Le Foyer Chrétien

Chapitre 2

Les bases d’un vrai foyer

Le lieu le plus attrayant de la terre—Tandis que les parents assument les lourdes responsabilités d’assurer le bonheur et les intérêts futurs de leurs enfants, ils ont aussi le devoir de rendre leur foyer le plus attrayant possible. C’est infiniment plus important que d’amasser des biens et de l’argent. Le foyer ne doit pas manquer de chaleur. L’esprit de famille devrait être maintenu vivant dans le cœur des enfants, afin qu’ils puissent se souvenir du foyer de leur enfance comme d’un lieu de paix et de bonheur proche du ciel. Et lorsqu’ils sont parvenus à leur maturité, ils devraient à leur tour apporter réconfort et bénédiction à leurs parents.

Le foyer devrait être pour l’enfant le lieu le plus attrayant du monde, et la présence de la mère, son bien le plus précieux. L’enfant a une nature sensible et aimante; un rien fait son bonheur, un rien l’attriste. Par une discipline aimable, des paroles et des actes empreints de tendre affection, la mère peut facilement gagner son cœur.

Propreté, simplicité, ordre—La propreté, la simplicité et l’ordre sont indispensables pour un aménagement convenable de la maison. Mais une mère qui se dévoue entièrement à ces devoirs si importants dans sa vie, au détriment du développement physique et de la formation mentale et morale de ses enfants, commet une grave erreur.

On devrait apprendre aux croyants que leur condition éventuelle de pauvreté ne doit pas les obliger à être malpropres ou à négliger la tenue de leur personne ou de leur maison. Il faut apporter l’aide nécessaire en ce domaine à ceux qui n’ont aucune idée de la signification et de l’importance de la propreté. Il faut les instruire sur la nécessité, pour les personnes qui doivent représenter le Dieu souverain et saint, de garder leur âme simple et pure, et que cette pureté doit également s’étendre à leurs vêtements et à tout ce qui constitue leur maison, de manière que les anges gardiens aient la preuve que la vérité a produit un changement dans leur vie, en purifiant leur âme et en affinant leurs goûts. Ceux qui, ayant reçu la vérité, ne montrent aucun progrès dans leurs paroles ou dans leur comportement en ce qui concerne le vêtement ou tout autre domaine, ne vivent que pour eux-mêmes et non pour le Christ. Ils ne sont pas passés par la nouvelle naissance en Jésus-Christ, afin d’obtenir la pureté et la sainteté. ...

Bien que nous devions nous garder de toute vaine ornementation et de tout apparat inutile, nous ne devons en aucun cas être insouciants et indifférents au sujet de notre apparence extérieure. Tout ce qui concerne nos personnes et nos maisons doit être propre et attrayant. La jeunesse doit être instruite sur l’importance d’une apparence échappant à toute critique, une apparence qui honore Dieu et la vérité.

Le manque de propreté peut provoquer la maladie. Celle-ci n’apparaît pas sans cause. De violentes épidémies de fièvres se sont produites dans des villes et des villages jusque-là considérés comme parfaitement sains, et il en est résulté des décès, voire l’ébranlement de certaines constitutions. Dans de nombreux cas, les habitations des victimes de ces épidémies renfermaient des éléments polluants répandant des poisons mortels dans l’atmosphère, inhalés par les occupants et leurs voisins. On est surpris de constater l’ignorance qui règne au sujet des effets de la négligence sur l’état de santé.

Nécessité de l’ordre pour rendre un foyer heureux—En faisant preuve de négligence, de désordre ainsi que par un manque de conscience dans quelque domaine, on déplaît à Dieu. De telles déficiences sont des défauts graves qui peuvent entraîner un affaiblissement des sentiments d’affection du mari pour sa femme, lorsqu’il apprécie l’ordre, des enfants disciplinés et une maison bien tenue. Une épouse et mère ne peut pas rendre un foyer agréable et heureux si elle n’aime pas l’ordre, ne cherche pas à conserver sa dignité et ne parvient pas à se comporter d’une manière rationnelle. Par conséquent, toutes les femmes qui montrent de la négligence sur ces différents points devraient sans tarder chercher à s’éduquer à cet égard et à acquérir les qualités bien définies qui leur manquent le plus.

Associer la vigilance et l’application—Lorsque nous nous abandonnons à Dieu sans réserve, nous devenons conscients de l’importance réelle qu’il convient de donner aux devoirs les plus simples et les plus communs de la vie domestique, et nous les accomplissons en harmonie avec la volonté de Dieu. Nous devons être vigilants dans l’attente de la venue du Fils de l’homme; et nous devons aussi nous montrer appliqués, car il nous est demandé de travailler tout en attendant. Les deux choses doivent être associées. Le caractère chrétien s’en trouvera équilibré, harmonieux, normalement développé. Nous ne devrions pas nous convaincre que notre devoir est de nous adonner entièrement à la méditation, à l’étude ou à la prière, en négligeant tout le reste; ou, au contraire, de nous agiter et nous laisser absorber par le travail, au détriment de la piété personnelle. Attendre, veiller et travailler sont trois choses qu’il faut associer entre elles. « Ayez de l’empressement et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. » Romains 12:11.

Des commodités qui allégeront votre travail—Bien souvent, l’épouse et mère n’a pas le temps de lire, de se tenir au courant de ce qui se passe, d’être une compagne pour son mari, de suivre le développement de l’intelligence de ses enfants, de faire de son Sauveur un ami intime et précieux. Peu à peu, elle devient une simple esclave de son ménage, et sa force et son temps sont absorbés par les choses éphémères. Trop tard, elle découvre qu’elle est presque une étrangère dans sa maison. Les occasions uniques d’orienter ses enfants vers une vie toujours plus élevée sont à jamais perdues.

Vous qui fondez un foyer, prenez la résolution de vivre plus sagement. Que votre premier soin soit d’avoir une demeure agréable. Assurez-vous les commodités qui allégeront votre travail et vous procureront santé et confort.

Les tâches les plus humbles font partie de l’œuvre de Dieu—Tout ce que vous faites, et qui est un travail nécessaire, a une valeur morale, qu’il s’agisse de laver la vaisselle, de mettre le couvert, de soigner les malades, de faire la cuisine ou la lessive. Aussi longtemps que vous n’êtes pas capable d’accomplir ces besognes joyeusement, vous ne pouvez vous adonner à des tâches plus grandes et plus élevées. Les humbles travaux domestiques incombent fatalement à quelqu’un. Il faut que celui qui s’y livre ait conscience de faire une œuvre nécessaire et honorable, d’être chargé lui aussi d’une mission divine aussi certainement que l’ange Gabriel lorsqu’il était envoyé vers les prophètes. La femme peut et doit quotidiennement faire preuve dans son foyer de la même fidélité et du même amour que les anges dans leur sphère. Se conformer à la volonté de Dieu rend honorable toute tâche nécessaire.