Le Foyer Chrétien

Chapitre 53

Un front uni

Les responsabilités doivent être partagées—C’est dans l’union totale et par la prière que le père et la mère devraient porter la lourde responsabilité qui consiste à guider leurs enfants dans le droit chemin.

Les parents doivent collaborer la main dans la main. Il ne doit pas y avoir entre eux de discorde. Mais beaucoup de parents agissent en contradiction l’un avec l’autre, et leurs enfants sont ainsi les victimes de leurs erreurs. ... Il arrive parfois que l’un soit trop indulgent et l’autre trop sévère. Cette attitude porte préjudice à la formation du caractère des enfants. Il n’est pas nécessaire de faire preuve d’une force brutale pour opérer des réformes, mais il ne faut pas non plus manifester, en même temps, une trop grande indulgence. La mère ne doit pas chercher à dissimuler aux yeux du père les fautes des enfants, ni permettre à ceux-ci de faire des choses qu’il a interdites. Elle ne devrait jamais semer le moindre doute dans l’esprit de ses enfants quant au bien-fondé des décisions de leur père. Elle ne devrait pas, par sa façon d’agir, contrecarrer l’influence de son mari.

Si le père et la mère s’opposent et agissent l’un contre l’autre pour neutraliser mutuellement leur influence, la famille en sera ébranlée; ni la mère ni le père ne bénéficieront du respect et de la confiance nécessaires à la bonne marche du ménage. ... Les enfants ont vite fait de relever tout ce qui peut jeter le discrédit sur les principes et les règles de la vie familiale, et tout spécialement sur celles qui restreignent leur liberté.

Le père et la mère devraient être unis pour éduquer leurs enfants; chacun d’eux devrait porter sa part des responsabilités, reconnaissant devant Dieu l’obligation qui lui incombe d’élever ses enfants de manière à leur assurer, autant que faire se peut, une bonne santé physique et un caractère bien trempé.

Comment on peut enseigner la duplicité—Il est des mères si faibles qu’elles tolèrent chez leurs enfants des fautes inadmissibles, et vont même jusqu’à les cacher au père de famille. En ce qui concerne la toilette ou d’autres choses, elles ne leur refusent rien, à condition que le père ne le sache pas, car il s’y opposerait.

On apprend ainsi aux enfants à tromper. Ensuite, si le père vient à s’apercevoir de quelque chose, on s’excuse, mais on ne dit que la moitié de la vérité. C’est un manque de loyauté de la part de la mère: elle oublie que son mari s’intéresse autant qu’elle aux enfants et qu’il ne devrait pas ignorer les erreurs et les défauts qu’il faut corriger chez eux dès leur jeune âge. Les enfants se rendent alors compte du désaccord de leurs parents et l’effet en est déplorable. Tout jeunes, ils commencent à tromper et à dissimuler, à ne pas dire les choses telles qu’elles sont, aussi bien à leur mère qu’à leur père: ils prennent l’habitude d’exagérer, de mentir effrontément, sans grand trouble de conscience.

Le mal a commencé le jour où la mère a usé de dissimulation à l’égard de son époux qui, tout autant qu’elle, est concerné par le caractère de ses enfants. Il aurait dû être consulté franchement et tenu parfaitement au courant. L’attitude opposée encourage les jeunes dans leur tendance au mensonge, à l’hypocrisie et à la malhonnêteté.

Les parents chrétiens devraient toujours avoir comme principe d’être d’accord lorsqu’il s’agit de l’éducation de leurs enfants. Certains pèchent dans ce domaine: ils ne sont pas unis. C’est quelquefois la faute du père, mais plus souvent celle de la mère, qui gâte ses enfants et cède à tous leurs caprices. Le travail éloigne souvent le mari de la maison et c’est sa femme qui a la plus grande influence sur les enfants; son exemple est prépondérant dans la formation de leur caractère.

Les enfants troublés par le désaccord existant entre les parents—La famille doit être bien organisée. C’est ensemble que le père et la mère doivent réfléchir à leurs responsabilités et entreprendre leur tâche en connaissance de cause. Il ne doit exister entre eux aucun désaccord.

Que le père et la mère ne critiquent jamais leurs plans et décisions respectifs devant leurs enfants.

Si la mère n’a pas encore acquis l’expérience voulue dans la connaissance de Dieu, elle devrait étudier les causes et les effets de la discipline qu’elle exerce afin de savoir si celle-ci n’est pas de nature à augmenter les difficultés que rencontre son mari dans l’œuvre qu’il accomplit pour le salut de leurs enfants. Est-ce que je suis les voies du Seigneur? Telle doit être la question primordiale.

Si les parents ne sont pas d’accord, qu’ils discutent en l’absence de leurs enfants jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un terrain d’entente.

Trop souvent, les parents n’arrivent pas à s’entendre sur la conduite de la famille. Le père, qui est rarement avec ses enfants et ignore leurs traits de caractère particuliers et leur tempérament, est dur et sévère. Il ne sait pas se contrôler et administre les corrections sous le coup de la colère. L’enfant sait cela, et plutôt que de se soumettre, il se révolte contre la punition. Parfois, la mère ferme les yeux sur des fautes qu’en d’autres circonstances elle punira sévèrement. Les enfants ne savent jamais à quoi s’en tenir et sont tentés de calculer jusqu’où ils peuvent aller sans être punis. C’est ainsi que l’on répand des semences néfastes qui germeront et porteront du fruit.

Si les parents sont unis dans cette œuvre d’éducation, l’enfant comprendra ce qu’on attend de lui. Mais si le père, d’un mot ou d’un regard, montre qu’il n’approuve pas la façon d’agir de sa femme; s’il trouve qu’elle est trop stricte et estime qu’il doit compenser sa dureté en faisant preuve d’indulgence et en gâtant son enfant, celui-ci est perdu. Il comprendra vite qu’il peut faire ce qui lui plaît. Les parents qui commettent cette faute envers leurs enfants seront responsables de la perte de leur âme.

Les anges observent chaque famille avec un vif intérêt pour voir comment les enfants sont traités par leurs parents, leurs tuteurs ou leurs amis. Ils sont témoins de la mauvaise organisation qui règne dans une famille où le père et la mère sont en désaccord. Les regards de ces derniers, leurs paroles, le ton de leur voix—tout montre qu’ils ne sont pas unis dans l’éducation de leurs enfants. Le père critique la mère, si bien que les enfants finissent par mépriser la tendresse et l’amour qu’elle leur prodigue. La mère, elle, se croit tenue de témoigner beaucoup d’affection à ses enfants, de les gâter, de leur faire plaisir, parce qu’elle pense que le père est dur et impatient et qu’elle doit contrebalancer la sévérité dont il fait preuve.

Prier davantage et réfléchir calmement—L’affection ne peut être durable, même dans le cercle de famille, tant que la volonté humaine n’est pas soumise à la volonté divine. Toutes les facultés et tous les sentiments doivent être mis en parfaite harmonie avec le caractère de Jésus-Christ. Si, dans l’amour et la crainte de Dieu, le père et la mère unissent leurs intérêts pour acquérir l’autorité au sein de leur foyer, ils sentiront la nécessité de prier davantage et de réfléchir avec sérieux. À mesure qu’ils chercheront Dieu, leurs yeux s’ouvriront et verront les messagers célestes venus pour les protéger, en réponse à leur prière fervente. Ils surmonteront les faiblesses de leur caractère et s’achemineront vers la perfection.

Les cœurs doivent être unis par les liens sacrés de l’amour—Parents, unissez vos cœurs par des liens d’intimité et de joie. Ne restez pas séparés, rapprochez-vous plus intimement l’un de l’autre; ainsi vous vous préparerez à gagner le cœur de vos enfants par les liens sacrés de l’amour.

Continuez à semer pour le temps présent et pour l’éternité. Le ciel tout entier est attentif aux efforts déployés par les parents chrétiens.