La Foi Vivante

Chapitre 2

LEÇONS DE FOI

A. T. Jones

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La connaissance de ce que l'Écriture veut dire lorsqu'elle insiste sur la nécessité pour nous de cultiver la foi est plus importante qu'aucune autre connaissance que l'on puisse acquérir.
 
La foi c'est de compter que la parole de Dieu accomplira ce que la parole dit et d'avoir confiance en la parole seule pour accomplir ce qu'elle dit.
 
Abraham est le père de tous ceux qui eurent la foi. La conduite d'Abraham, des lors, nous instruit sur la foi, ce qu'elle est et ce qu'elle fait pour celui qui l'a.
 
Que dirons-nous donc? Ce qu'Abraham, notre père, a découvert en ce qui se rapporte à la foi?
 
Alors qu'Abram avait plus de quatre-vingts ans, que sa femme Saraï était âgée et qu'il n'avait pas d'enfant, Dieu... le mena dehors et lui dit : « Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu peux les compter. » Puis Il lui dit : « Telle sera ta descendance. » Et Abram eut foi dans le Seigneur et pour cela le Seigneur le considéra comme juste [ Genèse 15.5-6 ]. Abram accepta la parole de Dieu et attendit de la parole ce qu'elle avait dit. Et en cela il eut raison.
 
Saraï, cependant, ne mit pas son espérance dans la seule parole de Dieu. Elle recourut à un expédient de sa propre invention pour obtenir la descendance. Elle lui dit : Voici que le Seigneur m'a empêchée d'enfanter, va donc vers ma servante, peut-être que par elle j'aurai un fils [ Genèse 16.2 ].
 
Abram, sur le moment, s'écarta de la pureté parfaite de la foi. Au lieu de maintenir fermement son espérance et sa confiance en la seule parole de Dieu, il « écouta la proposition de Saraï ».
 
En conséquence, un enfant naquit, mais la situation s'avéra si insatisfaisante pour Saraï qu'elle rejeta ce qu'elle-même avait arrangé. Et Dieu manifesta son propre rejet en passant complètement sous silence le fait qu'un enfant fût né. Il changea le nom d'Abram en celui d'Abraham et continua de lui dire qu'Il le ferait père d'une grande nation par la descendance promise et qu'Il ferait son alliance avec Abraham et la descendance qui lui était promise. Il changea aussi le nom de Saraï en Sarah, parce qu'elle « donnerait naissance à des nations » par la descendance promise. Abraham remarqua ce silence total au sujet de l'enfant qui était né, il attira l'attention du Seigneur sur lui en disant : « Puisse Ismaël vivre en ta présence!
 
Mais Dieu dit : « Ta femme Sarah va t'enfanter un fils et tu lui donneras le nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui comme une alliance perpétuelle pour sa descendance après lui. Pour Ismaël, je t'exauce. Vois, je le bénis, je le rends fécond. prolifique à l'extrême; il engendrera douze princes et je ferai sortir de lui une grande nation. Mais, j'établirai mon alliance avec Isaac que Sarah te donnera l'année prochaine à cette date [ Genèse 17:15-21 ].
 
Par toutes ces choses Abram et Saraï apprirent que, pour la réalisation de la promesse, l'accomplissement de la parole de Dieu, rien ne sert que la confiance en cette parole seulement. Saraï apprit que son expédient n'apportait que désordre et perplexité et retardait l'accomplissement de la promesse. Abram apprit qu'en prêtant l'oreille à la voix de Saraï il avait cessé d'entendre la voix de Dieu et il lui fallait maintenant renoncer à tout projet et s'en remettre de nouveau à la seule parole de Dieu.
 
Mais maintenant Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans et Sarah quatre-vingt-neuf. Et cela paraissait rendre plus improbable que jamais, l'accomplissement de la parole et requérait une plus grande confiance en la parole de Dieu -- une foi plus grande qu'auparavant.
 
Il était tout à fait clair que maintenant on ne pouvait plus se fier à rien d'autre que la pure parole seule; ils y étaient totalement acculés pour l'accomplissement de ce que disait la parole. Tous travaux, expédients, plans ou efforts de leur part étaient exclus, ils étaient réduits à la foi seule -- réduits à la parole seule et à une confiance absolue en cette parole pour l'accomplissement de ce que disait la parole.
 
Et maintenant que la voie était libre pour l'oeuvre de la parole, celle-ci oeuvra en effet et la descendance promise naquit. Ainsi, par la foi -- par l'abandon désarmé et total à la parole seule --, « Sarah elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable d'avoir une postérité, parce qu'elle tint pour fidèle l'auteur de la promesse. »
 
Et : « ... c'est pourquoi aussi, d'un seul homme -- déjà marqué par la mort --, naquit une multitude comparable à celle des astres du ciel, innombrable comme le sable du bord de la mer. » [ Hébreux 11.12 ]
 
Ainsi fut accomplie la parole dite à Abram, lorsque Dieu « le mena dehors et lui dit : Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu le peux... telle sera ta descendance. »
 
Ceci est un enseignement divin sur la foi. Et c'est cela que l'Écriture veut dire lorsqu'elle nous presse de cultiver la foi. Car cela fut compté à Abraham comme justice, la justice de Dieu, qui est par la foi.
 
Or : « ce n'est pas pour lui seul qu'il est écrit : cela lui fut compté, mais pour nous aussi, nous à qui la foi sera comptée puisque nous croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » [ Romains 4.23-25 ].
 
Tous « ceux qui ont la foi sont bénis avec Abraham le fidèle ». Tous ceux qui, excluant -- oui, vraiment rejetant -- tous travaux, plans, expédients et efforts de leur part, se confient dans un abandon total à la parole seule de Dieu pour qu'elle accomplisse ce qu'elle dit : ce sont ceux-là qui ont la foi et qui sont bénis avec Abraham le fidèle de la justice de Dieu.
 
Oh, comprendre comment faire usage de la foi : c'est cela la science de l'évangile! Et la science de l'évangile est la science des sciences. Qui ne ferait tous ces efforts pour la comprendre?
 
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Lorsque Abraham et Sarah se furent débarrassés de toutes les combinaisons de l'incrédulité qui avaient produit Ismaël et qu'ils s'en tinrent à la foi seule -- à la confiance en la seule parole de Dieu --, Isaac le véritable fils de la promesse naquit.
 
En prêtant l'oreille à la voix de Saraï [ Genèse 16.1 ], Abram s'était écarté de la ligne d'une fidélité parfaite à la parole de Dieu, de l'intégrité de la vraie foi et maintenant qu'il était revenu à la parole seule, à la foi vraie, il devait être mis à l'épreuve avant que l'on puisse dire avec certitude que sa foi était comptée pour justice.
 
Il avait cru à la pure parole de Dieu par rapport à Ismaël et il avait obtenu Isaac, le véritable enfant de la promesse de Dieu. Et maintenant, ayant eu Isaac, la question devait être examinée s'il croirait à la pure parole de Dieu par rapport à Isaac lui-même.
 
En conséquence, Dieu dit à Abraham : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Morija et là, tu l'offriras en holocauste sur la montagne que je t'indiquerai. »
 
Abraham avait reçu Isaac de Dieu, en se confiant en la parole seule de Dieu. Isaac était la postérité promise par la parole du Seigneur. Après la naissance d'Isaac, Dieu avait confirmé la parole en disant : « C'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom » [ Genèse 21.12 ]. Et voici maintenant la parole de Dieu : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, et offre-le en holocauste. »
 
Mais, si Isaac est offert en holocauste, si Isaac est consumé, qu'adviendra-t-il de la promesse : « ... ta descendance sera innombrable comme les étoiles du ciel. » Cependant il y avait la parole : « Offre Isaac en holocauste. » Abraham avait cru en la seule parole, vis-à-vis d'Ismaël, mais cette fois, c'est plus que croire à la parole de Dieu vis-à-vis d'Isaac, c'est croire à la parole de Dieu vis-à-vis de la parole de Dieu!
 
Et Abraham le fit, espérant contre toute espérance. Dieu avait dit : « Ta postérité sera comme les étoiles du ciel... c'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom... offre Isaac en holocauste. » Abraham n'exigea pas que Dieu « harmonise ces passages ». À lui il suffisait absolument de savoir que ces déclarations étaient toutes LA PAROLE DE DIEU. Sachant cela, il croirait à cette parole, il obéirait à cette parole et il laisserait le Seigneur « harmoniser ces passages », ou « expliquer ces textes », si cela est nécessaire.
 
Abraham dit : « Dieu a dit » : « Offre Isaac en holocauste », je le ferai. Dieu a dit : « C'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom et la postérité sera innombrable comme les étoiles du ciel. » Je me suis immiscé une fois dans la promesse, je l'ai entravée jusqu'au moment où j'ai rejeté tout ce que j'avais fait et où je suis revenu à la seule parole. C'est alors que, par un miracle, Dieu m'a donné Isaac, la postérité promise. Maintenant il dit : « Offre Isaac, la postérité promise en holocauste. » Je le ferai. Par un miracle Dieu l'a d'abord donné et par un miracle Dieu peut le rendre. Pourtant, lorsque je l'aurai offert en holocauste, il sera mort et le seul miracle qui peut alors le rendre est un miracle qui le ressuscitera des morts. Mais Dieu peut faire même cela et Il le fera, car Sa parole a été dite : « Ta postérité sera innombrable comme les étoiles du ciel et c'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom. » Et la résurrection même d'Isaac d'entre les morts ne sera pas pour Dieu plus qu'il n'a fait déjà, car, à l'égard d'une postérité, mon corps comme celui de Sarah était comme mort et cependant Dieu nous a donné Isaac. Il peut le ressusciter d'entre les morts et Il le fera. Béni soit le Seigneur! »
 
C'était décidé. Il se leva, prit ses serviteurs et Isaac et s'en alla à trois jours de voyage « au lieu que Dieu lui avait indiqué ». Et lorsque le troisième jour, « il vit de loin ce lieu », Abraham dit aux jeunes gens : « Demeurez ici, vous, avec l'âne, moi et le jeune homme nous irons là-bas pour nous prosterner, puis nous reviendrons vers vous [ Genèse 22.5 ]. Qui va y aller? -- « Moi et le jeune homme nous irons... » Et qui reviendra? « Moi et le jeune homme nous irons là-bas... puis nous reviendrons vers vous. » Abraham comptait qu'Isaac reviendrait avec lui aussi certainement qu'il s'en allait avec lui.
 
Abraham s'attendait à offrir en holocauste Isaac et s'attendait alors à voir Isaac surgir des cendres et revenir avec lui. Car la parole de Dieu avait été dite : « C'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom, et la postérité sera innombrable comme les étoiles du ciel. » Abraham croit la parole seule, elle ne peut faillir [ Hébreux 11.17-19 ].
 
VOILÀ CE QU'EST LA FOI. Ainsi fut réalisée l'Écriture qui dit : « Abraham eut foi en Dieu et cela lui fut compté pour justice [ Jacques 2.23 ]. Et plus encore : « Ce n'est pas pour lui seul qu'il est écrit : cela lui fut compté, mais pour nous aussi, nous à qui la foi sera comptée puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification [ Romains 4.23-25 ].
 
Croire à la seule parole de Dieu, ne compter que sur la parole seule, compter sur la parole de Dieu même vis-à-vis de la parole de Dieu, voilà ce qu'est la foi qui donne la justice de Dieu.
 
Voilà ce que c'est que faire usage de la foi. Voilà ce que l'Écriture dit lorsqu'elle insiste sur la nécessité pour nous de faire usage de la foi. Et comprendre comment faire usage de la foi, c'est cela qui est la science de l'évangile. Et la science de l'évangile est la science des sciences.
 
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