Le Foyer Chrétien

Chapitre 19

Où établir le foyer?

Principes devant présider au choix du lieu—Dieu attend de ses enfants, lorsqu’ils ont à décider de l’endroit où ils iront résider, qu’ils considèrent à quelles influences morales et religieuses ils seront soumis, eux et les leurs.

Nous devrions choisir le milieu social le plus favorable à notre avancement spirituel, et profiter de tous les secours qui sont à notre portée; car Satan s’efforcera, en multipliant les obstacles, de retarder notre marche vers le ciel. Il se peut que nous soyons placés dans des positions difficiles, car on ne peut pas toujours choisir son entourage; mais en tout cas, nous ne devrions pas nous exposer volontairement à des influences qui ne favorisent pas le développement d’un caractère chrétien. Si le devoir nous y oblige, nous devrions redoubler de vigilance et de prières, afin que la grâce du Christ nous préserve de toute corruption.

Les principes de l’Évangile nous apprennent à estimer les choses à leur juste valeur, et à faire tous nos efforts pour celles qui sont dignes et durables. C’est ce que doivent apprendre ceux qui ont la responsabilité de choisir une habitation, afin qu’ils ne se laissent pas détourner du but véritable de la vie. ...

Ayez à l’esprit cette pensée en choisissant votre maison. Ne cédez pas à l’attrait des richesses, à la mode ou aux coutumes mondaines. Recherchez ce qui favorise la simplicité, la pureté, la santé et l’élévation morale. ...

Au lieu de vous fixer là où seules sont visibles les œuvres des hommes, où les spectacles qui s’offrent à vous et les bruits qui vous parviennent vous suggèrent des pensées mauvaises, où le tumulte et la confusion n’apportent que fatigue et tourments, allez habiter là où vous pourrez contempler les œuvres de Dieu et trouver le repos de l’esprit au sein des beautés et du calme de la nature. Que vos yeux reposent sur des champs verdoyants, des bosquets et des collines. Contemplez l’azur du ciel que n’obscurcissent pas la poussière et la fumée des villes; respirez l’air vivifiant.

Le premier foyer, un modèle—La demeure de nos premiers parents devait servir de modèle à celles de leurs descendants, au fur et à mesure que ceux-ci prendraient possession de la terre. Ce foyer, orné par la main de Dieu, n’était pas un palais. Dans leur vanité, les hommes se plaisent à habiter des demeures somptueuses et mettent leur gloire dans les ouvrages de leurs mains; mais Dieu plaça Adam dans un jardin. Ce jardin, qui devait lui servir d’habitation, avait pour dôme le ciel bleu, pour plancher un tapis de verdure émaillé de fleurs délicates et pour dais les branches feuillues d’arbres majestueux. Aux parois étaient suspendus comme ornements les magnifiques produits du divin Artiste. Ce décor offert au premier couple dans son innocence, renferme une leçon pour les hommes de tous les temps: le vrai bonheur n’est pas dans la satisfaction de la vanité et du luxe, mais dans la communion avec Dieu, au sein de ses œuvres admirables. Si les hommes recherchaient moins l’artificiel et cultivaient davantage la simplicité, ils répondraient beaucoup mieux au plan divin à leur égard. L’ambition et l’orgueil ne sont jamais satisfaits. Les vrais sages trouvent des jouissances aussi réelles que pures dans les biens que Dieu a mis à la portée de tous.

Le foyer terrestre choisi par Dieu pour son Fils—Jésus vint ici-bas pour accomplir l’œuvre la plus importante qui ait jamais été faite parmi les hommes. Ambassadeur de Dieu, il nous apprit à obtenir de la vie les meilleurs résultats. Et quelles conditions d’existence le Père céleste choisit-il pour son Fils? Une maison isolée sur les collines de la Galilée, une famille vivant grâce à un travail honnête et respectable, une vie simple en butte aux difficultés et aux privations journalières, l’abnégation, l’économie et le service patient et joyeux, l’heure d’étude aux côtés de sa mère devant le rouleau déployé des Écritures, le calme de l’aurore et la beauté du crépuscule dans la vallée verdoyante, les saines occupations au sein de la nature, la communion de l’âme avec Dieu, telles furent les conditions d’existence du Sauveur durant les premières années de sa vie.

Des foyers ruraux dans la terre promise—En terre promise, la discipline du désert fut appliquée de manière à favoriser la formation de bonnes habitudes. Les hommes ne s’entassaient pas dans les villes; chaque famille possédait des terres qu’elle cultivait, s’assurant ainsi les bienfaits d’une vie saine et naturelle.

L’influence de l’environnement sur le caractère de Jean—Jean-Baptiste, le précurseur du Christ, reçut sa première éducation de ses parents. La majeure partie de son existence se passa dans le désert. ... Jean renonça de lui-même aux joies et au luxe de la vie citadine pour accepter la sévère discipline du désert, dont le cadre était de nature à favoriser des habitudes de simplicité et de renoncement. Là, loin des clameurs du monde, il pouvait s’adonner à l’étude de la nature, de la Révélation et de l’action de la Providence. ... Dès son enfance, sa mission resta présente à son esprit, et il en accepta le dépôt sacré. À ses yeux, la solitude du désert constituait un moyen idéal pour s’éloigner du milieu social où la suspicion, l’incrédulité et l’impureté étaient devenues des facteurs de perversion générale. Il se défiait de sa capacité de résistance à la tentation; c’est la raison pour laquelle il fuyait le contact permanent avec le péché, de peur d’en oublier le caractère d’extrême gravité.

Les avantages de la campagne—Il en fut ainsi pour la plupart des grands hommes de Dieu. Lisez l’histoire d’Abraham, de Jacob, de Joseph, de Moïse, de David et d’Élisée. Examinez la vie de ceux qui ont vécu plus tard et occupé avec la plus grande compétence des postes de confiance.

La plupart d’entre eux, élevés à la campagne, ne connurent le luxe que de loin. Ils ne dissipèrent pas leur jeunesse dans des amusements; beaucoup durent lutter contre la pauvreté et les difficultés. Ils apprirent de bonne heure à travailler, et leur vie active, en plein air, donna vigueur et souplesse à toutes leurs facultés. Obligés de ne compter que sur leurs propres ressources, ils durent surmonter tous les obstacles, s’armer de courage et de persévérance. Ils acquirent ainsi de l’assurance et la maîtrise de soi. Préservés des mauvaises compagnies, ils trouvaient leurs plaisirs dans de simples divertissements et de saines amitiés. Tempérants dans leurs habitudes et simples dans leurs goûts, guidés par des principes, ils étaient purs, forts et loyaux. Lorsqu’ils avaient fait choix d’une carrière, d’un métier, ils y apportaient une force physique et mentale, une vivacité d’esprit, une rapidité d’exécution, une fermeté dans la lutte contre le mal qui faisaient d’eux une force pour le bien de la nation.