Le Foyer Chrétien

Chapitre 55

Principes moraux

Satan cherche à pervertir l’institution du mariage—Avant le déluge, Satan apporta un soin tout particulier à pervertir l’institution du mariage, à en réduire les exigences et à en minimiser la sainteté. Il était convaincu qu’il n’y a pas de moyen plus sûr pour effacer en l’homme l’image de Dieu que de la plonger dans le malheur et dans le vice.

Satan sait fort bien ce qu’il y a dans le cœur humain. Pour l’avoir étudié durant des milliers d’années avec un acharnement diabolique, il connaît les points vulnérables de chaque individu. Aussi est-ce par les tentations mêmes qui ont eu tant de succès à Baal-Péor qu’il s’efforce, de siècle en siècle, de renverser les hommes les plus forts; ceux qu’on peut appeler des « piliers » en Israël. Tout au long des siècles, bien des hommes sont tombés dans l’écueil de la sensualité et sont devenus des épaves.

Tragédie en Israël—La licence fut le crime qui attira les jugements de Dieu sur Israël. L’effronterie dont les femmes font preuve pour prendre les âmes au piège n’a pas disparu après l’expérience de Baal-Péor. Malgré le châtiment qui frappa les pécheurs en Israël, le même crime s’est répété à plusieurs reprises. Satan déployait tous ses efforts visant à anéantir le peuple d’Israël.

Ce que les guerres avec les nations et les sortilèges de Balaam n’avaient pas réussi à faire contre les Hébreux, leurs propres pratiques licencieuses y parvinrent. Ils furent séparés de leur Dieu. La protection dont ils jouissaient leur fut retirée. Dieu devint leur ennemi. Un si grand nombre de notables et de gens du peuple s’étaient rendus coupables de sensualité que cette transgression était devenue un péché national, qui provoqua la colère du Seigneur contre l’assemblée tout entière.

L’histoire se répète—À mesure que l’histoire de ce monde approchera de son terme, Satan agira avec toute sa puissance, de la même manière et avec des séductions semblables à celles qu’il utilisa pour tenter l’ancien d’Israël juste avant son entrée dans la terre promise. Il tendra des pièges à ceux qui prétendent garder les commandements de Dieu et qui sont sur le point d’atteindre la Canaan céleste. Il déploiera tous ses efforts pour attirer les âmes dans ses filets et attaquer sur leurs points faibles ceux qui se disent enfants de Dieu. Satan est résolu à écraser par ses tentations et à souiller par la sensualité l’âme de ceux qui n’ont pas soumis leurs passions aux facultés supérieures de leur être, qui ont permis à leur esprit de s’abandonner à leurs désirs charnels et à leurs penchants les plus bas. Il ne vise pas spécialement des objectifs de moindre importance, mais il tend ses filets par ceux qu’il peut engager comme ses agents pour séduire les hommes et les entraîner à prendre des libertés condamnées par la loi de Dieu. C’est contre les hommes qui occupent des postes de responsabilité, qui enseignent les exigences de la loi de Dieu et dont la bouche est pleine d’arguments pour la défendre, que Satan engage une telle campagne.—C’est contre eux qu’il exerce son pouvoir diabolique et qu’il met en œuvre ses moyens pour les vaincre sur les points faibles de leur caractère; car il sait bien que celui qui viole un seul commandement se rend coupable envers toute la loi. Ainsi, il peut avoir la main mise sur l’homme tout entier. L’esprit, l’âme, le corps et la conscience sont entraînés à la ruine. S’il s’agit d’un messager de justice qui bénéficie de grandes lumières, ou si le Seigneur l’a employé comme un instrument particulier pour la cause de la vérité, le triomphe de Satan est d’autant plus grand. L’adversaire exulte tandis que Dieu est profondément déshonoré.

L’immoralité prévaut aujourd’hui—La condition actuelle du monde m’a été dépeinte sous de bien sombres couleurs. L’immoralité règne partout. La licence est le péché particulier à notre époque. Jamais le vice ne s’est affiché avec une telle insolence. Une certaine torpeur envahit le monde et ceux qui aiment la vertu et la bonté sont presque découragés en constatant que l’iniquité se généralise à notre époque, qu’elle s’étale et s’enhardit. Et pas seulement chez les incroyants et les moqueurs. Si encore c’était le cas! Mais au contraire, beaucoup de soi-disant chrétiens sont coupables. Même ceux qui prétendent espérer dans la venue du Christ ne s’y préparent pas autant que Satan lui-même. Ils ne se purifient pas de toute souillure. Ils se sont tellement adonnés à la débauche que leurs pensées sont naturellement impures et leur imagination corrompue. Il est tout aussi impossible à leur esprit de s’arrêter sur des sujets purs et sains que d’essayer de détourner les eaux du Niagara et de leur faire remonter les chutes. ... Tout vrai chrétien devra apprendre à refréner ses passions et à agir seulement d’après de sûrs principes. Autrement, on ne peut être digne du nom de chrétien.

Un sentimentalisme morbide prévaut. Des hommes mariés reçoivent les avances de femmes mariées ou célibataires; les femmes aussi paraissent ensorcelées et perdent la raison, le discernement spirituel et le simple bon sens; les uns et les autres font tout ce que la Parole de Dieu et les témoignages de l’Esprit de Dieu condamnent. Ils connaissent bien les avertissements et les reproches, mais cela ne les empêche pas de s’engager sur la voie où d’autres les avaient précédés. C’est comme s’ils jouaient à un jeu qui leur tourne la tête. Satan les amène à se perdre eux-mêmes, à mettre en péril la cause de Dieu, à crucifier à nouveau le Fils de Dieu et à le couvrir d’opprobre.

L’ignorance, l’amour des plaisirs et les habitudes néfastes pour l’âme, le corps et l’esprit remplissent le monde d’une véritable lèpre morale; une atmosphère malsaine conduit à la ruine des milliers, des dizaines de milliers de personnes. Comment pourra-t-on sauver notre jeunesse? Les moyens humains dont nous disposons sont limités, mais Dieu vit et règne, et il peut faire beaucoup.

Les enfants de Dieu doivent se comporter différemment du monde—Les libertés prises à cette époque de corruption ne devraient pas servir de critère aux disciples du Christ. Cette familiarité qu’il est de bon ton d’afficher ne devrait pas exister parmi les chrétiens qui se préparent à l’immortalité. Si la sensualité, la pollution morale, l’adultère, le crime et le meurtre sont monnaie courante parmi ceux qui ne connaissent pas la vérité et refusent d’être dirigés par les principes de la Parole de Dieu, combien il importe que ceux qui se prétendent disciples du Christ, intimement liés à Dieu et aux anges, donnent un exemple meilleur et plus noble! Il est tout à fait essentiel que, par leur pureté et leur moralité, ceux-ci offrent un contraste indéniable par rapport à ceux qui sont dominés par leurs passions bestiales.

Périls et dangers croissants—En ce temps de décadence, on rencontrera beaucoup de personnes à ce point aveuglées par le péché qu’elles choisiront de vivre dans la licence parce que cela répond aux inclinations naturelles et perverses de leur cœur. Au lieu de se regarder dans le miroir de la loi de Dieu et de se conformer aux principes divins, elles permettent aux agents de Satan d’instaurer sa loi dans leur cœur. Les hommes corrompus trouvent plus facile de tordre le sens des Écritures pour justifier leur mauvaise conduite que de renoncer à leur péché, de purifier leur cœur et de régulariser leur vie.

Cette mentalité est plus répandue qu’on ne l’imagine, et elle se répandra à mesure que nous approcherons de la fin des temps.

Lorsque le pouvoir de séduction de Satan domine une personne, Dieu est oublié, tandis que l’homme plein de désirs corrompus est exalté. La sensualité cachée est pratiquée comme une vertu par ces âmes égarées. C’est là une forme de sorcellerie. ... Il y a toujours un pouvoir de séduction dans les hérésies et dans la sensualité. L’esprit est tellement confus qu’il ne peut raisonner intelligemment, et l’imagination l’éloigne sans cesse de la pureté. Les facultés spirituelles s’obscurcissent, et des personnes dont la conduite était jusque-là sans reproche se laissent abuser par les sophismes des agents de Satan qui se prétendent des messagers de lumière. L’influence exercée par ces derniers vient de leur pouvoir d’hallucination. S’ils se montraient tels qu’ils sont et dévoilaient ouvertement leurs tentations, ils seraient repoussés sans hésitation; mais ils agissent d’abord de manière à gagner la sympathie et la confiance, en se présentant comme des hommes de Dieu saints et désintéressés. En tant qu’envoyés de la Providence, ils peuvent alors entreprendre leur œuvre insidieuse et éloigner les âmes du droit chemin en essayant de dévaloriser la loi divine.

Une vie de dignité à l’abri de toute critique—L’esprit d’un homme ou d’une femme ne bascule pas d’un jour à l’autre de la pureté et de la sainteté dans la dépravation, la corruption et le crime. Il faut du temps pour transformer l’humain en divin, ou pour réduire des êtres formés à l’image de Dieu à l’état de créatures asservies à leurs instincts grossiers et sataniques. C’est par la contemplation que nous sommes transformés. Bien que fait à l’image de son Créateur, l’homme peut nourrir son esprit de telle manière que le péché, qui autrefois lui faisait horreur, finisse par lui devenir agréable. S’il cesse de veiller et de prier, il cesse par là-même de garder la citadelle de son cœur, et il s’engage sur la voie du péché et du crime. L’esprit est avili, et il est impossible de l’affranchir de la corruption aussi longtemps qu’il est habitué à asservir ses facultés morales et intellectuelles pour les assujettir aux passions les plus viles. Il faut livrer une guerre sans merci à l’esprit charnel; l’influence purificatrice de la grâce de Dieu, qui élèvera l’esprit et l’habituera à méditer sur des sujets purs et saints devrait nous être d’un précieux secours.

Aucun homme, jeune ou âgé, n’est en sécurité aussi longtemps qu’il ne ressent pas la nécessité de rechercher à chaque pas le conseil de Dieu. Seuls ceux qui demeurent en communion intime avec Dieu apprendront à placer son approbation au-dessus de celle des hommes, et à aimer la pureté, la grandeur d’âme, l’humilité et la douceur. Leur cœur doit être affermi comme l’était celui de Joseph. Ils affronteront alors sans défaillance la tentation de quitter le droit chemin: « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu? » Genèse 39:9. La tentation la plus forte n’est pas une excuse pour y succomber. Quelle que soit la pression exercée sur vous, le péché dépend de votre décision personnelle. Tout le mal provient du cœur non régénéré.

Pour faire face aux difficultés de notre temps, ne voulons-nous pas, comme le peuple qui garde les commandements de Dieu, ôter du milieu de nous tout péché, toute iniquité, toute corruption? Les femmes qui prétendent croire à la vérité ne se tiendront-elles pas sur leurs gardes afin de ne pas donner cours, par leur attitude, à une familiarité inadmissible? Elles peuvent fermer bien des portes à la tentation si elles veulent en tout temps observer une stricte réserve et une bonne tenue.

Les femmes doivent avoir une conduite élevée—Les femmes d’aujourd’hui—j’écris ceci le cœur affligé—qu’elles soient mariées ou non, ne gardent pas l’attitude réservée qui s’impose. Elles se comportent comme des aguicheuses. Elles recherchent les attentions des hommes mariés et des célibataires, et ceux qui manquent de force morale se laissent prendre au piège. S’ils sont tolérés, de tels travers émoussent les facultés morales et aveuglent l’esprit au point que le délit n’est plus considéré comme un péché. On fait naître dans l’esprit des pensées qui n’y seraient pas venues si la femme était restée à sa place dans la modestie et la retenue. Elle peut n’avoir eu aucune mauvaise intention, mais elle a encouragé les hommes qui sont tentés et qui ont besoin de toute l’aide que peuvent leur apporter ceux qui les côtoient. Elle pourrait éviter un grand mal si elle était prudente, discrète et si elle se conduisait moins librement en repoussant les hommages injustifiés et en gardant au contraire une attitude hautement morale et empreinte de dignité.

Il y a longtemps que j’ai décidé de parler à mes sœurs et de leur dire que, selon ce qu’il a plu au Seigneur de me montrer à diverses reprises, elles se rendent coupables d’une très grande faute. Elles ne prennent pas soin d’éviter toute apparence de mal. Elles ne sont pas toutes prudentes dans leur comportement, comme il sied à des femmes qui se disent chrétiennes. Leurs paroles ne sont pas aussi choisies que devraient l’être celles de femmes qui ont reçu la grâce de Dieu. Elles sont trop familières avec leurs frères. Elles s’attardent autour d’eux, se sentent attirées vers eux et semblent se plaire en leur compagnie. Elles sont tout à fait ravies de retenir leur attention.

Selon la lumière que le Seigneur m’a donnée, nos sœurs devraient se comporter tout autrement. Elles devraient être plus réservées, manifester moins de hardiesse, et cultiver en elles « pudeur et modestie ». Lorsqu’ils se rencontrent, les frères et les sœurs font preuve de trop de légèreté dans leurs conversations. Des femmes qui font profession de christianisme se permettent de gesticuler, de rire et de plaisanter. Cela n’est pas convenable et attriste l’Esprit de Dieu. Ces manifestations révèlent un manque de véritable délicatesse chrétienne. Loin de fortifier l’âme en Dieu, elles n’apportent que ténèbres; elles chassent les anges célestes, purs et raffinés et rabaissent celles qui s’y laissent aller, jusqu’à les avilir.

Trop souvent les femmes sont des tentatrices. Sous un prétexte ou sous un autre, elles attirent l’attention des hommes, mariés ou non, et les amènent à transgresser la loi de Dieu au point de détruire leur utilité dans l’œuvre et de mettre leur âme en péril. ... Si seulement les femmes voulaient élever le niveau de leur vie et devenir des ouvrières avec le Christ, leur influence serait moins dangereuse. Mais leur indifférence actuelle à l’égard des responsabilités du foyer et des droits de Dieu sur elles fait que leur influence s’exerce souvent dans la mauvaise direction; leurs capacités diminuent et leur travail ne porte pas le sceau divin.

Il y a tellement de jeunes filles effrontées, de femmes hardies et sans scrupule qui ont le don d’attirer l’attention, qui se plaisent dans la compagnie des jeunes gens, recherchent les hommages et encouragent au flirt les hommes mariés ou les célibataires, que si vous ne demeurez pas solides comme l’acier, les yeux fixés sur Jésus, vous serez entraînés dans les filets de Satan.

En tant qu’ambassadrice du Christ, je vous supplie, vous qui prétendez posséder la vérité présente, de ne pas souffrir le contact de la moindre souillure morale et de fuir la compagnie de ceux qui sont animés de pensées impures. Ayez pour ces péchés la plus grande horreur. Éloignez-vous, même dans vos conversations, de ceux qui se plaisent à s’en entretenir; car « de l’abondance du cœur, la bouche parle ». Matthieu 12:34.

Vous ne devriez pas accorder un seul instant votre attention à une suggestion impure et équivoque, car même cela souille l’âme comme les eaux polluées souillent le canal où elles se déversent.

Une femme qui permet que l’on tienne devant elle des propos déplacés, ou que l’on fasse des allusions grossières en sa présence, n’est pas telle que Dieu voudrait qu’elle soit; celle qui accepte des familiarités excessives ou des propositions immorales ne respecte pas sa dignité de femme créée à l’image de Dieu.

Protégée par un rempart de pureté—Nos sœurs devraient cultiver la véritable humilité; elles ne devraient pas être bavardes et hardies, mais modestes et réservées, spécialement en paroles. Qu’elles fassent preuve de savoir-vivre. Il est convenable et agréable à Dieu qu’elles soient aimables, affectueuses, compatissantes, humbles et indulgentes. Si elles adoptent cette attitude, elles ne seront pas importunées par les attentions déplacées des hommes de l’église ou de ceux du dehors. Tous sentiront que ces femmes qui craignent Dieu sont entourées d’un rempart de pureté qui les préserve de toute familiarité dangereuse.

Certaines femmes qui se prétendent chrétiennes font preuve d’un laisser-aller et d’une vulgarité qui les amènent à commettre des erreurs et à faire le mal. Mais les femmes chrétiennes qui appliquent leur esprit et leur cœur à méditer sur des sujets qui renforcent la pureté de leur vie, et qui élèvent leur âme dans la communion avec Dieu, ne seront pas facilement attirées loin du droit chemin. Elles seront capables d’affronter les sophismes de Satan, et prêtes à résister à ses artifices.

Je fais appel à vous qui êtes les disciples du Christ, afin que vous chérissiez le joyau précieux qu’est la modestie. Elle protégera votre vertu.

Apprendre à maîtriser ses pensées—Il vous faut maîtriser vos pensées. Ce n’est pas une tâche facile; vous n’y parviendrez qu’au prix d’efforts suivis et parfois pénibles. C’est là cependant ce que Dieu vous demande; c’est un devoir qui incombe à tout être doué de raison. Vous êtes responsables devant Dieu de vos pensées. Si vous vous complaisez en vaines rêveries, permettant à votre esprit de s’attarder sur des sujets impurs, vous êtes, dans une certaine mesure, aussi coupables devant Dieu que si vos pensées s’étaient concrétisées par des actes. Si cela ne s’est pas produit, c’est simplement parce que l’occasion ne s’est pas présentée. Rêvasser nuit et jour et se construire des châteaux en Espagne est une habitude mauvaise et excessivement dangereuse. Lorsque de telles habitudes sont bien ancrées, il est pratiquement impossible de s’en défaire et de diriger ses pensées sur des sujets purs, saints et élevés.

Gardez-vous de la flatterie—Je suis peinée lorsque je vois des hommes encensés, flattés, adulés. Dieu m’a montré que certains de ceux qui reçoivent ces attentions ne sont pas dignes de prononcer son nom. Et cependant, ils sont portés aux nues par des êtres bornés qui jugent seulement sur les apparences. Mes sœurs, ne faites pas de minauderies et ne flattez jamais de pauvres hommes faillibles, qu’ils soient jeunes ou vieux, mariés ou non. Vous ne connaissez pas leurs faiblesses et vous ne savez pas si ces attentions et ces louanges exagérées ne contribueront pas à leur perte. Je suis effrayée de constater le manque de clairvoyance et de sagesse que beaucoup manifestent dans ce domaine.

Les hommes qui accomplissent l’œuvre de Dieu et dans le cœur desquels le Christ habite, n’abaisseront pas l’idéal de la moralité, mais ils chercheront, au contraire, à l’élever sans cesse. Ils ne se complairont pas dans les louanges des femmes ni dans leurs prévenances. Mariés ou non, que les hommes disent: « Attention! Je ne donnerai pas prise à la moindre médisance. Ma réputation m’est plus précieuse que l’or et l’argent. Que Dieu me préserve de la ternir! Si les hommes la détruisent, ce ne sera pas parce que je leur en aurai fourni le prétexte, mais uniquement pour la raison même qui leur faisait dire du mal du Christ: la haine que leur inspiraient la pureté et la sainteté de son caractère; car il était pour eux un constant reproche. »

Si le pasteur essaie de vous séduire—Les insinuations les plus discrètes, d’où qu’elles viennent, vous invitant à vous complaire dans le péché ou à permettre que l’on prenne avec vous des libertés scabreuses, devraient être considérées comme l’injure la plus grave qui puisse être faite à votre dignité de femme. Un baiser sur la joue, donné dans un lieu ou en des circonstances déplacés, devrait vous faire repousser avec dégoût l’émissaire de Satan. S’il s’agit de quelqu’un qui occupe un poste important, qui assume des fonctions sacrées, le péché est dix fois plus grave et devrait amener la femme ou la jeune fille qui craint Dieu à se détourner avec horreur, non seulement du péché qu’il vous ferait commettre, mais encore de l’hypocrisie et de l’infamie dont s’est rendu coupable un homme respecté et honoré comme serviteur de Dieu.

S’il arrive qu’un prédicateur de l’Évangile ne sache pas maîtriser ses passions mauvaises, et qu’il ne suive pas l’exemple de l’apôtre, en déshonorant ainsi son ministère et sa foi au point même de se complaire dans le péché, il ne faut pas que nos sœurs, qui se disent pieuses, s’imaginent un seul instant que le péché ou le délit perdent de leur gravité du seul fait que le pasteur ose les commettre. Si des hommes occupant des postes de responsabilités s’abandonnent au péché, cela ne doit pas en minimiser la gravité dans l’esprit de quiconque. Le péché devrait paraître tout aussi grave et monstrueux qu’il l’a été jusque-là; et ceux dont l’esprit est droit et élevé devraient abhorrer et éviter celui qui se complaît dans le péché tout comme ils s’enfuiraient devant un serpent venimeux. Si les sœurs sont nobles et possèdent la pureté du cœur, elles repousseront catégoriquement toute proposition malséante qui leur serait faite, même de la part de leur pasteur.

La fidélité aux vœux du mariage—Le chef de famille doit faire preuve d’une grande prudence s’il veut rester fidèle à ses vœux de mariage. Il devrait se montrer réservé afin de ne pas encourager, chez les jeunes filles ou chez les femmes mariées, des pensées qui sont en opposition avec l’idéal élevé et saint des commandements de Dieu. Ces commandements, le Christ nous montre qu’ils ont une portée immense; ils concernent les pensées, les mobiles et les intentions du cœur. C’est là que beaucoup d’hommes sont fautifs. Leurs sentiments ne sont pas empreints de la pureté et de la sainteté que Dieu désire. Si élevée soit leur vocation, si brillants soient leurs talents, Dieu dressera contre eux leur iniquité; il jugera qu’ils sont plus coupables et qu’ils méritent davantage sa colère que ceux qui ont moins de talents, moins de lumière et dont l’influence est moins grande.

Aux hommes mariés, j’ai reçu mission de dire ceci: C’est à votre épouse, la mère de vos enfants, que vous devez affection et respect. C’est à elle que vous devez réserver toutes vos attentions, et son bonheur doit être le sujet de vos préoccupations.

J’ai vu des familles dans lesquelles le mari n’avait pas su conserver la réserve et la dignité d’homme créé à l’image de Dieu qui sied à un disciple du Christ. Il avait négligé de témoigner l’affection, la tendresse et la courtoisie dues à l’épouse qu’il avait promis, devant Dieu et devant les anges, d’aimer, de respecter et d’honorer tout au long de leur existence. La jeune fille engagée pour aider au ménage s’est montrée quelque peu empressée et particulièrement attentionnée envers le mari, et cela plaît beaucoup à cet homme. Aussi est-il moins affectueux et prévenant envers sa femme qu’il l’était auparavant. Satan est certainement à l’œuvre dans ce foyer. Respectez vos employées, traitez-les avec bonté et ayez des égards pour elles, mais n’allez pas trop loin. Que votre comportement soit tel qu’il ne favorise aucune familiarité de leur part.

Sauvegardez l’intimité de la famille—Combien de vies sont assombries parce que les murs qui entourent l’intimité de la famille, et qui sont destinés à préserver sa pureté et son intégrité, ont été renversés! Une tierce personne reçoit les confidences de l’épouse, et les faits et gestes de la famille sont étalés devant cet ami intime. C’est une ruse de Satan destinée à éloigner l’un de l’autre les cœurs des époux. Il faut que cela cesse! Un grand nombre de difficultés seront ainsi évitées. Ce que vous savez de vos fautes respectives, gardez-le au plus profond de votre cœur. Ne confiez qu’à Dieu seul vos difficultés. Il pourra vous donner de bons conseils et vous procurer un réel réconfort qui seront sans équivoque et ne vous causeront aucune amertume.

Lorsqu’une femme raconte ses soucis familiaux ou se plaint de son mari devant un autre homme, elle viole ses vœux de mariage; elle déshonore son mari et renverse le mur érigé pour préserver la sainteté du mariage; elle ouvre toute grande la porte et invite Satan à entrer avec ses tentations insidieuses. C’est justement ce qu’il souhaite. Lorsqu’une femme vient vers un frère pour lui faire part de ses malheurs, de ses chagrins et de ses épreuves, s’il faut absolument qu’elle confie ses soucis à quelqu’un, que ce dernier lui conseille de choisir des sœurs pour confidentes; on évitera ainsi toute apparence de mal susceptible de nuire à la cause de Dieu.

Comment éviter les égarements—Je m’adresse à nos frères et sœurs: Si vous vous tenez tout près du Christ, avec le désir d’honorer votre profession de foi par une vie bien ordonnée et par une conduite digne, vous ne vous aventurerez pas sur des sentiers interdits. Si vous agissez comme en présence directe de Dieu, vous triompherez de la tentation et vous pourrez rester purs et sans tache jusqu’à la fin. Si vous conservez votre confiance jusqu’au bout, vous marcherez dans les voies du Seigneur et ce que la grâce a commencé en vous sera couronné de gloire dans le royaume des cieux. « Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la foi, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » Galates 5:22-24.