La Foi Vivante

Chapitre 13

CHAIR DE PÉCHÉ

A. T. Jones

Il y a une erreur grave et fort gênante que font beaucoup de gens. Cette erreur, c'est de penser que, quand ils sont convertis, leur ancienne chair de péché est annihilée.
 
En d'autres termes, ils font l'erreur de penser qu'ils seront délivrés de la chair par son extinction totale.
 
Alors quand ils s'aperçoivent qu'il n'en est rien, quand ils découvrent que la même vieille chair, avec ses désirs, ses obsessions et ses séductions est toujours là, ils n'y sont pas préparés, aussi ils se découragent et ne sont pas loin de penser qu'ils n'ont pas été convertis du tout.
 
Et pourtant s'ils voulaient réfléchir un peu, ils devraient être capables de voir que c'est là une erreur. N'aviez-vous pas après votre conversion, exactement le même corps qu'avant? Ce corps n'était-il pas composé exactement des mêmes matériaux -- même chair, os et sang -- après votre conversion qu'avant? À ces questions tout le monde répondra oui, et c'est la vérité.
 
Et maintenant questionnons plus avant : cette chair n'était-elle pas exactement de la même qualité qu'auparavant? N'était-ce pas toujours de la chair humaine, de la chair naturelle aussi certainement qu'auparavant? À cela aussi tout le monde répondra oui. Alors encore une question : Puisque c'est la même chair, de la même qualité -- puisque c'est toujours de la chair humaine -- n'est-elle pas aussi, tout aussi certainement une chair de péché qu'auparavant? C'est exactement ici que se glisse l'erreur de toutes ces personnes. À cette dernière question elles ont tendance à penser que la réponse devrait être non, alors que ce doit être oui. Et ce « oui » doit être maintenu aussi longtemps que nous demeurons en ce corps naturel.
 
Lorsqu'on déclare nettement et maintient que la chair du converti reste chair de péché, alors on est si convaincu que dans sa chair il y a rien de bon qu'on n'accordera jamais la moindre confiance à sa chair. Ceci étant, son seul appui sera sur quelque chose d'autre que la chair, à savoir que le Saint-Esprit de Dieu, la source de sa force et de son espérance, ne sera nullement la chair, mais Jésus seul. Et, toujours en garde, soupçonneux et méfiant à l'égard de la chair, on ne s'attendra jamais à rien de bon venant de cette source, ainsi on sera préparé par la puissance de Dieu à repousser et écraser sans merci toute impulsion ou suggestion qui en émanerait; ainsi on ne défaille pas, on ne se décourage pas, au contraire on va de victoire en victoire et on acquiert toujours plus de force.
 
Ainsi, vous le voyez, la conversion ne revêt pas d'une chair nouvelle, le vieil esprit; mais elle met un Esprit nouveau dans la vieille chair. Elle n'a pas pour objet d'apporter une chair nouvelle à la vieille mentalité mais une nouvelle mentalité à la vieille chair. Ce n'est pas par le retrait de la nature humaine qu'on obtient la délivrance et la victoire, mais c'est en recevant la nature divine pour soumettre l'humaine et dominer sur elle, ce n'est pas en ôtant la chair de péché, mais en y introduisant l'Esprit sans péché pour vaincre et condamner le péché dans la chair.
 
L'Écriture ne dit pas « Soyez transformés par le renouvellement de votre chair. » Ce qu'elle dit c'est : « Soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence [ Romains 12.2 ]. Nous serons transmués par le renouvellement de notre chair, mais nous devons être transformés par le renouvellement de notre esprit.
 
Le Seigneur Jésus prit la même chair et le même sang, la même nature humaine que la nôtre à cause du péché, par la puissance de l'Esprit de Dieu imprégnant la pensée divine qui était en lui, « il condamna le péché dans la chair [ Romains 8.23 ].
 
Ne vous découragez pas à la vue de la corruption dans la chair. C'est seulement à la lumière de l'Esprit de Dieu et par le discernement de l'intelligence de Christ que vous pouvez voir tant de corruption dans votre chair et plus vous apercevez de corruption dans votre chair, plus, assurément, vous avez l'Esprit de Dieu. C'est un test certain. Alors, lorsque vous voyez en vous une abondance de péché, remerciez le Seigneur de ce que vous avez assez de l'Esprit de Dieu pour que vous puissiez voir autant de corruption et sachez avec certitude que là où le péché abonde, la grâce surabonde afin que « comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur [ Romains 5.21 ].