et à les entraîner dans votre sillage, si cela est possible. Vous ne devriez reculer devant aucun effort pour les décider à vous accompagner sur le chemin de la sanctification. Mais si la mère et les enfants s’y refusent, s’ils tentent plutôt de vous soustraire à vos devoirs et à vos privilèges spirituels, vous devez aller de l’avant, même s’il vous faut marcher seul. Vous devez vivre dans la crainte de Dieu, saisir les occasions qui vous sont offertes d’assister aux réunions et d’acquérir le plus de force spirituelle possible, car vous en aurez besoin dans l’avenir. Les biens de Lot furent tous consumés. S’il vous arrivait de perdre quoi que ce soit, ne soyez pas découragé, mais si vous pouvez sauver ne fût-ce que quelques-uns de vos proches, cela vaut mieux que de les perdre tous.