Le Foyer Chrétien

Chapitre 49

Des aides pour la mère

Les enfants doivent prêter leur concours dans le cercle familial—Les enfants, comme les parents, ont des devoirs importants à remplir. Il faudrait leur enseigner qu’ils font partie intégrante du foyer. Ils y sont nourris, vêtus, soignés et aimés. En reconnaissance de ces nombreux bienfaits, ils devraient participer au bien-être de la famille et s’efforcer de la rendre heureuse.

Que chaque mère apprenne à ses enfants qu’ils sont membres de la cellule familiale et qu’ils doivent en partager les charges. Chacun devrait porter ces responsabilités aussi fidèlement que les membres d’église assurent celles de l’église.

Faites comprendre aux enfants qu’en faisant les commissions, ils aident leurs parents. Donnez-leur quelques travaux à faire pour vous et dites-leur qu’ils auront ensuite du temps pour jouer.

Les enfants ont l’esprit vif et ils ont besoin d’être associés aux différentes tâches de la vie quotidienne. ... Ils ne devraient jamais être livrés à eux-mêmes. Il faudrait que les parents y veillent personnellement.

Obligations des parents et des enfants—Les parents ont le devoir de nourrir, d’habiller et d’instruire leurs enfants, et les enfants doivent rendre service à leurs parents, joyeusement, spontanément et fidèlement. Lorsque les enfants ne se sentent plus obligés de partager avec leurs parents les soucis et les charges de l’existence, qu’éprouveraient-ils si ces derniers ne se sentaient plus obligés de subvenir à leurs besoins? En manquant au devoir qui leur incombe—être utiles à leurs parents, alléger leur tâche en faisant à leur place que ce qui pourrait leur être désagréable et fatigant—, les enfants perdent l’occasion de mieux apprendre à se rendre utiles dans l’avenir.

Dieu veut que les enfants de tous les croyants soient habitués, dès leur plus jeune âge, à partager les charges qu’entraîne pour leurs parents l’obligation de les élever. Ils doivent prendre part aux travaux domestiques en échange de leur chambre et du privilège qui leur est accordé de s’asseoir à la table familiale. Dieu impose à leurs parents de les nourrir et de les vêtir. Mais les obligations des parents et des enfants sont réciproques. De leur côté, ces derniers doivent respecter et honorer leurs parents.

Les parents n’ont pas à être les esclaves de leurs enfants et s’imposer tous les sacrifices, tandis que ceux-ci grandissent sans soucis et laissent reposer sur eux tous les fardeaux.

L’indolence favorisée par une bonté mal comprise—On devrait apprendre très tôt aux enfants à se rendre utiles. Aujourd’hui, bien des jeunes filles peuvent voir, sans remords, leur mère, surchargée d’ouvrage, faire la cuisine, laver ou repasser pendant qu’elles restent assises au salon à lire des romans, à tricoter, à faire du crochet ou à broder. Leurs cœurs sont plus insensibles que la pierre.

D’où cela vient-il? Qui est généralement le plus à blâmer en cela? Les parents! Ils ont oublié le bien futur de leurs enfants et, dans leur affection aveugle, ils les ont laissés grandir dans l’oisiveté ou s’occuper de choses sans intérêt, exigeant bien peu d’efforts physiques et intellectuels, tout en excusant l’indolence de leurs filles sous prétexte qu’elles sont chétives. Qu’est-ce qui les a rendues si faibles? Souvent, ce sont les mauvais principes d’éducation de leurs parents. Une somme convenable de travail effectué dans la maison aurait fortifié leur esprit et leur corps. Mais elles en ont été privées à cause des idées fausses de leurs parents, et elles ont fini par prendre le travail en aversion.

Si vos enfants n’ont pas été habitués à se donner de la peine, ils seront vite fatigués. Ils se plaindront bientôt d’avoir mal au côté, aux épaules, d’avoir les membres fatigués; et vous risquez, pris de pitié, de faire le travail vous-mêmes plutôt que de les laisser souffrir un peu. Demandez-leur d’abord de faire un travail peu pénible, puis augmentez peu à peu leur tâche chaque jour jusqu’à ce qu’ils puissent travailler suffisamment longtemps sans être épuisés.

Les dangers de l’oisiveté—Il m’a été montré que la paresse a été la cause de beaucoup de péchés. Ceux dont les mains et l’esprit sont actifs ne trouvent pas le temps de prêter l’oreille aux tentations de l’ennemi; mais les mains et les têtes oisives sont prêtes à se laisser entraîner par Satan. Quand l’esprit n’est pas convenablement occupé, il s’arrête à des pensées malsaines.

Rien ne conduit plus sûrement au mal que d’éviter aux enfants toute responsabilité en les laissant mener une vie oisive et en permettant qu’ils ne fassent rien ou seulement ce qui leur plaît. L’esprit des enfants est vif et, s’il n’est pas absorbé par ce qui est bon et utile, il se tournera inévitablement vers le mal. Bien qu’il soit juste et nécessaire pour eux de se distraire, on devrait leur apprendre à travailler, à avoir des heures régulières consacrées aux exercices physiques ainsi qu’à la lecture et à l’étude. Veillez à ce qu’ils aient des occupations adaptées à leur âge et à ce qu’ils soient pourvus de livres utiles et intéressants.

Une occupation utile est la meilleure sauvegarde—La meilleure sécurité pour les jeunes consiste à avoir une occupation utile. S’ils ont été habitués à travailler et à employer judicieusement leur temps, ils n’auront pas le loisir de gémir sur leur sort ou de se livrer à de futiles rêveries. Pour eux, le risque de contracter des habitudes malsaines et de faire de mauvaises rencontres sera moins grand.

Si les parents ont tellement à faire qu’ils ne peuvent plus se consacrer utilement à leurs enfants, Satan, lui, saura les occuper.

Les enfants devraient apprendre à porter les fardeaux—Il est une importante leçon dont les parents devraient prendre conscience: leurs enfants doivent participer aux travaux domestiques. ... Que les parents leur apprennent à acquérir le sens des réalités de la vie, à comprendre qu’ils ont le devoir de se rendre utiles dans le monde. À la maison, sous la surveillance avisée de leur mère, garçons et filles devraient recevoir les premières instructions sur la façon de faire face aux obligations de la vie.

L’éducation d’un enfant, dans le bien ou dans le mal, commence dès son plus jeune âge. ... Tandis que les aînés grandissent, ils devraient aider à prendre soin des plus jeunes membres de la famille. La mère ne devrait pas se fatiguer à faire le travail que ses enfants peuvent et devraient faire.

Le partage des obligations procure des satisfactions—Parents, aidez vos enfants à accomplir la volonté de Dieu en s’acquittant fidèlement des devoirs qui leur incombent en tant que membres de la famille. Cela leur donnera une précieuse expérience et leur montrera qu’ils ne doivent pas ne penser qu’à eux-mêmes, ne faire que ce qui leur plaît ou les amuse. Enseignez-leur patiemment à faire leur part au sein de la famille, afin que leurs efforts pour partager les fardeaux du père, de la mère, des frères et sœurs, soient couronnés de succès. Ils auront ainsi la satisfaction de prendre conscience de leur réelle utilité.

On peut apprendre aux enfants à se rendre utiles—De nature, ils sont actifs et aiment s’occuper; cette activité est susceptible d’être canalisée dans le bon sens. On peut leur enseigner, dès leur jeune âge, à rendre chaque jour de menus services, chaque enfant ayant une tâche particulière à remplir dont il est responsable devant ses parents ou son tuteur. Ils apprendront ainsi, dès leur prime jeunesse, à accomplir leur devoir, et ces petites tâches deviendront pour eux un plaisir; elles leur procureront un bonheur qu’on ne peut obtenir qu’en agissant bien. Ils s’habitueront ainsi au travail et aux responsabilités et trouveront du goût aux occupations sérieuses, comprenant que la vie leur en réserve une plus importante que celle de se distraire. ...

Le travail est bon pour les enfants; ils sont plus heureux lorsqu’ils sont occupés d’une façon utile pendant la majeure partie de leur temps; l’accomplissement de devoirs bien remplis leur feront apprécier d’autant plus leurs amusements inoffensifs. Le travail fortifie à la fois le corps et l’esprit. Les mères peuvent trouver de précieux collaborateurs en la personne de leurs enfants; et, tandis qu’elles leur montrent comment se rendre utiles, elles acquièrent elles-mêmes une meilleure connaissance de la nature humaine et de la manière de s’y prendre avec ces petits êtres; elles gardent ainsi un cœur plein de chaleur et de jeunesse au contact de leurs enfants. Ceux-ci considèrent en retour leur mère avec confiance et amour, et recherchent auprès de leur Sauveur aide et assistance. Les enfants bien éduqués apprennent, en avançant en âge, à aimer le travail qui allège le fardeau de leurs amis.

Le travail assure l’équilibre mental—Dans l’accomplissement de leurs menus devoirs, les enfants peuvent acquérir une meilleure mémoire et un esprit bien équilibré, ainsi que l’égalité d’humeur et de caractère. La journée, avec sa succession de petits travaux, fait appel à leur réflexion et à leur sens de l’organisation. Lorsque les enfants grandissent, on peut exiger davantage d’eux. Mais cela ne doit jamais devenir un fardeau trop lourd qui les fatigue et les décourage; le travail doit être judicieusement choisi, en rapport avec le développement physique le plus harmonieux et la meilleure culture de l’esprit et du caractère.

En relation avec les êtres célestes—Si l’on enseignait aux enfants à considérer leurs humbles occupations quotidiennes comme une tâche qui leur est assignée par le Seigneur, combien les travaux domestiques leur paraîtraient plus agréables et honorables? La pensée que chacune de nos besognes doit être accomplie pour le Seigneur donne un charme tout particulier aux emplois les plus modestes. Elle forme un lien entre les humains et les êtres saints qui, dans les cieux, accomplissent la volonté du Créateur.

Au ciel, se déroule une activité incessante. Il ne s’y trouve aucun paresseux. Le Christ dit: « Mon père agit jusqu’à présent; moi aussi, j’agis. » Jean 5:17. Nous ne pouvons imaginer qu’à l’heure de la victoire finale, lorsque nos demeures auront été préparées, nous serons voués à une inaction qui nous laissera dans une oisiveté béate.

Le travail resserre les liens familiaux—Dans l’éducation de la jeunesse, le principe de la coopération est d’une valeur inestimable. ... Les plus âgés devraient aider leurs parents, être au courant de leurs projets et partager leurs responsabilités ou leurs peines. Que les parents prennent le temps d’instruire leurs enfants, de leur montrer qu’ils apprécient leur aide, qu’ils désirent leur confiance et trouvent du plaisir en leur compagnie, et ces derniers se montreront réceptifs. Ainsi, non seulement la tâche des parents sera allégée et les enfants recevront une éducation pratique d’une valeur inappréciable, mais les liens de la famille seront affermis et les fondements mêmes du caractère, consolidés.

Le travail favorise le développement des facultés mentales, morales et spirituelles—Les enfants, et les jeunes en général, devraient trouver leur plaisir à alléger les soucis des parents, en s’intéressant aux choses de la maison. En se chargeant gaiement des fardeaux qui sont leur partage, ils se préparent à se rendre utiles dans des postes de confiance. Ils doivent réaliser, année après année, des progrès tangibles, substituant lentement mais sûrement l’expérience de l’âge mûr à l’inexpérience de l’enfance. Par l’accomplissement fidèle des simples devoirs du foyer, garçons et filles acquièrent les bases de la perfection mentale, morale et spirituelle.

Le travail procure santé physique et paix du cœur—L’approbation de Dieu repose avec une douce assurance sur les enfants qui prennent joyeusement leur part des tâches domestiques et partagent les fardeaux de leurs parents. Ils en seront récompensés par la santé du corps et la paix de l’esprit; ils auront aussi le plaisir de voir leurs parents prendre part aux joies de la vie sociale et à de sains divertissements, prolongeant ainsi leur existence. Lorsqu’ils quitteront leur foyer, ceux qui auront été formés pour les tâches pratiques de la vie deviendront des membres utiles de la société; ils posséderont alors un bagage nettement supérieur à celui que l’on obtient en se confinant étroitement dans une salle de classe dès le plus jeune âge, à un moment où ni le corps ni l’esprit n’ont acquis suffisamment d’endurance pour supporter l’effort.

Dans certains cas, il serait préférable que les enfants aient moins de travail à l’école et soient mieux initiés à l’accomplissement des travaux domestiques. On devrait leur enseigner avant tout à être sérieux et utiles. Beaucoup de choses apprises dans les livres sont loin d’être aussi essentielles que les leçons qu’apportent l’activité et la discipline dans le domaine pratique.

Le travail procure un sommeil reposant—Les mères devraient apprendre à leurs filles à faire la cuisine et les initier patiemment aux soins du ménage. Ce travail conviendra à leur santé, il affermira et fortifiera leurs muscles. À la fin de la journée, leurs pensées seront plus saines et plus élevées. Peut-être seront-elles fatiguées, mais combien le repos est doux après une somme de travail convenable! Le sommeil, moyen naturel de réparer ses forces, rendra la vigueur au corps lassé et préparera pour les tâches du lendemain. Ne laissez pas croire à vos enfants qu’il importe peu, pour eux, de travailler ou de ne rien faire. Enseignez-leur qu’on a besoin de leur aide et que le temps a de la valeur.

Laisser grandir les enfants dans l’oisiveté est un péché. Qu’ils exercent leurs membres et leurs muscles, même si cela les fatigue. S’ils ne sont pas surmenés, pourquoi la lassitude leur nuirait-elle plus qu’à vous? Il y a une grande différence entre la lassitude et l’épuisement. Les enfants ont davantage besoin de changements d’occupation et de moments de repos que les adultes; mais même lorsqu’ils sont très jeunes, ils peuvent commencer à apprendre à travailler et ils seront heureux à la pensée d’avoir pu se rendre utiles. Leur sommeil sera doux après un travail sain et ils en sortiront reposés pour une nouvelle journée de travail.

Ne dites pas: « Mes enfants m’ennuient. »—Certaines mères disent: « Oh! mes enfants m’agacent lorsqu’ils essaient de m’aider. » Les miens en firent autant, mais croyez-vous que je le leur aie dit? Encouragez vos enfants. Instruisez-les, ligne après ligne, précepte après précepte. Cela vaut mieux que lire des romans, faire des visites ou suivre les modes du monde.

Un regard sur le Modèle—Pendant un certain temps, la Majesté du ciel, le Roi de gloire, ne fut qu’un bébé vivant à Bethléhem, un petit enfant dans les bras de sa mère. Durant son enfance, il ne pouvait qu’exécuter les tâches d’un enfant obéissant, comblant les souhaits de ses parents en accomplissant les devoirs qui convenaient à ses capacités. C’est tout ce que les enfants peuvent faire, et ils devraient être éduqués et instruits de telle manière qu’ils puissent suivre l’exemple du Christ. Or, il a agi de manière à être un sujet de bénédiction pour le foyer qui l’avait accueilli: il était soumis à ses parents et effectuait ainsi un travail missionnaire dans sa vie à la maison. Il est écrit: « Or l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » Luc 2:40. « Et Jésus croissait en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Luc 2:52.

C’est le précieux privilège des maîtres et des parents que de coopérer en apprenant aux enfants à goûter les joies de la vie en Christ et à suivre son exemple. Les premières années du Sauveur furent des années utiles. Il aidait sa mère au foyer; quand il exécutait les tâches domestiques et travaillait à l’établi du charpentier, il accomplissait aussi fidèlement sa mission que lorsqu’il commença son ministère public.

Au cours de sa vie terrestre, le Christ fut un exemple pour toute la famille humaine. Il se montra obéissant et utile au foyer. Il apprit le métier de charpentier et travailla de ses mains dans la petite boutique de Nazareth. ... Tandis qu’il s’activait ainsi pendant toute son enfance et sa jeunesse, son esprit et son corps se développaient. Il n’abusait pas de ses facultés physiques, mais en usait de manière à les maintenir en bonne santé, afin de pouvoir effectuer le meilleur travail dans tous les domaines.