La Foi Vivante

Chapitre 22

LA PERFECTION CHRÉTIENNE

A. T. Jones

GALATES 1.3-5
 
Soyons donc parfaits. Et le cantique : « Sauvés totalement » que nous chantons justifie bien le « donc » de « Soyez donc parfaits. » [ Matthieu 5.48 ] Vous savez que telle est la Parole de Dieu. Vous savez qu'on nous exhorte « à tendre à ce qui est parfait ». [ Hébreux 6.1 ] Vous savez que l'Évangile, la prédication même de l'Évangile que nous prêchons, vous et moi, a pour but « de présenter tout homme, devenu parfait en Christ Jésus ». [ Colossiens 1.28 ] Ainsi, nous ne pouvons dire que la perfection n'est pas requise de notre part. Elle est requise de nous. Vous devez la requérir de vous. Je dois la requérir de moi-même. Et je ne dois rien accepter en moi ou de moi qui n'égale pas en perfection le modèle de perfection que Dieu a établi. Qu'est-ce qui pourrait nous empêcher d'atteindre la perfection, si ce n'est de penser qu'elle n'est pas requise? Je le répète : qu'est-ce qui pourrait nous empêcher, vous et moi, d'atteindre la perfection, plus que de dire qu'il n'est pas requis que nous soyons parfaits?
 
Puis donc que cela est établi : la Parole déclare que vous et moi devons être parfaits, la seule chose, que nous ayons, vous et moi, à considérer, c'est le moyen d'y parvenir. Et cela seulement. Qu'il soit bien entendu, par vous et par moi, que la perfection, rien de moins que la perfection, telle que Dieu l'a établie est requise de vous et de moi; et que ni vous ni moi n'accepterons en nous-mêmes ni en ce que nous avons fait ou en rien de ce qui nous concerne, l'écart d'un cheveu de la perfection telle que Dieu l'a établie -- que ceci soit entendu par chacun et pour toujours, alors, il reste seulement à s'informer du moyen et cela s'accomplira.
 
Quel est donc le modèle? Quelle est la norme établie par Dieu? « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » La perfection de Dieu est le seul modèle. Vous et moi, nous ne devons pas nous abuser, nous devons nous regarder en face et toujours exiger de nous-mêmes une perfection semblable à celle de Dieu; et ne pas tolérer le moins du monde, ne pas chercher la moindre excuse pour quoi que ce soit.
 
Il est bien clair que nous ne pouvons être parfaits en grandeur comme Dieu l'est, ni en toute puissance, ni en omniscience. Dieu a un caractère et c'est « la perfection de son caractère » qu'Il nous présente à vous et à moi, celle à laquelle nous parviendrons, que seule nous devons espérer et que seule nous avons à recevoir en nous-mêmes. Donc, puisque c'est la perfection même de Dieu que vous et moi nous devons avoir, que seule nous recevrons en nous-mêmes, et que nous nous conformons sans cesse à ce modèle, vous voyez de suite qu'il s'agit seulement pour vous et moi de nous tenir sans cesse en présence du jugement de Dieu. C'est là que chacun de nous doit se tenir, que nous soyons juste où méchant. Pourquoi ne pas nous y mettre dès lors et en finir? Il est établi que vous et moi, nous devrons comparaître au tribunal de Christ, où chacun sera comparé au modèle... Dieu « a fixé un jour où Il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'Il a désigné, ce dont Il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » [ Actes 17.31 ] La résurrection de Christ est le gage donné au monde que tout homme comparaîtra devant le tribunal de Christ. Cela est établi. Vous et moi nous nous y attendons; nous le prêchons, nous le croyons. Alors, pourquoi ne pas nous y mettre et nous y tenir? Pourquoi attendre? Ceux qui attendent et continuent à attendre ne pourront s'y tenir debout. L'impie ne peut soutenir ce jugement; mais ceux qui se mettent eux-mêmes devant le tribunal de Dieu, font face à la norme du jugement, et se tiennent là constamment, en pensées, en paroles, en actes et sont prêts à chaque instant pour le jugement. Prêts pour lui? Ils l'ont; ils y sont, ils le subissent; ils demandent le jugement et tout ce qu'apporte le jugement; ils se tiennent là, s'attendant à être examinés; et seul celui qui fait cela est en sécurité. La bénédiction même qui en découle est une récompense suffisante pour que chacun veuille comparaître dès maintenant devant le tribunal. Face au tribunal, qu'a-t-il à redouter? Rien. Lorsque toute crainte a disparu, qu'est-ce qui a obtenu cela? L'amour parfait. Mais l'amour parfait ne peut naître que de la rencontre du modèle parfait du jugement, dans le jugement et il ne peut se perpétuer que là.
 
Ceci posé, enquerrons-nous du moyen car le moyen c'est tout. Il est donc établi que le modèle n'est pas le mien. Pensez-y! « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Sa perfection est le seul modèle. Qui donc mesure correctement le modèle, l'évalue avec exactitude? -- Pas moi, je ne puis mesurer la perfection de Dieu. Vous vous souvenez du verset. Peut-être vous est-il à l'instant même revenu à l'esprit : « Je vois des bornes à tout ce qui est parfait. Tes commandements n'ont point de limites. »
 
Nul esprit fini ne peut mesurer la perfection de Dieu. Ainsi, il est établi, jusqu'à présent, que nous devons être parfaits, que notre perfection doit être semblable à la sienne, et selon Sa propre évaluation, de Sa propre perfection. Alors, le dessein et tout ce qui le concerne nous échappe entièrement pour ce qui est de sa réalisation. Car, si je ne puis mesurer le modèle, comment m'y conformerai-je, même si on m'ordonnait de le faire? Qu'il soit donc établi aussi que en ce qui concerne la réalisation, celle-ci nous dépasse complètement.