Le Foyer Chrétien

Chapitre 24

Dimension de la famille

Une grave erreur pour les mères, les enfants et la société—Il y a des parents qui, sans se préoccuper de savoir s’ils pourront oui ou non pourvoir aux besoins d’une nombreuse famille, mettent au monde de nombreux enfants, dont le soin et l’instruction dépendent, bien sûr, totalement d’eux. ... C’est un grand mal, non seulement pour la mère, mais aussi pour les enfants et la société. ...

Les parents devraient toujours avoir en vue le bien futur de leurs enfants. Ils ne devraient pas être contraints d’employer tout leur temps à un travail épuisant pour subvenir aux nécessités de la vie.

Avant de songer à agrandir leur famille, ils devraient se demander si Dieu sera glorifié ou non par la naissance de ces enfants. Ils devraient d’abord chercher à glorifier Dieu par leur union dès le début et tout au long de leur vie conjugale.

Importance de l’état de santé de la mère—En raison de la responsabilité qui repose sur les parents, ceux-ci devraient sérieusement se demander s’il est opportun pour eux d’avoir des enfants. L’état de santé de la mère lui permettra-t-il d’en prendre soin? Le père réunit-il les conditions nécessaires pour les doter de l’éducation et de l’instruction dont ils auront besoin? Combien on néglige de prendre en considération l’avenir des enfants! La préoccupation majeure est de satisfaire la passion et, de ce fait, on impose à l’épouse et à la mère des charges qui minent sa vitalité et affaiblissent ses facultés spirituelles. Son état de santé altéré, elle se trouve ainsi portée au découragement en se voyant entourée d’enfants dont elle ne peut s’occuper comme elle le devrait. Ne recevant pas l’enseignement requis, ces derniers vont grandir dans des conditions qui les entraîneront à déshonorer Dieu et à transmettre à d’autres les défauts de leur nature. C’est ainsi que se forme toute une multitude de personnes que Satan manie à sa guise.

Autres facteurs à considérer—Dieu désire que les parents agissent et vivent comme des personnes raisonnables de manière à donner à chaque enfant une éducation convenable. La mère devrait disposer à la fois de force et de temps pour employer ses facultés mentales au service de ses enfants afin de les rendre aptes à vivre en compagnie des anges. Elle devrait avoir suffisamment de courage pour jouer loyalement son rôle auprès d’eux, inspirée par la crainte et l’amour de Dieu, afin qu’ils deviennent une source de bénédiction dans la famille et dans la société.

Le mari et père devrait réfléchir à tout cela pour que sa femme ne soit pas surchargée et, de ce fait, accablée par le découragement. Il fera en sorte qu’elle ne soit pas placée dans des conditions qui l’empêcheraient de prendre soin de ses nombreux enfants et de leur donner une éducation convenable.

Les parents devraient veiller à ne pas accroître leur famille à un rythme incompatible avec les possibilités qu’ils ont d’en prendre soin et de lui donner l’instruction adéquate. C’est d’ailleurs porter un grave préjudice à une mère que l’obliger à mettre au monde un enfant chaque année. Il en découle un affaiblissement, voire même la destruction de toute joie de vivre, pour aboutir parfois à un vrai désastre familial. Ces petits sont ainsi privés à la fois des soins, de l’instruction et du bonheur que les parents ont le devoir de leur procurer.

Conseils aux parents d’une famille nombreuse—Vous devriez vous poser la question: « Est-ce que j’élève mes enfants pour qu’ils accroissent l’influence de la puissance des ténèbres et renforcent les rangs de son armée ou est-ce que je les forme pour le Christ? »

Si vous ne parvenez pas à les diriger et à modeler leur caractère de telle manière qu’ils répondent aux exigences de Dieu, alors, moins vous aurez d’enfants pour souffrir des lacunes de l’éducation que vous leur aurez donnée, mieux cela vaudra, à la fois pour eux, pour vous [ses] parents, et pour la société. À moins qu’ils ne puissent être éduqués et disciplinés dès leur enfance par une mère judicieuse et sage, intelligente et consciencieuse, qui les dirige dans la crainte du Seigneur, qui façonne leur caractère et le rende conforme au modèle de justice, c’est un péché d’en accroître le nombre. Dieu vous a gratifiés d’une raison, et il exige que vous vous en serviez.

Parents, puisque vous savez que votre manque de connaissance ne vous permet pas d’élever correctement vos enfants pour le service du Maître, pourquoi ne tirez-vous pas la leçon qui en découle? Pourquoi continuez-vous à mettre des enfants au monde pour grossir les rangs de l’armée de Satan? Dieu prend-il plaisir à un tel spectacle? Lorsque vous vous rendez compte qu’une nombreuse famille va considérablement entamer vos revenus, qu’elle va imposer de lourds fardeaux à la mère, et qu’entre toutes ces naissances, celle-ci ne disposera pas de temps pour s’adonner normalement à toutes les activités qui lui incombent, pourquoi ne songez-vous pas à ces résultats inéluctables? Chaque enfant qui naît affaiblit la vitalité de la maman, et si les parents n’usent pas de leur raison en ce domaine, quel espoir ont-ils—eux et leurs enfants—d’apprendre à se discipliner? Le Seigneur leur demande d’examiner ce problème à la lumière des réalités futures et éternelles.

Considérations d’ordre économique—Les parents doivent étudier sérieusement le problème de l’avenir de leurs enfants. Ils n’ont pas le droit de mettre au monde des enfants qui deviendront un fardeau pour autrui. Ont-ils une situation leur permettant d’entretenir une famille qui, de ce fait, ne sera jamais en charge à quelqu’un d’autre? Si ce n’est pas le cas, ils commettent un crime en mettant au monde des enfants qui ne recevront ni les soins, ni la nourriture, ni le vêtement dont ils ont besoin.

Ce sont les gens les moins compétents en affaires, et les moins qualifiés pour s’en sortir dans la vie qui, généralement, remplissent leurs maisons de nombreux enfants, tandis que les personnes qui montrent des dispositions pour accroître leurs revenus n’ont généralement pas plus d’enfants qu’ils ne peuvent en élever. Ceux qui n’arrivent pas à assurer leur propre subsistance ne devraient pas avoir d’enfants.

Une cause éventuelle de problèmes pour l’église—Bien des gens qui ont de la peine à vivre célibataires se décident à se marier et à élever une famille alors qu’ils savent fort bien qu’ils n’ont pas de quoi l’entretenir. Ce qui est pis encore, c’est qu’ils ne savent pas diriger une famille. Tout leur comportement se ressent de leurs habitudes de négligence et de mollesse. Ils ont peu de contrôle sur eux-mêmes et sont emportés, impatients et irritables. Quand de telles personnes deviennent adventistes, elles pensent qu’elles ont droit à l’assistance de leurs frères plus fortunés. Si l’on ne répond pas à leur attente, elles se plaignent de l’Église et l’accusent de ne pas vivre sa foi. Mais qui doit souffrir en pareil cas? L’œuvre de Dieu doit-elle être sapée à la base et les caisses vidées pour subvenir à l’entretien de ces familles nombreuses? Assurément non. Ce sont les parents qui doivent en supporter les conséquences. D’une façon générale ils ne seront pas plus gênés qu’ils ne l’étaient avant de devenir des observateurs du sabbat.

Comment on peut restreindre l’action missionnaire—Lorsqu’on se propose d’envoyer des missionnaires en pays lointains, il faudrait choisir des hommes qui savent pratiquer l’économie, qui n’ont pas la charge d’une nombreuse famille et qui, sachant qu’ils disposent de peu de temps pour accomplir une œuvre considérable, ne chercheront pas à s’entourer d’une nombreuse progéniture; ils s’efforceront de se libérer au contraire le plus possible de tout ce qui tendrait à détourner leur esprit de leur tâche capitale. Si elle aime se dévouer et que rien ne l’en empêche, la femme, en se tenant aux côtés de son mari, peut être aussi efficace que lui-même. Dieu a accordé sa bénédiction aux femmes, afin qu’elles emploient leurs talents à sa gloire en lui gagnant le cœur de nombreux fils et filles. Mais beaucoup d’entre elles, qui pourraient accomplir un travail missionnaire considérable, doivent rester chez elles pour s’occuper des enfants.

Nous voulons des missionnaires qui soient des missionnaires dans la pleine acception de ce terme; qui renoncent à toute considération égoïste et donnent à la cause de Dieu la toute première place; qui ne travaillent qu’en vue de la gloire divine, se tiennent prêts, à tout instant, à aller où Dieu les appelle et à travailler dans n’importe quel domaine favorable à la diffusion de la vérité. Le champ missionnaire a besoin d’hommes dont les épouses aiment et craignent Dieu et qui sachent les seconder dans leurs activités. Beaucoup de missionnaires sont engagés alors qu’ils ont charge de famille; ils ne peuvent donc se vouer entièrement à leur travail. Leur esprit se trouve partagé. La femme et les enfants les détournent de leur activité et souvent même les empêchent d’entrer dans des champs qui les sollicitent, en les gagnant à l’idée qu’ils doivent rester près de leur famille.