La Foi Vivante

Chapitre 21

L'ÉPITRE AUX GALATES

A. T. Jones

GALATES 5.3
 
« Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire qu'il est tenu de pratiquer la loi tout entière » [Débiteur de la loi tout entière, T0B].
 
« Tenu de pratiquer la loi tout entière. » Curieusement beaucoup, en examinant cette déclaration, ont considéré qu'elle faisait une distinction entre deux lois, et ont exclu la loi de Dieu de ce qui est en question, en n'attribuant à ce terme que le sens d'« obligation ».
 
Ils savent, par le texte, que la totalité du devoir de l'homme consiste à craindre Dieu et à observer Ses commandements. Ils savent qu'il ne peut y avoir aucun autre texte qui contredise cela. Ils savent que tout bomme est tenu d'observer la loi de Dieu tout entière, qu'il soit circoncis ou incirconcis. Et en n'attribuant à ce terme que le sens d'obligation -- que s'il se fait circoncire, il est dans l'obligation de pratiquer la loi tout entière --, ils concluent que cela doit exclure la loi de Dieu; ils concluent qu'il doit s'agir d'une loi que personne n'est tenu d'observer à moins d'être circoncis; et que dès lors, la « loi tout entière » dont il est question ici ne doit être que l'ensemble des lois rituelles des sacrifices et des offrandes.
 
D'un autre côté, ceux qui ne se considèrent nullement tenus de pratiquer la loi de Dieu invoquent ce texte à l'appui de leur désobéissance et de leur opposition. Selon eux, seuls ceux qui sont circoncis sont tenus d'observer la loi de Dieu, c'est à la circoncision seule que l'obligation est attachée; et ils savent qu'ils ne sont nullement obligés de se faire circoncire. Ils en concluent qu'ils ne sont nullement obligés d'observer les dix commandements.
 
Mais ils ont tort tous les deux les uns comme les autres ne discernent pas la pensée qui est dans ce verset. Et la raison de leur échec est dans le fait de n'attribuer au terme « tenu de pratiquer » que le sens d'obligation.
 
Il est vrai que ce terme signifie « obligation ». Mais dans ce passage et dans tous les passages en relation avec les obligations morales de l'homme, le terme a une signification tellement plus vaste et plus profonde que celle d'une simple obligation que ce sens-là devient tout à fait secondaire.
 
Ce terme « tenu de pratiquer », dans ce [ verset 3 de Galates 5 ] ne signifie pas seulement que quelqu'un a une dette et se trouve dans l'obligation de rembourser, mais que, en outre, il a une dette écrasante, et n'a absolument rien pour la payer. Si quelqu'un a une dette et se trouve dans l'obligation de payer mille dollars, mais est riche ou du moins en mesure de payer cette somme, tout va bien. Mais si quelqu'un est endetté et se trouve dans l'obligation de payer quatorze millions de dollars, alors qu'il n'en possède pas le premier centime, et se trouve de plus en prison, sans la moindre possibilité de gagner de quoi payer sa dette, pour cet homme-là, le mot « débiteur » signifie beaucoup plus qu'une simple obligation de payer.
 
Or, c'est précisément le cas ici. Telle est l'idée de ce verset. Tel est le sens que revêt ici le terme « tenu de pratiquer ». Ceci parce que ce terme, lorsqu'il est employé avec la morale, implique et ne peut impliquer que le péché : à savoir que l'homme est pécheur.
 
Ce terme en [ Galates 5.3 est précisément celui qui figure en [ Luc 13.4 ] : « Ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé, croyez-vous qu'elles fussent plus coupables (vers. de Jérusalem : que leur dette fut plus grande) que tous les autres habitants de Jérusalem? » -- Là où il y a le mot « coupables » dans le texte, en marge, il y a le mot « débiteurs ».
 
C'est le mot qui est utilisé dans la prière du Seigneur [ Matthieu 6.12 ] : « Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs », et qui dans la version de Luc exprime clairement l'idée de péché par ces mots : « Pardonne-nous nos péchés, car nous pardonnons aussi a quiconque nous offense. » [ Luc 11.4 ]
 
C'est également le même mot qui est utilisé par le Sauveur en [ Luc 7.41-42 ] : « Un créancier avait deux débiteurs; l'un devait cinq cents deniers et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. »
 
C'est encore le même mot qui est utilisé dans la parabole en [ Matthieu 18.23-25 ]. Et même, on a une référence directe de [ Luc 13.4 ] où on trouve le mot « coupable » dans le texte et le mot « débiteur » dans la marge en rapport avec [ Matthieu 18 ]. C'est la parabole qui raconte que lorsqu'un certain roi « voulut faire ses comptes avec ses serviteurs », on lui en amena un qui devait dix mille talents -- environ quatorze millions, quatre cents mille dollars -- et il n'avait pas de quoi payer. Alors, le maître lui remit sa dette. Mais lorsque le serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait environ quinze dollars, il ne voulut pas lui remettre sa dette, et il le jeta en prison jusqu'à ce qu'il eût payé les quinze dollars. Alors, le roi fit appeler son débiteur, « et il le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne de tout son coeur à son frère ses offenses. » [ Matthieu 18.23-25 ].
 
Cette idée de livrer le serviteur aux bourreaux jusqu'à ce qu'il eut payé tout ce qu'il devait, se rattache au terme employé en Galates, car celui-ci implique l'idée « que le débiteur est quelqu'un qui doit expier sa faute ». Et le péché se nomme « opheilema » parce qu'il implique l'expiation et son paiement comme d'une dette par le châtiment et la réparation.
 
D'après ces textes, le lecteur attentif peut commencer à voir que dans les mots de [ Galates 5.3 ], « il est tenu de pratiquer la loi tout entière », il y a beaucoup plus que l'idée qu'il est simplement obligé d'accepter les exigences de la loi et de faire de son mieux pour les remplir. Tout cela montre qu'il n'est pas seulement soumis à l'obligation de reconnaître les exigences irrévocables de la loi de Dieu, mais qu'il en est fait débiteur à l'égard de tous les droits que cette loi a sur lui. Et cela nous montre en outre que par lui-même, il sera éternellement débiteur, car il n'a absolument rien pour payer et n'a par lui-même aucun moyen d'acquérir de quoi payer.
 
Et cet endettement ne tient pas seulement à l'obligation de pratiquer la loi dorénavant; elle consiste aussi dans l'obligation de réparer pour tout le passé, pour toute l'accumulation du passé jusqu'à maintenant.
 
En conséquence, en lui-même, tout homme est éternellement un débiteur en tout ce qu'implique cette pensée de [ Galates 5.3 ] et les textes apparentés que nous avons cités; car « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Et quiconque voudrait se faire circoncire pour être sauvé, et ainsi chercher le salut par les oeuvres justificatrices, assume par là l'obligation de payer à la loi de Dieu la totalité de sa dette, depuis le commencement jusqu'à la fin de sa vie. Et par là, il se met également dans l'obligation d'expier toute culpabilité qui résulte de ses transgressions et qui s'est accumulée.
 
Voilà ce que c'est que d'être « tenu de pratiquer la loi tout entière », ce qui est affirmé dans les mots « Je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire qu'il est tenu de pratiquer la loi tout entière ». Il n'est pas seulement débiteur; mais par cette transaction, il se met lui-même volontairement dans l'obligation d'acquitter lui-même tout ce qu'implique sa dette.
 
Or, il est vrai que tout homme dans le monde est, par lui-même, un débiteur de cette sorte. Il est vrai également que quiconque aujourd'hui cherche la justification par ses propres oeuvres, même par la pratique des dix commandements, ou de tout autre commandement du Seigneur, assume par là même, et s'oblige lui-même à payer tout ce qu'implique cette dette. Mais il ne peut payer. Il n'a pas en lui le premier élément d'une possibilité quelconque de payer lui-même la moindre partie de sa dette. Il est accablé et perdu.
 
Mais grâces à Dieu, quiconque a la justice de Dieu qui est par la foi de Jésus-Christ, quiconque n'espère que dans le Seigneur Jésus et ce que Jésus a fait, bien qu'il soit en lui-même un débiteur tout comme les autres, cependant, en Christ, il a en abondance, de quoi payer toute la dette. Christ a expié, par le châtiment et la réparation, toute la culpabilité de chaque âme; et par la justice de Dieu qu'il apporte, Christ donne une abondance de justice pour répondre à toutes les réquisitions que la loi puisse jamais faire dans la vie de quiconque croit en Jésus.
 
Rendons grâces à Dieu pour le don ineffable des insondables richesses de Christ. Oh, croyez-le! Oh, recevez-le! Pauvre « débiteur » accablé, perdu, « achète de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs afin que tu sois vêtu. Oui, viens, achète sans argent et sans payer. »