Le Foyer Chrétien

Chapitre 43

Influences prénatales

On devrait apprendre aux femmes à devenir de vraies mères—Les femmes ont besoin de beaucoup de patience pour apprendre à devenir de bonnes mères. Dieu a prescrit qu’elles soient formées pour cette tâche. Si celle-ci est accomplie avec l’aide du Christ, elle peut avoir une valeur infinie. Elle dépasse tout ce que l’on peut concevoir. L’œuvre de la femme est sacrée. La présence de Jésus est nécessaire au foyer, car le ministère de la femme peut faire de celui-ci un nouveau Béthel. Les époux doivent coopérer. Quel monde n’aurions-nous pas si toutes les mères acceptaient de se consacrer sur l’autel de Dieu, elles-mêmes d’abord, puis leurs enfants, aussi bien avant qu’après leur naissance!

Importance des influences prénatales—Beaucoup de parents tiennent pour négligeables les influences prénatales, mais il n’en est pas de même pour Dieu. Le message apporté deux fois, de la manière la plus solennelle, par un ange à Manoach montre que ce sujet doit retenir notre plus grande attention.

En s’adressant à cette mère hébraïque [la femme de Manoach], Dieu parle pour les mères de tous les siècles: « Elle observera tout ce que je lui ai prescrit. » Le bien-être de l’enfant à venir dépend donc énormément des habitudes de sa mère, dont les goûts et les passions doivent être soumis à des principes. Si elle veut accomplir le dessein que Dieu a formé en lui donnant un enfant, elle doit éviter, s’interdire un certain nombre de choses.

De nombreux pièges attendent les jeunes dans le monde, et ils sont légion ceux qu’attire une vie faite de plaisirs égoïstes et sensuels. Ils ne peuvent discerner les dangers cachés, ni l’issue redoutable du sentier qui semble les conduire au bonheur. La satisfaction de leurs appétits et de leurs passions épuise leurs énergies, et c’est ainsi que des millions d’entre eux se perdent pour cette vie et pour l’éternité. Les parents ne devraient pas oublier que leurs enfants rencontreront ces tentations et il faudrait qu’ils les préparent à les surmonter dès avant leur naissance.

Avant la naissance, si elle [la mère] s’écoute, si elle est égoïste, impatiente et exigeante, ces traits de caractère se retrouveront chez le petit être. C’est ainsi que bien des enfants ont reçu à leur naissance des tendances au mal presque insurmontables.

Mais si la mère s’attache fermement à de bons principes, si elle pratique la tempérance et cultive l’abnégation, si elle est aimable et bonne, elle peut transmettre à son enfant ces précieuses qualités.

L’essentiel des soins prénatals—On commet généralement l’erreur de ne pas apporter de changements dans la vie d’une femme avant la naissance de ses enfants. Pendant cette période importante, son travail devrait être allégé. De grands bouleversements se produisent en elle. Cela requiert une plus grande quantité de sang et par conséquent un surcroît de nourriture de qualité destinée à être transformée en sang. Si elle ne consomme pas une quantité suffisante d’aliments nourrissants, elle ne peut conserver toute sa vigueur physique, ce qui altère la vitalité de l’enfant qu’elle attend.* Il lui faut également veiller à ses vêtements. Elle devrait prendre soin de protéger son corps de toute sensation de froid et ne pas faire inutilement appel à sa vigueur pour suppléer le manque de vêtements confortables. Si la femme enceinte est privée d’une nourriture abondante et saine, son sang sera appauvri, sa circulation sera perturbée et son enfant souffrira des mêmes carences; il lui sera impossible de trouver les éléments dont son propre sang a besoin pour le former. La santé de la mère et celle de l’enfant dépendent donc beaucoup du confort des vêtements et de la qualité des aliments consommés.

On doit prendre grand soin de placer la future mère dans une atmosphère heureuse et paisible. Le mari a la responsabilité de faire tout ce qui est en son pouvoir pour alléger ses tâches. Il devrait assumer, autant que possible, les soins que l’état de sa femme réclame. Il doit être affable, courtois, compréhensif, affectueux et spécialement attentif à tous ses désirs. On n’accorde pas à certaines femmes qui portent un enfant la moitié des soins que l’on prodigue aux animaux dans les étables.

L’appétit seul n’est pas un guide sûr—L’idée que les femmes, à cause de leur état, peuvent se permettre des excès de nourriture est basée sur l’usage et non sur le bon sens. L’appétit des femmes enceintes peut être changeant, capricieux et difficile à satisfaire; et la coutume veut qu’elles s’accordent ce dont elles ont envie, sans se demander si tout cela pourra nourrir leur corps et favoriser la croissance de leur enfant. Les aliments doivent être nourrissants, mais non excitants. ... Si le besoin de simplifier le régime alimentaire et de veiller à la qualité de leur alimentation se fait jamais sentir, c’est bien au cours de cette importante période.

Les femmes, qui ont des principes et qui ont été bien instruites, ne se départiront de la simplicité de leur régime alimentaire pas plus à ce moment-là qu’en temps ordinaire. Elles se souviendront qu’une autre vie dépend d’elles et veilleront soigneusement à toutes leurs habitudes, et spécialement à leur alimentation. Elles ne consommeront rien de malsain ni d’excitant, simplement parce que cela flatte leur palais. Trop de personnes bien intentionnées leur conseilleront de faire des choses que la raison leur interdit. Des enfants sont nés malades parce que leurs parents avaient cédé à leurs appétits. ...

Si une trop grande quantité de nourriture est ingérée, les organes digestifs se surmènent pour la digérer et libérer le corps de ses toxines; la mère se fait ainsi du tort à elle-même et expose sa progéniture à la maladie. Si elle choisit de manger à sa guise ce qu’elle trouve agréable, sans se soucier des conséquences, elle ne sera pas seule à en subir les effets. Son enfant innocent souffrira, lui aussi, de son imprudence.

Nécessité de la maîtrise de soi et de la modération—Les besoins physiques de la mère ne devraient en aucun cas être négligés: deux vies dépendent d’elle. Ses désirs devraient donc être considérés avec bienveillance et ses besoins largement satisfaits. Mais à ce moment-là plus qu’à n’importe quel autre, elle devrait éviter, dans son alimentation et en toutes choses, ce qui affaiblirait ses forces physiques et mentales. Le commandement de Dieu la place sous l’obligation solennelle de se dominer.

C’est par des habitudes de stricte discipline que la mère assure, dès avant la naissance de son enfant, les bases d’un caractère droit. ... Ce sujet devrait être étudié avec intérêt.

Favoriser la joie et la bonne humeur—Quel que soit son entourage, toute femme sur le point de devenir mère devrait s’efforcer d’être toujours joyeuse, aimable et satisfaite, en sachant que tous ses efforts dans ce sens lui seront payés au centuple par les dispositions physiques et morales de ses enfants. Bien plus: elle peut, de cette façon, cultiver pour elle-même un esprit serein qui se reflétera sur sa famille et sur tous ceux qu’elle sera appelée à fréquenter. Sa santé physique en sera grandement améliorée. De nouvelles forces jailliront du plus profond de son être, son sang coulera plus vite que si elle se laissait aller au découragement. Sa santé mentale sera améliorée par sa tranquillité d’esprit. Sa volonté est assez forte pour résister aux sautes d’humeur et ses nerfs en seront grandement soulagés. Les enfants qui ont été privés de la vitalité qu’ils auraient dû hériter de leurs parents devraient être entourés des soins les plus attentifs. Par un respect absolu des lois corporelles on peut grandement améliorer l’état de beaucoup de choses.

Garder sérénité et confiance—Celle qui s’apprête à devenir mère devrait se réfugier dans l’amour de Dieu. Son esprit doit être en paix; elle devrait se confier dans l’amour de Jésus, mettre en pratique ses paroles, se rappeler que la mère est la collaboratrice de Dieu.