Le Foyer Chrétien

Chapitre 25

Prendre soin des enfants nécessiteux

Les orphelins—Plus d’un père qui est mort dans la foi, confiant en l’éternelle promesse de Dieu, a quitté ses bien-aimés pleinement assuré que le Seigneur prendrait soin d’eux. Et comment le Seigneur pourvoit-il aux besoins de ces affligés? Il n’accomplit pas un prodige en faisant tomber du ciel la manne, il n’envoie pas non plus des corbeaux pour leur apporter de la nourriture, mais il opère un miracle dans les cœurs en en chassant l’égoïsme et en ouvrant des sources de bienfaisance. Dieu éprouve l’amour de ceux qui se disent ses disciples en confiant à leur affectueuse sollicitude de pauvres orphelins.

Que ceux qui possèdent l’amour de Dieu, ouvrent leur cœur et leur foyer à ces enfants. ...

Un vaste champ d’activité s’offre à tous ceux qui veulent travailler pour le Maître en prenant soin de ces enfants et de ces jeunes qui ont été privés de la direction vigilante de parents et de la douce influence d’un foyer chrétien. Parmi eux, beaucoup ont hérité de mauvais traits de caractère et, si on les laisse grandir dans l’ignorance, ils auront des fréquentations qui risquent de les entraîner au vice et au crime. Ces jeunes qui ne donnent pas beaucoup d’espoir devraient être placés dans des conditions favorables à la formation d’un bon caractère afin qu’ils puissent devenir des fils et des filles de Dieu.

La responsabilité de l’Église—L’Église doit s’occuper des orphelins; le Christ dit à ses disciples: Prenez soin de ces enfants défavorisés, amenez-les moi, et vous aurez votre récompense. Dans ce domaine, j’ai observé des manifestations d’un profond égoïsme. S’ils ne sont pas assurés de pouvoir tirer quelque avantage pour eux-mêmes en accueillant dans leur famille ceux qui n’ont pas de foyer, certains se détournent en disant: Non. Ils ignorent ou ne veulent pas savoir si ces enfants sont sauvés ou perdus. Ils considèrent que ce n’est pas leur affaire. Avec Caïn ils disent: « Suis-je le gardien de mon frère? » Ils ne veulent pas se déranger ou faire quelque sacrifice en faveur des orphelins, et c’est avec une complète indifférence qu’ils rejettent ces malheureux dans le monde, où se trouvent parfois des personnes mieux disposées à les recevoir que ne le sont ces soi-disant chrétiens. Au jour de l’Éternel, on demandera des comptes à ceux à qui la Providence a donné la possibilité d’exercer une action salvatrice. Mais ces chrétiens cherchent à s’excuser; ils refusent de s’engager dans une bonne œuvre, à moins d’en tirer un profit personnel. Il m’a été montré que ceux qui repoussent ces occasions de faire le bien entendront Jésus leur dire: « Toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. » Matthieu 25:45. Lire Esther 58:5-11.

Un appel aux couples sans enfants—Certaines personnes qui n’ont pas d’enfants devraient apprendre à aimer ceux des autres et à en prendre soin. Elles ne sont pas nécessairement appelées à travailler dans un champ missionnaire, mais elles peuvent être invitées à se rendre utiles dans la localité même où elles vivent. Au lieu d’accorder tant d’attention et de prodiguer tant d’affection à leurs animaux familiers—et muets—, qu’elles exercent plutôt leurs talents en faveur d’êtres humains qui doivent se préparer pour le ciel et éviter la perdition. Qu’elles s’occupent de petits enfants dont elles peuvent façonner les caractères d’après le modèle divin. Témoignez votre amour aux orphelins qui vous entourent. Au lieu de détourner votre cœur des membres de la famille humaine, cherchez à savoir combien de ces petits orphelins vous pouvez élever et instruire dans le Seigneur. Il y a une grande œuvre à accomplir pour tous ceux qui désirent s’y vouer. En s’engageant dans cette activité chrétienne, l’église peut augmenter en nombre et s’enrichir spirituellement. Le salut des sans-logis est l’affaire de chacun.

Si ceux qui n’ont pas d’enfants, mais auxquels Dieu a confié des biens, cherchaient de tout leur cœur à se dévouer pour des orphelins qui ont besoin d’amour, de sympathie, de soins et de soutien matériel, ils seraient bien plus heureux qu’ils ne le sont actuellement. Aussi longtemps que les jeunes qui ne bénéficient pas des soins attentifs d’un père et de la tendresse affectueuse d’une mère se trouvent exposés aux influences corruptrices des derniers temps, il faut que quelqu’un remplace le père et la mère auprès de plusieurs d’entre eux. Efforcez-vous de leur témoigner de l’amour, de l’affection et de la bienveillance. Tous ceux qui prétendent croire en Dieu, dont ils attendent soin et protection, et qui espèrent en outre habiter un jour dans les demeures qu’il leur a préparées, devraient avoir conscience de la solennelle obligation d’être des amis pour ceux qui vivent dans la solitude morale, des pères pour les orphelins, des soutiens pour les veuves, et de se rendre utiles d’une façon ou d’une autre à l’humanité.

Les femmes de pasteur doivent-elles adopter des enfants?—On a posé la question de savoir si une femme de pasteur devrait adopter des enfants. Voici ce que je puis répondre: si elle n’a ni disposition ni aptitude à faire du travail missionnaire en dehors de son foyer, et qu’elle pense qu’il est de son devoir d’adopter des orphelins, elle trouvera dans cette occupation l’occasion d’accomplir une bonne œuvre. Mais que son choix se porte d’abord sur des enfants dont les parents étaient observateurs du sabbat. Dieu accordera sa bénédiction aux hommes et aux femmes qui, de tout leur cœur, décideront de partager leur foyer avec des orphelins. Mais si l’épouse du pasteur peut prendre une part dans un programme d’enseignement en faveur d’autrui, elle devrait consacrer ses facultés à Dieu dans ce domaine. Son devoir est de cultiver son intellect de manière à pouvoir seconder efficacement son mari dans la proclamation du message. La voie est ouverte à des femmes humbles et consacrées, revêtues de la grâce du Christ, pour qu’elles rendent visite aux nécessiteux et apportent la lumière aux âmes découragées. Elles peuvent relever ceux qui sont abattus en priant avec eux et en les conduisant vers le Christ. Ces femmes ne devraient pas employer leur temps et leurs forces uniquement en faveur de l’un de ces petits êtres privés de soutien qui réclament des attentions et des soins permanents. Elles ne devraient pas de propos délibéré se vouer à une telle tâche.

Des foyers pour les orphelins et les enfants abandonnés—Dans la mesure de vos possibilités, offrez une famille à ceux qui n’en ont pas. Que chacun se tienne prêt à participer à une telle œuvre. Le Seigneur a dit à Pierre: « Pais mes agneaux. » Ce commandement s’adresse à nous; en ouvrant nos foyers aux orphelins, nous contribuons à son observation. Faisons en sorte que Jésus ne soit pas déçu de nous.

Accueillez ces enfants et présentez-les à Dieu comme une offrande de bonne odeur. Implorez sa bénédiction sur eux et efforcez-vous de les façonner et les éduquer conformément à l’ordre du Christ. Notre peuple est-il disposé à accepter ce dépôt sacré?

Une épreuve pour le peuple de Dieu—Il y a quelques années, il m’a été montré que le peuple de Dieu sera mis à l’épreuve en ce qui concerne le problème de l’établissement de foyers pour ceux qui n’en ont pas et que de nombreuses personnes se trouveront sans famille parce qu’elles auront accepté le message de la vérité. L’opposition et la persécution priveront certains croyants de leur foyer, et ceux qui ont le bonheur d’en posséder un devront considérer comme un devoir d’en ouvrir toute grande la porte à ces infortunés. Il m’a été montré récemment que Dieu mettra tout spécialement son peuple à l’épreuve dans ce domaine. Le Christ s’est fait pauvre pour nous, afin que, par sa pauvreté, nous fussions enrichis. Par son sacrifice, il a préparé une demeure pour ceux qui sont étrangers et voyageurs dans ce monde, et qui aspirent à une meilleure patrie, une patrie céleste.