Le Foyer Chrétien

Chapitre 9

Mariages interdits

Mariages de chrétiens avec des incroyants—Il y a dans le monde chrétien une indifférence étonnante et alarmante envers les enseignements de la Parole de Dieu au sujet du mariage des croyants avec les incroyants. Beaucoup de ceux qui déclarent aimer et craindre Dieu préfèrent suivre l’inclination de leur propre esprit plutôt que de solliciter les conseils de la Sagesse infinie. Dans un domaine qui intéresse d’une manière vitale le bien-être et le bonheur des deux parties, aussi bien en ce monde que dans le monde à venir, on met de côté la raison, le bon sens et la crainte de Dieu pour laisser régner l’aveuglement et l’obstination. Des hommes et des femmes qui, par ailleurs, sont raisonnables et consciencieux, ferment leurs oreilles quand on leur donne des conseils; ils demeurent sourds aux appels et aux supplications des amis, des parents et des serviteurs de Dieu. Un avis ou un avertissement sont considérés comme une intrusion impertinente dans leur vie, et l’ami qui est assez fidèle pour oser faire une remontrance, est traité comme un ennemi.

Tout se passe comme Satan le désire. Il tisse ses liens autour de l’âme qu’il séduit et qu’il enivre. La raison lâche les rênes de la maîtrise de soi au bénéfice de la convoitise; une passion non sanctifiée domine, jusqu’à ce que, trop tard, la victime se voie confrontée à une vie de misère et d’esclavage. Ceci n’est pas un tableau imaginaire mais l’exposé de faits réels. Dieu n’approuve pas des unions qu’il a expressément interdites.

Les ordres de Dieu sont clairs—Le Seigneur recommandait au peuple d’Israël de ne pas s’unir par le mariage avec les nations idolâtres qui l’entouraient: « Tu ne contracteras pas de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils. » La raison en est donnée. La sagesse infinie, prévoyant l’issue de telles unions, déclare: « Car ils détourneraient de moi tes fils, qui serviraient d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous: il te détruirait promptement. ... Car tu es un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre ... »

Le Nouveau Testament contient de semblables interdictions contre le mariage des croyants avec des incroyants. L’apôtre Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, déclare: « Une femme est liée aussi longtemps que son mari est vivant; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut; seulement, que ce soit dans le Seigneur. » 1 Corinthiens 7:39. Puis, dans sa seconde épître, il écrit: « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle? Quelle ressemblance y a-t-il entre le peuple de Dieu et les idoles? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit: j’habiterai et je marcherai au milieu d’eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » 2 Corinthiens 6:14-18.

La malédiction de Dieu frappe un grand nombre d’alliances inappropriées et prématurées qui se contractent dans le monde à l’heure actuelle. Si la Bible laissait ces problèmes dans une lumière vague et incertaine, la conduite de nombreux jeunes d’aujourd’hui, dans leurs rapports mutuels, serait plus excusable. Mais les exigences de la Bible ne sont pas mitigées, elles requièrent une pureté de pensées, de paroles et d’action parfaite. Nous sommes reconnaissants à Dieu parce que sa Parole est une lampe à nos pieds, et que nul ne saurait se méprendre sur ce qu’est le sentier du devoir. Les jeunes devraient avoir à cœur de consulter ses pages et de suivre ses conseils, car s’éloigner de ses préceptes conduit toujours à des erreurs regrettables.

Dieu interdit les mariages entre croyants et incroyants—Les enfants de Dieu ne devraient jamais s’aventurer sur un terrain défendu. Les mariages entre croyants et incroyants sont interdits par Dieu. Mais souvent le cœur inconverti suit ses propres désirs, et des mariages désapprouvés par Dieu sont ainsi contractés. De ce fait, un grand nombre d’hommes et de femmes vivent dans ce monde sans espérance et sans Dieu. Leurs nobles aspirations sont détruites; un concours de circonstances les maintient dans les pièges de Satan. Ceux qui se laissent dominer par la passion et les impulsions récolteront dans cette vie une amère moisson, et leur comportement risque d’entraîner la perte de leur âme.

Ceux qui prétendent suivre la vérité foulent aux pieds la volonté de Dieu en épousant des incroyants. Ils perdent sa faveur et rendent la repentance bien difficile. L’incroyant peut être d’une excellente moralité; mais le fait qu’il (ou elle) n’ait pas répondu aux appels de Dieu et qu’il (ou elle) ait négligé un si grand salut doit suffire pour faire renoncer au mariage. Le caractère de l’incroyant peut ressembler à celui du jeune homme auquel Jésus disait: « Il te manque une chose »; et cette chose, c’est l’essentiel.

L’exemple de Salomon—Il y a des hommes pauvres et obscurs dont Dieu voudrait employer la vie pour la rendre utile sur cette terre et en faire une source de gloire pour le ciel. Mais Satan travaille avec ténacité à l’anéantissement des projets divins; il s’efforce de mener ces personnes à la ruine par leur mariage avec des partenaires dont le caractère les porte à se mettre résolument en travers de la route qui conduit à la vraie vie. Très peu d’entre elles parviennent à sortir victorieuses d’un tel piège.

Satan connaissait bien les effets qui résulteraient de l’obéissance. Durant les premières années du règne de Salomon—années glorieuses marquées par la sagesse, la générosité et la droiture du roi—il s’efforça d’introduire dans la vie du monarque des influences destinées à saper insidieusement sa loyauté à l’égard des principes et à l’amener à se séparer de Dieu. Par le récit biblique, nous savons que Satan réussit dans son entreprise: « Salomon s’allia par mariage avec Pharaon, roi d’Egypte. Il prit pour femme la fille de Pharaon, et il l’amena dans la ville de David. » 1 Rois 3:1.

En contractant une alliance avec une nation païenne, et en la scellant par son mariage avec une princesse idolâtre. Salomon méconnut imprudemment les sages dispositions que Dieu avait prises pour maintenir la pureté de son peuple. L’espoir que cette femme égyptienne pourrait se convertir constituait une bien faible excuse à ce péché. En transgressant l’ordre précis qui enjoignait la séparation entre Israël et les autres nations, le roi unit son pouvoir à une force purement humaine.

Pendant un certain temps, malgré cette grave faute, Dieu, dans sa miséricordieuse sollicitude, ferma les yeux. La femme de Salomon se convertit; et le roi, par un sage comportement, aurait pu agir efficacement pour contenir les forces malfaisantes que son imprudence avait libérées. Mais Salomon commença à perdre de vue la source de son pouvoir et de sa gloire. Ses inclinations prirent l’ascendant sur sa raison. À mesure que sa confiance en lui-même s’affirmait, il s’efforça de réaliser par lui-même les desseins de Dieu. ...

Nombre de soi-disant chrétiens pensent, comme Salomon, qu’ils peuvent s’unir aux incroyants, du moment que leur influence peut s’avérer bénéfique pour ceux qui sont dans l’erreur; mais trop souvent ils se trouvent eux-mêmes pris au piège et vaincus, finissant par sacrifier leurs principes et se séparer de Dieu. Un faux pas en entraîne un autre, jusqu’au jour où il leur est impossible de briser les chaînes qui les emprisonnent.

L’excuse: « Il est favorable à la religion »—On entend dire parfois que celui ou celle qui ne croit pas n’est pas hostile à la religion et possède, du reste, tout ce que l’on peut désirer chez un époux ou une épouse, à cette exception près qu’il n’est pas chrétien ou qu’elle n’est pas chrétienne. Bien que, dans son for intérieur, le croyant comprenne l’inconvenance de s’unir pour la vie à quelqu’un qui n’a pas la foi. Pourtant, dans neuf cas sur dix, il suit son inclination. Le déclin spirituel commence au moment où les engagements du mariage sont échangés devant Dieu. La ferveur religieuse s’affaiblit, et l’on perd insensiblement ses attaches avec la piété, jusqu’à ce que tous deux marchent côte à côte sous la bannière de Satan. Déjà, pendant les noces, l’esprit du monde l’emporte sur la conscience, la foi et la vérité. Dans le nouveau foyer, l’heure de la prière n’est pas respectée. Les époux se sont choisis et ont congédié Jésus.

Un changement s’opère chez le croyant—Au début, l’incroyant peut ne pas montrer d’opposition à la piété; mais lorsqu’il s’agira d’aborder la question de la Bible et de la vérité, voici ce que l’on entendra: « Tu m’as épousé sachant ce que je suis; je préfère que tu ne parles pas de ces choses. Que dorénavant il soit entendu que ta croyance particulière ne fera plus jamais l’objet de notre conversation. » Et si le croyant manifestait quelque insistance, cela pourrait paraître comme un manque de bonté envers celui que n’intéresse pas la religion.

Le croyant se dit alors qu’il doit faire quelques concessions au conjoint qu’il s’est choisi. Il faudra consentir aux amusements mondains. On éprouvera d’abord une répugnance à le faire; mais l’amour de la vérité s’affaiblira peu à peu et la foi cédera la place au doute et à l’incrédulité. Nul ne se serait attendu que celui qui était si ferme, si consciencieux, si dévoué au Christ, puisse jamais devenir la personne inconstante et vacillante d’aujourd’hui. Quel changement peut produire un mariage imprudent!

Il est périlleux de contracter une alliance mondaine. Satan sait bien que l’heure du mariage de beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles sonne le glas de leur vie religieuse. Ils sont perdus pour le Christ. Ils peuvent, pendant un certain temps, s’efforcer de vivre chrétiennement; mais tous leurs efforts vont échouer devant l’influence subtile qui s’exerce dans la direction opposée. Auparavant, ils étaient heureux de parler de leur foi et de leur espérance. Mais, peu à peu, ils éprouvent de la répugnance à s’entretenir de tels sujets, sachant que la personne à laquelle ils ont uni leur destinée n’y prend aucun intérêt. Il en résulte que la foi s’éteint dans leur cœur et que Satan les enveloppe insidieusement dans le filet de l’incrédulité.

Risquer de perdre les joies du ciel—« Deux hommes marcheront-ils ensemble, sans en être convenus? » Amos 3:3. « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. » Matthieu 18:19. Mais quel étrange spectacle! Tandis que l’une de ces personnes si intimement unies s’approche de Dieu, l’autre est indifférente; tandis que l’une cherche le chemin de la vie éternelle, l’autre suit le chemin large qui conduit à la mort.

Des centaines de personnes ont sacrifié le Christ et le ciel pour avoir épousé des inconvertis. Se peut-il que l’amour et la compagnie de Jésus aient si peu de valeur à leurs yeux qu’elles lui préfèrent la compagnie de simples mortels? Apprécient-elles si peu le ciel, qu’elles soient disposées à risquer de le perdre pour se lier à ceux qui n’aiment pas notre bien-aimé Sauveur?

En vous unissant à un incroyant, vous vous placez sur le terrain de Satan; vous contristez l’Esprit de Dieu et vous perdez sa protection. Êtes-vous en mesure d’affronter un si terrible désavantage dans votre bataille pour la vie éternelle?

Demandez-vous: « Un incroyant ne détournera-t-il pas mes pensées de Jésus? Il aime le plaisir plus que Dieu, ne m’amènera-t-il pas à aimer les choses qu’il aime? » Le chemin de la vie éternelle est abrupt et rocailleux. Ne vous chargez pas de fardeaux qui retarderont votre avance.

Un foyer dont les ombres ne se dissipent jamais—Le cœur aspire à un amour humain, mais cet amour n’est ni assez fort, ni assez pur, ni assez précieux pour suppléer à l’amour de Jésus. C’est seulement en son Sauveur que la femme trouvera la sagesse, la force et la grâce pour affronter les soucis, les responsabilités et les douleurs de la vie. Elle devrait faire de lui sa force et son guide. Que la femme se donne au Christ avant de se donner à un être terrestre et qu’elle ne contracte aucun engagement qui puisse l’en empêcher. Ceux qui désirent le vrai bonheur doivent s’assurer la bénédiction du ciel sur tout ce qu’ils possèdent et sur tout ce qu’ils font. C’est la désobéissance à Dieu qui remplit de détresse tant de cœurs et tant de foyers. Ma sœur, à moins que vous ne vouliez un foyer d’où les ombres ne disparaîtront jamais, ne vous unissez pas à un ennemi de Dieu.

Le raisonnement du chrétien—Que doit faire le chrétien, quand il se trouve placé dans une situation où la solidité de ses principes religieux est mise à l’épreuve? Avec une fermeté digne d’exemple, il doit déclarer franchement: « Je suis un chrétien consciencieux. Je crois que le septième jour de la semaine est le sabbat de la Bible. Notre foi et nos principes respectifs nous mènent dans des directions divergentes. Il est impossible que nous soyons heureux ensemble; car, si je continue d’acquérir une connaissance plus parfaite de la volonté de Dieu, je serai de plus en plus différent des gens du monde et je deviendrai toujours plus semblable au Christ. Si vous continuez à ne pas discerner la beauté de la religion du Christ, à n’avoir aucun attrait pour la vérité, vous aimerez le monde, que je ne puis aimer, tandis que j’aimerai, moi, tout ce qui est spirituel et que vous ne pouvez aimer. C’est spirituellement que l’on juge des choses spirituelles. Sans ce discernement, vous serez incapable de voir ce que le Seigneur réclame de moi et de comprendre les obligations que j’ai envers le Maître que je sers. Par conséquent, vous aurez l’impression que je vous néglige pour mes devoirs envers Dieu. De mon côté, je me sentirai seul avec mes sentiments religieux. Lorsque vous aurez changé d’idée, que vous aurez appris à aimer mon Sauveur, alors nous pourrons renouer nos relations. »

Le croyant fait ainsi pour le Christ un sacrifice que sa conscience approuve, et montre qu’il estime trop la vie éternelle pour courir le risque de la perdre. Il sent qu’il vaut mieux vivre seul que d’unir pour la vie ses intérêts à ceux d’une personne qui préfère le monde à Jésus et qui l’éloignerait de la croix du Christ.

Le seul mariage sûr—C’est en Christ seul qu’un mariage peut être contracté dans les meilleures conditions possible. Que l’amour humain soit inspiré par l’amour divin jusque dans ses manifestations les plus intimes. Une affection profonde, véritable et désintéressée ne s’épanouit que dans le cœur où règne le Christ.

Lorsqu’un des conjoints se convertit après le mariage—Celui qui est entré inconverti dans les liens du mariage et qui se donne à Dieu, n’en est que plus contraint d’être fidèle à sa compagne, et vice versa, quelles que soient les discordances en matière religieuse. On doit néanmoins considérer que les obligations envers le Seigneur sont bien plus impérieuses que les relations terrestres, même si des épreuves ou la persécution devaient en être le résultat. Si cette fidélité s’accompagne d’affection et de douceur, il y a des chances que le croyant finisse par gagner à la foi son conjoint non croyant.