Le Foyer Chrétien

Chapitre 35

Partager les fardeaux

Le père ne peut abdiquer son autorité—Les devoirs du père envers ses enfants ne peuvent être transférés sur la mère. Si elle accomplit sa propre tâche, son fardeau est suffisamment lourd à porter. Ce n’est qu’en agissant à l’unisson que le père et la mère peuvent mener à bien la tâche que le Seigneur leur a confiée.

Le père ne devrait pas se démettre de sa participation à l’éducation de ses enfants pour cette vie et pour l’éternité. Il doit assumer sa part de responsabilités. Il y a obligation pour le père comme pour la mère. Les parents doivent se témoigner amour et respect mutuels s’ils veulent voir ces qualités se développer chez leurs enfants.

Le père devrait encourager et soutenir la mère dans sa tâche par des attitudes et des paroles empreintes de tendresse.

Essayez d’aider votre femme dans les difficultés qu’elle rencontre. Veillez à la manière dont vous parlez; faites preuve, dans votre façon d’agir, de délicatesse, de courtoisie et d’amabilité, et vous serez récompensé.

Les marques de tendresse allègent le fardeau de la mère de famille—Quels que soient ses responsabilités et ses soucis, que le père garde dans l’intimité du foyer la même attitude souriante et le même ton aimable qu’envers les visiteurs et les étrangers rencontrés au cours de la journée. Que la femme sente qu’elle peut se reposer sur la grande affection de son mari—qu’il la soutiendra, la raffermira et l’aidera à porter ses soucis et ses peines, que son influence la stimulera—et le poids de son fardeau sera diminué de moitié. Les enfants ne sont-ils pas à lui aussi bien qu’à elle?

L’épouse peut garder pour elle les soucis qu’elle risque de considérer comme plus importants que d’aider son mari à porter sa part de responsabilités; et il en va de même du mari. Les marques de tendresse sont importantes. Le mari a parfois tendance à se sentir libre de sortir et de rentrer comme un pensionnaire plutôt que comme le chef de la famille.

Les tâches domestiques sont sacrées et importantes; cependant, elles sont souvent d’une fastidieuse monotonie. Les soins et les soucis innombrables deviennent pénibles sans le changement procuré par le repos et quelque agréable distraction que le père et mari a souvent ... la possibilité d’offrir à sa femme s’il choisit—ou seulement s’il juge nécessaire ou souhaitable de le faire. La vie d’une mère dans son humble tâche quotidienne est faite de sacrifices constants, plus pénibles à supporter si le mari ne fait pas cas des difficultés de sa situation et ne lui apporte pas son aide.

Avoir des égards pour la fragilité féminine—Le mari devrait manifester un grand intérêt envers sa famille. Compte tenu de la délicatesse propre à la femme, il doit faire preuve d’une tendresse particulière à son égard. Ainsi, il pourra la préserver de bien des maladies. Des paroles aimables et encourageantes s’avèreront plus efficaces que bien des médicaments; elles la soutiendront dans les moments de lassitude et d’abattement; le bonheur et le rayon de soleil apportés au sein du foyer par des actes et des paroles empreints d’amour paieront cet effort au centuple. Le mari devrait se rappeler que la plupart des soucis inhérents à l’éducation des enfants reposent sur la mère, qu’elle a beaucoup à faire pour former leur caractère. Cela devrait le pousser à lui manifester de la tendresse et à prendre soin d’alléger ses fardeaux. Il devrait l’encourager à se reposer sur sa profonde affection et à diriger son esprit vers le ciel, là où résident la force, la paix et le repos pour ceux qui sont fatigués. Il ne devrait pas rentrer chez lui avec un visage renfrogné, mais sa présence devrait être comme un rayon de soleil au sein du foyer; il lui faudrait inciter sa femme à regarder à Dieu et à croire en lui. Ensemble, ils peuvent se réclamer de ses promesses et faire descendre ses riches bénédictions sur leur famille.

Diriger les siens avec douceur—Plus d’un mari pourrait tirer une leçon utile de la sollicitude manifestée par le patriarche Jacob, ce berger consciencieux, qui, appelé à entreprendre un voyage rapide et difficile, déclara: « Les enfants sont délicats; j’ai à ménager les brebis et les vaches qui allaitent; si l’on forçait leur marche un seul jour, tout le troupeau périrait... Je suivrai lentement, au pas du troupeau qui me précédera, et au pas des enfants. »

Dans le sentier pénible de la vie, que le père de famille, lui aussi, « avance lentement », à la mesure des forces et de l’endurance de sa compagne de voyage. Au milieu d’un monde qui se lance dans une poursuite avide des richesses ou du pouvoir, qu’il apprenne à « ralentir la marche » pour réconforter et seconder celle qui doit se tenir à ses côtés. ...

Que le mari entoure sa femme de tendresse et d’une affection inaltérable. S’il veut la voir joyeuse et forte, tel un rayon de soleil dans sa maison, il faut qu’il l’aide dans sa tâche. La bonté et la prévenance qu’il lui témoignera seront pour elle un précieux encouragement, et le bonheur qu’il lui procurera communiquera paix et joie à son propre cœur. ...

Si la future maman est privée des soins et du confort qu’exige son état, si le surmenage, l’anxiété et la tristesse épuisent ses forces, ses enfants seront privés de la vitalité, de la souplesse mentale et des dispositions joyeuses qu’ils devraient hériter. Il vaudra beaucoup mieux lui procurer une existence heureuse et la mettre à l’abri du besoin. Qu’on lui évite le travail pénible et les soucis déprimants, afin que ses enfants aient une bonne constitution et fassent leur chemin dans la vie, grâce à leur énergie personnelle.