La Foi Vivante

Chapitre 21

L'ÉPITRE AUX GALATES

A. T. Jones

GALATES 5.16-18
 
« Je dis donc : marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi. »
 
« Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi; car quiconque est conduit par l'Esprit de Dieu est l'enfant de Dieu. » Comme enfants de Dieu, ils ont les sentiments de l'Esprit, les sentiments de Christ; ainsi, par leur sentiment, ils observent la loi de Dieu. En conséquence, quiconque est conduit par l'Esprit de Dieu, et a ainsi les sentiments de Christ, accomplit la loi; car, par cet Esprit, l'amour de Dieu se répand dans son coeur en abondance, amour qui en lui-même est l'accomplissement de la loi en quiconque le possède.
 
D'autre part, quiconque est conduit par la chair et a, de ce fait, les désirs de la chair, accomplit les oeuvres de la chair et observe ainsi la loi du péché.
 
Et les deux voies, la voie de l'Esprit et la voie de la chair, s'offrent toujours à tout homme. Aussi sûrement que la chair est là, elle a « des désirs contraires à ceux de l'Esprit et aussi sûrement que l'Esprit est là, « il a des désirs contraires à ceux de la chair ». Quiconque est conduit par la chair ne peut faire le bien qu'il voudrait; il observe la loi de la chair, et il est par là soumis à la loi. Mais quiconque est conduit par l'esprit n'est pas sous la loi.
 
Chacun est toujours libre de choisir sa voie : la voie de l'Esprit ou la voie de la chair. « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si, par l'Esprit, vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » [ Romains 8.13 ]
 
Remarquez que dans le texte de Galates que nous étudions, et dans les textes analogues de Romains et aussi Colossiens il est dit explicitement et constamment gardé en mémoire, que la chair dans sa véritable nature charnelle, pécheresse, est toujours présente en celui qui a l'Esprit de Dieu et que cette chair combat contre l'Esprit.
 
Autrement dit, lorsqu'un homme s'est converti et a été ainsi soumis au pouvoir de l'Esprit de Dieu, il n'est pas délivré de la chair au sens d'être réellement séparé d'elle, de ses tendances et de ses désirs de telle sorte qu'il ne serait plus tenté par la chair et n'aurait plus à lutter contre elle. Non cette chair dégénérée, pécheresse est toujours là, avec les mêmes tendances et désirs. Mais la personne ne lui est plus soumise. Elle est délivrée du joug de la chair, avec ses tendances et ses désirs, elle est désormais soumise à l'Esprit. Elle est désormais soumise à une puissance qui vainc, domine, crucifie et soumet la chair, toute pécheresse qu'elle est, avec ses passions et ses désirs. C'est pourquoi il est écrit : « par l'Esprit, vous faites mourir les actions du corps ». Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, « l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie » [ Colossiens 3.5 ]. Remarquez que toutes ces choses sont dans la chair et qu'elles y vivraient et régneraient si la chair régnait. Mais puisque la chair elle-même est soumise à la puissance de Dieu, par l'Esprit, tous ces maux sont tués à la racine et ainsi ne peuvent se manifester dans la vie. Ce contraste entre l'empire de la chair et l'empire de l'Esprit est clairement exposé en [ Romains 7.14-24 ] et [ 1 Corintheiens 9.26-27 ]. Dans le [ chapitre 7 de Romains ] est dépeint l'homme sous le pouvoir de la chair, charnel, vendu au péché. Il désire faire le bien, il veut faire le bien, mais il est soumis au pouvoir de la chair qui ne le laisse pas faire le bien qu'il voudrait. « Car je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur; mais je vois DANS MES MEMBRES une autre loi qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? »
 
Voilà la description de l'homme qui est soumis à la chair, à « la loi du péché » qui est dans ses membres. Et lorsqu'il voudrait se libérer du pouvoir de la chair et faire le bien, ce pouvoir le maintient en captivité et le tient sous la domination de la chair, de la loi du péché qui est dans ses membres.
 
Mais il y a une délivrance de ce pouvoir. C'est pourquoi, lorsqu'il s'écrie : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? », voilà la description de l'homme qui est soumis à la chair, « à la loi du péché qui est dans ses membres ». La réponse est aussitôt donnée : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur. » Voilà la voie de la délivrance, car Christ seul est le libérateur.
 
Et maintenant, cet homme, bien qu'ainsi délivré, n'est pas libéré d'un COMBAT. Il n'est pas mis dans une situation où il n'a pas à lutter contre la chair. Il y a encore un combat à livrer et ce n'est pas une bataille pour rire; ce n'est pas une bataille contre un fantôme. Voici l'homme de [ 1 Corinthiens 9.26.27 ] : « Moi donc je frappe, non pas comme battant l'air. » Qu'est-ce qu'il frappe? Qu'est-ce qu'il combat? Lisez : « Mais je traite durement mon corps et le tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. »
 
Ainsi, dans le combat que livre le chrétien, il y a son corps, il y a la chair, avec ses passions et ses désirs. Le chrétien doit traiter durement le corps et le tenir assujetti, par le nouveau pouvoir de l'Esprit de Dieu, auquel il est maintenant soumis, auquel il fut soumis lorsqu'il fut délivré du pouvoir de la chair et de la loi du péché.
 
Ce sera plus expressif encore si nous traduisons plus complètement le terme grec rendu par « traiter durement » en [ 1 Corinthiens 9.27 ]. Littéralement cela signifie : frapper sous les yeux, meurtrir, rouer de coups. En conséquence, Conybeare et Howson traduisent ainsi : « Je frappe, non comme un pugiliste battant l'air, mais je meurtris mon corps et je le traîne captif. »
 
Ainsi, le [ chapitre 7 de Romains ] montre l'homme soumis au pouvoir de la chair et à la loi du péché qui est dans ses membres, mais aspirant à la délivrance. [ 1 Corinthiens 9 ] montre la chair soumise à l'homme par le nouveau pouvoir de l'Esprit de Dieu. En [ Romains 7 ], la chair règne et l'homme lui est soumis. En [ 1 Corinthiens 9 ], l'homme règne et la chair est soumise.
 
Et ce bienheureux renversement de situation s'opère dans la conversion. Par la conversion, l'homme est mis en possession de la puissance de Dieu, et sous la domination de l'Esprit de Dieu, de sorte que, par cette puissance, il obtient l'empire sur la chair avec ses passions et ses désirs; et, par l'Esprit, il crucifie la chair avec ses passions et ses désirs en livrant « le bon combat de la foi ».
 
Les hommes ne sont pas sauvés en étant complètement libérés de la chair, mais en recevant le pouvoir de vaincre et d'exercer un empire sur les tendances mauvaises et les désirs de la chair. Les hommes n'acquièrent pas de caractère (de fait, ce serait impossible) en étant introduits dans un royaume exempt de tentations, mais en recevant la force de vaincre toute tentation, là même où ils sont, dans le champ de la tentation.
 
Si les hommes avaient dû être sauvés par une libération totale de la chair telle qu'elle est, alors Jésus n'aurait pas eu besoin de venir dans le monde. Si les hommes avaient dû être sauvés par la délivrance de toute tentation, alors Jésus n'aurait pas eu à venir dans le monde. Mais jamais par une délivrance de cette sorte, l'homme n'aurait pu acquérir de caractère. C'est pourquoi au lieu de sauver les hommes en les délivrant complètement de la chair là où ils sont, Jésus est venu dans le monde et S'EST FAIT CHAIR, là où sont les hommes; et il a connu cette chair, TELLE QU'ELLE EST avec toutes ses tentations et ses désirs, et par la puissance divine qu'il apporte par la foi, « il a condamné le péché dans la chair »; il a ainsi apporté à toute l'humanité cette foi divine qui donne à l'homme la puissance divine pour la délivrer du pouvoir de la chair et de la loi du péché, là où il est, et lui donner un empire certain sur la chair, telle qu'elle est.
 
Au lieu de sauver les hommes d'une manière qui en ferait des êtres flasques et sans caractère, en les installant dans un royaume exempt de tentations, Jésus est venu vers l'homme là où il est, au milieu de toutes ses tentations. Jésus est venu dans la même chair que l'homme; et dans cette chair, il a connu toutes les tentations de cette chair et il les a vaincues; par cette victoire, il a apporté la victoire à toute âme dans le monde. Béni soit Son nom.
 
Et toute âme peut jouir pleinement de cette victoire si elle reçoit et garde la foi de Jésus. Car « la victoire qui triomphe du monde c'est notre foi ».