Le Foyer Chrétien

Chapitre 16

Une vie commune heureuse et réussie

Une union solide et réelle est l’œuvre d’une vie—Pour bien comprendre ce qu’est le mariage, il faut toute une vie. Ceux qui se marient se mettent à une école où ils n’auront jamais fini d’apprendre.

De quelque soin et de quelque sagesse qu’ait été entouré un mariage, peu de couples connaissent une harmonie parfaite dès les premiers jours de leur vie à deux. L’union réelle ne se produit que dans les années qui suivent.

Lorsque les nouveaux mariés se trouvent en face des difficultés, la poésie dont l’imagination avait enveloppé le mariage disparaît. Ils apprennent à se connaître tels qu’ils sont réellement, ce qui leur avait été impossible jusqu’alors. Cette période est la plus critique de leur existence. Le bonheur et le succès de toute leur vie future dépendent de l’attitude qu’ils auront à ce moment-là. S’ils découvrent l’un chez l’autre des défauts, ces cœurs que l’amour a unis apercevront aussi des qualités excellentes jusqu’alors insoupçonnées. Il faut chercher à discerner celles-ci plutôt que ceux-là. C’est souvent notre propre attitude, l’atmosphère qui émane de nous qui détermine le comportement de l’autre.

L’amour doit être mis à l’épreuve—Votre affection peut être aussi pure que du cristal et néanmoins superficielle parce qu’elle n’a pas été mise à l’épreuve. Donnez au Christ la première, la dernière et la meilleure place. Contemplez-le sans cesse, et votre amour pour lui deviendra chaque jour, à mesure qu’il subira l’épreuve, plus profond et plus fort. C’est alors que votre amour réciproque augmentera aussi en force et en profondeur.

Quand surviennent les difficultés, les soucis et les découragements, n’entretenez pas la pensée que votre union est une erreur ou un échec. Soyez déterminés à être l’un pour l’autre tout ce que vous pouvez être. Continuez à vous prodiguer les attentions des premiers jours. De toute manière, encouragez-vous mutuellement dans le combat de la vie. Appliquez-vous à augmenter le bonheur l’un de l’autre. Cultivez l’amour et l’indulgence. Le mariage sera alors le commencement du bonheur, au lieu d’en être la fin. La chaleur de l’amitié véritable, l’amour qui unit deux cœurs est un avant-goût des joies célestes.

Tous devraient cultiver la patience en pratiquant la patience. En étant aimable et indulgent, on peut maintenir un amour ardent et véritable dans le cœur, et développer des qualités que le ciel peut approuver.

L’ennemi cherchera à semer la division dans le foyer—Satan est toujours prêt à profiter de la moindre occasion de désaccord et, en exploitant les mauvais traits de caractère héréditaires du mari ou de la femme, il cherche à semer le désaccord chez ceux qui ont lié leurs intérêts par une alliance solennelle contractée devant Dieu. Dans leurs vœux de mariage, ils ont promis d’être unis, l’épouse s’engageant à aimer son mari et à lui obéir, le mari promettant d’aimer et de chérir son épouse. Si la loi de Dieu est respectée, le démon de la querelle sera éloigné de la famille, les intérêts communs ne seront pas dissociés et l’aliénation des cœurs ne se produira pas.

Conseils à un couple très volontaire—Ni le mari ni la femme ne doit chercher à dominer. Le Seigneur a posé les principes destinés à nous guider à cet égard. Le mari doit aimer sa femme comme le Christ a aimé l’Église, et il faut que la femme respecte et aime son mari. Tous deux cultiveront un esprit de bonté, étant bien déterminés à ne jamais se faire de la peine ou du tort l’un à l’autre. ...

N’essayez pas de vous contraindre l’un l’autre, ce serait agir au détriment de votre amour. Vous détruiriez ainsi la paix et le bonheur de votre foyer. Ne laissez pas pénétrer la discorde dans votre ménage, car vous seriez malheureux tous les deux. Soyez bons dans vos paroles et aimables dans vos actions; renoncez à vos désirs personnels. Veillez sur vos propos, car ils ont une grande influence pour le bien ou pour le mal. Que votre voix ne laisse pas percer l’irritation. Mettez dans votre vie à deux le doux parfum du Christ.

Exprimez votre amour en paroles et en actes—Beaucoup considèrent l’expression de leur affection comme une faiblesse et observent une réserve qui éloigne d’eux leurs semblables. Cette manière d’agir empêche la sympathie de se manifester. Lorsqu’on réprime ses mouvements d’affection et de dévouement, ils s’atrophient, et le cœur devient aride et froid. Gardons-nous de cette erreur. L’amour qui ne s’exprime pas s’étiole. Ne laissez pas souffrir un cœur uni au vôtre en négligeant de lui témoigner de la bonté et de l’affection. ...

Il faut donner de l’amour au lieu d’en exiger. Cultivez ce qu’il y a de plus noble en vous, et soyez empressés à reconnaître les qualités l’un de l’autre. Le sentiment d’être apprécié est une satisfaction et un stimulant merveilleux. La sympathie et le respect encouragent celui qui cherche à atteindre la perfection, et l’amour lui-même augmente lorsqu’il vise un idéal toujours plus noble.

Si, dans le monde actuel, tant d’hommes et de femmes sont insensibles, cela vient de ce que l’affection sincère est considérée comme une faiblesse et qu’on la décourage et la réprime. Les meilleurs côtés des personnes appartenant à cette catégorie ont été faussés et étouffés au cours de leur enfance; à moins que les rayons de la lumière divine ne parviennent à éliminer leur froideur et leur égoïsme insensible, celles-ci verront s’évanouir à jamais leur bonheur. Si nous voulons avoir la sensibilité de cœur que Jésus témoignait quand il était sur la terre, et la sympathie sanctifiée que les anges portent aux pécheurs mortels, nous devons cultiver ces sentiments, naturels à l’enfant, qui sont la simplicité même. Alors, nous seront affinés, ennoblis, guidés par des principes célestes.

Nous introduisons trop de soucis et de fardeaux dans nos familles, et nous sommes trop peu attachés à la simplicité naturelle, à la paix et au vrai bonheur. Nous devrions prêter moins d’importance à ce que le monde extérieur peut dire, et accorder une grande attention aux membres de la famille. On devrait être moins maniéré, moins faire étalage de politesse mondaine, et manifester davantage de tendresse, de gaieté et de courtoisie chrétiennes à l’égard des membres de la famille. Beaucoup de personnes ont besoin d’apprendre comment on peut rendre un foyer attrayant, en faire un lieu où règne la joie. Des cœurs pleins de reconnaissance, des visages rayonnant de bonté ont plus de valeur que la richesse et le luxe, et la satisfaction éprouvée dans les choses simples de la vie apportera le bonheur au foyer si l’amour y est une réalité.

Ne pas négliger les petites attentions—Dieu nous met à l’épreuve dans les mille détails de notre vie qui révèlent nos sentiments. Les petites attentions, les nombreux incidents de chaque jour où peut se montrer notre courtoisie, tout cela fait le bonheur d’une vie. Au contraire, une vie malheureuse vient de ce qu’on néglige de prononcer des paroles de bienveillance, d’encouragement, de sympathie et de rendre aux gens les menus services de chaque jour. On verra finalement que le renoncement à soi-même pour le bien du prochain occupera une grande place dans les registres du ciel qui relatent notre vie. On y verra aussi que le soin exagéré de soi-même, le manque d’égards pour le bonheur d’autrui n’échappent pas aux regards de notre Père céleste.

Un mari qui négligeait de témoigner son affection—Un foyer où règne l’amour, où cet amour se traduit par des paroles, des regards et des actes est un endroit où les anges aiment à être présents; ils sanctifient cette atmosphère par des rayons de lumière glorieuse. Là, les humbles devoirs domestiques eux-mêmes ont leur charme. Dans de telles conditions, aucune des tâches de l’existence ne semblera désagréable à votre épouse. Elle les accomplira avec joie et elle sera elle-même pour tout son entourage comme un rayon de soleil; de son cœur jaillira un chant de louange adressé au Seigneur. Actuellement, elle ne ressent pas votre affection. Vous lui avez fourni le motif à cette impression. Vous accomplissez les devoirs indispensables qui vous incombent comme chef de famille, mais ce n’est pas suffisant. Il manque l’influence précieuse d’un amour qui se traduit par des attentions aimables. L’amour doit se refléter sur les traits de notre visage, dans nos gestes, et se remarquer dans le ton de notre voix.

Une épouse décevante et égocentrique—Le caractère de ceux qui sont unis par le mariage s’élève ou se dégrade par leur union. C’est d’ailleurs très peu de temps après la cérémonie du mariage qu’un travail de détérioration commence si l’un des conjoints est d’une nature vile, perfide, égoïste et emportée. Si le jeune homme a fait un bon choix, il aura à ses côtés une personne qui emploiera toutes ses capacités à porter sa part des fardeaux de l’existence, qui ennoblira, affinera son mari, et, par son amour, le rendra heureux. Mais si l’épouse est capricieuse, vaniteuse, exigeante, agressive, prêtant à son mari des intentions et des sentiments qui proviennent uniquement d’elle-même, de son mauvais tempérament, si elle ne fait pas preuve de discernement et n’arrive pas à percevoir l’amour de son mari et à l’apprécier, mais l’accuse de négligence et de manque d’affection parce qu’il ne lui passe pas tous ses caprices, elle va créer presque inévitablement un état de choses qu’elle semble déplorer; toutes les accusations qu’elle porte finiront par devenir des réalités.

Les qualités d’une épouse et mère d’une compagnie agréable—Plutôt que d’être l’esclave de son ménage, elle qui est épouse et mère, qu’elle prenne le temps de lire, de se tenir au courant de ce qui se passe, d’être une compagne pour son mari, de suivre le développement de l’intelligence de ses enfants. Qu’elle saisisse les occasions qui s’offrent à elle de conduire ceux qu’elle aime, par son influence, à une vie plus noble. Qu’elle prenne le temps de faire de son Sauveur un compagnon de chaque jour, un ami intime en étudiant sa Parole. Qu’elle sorte dans la nature avec ses enfants et apprenne à toujours mieux connaître Dieu à travers la beauté de son œuvre.

Qu’elle cultive la joie et l’entrain—Les travaux quotidiens terminés, que la soirée soit consacrée à une agréable réunion de famille plutôt qu’à d’interminables travaux de couture. Ainsi, beaucoup d’hommes en viendront à préférer la société de leur famille à celle du cercle ou du café; plus d’un garçon sera préservé des mauvaises influences de la rue et plus d’une jeune fille gardée des fréquentations frivoles et corruptrices. L’influence de la famille sera pour les parents et les enfants ce que Dieu désire qu’elle soit: une bénédiction pour toute la vie.

La vie conjugale n’est pas un roman. Elle comporte ses difficultés propres et ses réalités domestiques. L’épouse ne doit pas se comporter comme une enfant gâtée, mais comme une femme qui porte sur ses épaules des fardeaux réels et non imaginaires, et mène une vie raisonnable et réfléchie, sachant qu’il y a bien autre chose à faire que de s’occuper de sa propre personne. ... Concrètement, l’existence a ses ombres et ses tristesses. Chacun doit assumer sa part de souffrances. Satan s’emploie sans arrêt à ébranler la foi et à détruire le courage et l’espoir de tout être humain.

Conseils à un couple malheureux—Votre vie conjugale a pu être justement comparée à un désert—avec quelques rares espaces verts que vous pouvez vous rappeler avec gratitude. Or, il aurait pu en être tout autrement.

Pas plus qu’un feu ne peut être maintenu sans combustible, l’amour ne peut exister sans être exprimé par des actes concrets. Frère C., vous avez cru porter atteinte à votre dignité en manifestant de la tendresse par des actes bienveillants et en recherchant les occasions de témoigner de l’affection à votre épouse par des paroles douces et des attitudes pleines de prévenances. Vous êtes inconstant dans vos sentiments et vous vous laissez trop influencer par les circonstances du moment. ... Lorsque vous quittez votre bureau, abandonnez vos soucis et vos problèmes. Retrouvez votre famille avec un visage gai, sympathique; montrez de la tendresse et de l’amour. Ce sera beaucoup mieux que de dépenser beaucoup d’argent pour votre épouse chez le médecin et le pharmacien. Cela contribuera à la santé de son corps et à la force de son âme. Vos existences ont été très malheureuses. Vous y avez tous deux contribué. Dieu ne trouve aucun plaisir dans votre malheur; c’est vous qui en avez été les artisans par votre manque de maîtrise.

Vous laissez vos sentiments s’étioler. Vous pensez, frère C., que ce serait manquer à votre dignité de manifester de l’amour et de parler avec bonté et affection. Vous croyez que toutes ces paroles de tendresse témoignent d’un manque d’énergie et d’une certaine faiblesse, et qu’elles ne sont pas nécessaires. Vous les remplacez par des mots qui irritent, qui suscitent la discorde, la querelle et des paroles de reproche. ...

Vous ne réalisez pas les conditions requises pour avoir l’esprit satisfait. Vous êtes obsédé par une pauvreté et des besoins imaginaires que vous semblez pressentir longtemps à l’avance; vous vous sentez affligé, désolé, angoissé; votre cerveau est en ébullition; vos facultés mentales sont déprimées. Vous ne ressentez ni amour ni reconnaissance envers votre Père céleste pour toutes les bénédictions qu’il a répandues sur vous. Vous ne voyez que les inconvénients de la vie. Une sorte de folie mondaine vous maintient environné de nuages sombres au milieu d’épaisses ténèbres. Satan exulte de voir que l’adversité va s’emparer de vous, alors que la paix et le bonheur sont à votre disposition.

Récompense de l’amour et du pardon réciproques—Aucune puissance terrestre ne peut vous maintenir, vous et votre mari, dans les liens de l’unité chrétienne si vous ne cultivez pas l’amour et le pardon réciproques. Votre vie conjugale devrait être empreinte d’intimité, de tendresse, de sainteté et de noblesse, vous insufflant une force spirituelle qui permettra à chacun d’être pour l’autre tout ce que la Parole de Dieu demande. En remplissant les conditions que le Seigneur vous présente, vous ferez descendre le ciel auprès de vous et vous introduirez Dieu dans votre vie.

Chers frère et sœur, rappelez-vous que Dieu est amour et que, par sa grâce, vous pouvez arriver à vous rendre réciproquement heureux, conformément à l’engagement que vous avez pris lors de votre mariage.

Hommes et femmes peuvent atteindre l’idéal que Dieu leur propose, s’ils acceptent l’aide du Christ. Ce qui est impossible à la sagesse humaine, sa grâce l’accomplira pour ceux qui s’abandonnent à lui sans réserve. Sa providence unira les cœurs par des liens célestes; l’amour ne sera plus alors un simple échange de paroles douces et flatteuses. Les métiers du ciel entrelacent la chaîne et la trame avec bien plus de finesse et de solidité que ceux de la terre, et fournissent un tissu qui supporte les frottements, les tiraillements et les épreuves. Les cœurs seront unis par les fils d’or d’un amour éternel.