Le Foyer Chrétien

Chapitre 17

Obligations mutuelles

À chacun ses responsabilités—Les deux personnes qui unissent leur vie et les intérêts qui s’y rattachent possèdent des traits de caractère distincts et, de ce fait, assument des responsabilités individuelles. Chacun accomplit son propre travail, mais la femme ne doit pas être appréciée en fonction du labeur fourni, comme le seraient des bêtes de somme. En sa qualité d’épouse et de compagne d’un mari avisé, la femme doit embellir le cercle familial. Elle devrait constamment se demander: « Est-ce conforme à l’idéal que doit atteindre une femme? » « Comment puis-je exercer une influence chrétienne dans mon foyer? » Le mari, de son côté, devrait dire à sa femme qu’il apprécie son travail.

L’épouse doit respecter son mari. Le mari doit aimer sa femme. L’engagement du mariage a fait d’eux un seul être, de même leur foi en Christ doit faire qu’ils soient un en lui. Est-il quelque chose qui puisse apporter à Dieu une plus grande joie que de voir ceux qui s’unissent par le mariage chercher ensemble à mieux connaître Jésus-Christ et à se pénétrer de son Esprit?

Vous avez maintenant des devoirs qui n’existaient pas avant votre mariage. « Revêtez-vous, dit l’apôtre Paul, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. » Colossiens 3:12. Examinez soigneusement les instructions suivantes: « Marchez dans la charité, à l’exemple du Christ, qui vous a aimés. ... Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Église. ... Or, de même que l’Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle. » Éphésiens 5:2, 22-25.

Les instructions divines confiées à Ève—Ève est ensuite avertie des chagrins et des douleurs qui doivent être désormais sa part. L’Éternel lui dit: « Tes désirs se porteront sur ton mari, et il dominera sur toi. » En la créant, Dieu avait fait Ève égale à Adam. S’ils étaient restés obéissants à Dieu, en harmonie avec sa grande loi d’amour, l’accord le plus parfait n’eût pas cessé d’exister entre eux. Mais le péché avait engendré la discorde et, dès lors, l’union et l’harmonie ne pouvaient se maintenir que par la soumission de l’un ou de l’autre époux. Or, Ève avait péché la première. En se séparant de son mari, contrairement à la recommandation divine, elle avait succombé à la tentation, et c’est par ses sollicitations qu’Adam avait désobéi. En conséquence, elle était placée sous l’autorité de son mari. Si notre race déchue avait obéi à la loi de Dieu, cette sentence, bien qu’étant un résultat du péché, se serait changée en bénédiction. Mais l’homme, abusant de sa suprématie, a trop souvent rendu le sort de la femme bien amer et fait de sa vie un martyre.

Dans sa demeure édénique, Ève avait été parfaitement heureuse aux côtés de son mari. Mais, remuante et curieuse comme nos Èves modernes, elle s’était sentie flattée à l’idée d’entrer dans une sphère plus haute que celle qui lui était assignée. En voulant s’élever au-dessus de sa condition première, elle tomba plus bas. Un sort semblable attend toutes celles qui répugnent à s’acquitter joyeusement des devoirs de la vie prévus dans les plans de Dieu.

L’obéissance de l’épouse; l’amour du mari—La question suivante est fréquemment posée: « La femme doit-elle renoncer à user de sa propre volonté? » La Bible déclare avec netteté que l’homme est le chef de la famille: « Femmes, soyez soumises à vos maris. » Colossiens 3:18. Si l’apôtre se limitait à cet ordre, nous pourrions en déduire que la condition de la femme n’est pas enviable; elle est même très dure et éprouvante dans bien des cas, et il serait souhaitable qu’il y ait moins de mariages. De nombreux maris s’arrêtent à ces mots: « Femmes, soyez soumises à vos maris », alors qu’il est nécessaire de lire la suite: « Comme il convient dans le Seigneur. »

Ce qui est demandé à la femme est qu’elle cherche à chaque instant à craindre Dieu et à le glorifier. C’est au Seigneur Jésus-Christ seul qu’elle doit se soumettre entièrement, lui qui, au prix inestimable de sa vie, l’a rachetée et l’a élevée au rang d’enfant de Dieu. Celui-ci lui a donné une conscience, qui ne saurait être ignorée impunément. Sa propre personnalité ne peut se fondre dans celle de son mari, car elle appartient au Christ par droit de rachat. C’est une erreur de prétendre qu’en vertu d’une soumission aveugle elle doive en toutes choses accomplir exactement ce que son mari lui demande, alors qu’elle sait qu’en agissant de la sorte, elle causerait un préjudice à son corps et à son esprit, qui ont été délivrés de l’esclavage de Satan. Au-dessus d’elle, il y a son Rédempteur, dont la volonté passe avant celle de l’époux; et son obéissance à son mari doit se faire selon les ordres de Dieu—« comme il convient dans le Seigneur ».

Lorsque les maris exigent de leurs épouses une soumission complète, en déclarant qu’elles n’ont ni opinion ni initiative à faire valoir dans le foyer, et qu’elles n’ont qu’à obéir implicitement, ils les mettent dans une situation que l’Écriture n’admet pas. En interprétant la Bible comme ils le font, ils dénaturent le but de l’institution du mariage. Ils agissent de la sorte uniquement pour exercer une autorité arbitraire, qui ne peut être invoquée comme une prérogative leur appartenant. Mais voici la suite du conseil de l’apôtre (Colossiens 3:19): « Maris, aimez vos femmes, et ne vous aigrissez pas contre elles. » Pourquoi le mari aurait-il de l’animosité envers son épouse? S’il découvre éventuellement que sa femme commet des erreurs et qu’elle a de nombreux défauts, s’aigrir contre elle n’apportera pas de remède au mal.

Les femmes soumises à leurs maris dans la mesure où ceux-ci sont soumis au Christ—Parce qu’ils n’ont pas suivi les instructions du Seigneur, bien des maris n’ont pas à l’égard de leur femme une attitude conforme à celle de Jésus envers l’Église. Ils prétendent que leurs femmes doivent se soumettre à eux en toutes choses, mais Dieu n’a jamais voulu que le mari exerce son autorité comme chef de famille s’il n’est lui-même soumis au Christ. Il doit se placer sous l’autorité du Christ, ce qui lui permettra de refléter la relation qui unit Jésus à son Église. S’il se conduit comme un époux vulgaire, dur, tapageur, égoïste, rude et dominateur, qu’il ne s’avise pas de prétendre que le mari est le chef de la femme, et que celle-ci lui doit obéissance en toutes choses; car il n’est pas le Seigneur, et, dans le vrai sens du terme, il n’est pas le mari. ...

Les maris devraient étudier leur modèle et chercher à savoir ce que signifie le symbole présenté aux chrétiens d’Éphèse, c’est-à-dire la relation du Christ avec l’Église. Le mari doit se conduire comme un sauveur dans sa famille. Est-il disposé, dans sa condition humaine, à représenter Dieu noblement, cherchant à élever l’âme de sa femme et celle de ses enfants? Va-t-il créer autour de lui une atmosphère de pureté et de douceur? En affirmant son autorité, va-t-il chercher à cultiver assidûment l’amour de Jésus comme principe directeur de son foyer?

Que chaque mari et père de famille s’efforce de comprendre les paroles du Christ, non pas d’une manière étroite et bornée, en insistant sur la soumission de la femme à son mari, mais à la lumière de la croix du Calvaire, en rapport avec sa responsabilité dans le cercle de sa famille. « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole. » (Ephésiens 5:25, 26); version Segond révisée, 1975. Jésus s’est donné lui-même en mourant sur la croix, en vue de nous purifier du péché et de la corruption, et pour nous préserver de tout péché et de toute souillure par l’influence du Saint-Esprit.

Nécessité de l’indulgence réciproque—L’harmonie ne peut jamais régner dans un foyer sans le secours de l’Esprit divin. Si l’épouse possède l’Esprit du Christ, elle usera de prudence dans ses paroles; elle maîtrisera son humeur; elle sera soumise, sans éprouver pour autant le sentiment d’être une esclave, mais elle se considérera comme une compagne dans le sens le plus noble du terme. Si le mari se comporte comme un serviteur de Dieu, il ne jouera pas au grand seigneur à l’égard de sa femme, il ne sera ni intransigeant ni arbitraire. Nous ne serons jamais assez soucieux de cultiver au foyer une atmosphère d’affection; en effet, si l’Esprit du Seigneur y demeure, le foyer devient un symbole du ciel. ... Si l’un commet une erreur, l’autre doit faire preuve d’indulgence chrétienne et ne pas se détourner froidement de son conjoint.

Ni le mari, ni la femme ne devraient chercher à exercer sur son conjoint une autorité arbitraire. N’essayez pas de vous obliger mutuellement à céder à vos désirs. Vous ne sauriez ainsi conserver un amour réciproque. Soyez bons, patients, indulgents, aimables et courtois. Avec l’aide de Dieu vous pourrez vous rendre heureux l’un l’autre, selon la promesse que vous vous êtes faite le jour de votre mariage.

Concessions mutuelles—Dans la vie conjugale, hommes et femmes se comportent parfois comme des enfants indisciplinés et pervertis. Le mari veut agir à sa guise, l’épouse de même, et personne ne veut céder. Un tel état de choses ne peut qu’aboutir au désastre. Tous deux, mari et femme, devraient être disposés à renoncer à leur façon de penser et d’agir. Le bonheur n’est pas possible lorsque chacun ne veut en faire qu’à sa tête.

À moins de s’être laissé instruire par la bonté et l’humilité du Christ, ils manifesteront, tels des enfants, un esprit impulsif et déraisonnable. Leur volonté forte et indisciplinée cherchera à s’imposer. Ils feraient bien de méditer les paroles de Paul: « Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. » 1 Corinthiens 13:11.

Aplanir les difficultés—Si le mari et la femme ne soumettent pas leur cœur à Dieu, il leur sera difficile d’aplanir toutes les difficultés, même lorsqu’ils essaieront de s’acquitter loyalement et équitablement de leurs nombreux devoirs respectifs. Comment pourraient-ils parvenir à maintenir sans faille leur amour réciproque s’ils sont en désaccord sur les intérêts de leur propre vie familiale? Ils devraient arriver à une complète unité de vues pour tout ce qui concerne leur foyer, et l’épouse, si elle est vraiment chrétienne, saura associer ses intérêts à ceux de son mari, qui est son compagnon, car le mari doit être le chef de la famille.

Conseils aux familles divisées—Vous vous complaisez dans l’erreur. Lorsque vous prenez position, vous négligez d’examiner sérieusement les problèmes, et, en maintenant à tout prix votre point de vue, vous ne songez pas à l’effet que produira votre entêtement. Vous faites allusion à vos idées dans vos prières et dans vos conversations, alors que vous savez que votre épouse ne partage pas vos conceptions. Au lieu de tenir compte des sentiments de votre épouse et, comme le ferait un homme qui se respecte, de chercher à éviter de parler des choses sur lesquelles vous différez, vous n’hésitez pas à aborder des questions où il y a divergence de vues entre vous; et vous persistez à vouloir exprimer vos opinions sans égard pour ceux qui vous entourent. Vous croyez que les autres n’ont pas le droit, sur les problèmes envisagés, d’avoir une opinion différente de la vôtre. L’arbre de la vie chrétienne ne peut produire de tels fruits.

Mon frère, ma sœur, ouvrez la porte de votre cœur à Jésus. Invitez-le dans le temple de votre âme. Aidez-vous réciproquement à surmonter les obstacles, qui surgissent dans toute vie conjugale. Ce sera pour vous un âpre combat que de vaincre votre adversaire le diable, et si vous attendez de Dieu qu’il vous soutienne dans cette bataille, vous devez être unis, déterminés à vaincre, en gardant vos lèvres de toute parole pernicieuse, n’hésitant pas à vous jeter à genoux et à crier: « Que l’Éternel te réprime, Satan! » Zacharie 3:2.

Le Christ dans chaque cœur, facteur d’unité—Si la volonté de Dieu s’accomplit, le mari et la femme se respecteront réciproquement et manifesteront amour et confiance. Tout ce qui est de nature à troubler la paix et l’unité de la famille devrait être formellement rejeté; la bonté et l’amour devraient être cultivés sans relâche. Celui qui manifeste un esprit de tendresse, de pardon et d’amour découvrira que ce même esprit rejaillit sur lui. Dans le foyer où règne l’Esprit de Dieu, il ne peut être question d’incompatibilité de caractère. Quand le Christ, l’espérance de la gloire, grandit dans les cœurs, l’union et l’amour règnent dans le foyer. Le cœur de la femme, en qui le Christ habite, sera forcément en union étroite avec le cœur du mari où le Christ habite aussi. Ils feront ensemble tout ce qui est en leur pouvoir afin d’être admis dans les demeures que le Christ est allé préparer pour ceux qui l’aiment.