Le Foyer Chrétien

Chapitre 38

Position et responsabilités de la mère

L’égale du mari—La femme devrait occuper la position que Dieu lui a assignée à l’origine, c’est-à-dire être l’égale de l’homme. Le monde a besoin de mères qui ne le soient pas de nom seulement, mais qui le soient dans le plein sens du terme. Nous pouvons dire, sans crainte de nous tromper, que les devoirs spécifiques de la femme sont plus sacrés, plus saints que ceux de l’homme. Que les femmes prennent conscience du caractère sacré de leur mission et qu’elles l’accomplissent par la puissance de Dieu et dans sa crainte. Qu’elles apprennent à leurs enfants à se rendre utiles dans ce monde en vue d’un monde meilleur.

Celle qui est épouse et mère ne devrait pas épuiser ses forces et laisser dormir ses talents en s’en remettant complètement à son époux. Sa personnalité ne peut pas se fondre en lui. Elle devrait se rendre compte qu’elle est son égale—et se tenir à ses côtés, fidèle à son poste comme lui l’est au sien. Son rôle dans l’éducation de ses enfants est en tous points aussi élevé et ennoblissant que tout ce que son mari pourrait être appelé à faire, fût-ce assumer les fonctions de chef d’État.

La reine du foyer—Un roi sur son trône n’a pas une responsabilité plus importante que celle d’une mère. Elle est la reine de la maison. Elle détient le pouvoir de modeler le caractère de ses enfants, afin de les rendre dignes de la vie éternelle. Un ange ne pourrait réclamer une mission plus haute; car en accomplissant cette œuvre, elle est au service de Dieu. Qu’elle prenne seulement conscience de l’importance de sa tâche, et cela lui donnera du courage. Quelle se rende compte de la valeur de son travail et se revête de toutes les armes de Dieu, afin de résister à la tentation de se conformer aux usages du monde. Sa mission concerne le temps présent et l’éternité.

La mère est la reine du foyer, et les enfants sont ses sujets. Elle doit diriger sa maison avec sagesse, dans la dignité de son rôle de mère. Son influence au foyer doit être prépondérante; sa parole doit avoir force de loi. Si elle est chrétienne, soumise à la volonté de Dieu, elle imposera le respect à ses enfants.

Les enfants doivent apprendre à considérer leur mère non comme une esclave dont le travail lui est imposé par les enfants eux-mêmes, mais comme une reine qui doit les diriger et les instruire ligne sur ligne, précepte sur précepte.

Une échelle des valeurs—La mère apprécie rarement son propre travail et le considère souvent comme tellement secondaire qu’elle l’assimile à une corvée domestique. Jour après jour, semaine après semaine, elle accomplit les mêmes gestes, sans en obtenir des résultats bien remarquables. Elle ne peut dire, à la fin de la journée, combien de petites tâches elle a menées à bien. Il lui semble qu’en comparaison des exploits de son mari, elle ne fasse rien qui mérite d’être mentionné.

Le père rentre souvent avec un air très satisfait et il est tout fier de raconter ses faits et gestes de la journée. Ses remarques montrent qu’il s’attend à être choyé par la mère puisqu’elle n’a rien eu d’autre à faire que de prendre soin des enfants, préparer les repas et tenir la maison en ordre. Elle n’a pas fait de commerce, elle n’a rien acheté ni vendu; elle n’a pas joué le rôle de fermière ni cultivé le sol; elle n’a pas non plus travaillé comme ouvrière—elle n’a donc rien fait qui ait pu la fatiguer. Il critique, censure et commande comme s’il était le roi de la création. C’est ce qu’il y a de plus éprouvant pour l’épouse et mère, car elle s’est donné beaucoup de peine pendant toute la journée sans voir le résultat de son travail et elle en est réellement découragée.

Si le voile pouvait se déchirer, si le père et la mère voyaient comment Dieu évalue le travail de la journée et comment son regard infini compare l’œuvre de l’un avec celle de l’autre, ils seraient bien étonnés des déclarations divines. Le mari considérerait ses travaux avec plus de modestie, tandis que sa femme en retirerait du courage et une énergie nouvelle pour continuer sa tâche avec sagesse, persévérance et patience. Elle connaîtrait alors la valeur de son travail: tandis que le père s’est intéressé à des choses éphémères et périssables, elle, la mère, s’est occupée du développement des esprits et des caractères; elle a travaillé ainsi non seulement pour le temps présent mais aussi pour l’éternité.

Dieu lui a prescrit sa tâche—Il serait bon que toute mère prenne conscience de l’importance de ses devoirs et de ses responsabilités, ainsi que de la grande récompense promise à sa fidélité.

La mère qui accepte avec joie les tâches qui lui incombent comprendra que sa vie est précieuse parce que Dieu lui a donné une œuvre à accomplir. Ce n’est pas pour cela qu’elle doit permettre à son esprit et à son intelligence de s’affaiblir.

L’œuvre de la mère lui est confiée par Dieu, pour élever ses enfants dans la connaissance du Seigneur et sous sa direction. L’amour et la crainte de Dieu devraient toujours être présents à leurs jeunes esprits. Lorsqu’il est nécessaire de les corriger, on devrait leur faire comprendre qu’ils sont réprimandés de la part de Dieu, qui considère avec déplaisir le mensonge et les mauvaises actions. De cette manière, les esprits des jeunes enfants peuvent être en relation si étroite avec Dieu que tout ce qu’ils feront et diront sera fait et dit pour sa gloire; et au cours des années, ils ne deviendront pas comme le roseau agité par le vent, continuellement tiraillés entre leurs penchants et leurs devoirs.

Les conduire à Jésus ne suffit pas. ... Ces enfants doivent être instruits et éduqués afin qu’ils deviennent des disciples du Christ, car « nos fils sont comme des plantes qui croissent dans leur jeunesse; nos filles comme les colonnes sculptées qui font l’ornement des palais ». Psaumes 144:12. Ce travail de modelage, d’affinage et de polissage est celui de la mère. Le caractère de l’enfant doit être formé. La mère doit graver sur les tablettes de leur cœur des leçons qui y demeureront à jamais; elle serait certainement l’objet du déplaisir de Dieu si elle négligeait cette œuvre sacrée ou si elle permettait à quoi que ce soit de l’entraver. ... La tâche de la mère chrétienne lui a été confiée par Dieu. Si elle reste en communion étroite avec lui et pénétrée de son Esprit, elle ne la négligera pas.

Sa grande et noble mission—Dieu confie à chaque mère une tâche d’une valeur inestimable et des intérêts infiniment précieux. Les humbles devoirs de la femme, si souvent considérés comme une corvée désagréable, devraient être envisagés comme un rôle noble et glorieux. La mère de famille a le privilège de pouvoir exercer dans le monde une influence bénie dont les répercussions réjouiront son cœur. Elle peut guider les pas de ses enfants, dans les bons et les mauvais jours, sur le sentier qui mène aux gloires célestes, à condition de suivre elle-même les enseignements de Jésus.

Parmi toutes les activités de la vie, le devoir le plus sacré de la mère est celui qui concerne ses enfants. Mais bien souvent ce devoir est négligé au profit de satisfactions égoïstes. Les intérêts temporels et éternels des enfants ont été confiés à leurs parents. Ceux-ci ont à gouverner et à diriger leur foyer pour l’honneur de Dieu. La loi divine devrait être leur seul guide et l’amour le seul mobile de leurs actions.

Il n’est pas de tâche plus grande ni plus sacrée—Si des hommes mariés entrent dans l’œuvre, laissant le soin des enfants à leur épouse, celle-ci accomplit un travail tout aussi important que le père. Si l’un consacre son temps au champ missionnaire, l’autre est, dans le foyer, une missionnaire dont les soucis, les angoisses et les fardeaux excèdent souvent ceux du père. La tâche de la mère est sérieuse et importante. ... Dans le champ missionnaire, il arrive que le mari reçoive les honneurs des hommes, mais celle qui peine au foyer ne reçoit pas toujours une récompense terrestre pour ses labeurs. Pourtant, si elle travaille en vue de l’intérêt des siens, cherchant à former leur caractère à l’image du divin modèle, l’ange inscrira son nom dans les registres du ciel avec ceux des plus grands missionnaires de ce monde. Dieu ne voit pas les choses comme l’homme, à la vision imparfaite, les voit.

La mère est l’agent de Dieu chargé d’évangéliser sa famille. Elle doit illustrer par des exemples la religion de la Bible, en montrant comment l’influence de celle-ci doit nous guider dans les devoirs et les plaisirs de chaque jour, en apprenant à ses enfants que c’est par la grâce seule qu’ils peuvent être sauvés, au moyen de la foi, qui est un don de Dieu. Son enseignement permanent au sujet du Christ, de ce qu’il est pour nous et pour eux, de son amour, de sa bonté, de sa grâce, révélés dans le grand plan du salut, fera une sainte impression sur leur cœur.

L’éducation des enfants constitue une part importante du plan de Dieu destiné à démontrer la puissance du christianisme. C’est une responsabilité solennelle pour les parents de les éduquer de telle sorte que, lorsqu’ils iront dans le monde, ils soient non en malédiction mais en bénédiction à tous ceux avec qui ils entreront en contact.

Une collaboratrice du pasteur—Le pasteur a son œuvre à accomplir, et la mère a la sienne. Elle doit amener ses enfants à Jésus afin qu’il les bénisse. Elle doit se nourrir des paroles du Christ et les enseigner à ses enfants. Dès leur plus tendre enfance, elle doit leur apprendre à se maîtriser et à renoncer à eux-mêmes, et leur inculquer des habitudes d’ordre et de propreté. Elle peut élever ses enfants de telle sorte qu’ils soient réceptifs à la parole des serviteurs de Dieu. Le Seigneur a besoin de mères qui fassent fructifier les talents que Dieu leur a confiés et rendent leurs enfants dignes de la famille céleste.

Le Seigneur est aussi bien servi, si ce n’est mieux, par un foyer conduit avec fidélité que par celui qui prêche la parole. Tout comme les maîtres à l’école, les parents doivent prendre conscience qu’ils sont les éducateurs de leurs enfants.

La sphère d’influence de la mère chrétienne ne devrait pas se borner à la maison. Elle peut et doit rendre sensible dans son voisinage et dans l’Église de Dieu l’influence salutaire qu’elle exerce dans son foyer. Ce dernier n’est pas une prison pour l’épouse et la mère dévouée.

Une mission de portée vitale—Que la femme comprenne le caractère sacré de son œuvre et que, par la force de Dieu et dans sa crainte, elle assume la mission de sa vie. Qu’elle apprenne à ses enfants à se rendre utiles dans cette vie et dignes de la vie à venir. Nous nous adressons aux mères chrétiennes: Nous vous conjurons de prendre conscience de votre responsabilité de mères et de ne pas vivre pour vous complaire en vous-mêmes, mais pour glorifier Dieu. Le Seigneur ne s’est pas complu en lui-même, mais a pris la forme d’un serviteur.

Le monde pullule d’influences corruptrices. La mode et le milieu exercent un grand pouvoir sur la jeunesse. Si la mère néglige d’instruire, de diriger et de réprimer ses enfants, elle les verra s’engager tout naturellement sur la pente du mal et se détourner du bien. Aussi doit-elle répéter fréquemment la prière de Manoah: « Quelle règle de conduite doit suivre l’enfant, et que devra-t-il faire? » Si elle met en pratique les instructions de la Parole de Dieu, elle recevra la sagesse nécessaire.

Sculpter d’après le modèle divin—Il est au ciel un Dieu dont la lumière et la gloire reposent sur toute mère fidèle qui cherche à détourner du mal ses enfants. Aucune œuvre n’est plus importante que la sienne. Elle n’a pas, comme l’artiste, à représenter la beauté sur une toile, ni, comme le sculpteur, à la ciseler dans le marbre. Elle n’a pas, comme l’écrivain, à exprimer une noble pensée en termes choisis, ni, comme le musicien, à traduire un beau sentiment par une mélodie. Il lui appartient, avec l’aide d’en haut, de forger une âme à l’image de la divinité.

Une mère qui comprend sa tâche la considérera comme infiniment précieuse. Elle s’efforcera fidèlement de présenter à ses enfants l’idéal le plus élevé, à la fois dans son propre caractère et dans ses méthodes d’éducation. Avec patience et courage, elle cherchera à développer ses facultés, afin de les utiliser au maximum pour l’éducation de ses enfants. Sa grande préoccupation sera de connaître la volonté de Dieu en toutes circonstances; aussi étudiera-t-elle sa Parole avec diligence. Elle gardera les yeux fixés sur Jésus pour que sa vie, dans la multitude de ses occupations, soit un reflet fidèle de la vie véritable qui est en lui.

Le nom de la mère fidèle inscrit dans le livre du souvenir—L’abnégation et la croix sont notre part. Les accepterons-nous? Aucun de nous ne doit s’attendre à ce que, les dernières grandes épreuves venues, l’esprit d’abnégation et de patriotisme se développe instantanément en lui pour la simple raison qu’il en aura besoin. Assurément non. Nous devons manifester cet esprit dans notre expérience journalière et le faire pénétrer dans le cœur et l’esprit de nos enfants tant par l’enseignement que par l’exemple. Les mères en Israël peuvent ne pas être des soldats, mais elles peuvent élever des guerriers qui revêtiront toute l’armure et livreront vaillamment les batailles du Seigneur.

Mamans, la destinée de vos enfants est pour une large part entre vos mains. Si vous manquez à votre devoir, vous risquez de les placer dans les rangs de l’ennemi et faire d’eux ses agents pour la ruine des âmes; mais par un saint exemple et une bonne discipline, vous pouvez les amener au Christ et faire d’eux des instruments entre ses mains pour le salut de beaucoup d’âmes.

Si elle est accomplie avec fidélité, l’œuvre de la mère chrétienne sera immortalisée. Les adeptes du monde ne verront ni ne comprendront jamais la beauté inaltérable de cette tâche; tandis qu’ils considéreront avec mépris les conceptions surannées et les robes toutes simples de cette mère fidèle, la Majesté du ciel écrira son nom dans le livre du souvenir.

Tous ses instants sont inappréciables—Toute la vie de Moïse: la grande mission qu’il remplit à la tête du peuple d’Israël, révèle l’importance de l’œuvre accomplie par une mère pieuse. Il n’est rien qui égale cette mission. ... De là l’importance de donner aux enfants, dès l’âge le plus tendre, une éducation et une formation ayant pour but d’en faire des croyants. Car ils nous sont confiés pour être formés non pas en vue d’occuper un trône terrestre, mais en vue d’un trône céleste qui subsistera à travers tous les âges.

Chaque mère de famille doit se dire que tous ses instants ont une valeur incalculable; son travail sera jugé au jour solennel du règlement des comptes. On verra alors qu’une forte proportion de fautes et de crimes commis sur la terre sont attribuables à l’ignorance et à la négligence de celles dont le devoir était de diriger dans la bonne voie les pas chancelants de leurs enfants. On verra également que la majorité des hommes qui ont éclairé le monde de l’éclat de leur génie ou des rayons bienfaisants de la vérité et de la vertu devaient les mobiles de leurs actes et de leur succès aux efforts et aux prières d’une mère chrétienne.