Le Foyer Chrétien

Chapitre 30

Des liens à cultiver

Les parents doivent chercher à mieux connaître leurs enfants—Il en est qui ne comprennent ni ne connaissent réellement leurs enfants. Un grand fossé sépare souvent les uns des autres. Si les parents voulaient connaître davantage les sentiments de leurs enfants et les engager à s’ouvrir à eux, ils auraient une influence bienfaisante.

Le père et la mère devraient travailler ensemble en parfaite harmonie et devenir les amis intimes de leurs enfants.

Il faudrait que les parents recherchent la meilleure manière de gagner l’amour et la confiance de leurs enfants, en vue de les conduire dans la bonne voie. Ils devraient faire resplendir le soleil de l’amour sur toute la famille.

Encouragements et éloges—Les jeunes enfants aiment la compagnie et ont rarement plaisir à rester seuls. Ils sont avides d’affection et de tendresse, et pensent que ce qui leur plaît fait aussi plaisir à leur maman. Il est donc naturel pour eux d’aller à elle avec leurs petites joies et leurs petits chagrins. Aussi devrait-elle veiller à ne pas blesser leur cœur sensible en traitant avec indifférence des choses qui, insignifiantes à ses yeux, ont pour eux une grande importance. Sa compréhension et son acquiescement leur sont précieux. Un regard approbateur, une parole encourageante ou un éloge réchauffera leur cœur comme un rayon de soleil et suffira pour les rendre heureux toute la journée.

Les parents doivent être les confidents de leurs enfants—Les parents devraient encourager leurs enfants à se confier à eux, à leur dire leurs peines, leurs petites épreuves et leurs ennuis quotidiens.

Instruisez-les avec douceur et sachez gagner leur affection. C’est un moment critique pour eux. Des influences agiront pour vous les arracher, mais vous devez en neutraliser les effets en apprenant à vos enfants à faire de vous leur confident auquel ils viendront dire leurs difficultés et leurs joies.

Les enfants seraient préservés de bien des maux s’ils avaient des contacts plus profonds avec leurs parents; ces derniers devraient les encourager à être ouverts et francs avec eux, à leur exposer leurs difficultés et, lorsqu’ils sont hésitants sur la conduite à suivre, à leur soumettre la question telle qu’ils l’envisagent et à leur demander leur avis. Qui, mieux que des parents pieux, peut voir et leur signaler les dangers qu’ils courent? Qui comprend aussi bien qu’eux le tempérament particulier de leurs enfants? La mère, qui a surveillé chacune des dispositions de l’esprit dès la tendre enfance et qui a ainsi une parfaite connaissance des facultés naturelles, est la mieux préparée pour conseiller son enfant. Qui peut dire aussi bien qu’elle—avec l’aide du père—quelles tendances de caractère il faut refréner ou faire disparaître?

« Je n’ai pas le temps »—« Je n’ai pas le temps », dit le père; « Je n’ai pas de temps à consacrer à l’éducation de mes enfants, ni aux distractions sociales et familiales. » Dans ces conditions, vous n’auriez pas dû vous embarrasser des responsabilités d’une famille. En refusant aux enfants le temps qui leur appartient de droit, vous les privez de l’éducation qu’ils devraient trouver auprès de vous. Puisque vous avez des enfants, vous avez une tâche à remplir, en collaboration avec votre épouse, dans la formation de leur caractère.

De nombreuses mères déclarent: « Je n’ai pas de temps à consacrer à mes enfants. » Je vous en prie, passez donc moins de temps à vous occuper de votre toilette. Oubliez un peu les soins que vous donnez à votre apparence. Diminuez le nombre des invitations que vous faites et auxquelles vous répondez. Cessez de préparer une multitude de plats. Mais, de grâce, ne négligez jamais vos enfants. Qu’est-ce que la balle par rapport au grain? Ne permettez pas à quoi que ce soit de s’interposer entre vous et les intérêts essentiels de vos enfants.

Accablée de soucis, la mère se dit parfois qu’elle n’a ni le temps, ni la patience d’instruire ses enfants et de leur témoigner de l’amour et de la sympathie. Mais elle devrait se souvenir que s’ils ne trouvent pas dans la famille de quoi satisfaire leurs besoins d’affection et de compagnie, ils chercheront ailleurs, peut-être au détriment de leur esprit et de leur caractère.

Avec vos enfants dans le travail et dans les jeux—Prenez quelques heures de vos loisirs pour les consacrer à vos enfants; associez-vous à leur travail et à leurs jeux, et gagnez ainsi leur confiance. Gagnez leur amitié et gardez-la.

Que les parents consacrent leurs soirées à leur famille. Lorsque les travaux de la journée sont terminés, laissez aussi de côté vos soucis et vos problèmes.

Conseils aux parents trop réservés et autoritaires—Les parents et les maîtres courent le danger de trop commander et de faire la loi, alors qu’ils ne se mêlent pas assez à la vie de leurs enfants et de leurs élèves. Ils se tiennent trop souvent sur la réserve et font preuve d’une autorité froide et antipathique qui ne peut leur gagner les cœurs. S’ils rassemblaient les petits autour d’eux, leur témoignaient de l’amour, s’intéressaient à leurs efforts et à leurs jeux, et si parfois même ils vivaient comme des enfants au milieu d’autres enfants, ils feraient des heureux et gagneraient leur affection et leur confiance. Les enfants en arriveraient vite à aimer et à respecter l’autorité de leurs parents et de leurs maîtres.

Les relations préjudiciables aux liens familiaux—Satan et ses armées font tous leurs efforts pour régner sur l’esprit des enfants. Soyez donc ouverts avec eux, montrez-leur votre tendresse chrétienne et votre amour; vous acquerrez ainsi une influence considérable sur eux et ils sentiront qu’ils peuvent se confier à vous sans réserve. Sachez les attirer par la douceur du foyer et de votre compagnie. Si vous agissez ainsi, ils n’auront pas tellement envie de rechercher au dehors le contact avec de jeunes camarades. ... À cause du mal qui règne dans le monde actuel, il devient nécessaire de bien surveiller les enfants; les parents devraient donc avoir le double souci de s’attacher leur cœur et de leur faire sentir qu’ils désirent les rendre heureux.

Les parents doivent chercher à connaître leurs enfants—Nulle barrière de froideur et d’extrême réserve ne devrait pouvoir s’élever entre parents et enfants. Que les parents cherchent à connaître leurs enfants, qu’ils s’efforcent de comprendre leurs goûts et leurs dispositions, de pénétrer leurs sentiments et de les amener à se confier plus intimement.

Montrez-leur que vous les aimez et que vous êtes prêts à faire l’impossible pour les rendre heureux. Vos recommandations auront alors à leurs yeux une bien plus grande valeur. Dirigez-les avec douceur et tendresse, vous souvenant que « leurs anges dans les cieux voient continuellement la face du Père ». Si vous voulez que ces messagers célestes accomplissent pour vos enfants l’œuvre dont Dieu les a chargés, coopérez avec eux de toutes vos forces et par tous les moyens.

Élevés dans l’atmosphère saine et affectueuse d’un foyer digne de ce nom, les enfants n’éprouveront aucun désir de chercher ailleurs leurs plaisirs et leurs camarades. Le mal ne les attirera pas. L’esprit qui prévaut au foyer façonnera leur caractère; ils y formeront des habitudes et y acquerront des principes qui, lorsqu’ils auront quitté la maison et pris leur place dans le monde, constitueront pour eux un rempart contre la tentation.