La Foi Vivante

Chapitre 22

LA PERFECTION CHRÉTIENNE

A. T. Jones

Poursuivons maintenant la lecture et vous allez voir qu'il en est ainsi pour tout, jusqu'au terme même de perfection. « À chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. C'est pourquoi il est dit : Étant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a FAIT DES DONS AUX HOMMES... Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. »
 
Pourquoi? Pour « le perfectionnement des saints ». Lorsque ces dons sont accordés dans ce but, que faisons-nous lorsque nous n'envisageons pas ce fait, que nous n'aspirons pas aux dons, ne prions pas pour les dons, et ne recevons pas les dons qui accomplissent le dessein? Que faisons-nous d'autre?
 
« Pour le perfectionnement des saints en vue de l'oeuvre du ministère... JUSQU’À -- donné dans un but, apporté dans un dessein précis, distinct, défini : JUSQU'À ce que nous SOYONS TOUS PARVENUS à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'HOMME FAIT, à la mesure de la STATURE PARFAITE de Christ.
 
Ainsi, la perfection est le seul but. Le modèle de Dieu est le seul modèle. « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Nous ne pouvons le mesurer et nous ne pourrions l'atteindre s'il nous était commandé de le faire. C'est le dessein de notre création, et lorsque ce dessein est contrecarré par le péché, il l'a rendu possible à tous par le sang de sa croix, et en donne l'assurance à tout croyant par le don du Saint-Esprit.
 
Alors, de nouveau, je demande : « pourquoi n'envisagerions-nous pas constamment la perfection chrétienne, sans rien accepter pour nous d'autre que cela?
 
Le [ verset 24 de Jude ] se rattache directement à ce que nous venons de dire et déclare : « Or, à celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l'allégresse, à Dieu seul, notre Sauveur... soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps et maintenant et dans tous les siècles. »
 
Il nous a choisis avant la fondation du monde, « afin que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui dans l'amour ». Par la croix, Il l'a rendu possible à chaque âme, même alors que, par le péché, nous avions perdu tout espoir. Et par la croix, Il a acheté le droit « de vous faire paraître saints, irrépréhensibles et sans reproche devant lui ». Le droit de faire cela n'appartient qu'à Lui seul. Vous et moi, nous ne pourrions le faire, même si cela nous était demandé; le droit de le faire ne nous appartient pas. Lorsque nous l'eûmes perdu, rien d'autre que la croix du Calvaire ne pouvait le restituer. Et personne ne pouvait payer le prix du calvaire, si ce n'est Celui qui l'a payé. Ainsi, aussi sûrement que celui qui a payé le prix pouvait payer le prix qui nous a valu ce don, aussi sûrement ce droit ne Lui appartient qu'à Lui seul en raison de la croix du Calvaire. Et personne qui n'ait souffert la véritable croix de bois du Calvaire ne peut jamais avoir le moindre droit d'assumer la tâche de l'accomplir. Lui seul a souffert la croix; à Lui seul revient la tâche. Voici les mots textuels : « celui qui peut... vous faire paraître devant sa gloire, irrépréhensibles ». Lui qui peut souffrir la croix peut accomplir tout ce que la croix a rendu possible. Ainsi, Il peut vous faire paraître devant Sa gloire, irrépréhensibles et dans l'allégresse. QUAND? C'est bien la question. Quand?
 
Maintenant.
 
Exactement. Il est le même hier, aujourd'hui et toujours. Il le peut aussi bien maintenant qu'Il le pouvait hier et il le pourra toujours.
 
Mais, ne l'oubliez pas, il est vrai pour toujours que c'est par le moyen de la croix que cela nous est apporté, à vous et à moi, maintenant ou toujours. Étudions la Parole afin de comprendre cela. Lisons [ Romains 5.21 ], puis parcourez le [ chapitre 6 ], car Il ne s'occupe que de cette affaire. Les deux derniers versets du [ 5ème chapitre de Romains ] disent ceci : « Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé, afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur.
 
Voyez la comparaison -- ou plutôt le contraste --, car c'est une comparaison qui se résout en contraste : « comme » et « ainsi ». « Comme le péché a régné. » Vous savez comment le péché a régné. Chacun de nous sait comment le péché a régné. Quelques-uns peut-être savent même encore comment il règne. Quand le péché régnait, son règne était absolu, si bien qu'il était plus aisé de mal faire que de bien faire. Nous voulions bien faire, mais « le bien que je veux, je ne le fais pas, mais je fais le mal que je ne veux pas. »
 
Tel est le règne du péché. Ainsi, quand le péché régnait, il était plus aisé de mal agir que de bien agir.
 
« Qu'ainsi la grâce régnât par la justice. » Quand la grâce règne, il est plus aisé de faire le bien que de faire le mal. Voilà la comparaison. Notez bien : comme le péché a régné, ainsi, la grâce règne. Quand le péché régnait, il dominait sur la grâce; il repoussait toute la force de la grâce que Dieu avait donnée; mais quand le pouvoir du péché est brisé et que la grâce règne, alors la grâce règne contre le péché, et repousse toute la puissance du péché. Ainsi, il est aussi littéralement vrai que sous le règne de la grâce, il est plus aisé de faire le bien que de faire le mal, qu'il l'est sous le règne du péché, de faire le mal plutôt que de faire le bien.
 
Ainsi, le chemin est clair, n'est-ce pas? Prenons ce chemin. « ... afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice, pour la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur. Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché afin que la grâce abonde? »
 
Vous dites : « À Dieu ne plaise » vous dites bien. Or donc, Dieu a interdit, et vous y souscrivez, de pécher afin que la grâce abonde. Alors, Dieu n'a-t-il pas absolument interdit de pécher? Souscrivez-vous à cela? Mettez-vous votre signature sous l'interdiction de Dieu de pécher sous le règne de la grâce?
 
Dès lors, n'entend-Il pas que vous et moi nous serons préservés du péché? Et quand nous savons qu'Il l'entend ainsi, alors nous pouvons nous y attendre avec confiance. Si nous ne L'attendons pas, cela n'arrivera jamais.