La Foi Vivante

Chapitre 15

UN FORMALISME MORT - II

A. T. Jones

Même de ce côté de la croix de Christ, qui aurait dû en être elle-même la ruine définitive, le même formalisme mort, expression vide, s'est développé et a partout empoisonné la profession chrétienne. Très tôt, des hommes non convertis se sont glissés dans la profession de l'église et se sont glorifiés eux-mêmes au lieu de Christ. Manquant d'une foi vivante, ils ne trouvaient pas dans leur coeur la vivante présence de Christ, alors ils n'ont cessé depuis de s'efforcer de suppléer par les formes du christianisme au manque de Sa présence qui seule peut donner vie et sens à ces rites. Dans ce système perverti, la régénération se fait par le rite du baptême et celui-ci est réduit à la simple aspersion de quelques gouttes d'eau; la présence réelle de Christ est dans le rite du repas du Seigneur; l'espérance du salut réside dans le fait d'être rattaché formellement à l'église. Et ainsi de suite pour toute la liste des formes du christianisme. Non content de pervertir ainsi les rites divinement prescrits du christianisme, ils y ont ajouté dix mille inventions de leur cru telles que pénitences, pèlerinages, traditions et raffinements sophistiqués.
 
Et, comme jadis, comme toujours avec de purs formalismes, la vie n'est que la constante manifestation des oeuvres de la chair, querelles et contestations ; hypocrisie et injustice; persécution, espionnage, traîtrise et toute oeuvre mauvaise. Voilà la papauté.
 
Toutefois cette corruption d'un formalisme mort s'est propagée bien au-delà des frontières de la papauté. Elle est partout aujourd'hui le poison du christianisme et même la confession chrétienne du message du troisième ange n'y a pas entièrement échappé. C'est cela qui sera le mal dominant et universellement répandu pendant les derniers jours jusqu'à l'avènement du Seigneur en gloire sur les nuées du ciel.
 
Car, « sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces gens-là. » [ 2 Timothée 3.1-5 ].
 
Cette universelle apparence de piété dépourvue de ce qui en fait la force et qui même la renie, c'est le formalisme mort contre lequel nous devons mener le bon combat de la foi vivante. La foi vivante qui est apportée au monde par le message du troisième ange, nous préservera d'être engloutis dans cet océan universel de vain formalisme.
 
Qu'en est-il de vous personnellement aujourd'hui? Avez-vous un formalisme mort ou une foi vivante? Avez-vous l'apparence de la piété sans la force du Sauveur vivant dans votre coeur, donnant un sens divin, vie et joie à toutes les formes de culte et de service que Christ a prescrites, accomplissant les oeuvres de Dieu et manifestant dans la vie tout entière les fruits de l'Esprit?
 
Si elle n'est pas le moyen de trouver Christ, le Sauveur vivant, dans la parole et la foi vivante en Lui, même Sa parole peut être changée en un formalisme mort, aujourd'hui comme jadis lorsqu'Il était sur terre. Il leur dit : « Vous sondez les Écritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie. » [ Jean 5.11 ].
 
Ils pensaient trouver la vie éternelle dans les Écritures sans Christ, c'est-à-dire en les faisant eux-mêmes. Mais ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est dans le Fils, lorsque nous le trouvons dans les Écritures et non dans les mots des Écritures. Car ce sont elles qui rendent témoignage de Lui. C'est leur objet. C'est pourquoi « celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie. » [ 1 Jean 5.11-12 ].
 
La vraie piété élève les pensés et les actions; alors les formes extérieures de la religion s'accordent avec la pureté intérieure du chrétien; alors les cérémonies requises pour le service de Dieu ne sont pas des rites dépourvus de sens comme ceux des pharisiens hypocrites.